La communication en crise au sommet de l’État

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La communication en crise au sommet de l’État

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Alors qu’Emmanuel Macron s’exprimera ce lundi 13 avril à 20h, la communication de crise de l’exécutif en cette période d’épidémie de coronavirus laisse de nombreux observateurs circonspects.

Ce sera lundi la quatrième fois que le président s’adressera aux Français depuis le 12 mars, jour où il avait annoncé la fermeture des écoles, avant le premier tour des élections municipales. Depuis, Emmanuel Macron s’est exprimé le 16 mars pour annoncer la mise en place du confinement avec sa célèbre anaphore « nous sommes en guerre » et il a tenté de répondre par le détail aux inquiétudes montantes sur les livraisons d’équipements sanitaires, le 25 mars, depuis un hôpital militaire à Mulhouse.

Mais un mois après sa première intervention, Emmanuel Macron doit faire face à une défiance grandissante liée à une communication jugée déficiente jusque dans son propre camp. Un sondage Odoxa-Dentsu Consulting, publié jeudi, en témoigne : 76% des Français pensent que le gouvernement leur a « menti » au sujet des masques en les prétendant inefficaces pour la population. Chez les sympathisants La République en Marche, ce sont encore six sur dix qui estiment que le pouvoir sur ce sujet n’a été ni « constant », ni « clair », ni « cohérent ».

« L’usage du masque en population générale n’est pas recommandé et n’est pas utile » disait encore à la fin mars Olivier Véran, le ministre de la Santé. Il s’agissait alors d’avoir de la « distanciation sociale » et de réserver les masques existants au personnel soignant. Seulement, ce qu’on sait aujourd’hui, c’est que le gouvernement devait et doit toujours faire face à une pénurie non seulement sur les masques FFP2, inexistants au début de l’épidémie, mais aussi sur les masques chirurgicaux. Le port obligatoire du masque par la population est désormais pour le ministre une « question ouverte ». Sept Français sur dix y sont favorables mais l’OMS ne considère pas justifié leur usage généralisé sauf si les gestes barrière sont difficiles ou impossibles à mettre en place.

Le gouvernement se veut aujourd’hui humble devant la pandémie, avec autant que possible des réponses précises apportées par les scientifiques et transmises par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Quant à Emmanuel Macron, il a rendu visite, jeudi, au professeur Didier Raoult, à Marseille, pour faire passer le message qu’il n’écartait pas la piste de la chloroquine.

Seulement, il ne pourra éviter un procès de l’opinion : celui d’avoir mal préparé cette crise, avec un système hospitalier laissé sans ressources suffisantes, une politique sanitaire dictée par l’état des stocks. Et un sentiment d’absence de maîtrise au sommet de l’État. Désormais, chacun en est réduit à se fabriquer son masque en suivant un tutoriel. Et sur ce sujet encore, le gouvernement semble avoir un temps de retard sur la réalité.

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Maria Rodriguez
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