Coronavirus : profitez du « temps inutile » de la crise immobilière !

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Un volet roulant pour isoler votre bien immobilier ? – Le Blog de L'Immobilier

Président du groupe Century 21 dans l’Hexagone (900 agences, 7 000 collaborateurs), Laurent Vimont prépare l’après-épidémie de Covid-19. Une pause qu’il juge également propice aux particuliers pour affûter leur plan de bataille immobilier.

Le Point : Votre réseau a-t-il mis la clé sous la porte avec cette pandémie ?

Laurent Vimont : Nullement. Dès les consignes de confinement annoncées par le Premier ministre, Édouard Philippe, nous avons stoppé toute activité commerciale et fermé les portes de nos agences immobilières au public. Faute de pouvoir effectuer les visites physiques de clientèle, la majorité de nos conseillers commerciaux ont été mis en chômage partiel. Seuls les collaborateurs œuvrant dans le domaine de la gestion locative (130 000 lots gérés par Century 21 en France) ont pu continuer de travailler, depuis leur domicile et grâce à notre logiciel propriétaire.

Quelles ont été vos premières directives ?

Nous avons effectué un travail de communication. En externe, tout d’abord, en contactant les clients qui avaient des affaires en cours (changement de bail, promesse de vente signée) afin de rassurer leur inquiétude et leur indiquer la marche à suivre pour la suite des événements. Communication interne, ensuite, à travers une stratégie de crise prompte et efficace : conseil et assistance vis-à-vis des directeurs d’agence, par le biais de fiches, notes explicatives, etc. sur le chômage partiel, l’indemnisation des travailleurs indépendants, le report des charges, etc. Parallèlement, j’orchestre désormais à intervalles réguliers un « live workplace » très suivi.

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C’est-à-dire ?

Il s’agit d’un groupe fermé (Facebook) qui réunit virtuellement des milliers de collaborateurs connectés en même temps sur leur smartphone ou ordinateur portable. Ces meetings inédits leur exposent des solutions ad hoc, sur la façon d’optimiser la base de données clients d’une agence, par exemple. Nous sommes actuellement un peu comme un pêcheur qui reste sur le bord de la jetée lorsqu’il y a une tempête en mer. Eh bien, il ne se tourne pas les pouces et vérifie la coque de son bateau à quai, les instruments de mesure, répare ses filets. Pour un acteur de l’immobilier, télétravailler sur la base de données clients met à profit le « temps inutile » imposé par l’épidémie de coronavirus, en organisant au mieux ce travail à domicile. Cela vise aussi à participer à la continuité du plan d’action pour être fin prêt à reprendre l’activité commerciale quand le gros temps se sera levé. Cette stratégie d’entreprise est aussi valable pour les particuliers ayant un projet immobilier. Qu’ils le gardent bien au chaud tout en affûtant leurs arguments pour remporter la mise dès la sortie de crise.

Le coup d’arrêt des transactions entraînera-t-il un effondrement des ventes ?

Le marché est gelé, car il n’y a plus de visite possible. Les visites virtuelles effectuées à distance peuvent être utiles, mais ne déclenchent pas le coup de cœur qui entraîne l’achat immédiat du bien. En raison de cette grave crise sanitaire, nous allons perdre plus d’un mois d’activité, peut-être deux ? Ce coup de gel, sans mauvais jeu de mots, est d’autant plus brutal que le marché de l’ancien surfait sur de hautes vagues de records de ventes ces dernières années. De plus, la toute récente ordonnance gouvernementale de geler, là encore, les délais administratifs (rétractation, purge SRU, etc.) est une grave erreur. Une faute qu’il faut vite corriger sous peine de gripper toute la chaîne immobilière de ce marché. Avec la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FPI), nous militons activement dans ce sens et avons bon espoir d’être entendus par le ministre du Logement, Julien Denormandie.

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Les pronostics d’évolution des prix de votre réseau ont souvent vu juste. Quelle est votre anticipation en la matière pour la sortie de crise ?

Stagnation, hausse, baisse… Je ne connais pas la réponse dans l’ancien. Je ne suis pas Nostradamus, je n’en sais rien. Bien malin celui qui peut prédire l’impact de la crise sur les valeurs de la pierre. Il y a trop d’inconnus pour résoudre aujourd’hui cette équation. Quels seront les taux d’intérêt d’emprunt immobilier ? Quelle sera l’envie des Français, et des étrangers, de vendre un bien ou d’en acheter un ? Et surtout, quelle sera la durée de cette terrible épidémie ? La réponse à votre question dépend de ce tiercé. Que nous espérons bien sûr gagnant à l’arrivée.

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Source : LEPOINT

Pascal Guy
Pascal Guy
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