la « génération Covid » raconte son histoire

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la « génération Covid » raconte son histoire

« Témoigner, c’est laisser une trace dans l’Histoire. Votre histoire. Notre histoire. » Pour ne jamais oublier la situation exceptionnelle dans laquelle est plongée la France depuis l’arrivée du coronavirus, Andéol Demeulenaere a décidé de créer le site internet « Génération Covid« .

L’idée a commencé à germer dans la nuit du 20 mars. Vers 01h00 du matin, perdu dans les méandres de la toile, le jeune homme enchaîne les lectures de témoignages de personnes touchées de près ou de loin par la pandémie. 

« Sur les réseaux sociaux, dans les médias… Toutes ces histoires étaient dispersées et se perdaient dans le flux infini d’Internet. C’est là que j’ai eu l’idée de les centraliser en proposant à chacun de rédiger librement son expérience, et ainsi d’en garder une trace. On vit tous cette crise d’une manière différente, c’est important de pouvoir donner son point de vue », raconte Andéol Demeulenaere à BFMTV.com.

« Une terreur si intense »

« Génération Covid » est mis en ligne le 23 mars et rapidement, les témoignages abondent. « Un jour sans fin », « Confinement J23 », « Infecté au Covid19 – Mon témoignage », « Une terreur si intense »… Chacun intitule son récit à sa manière. Jennifer Massenot a choisi de parler de « la peur d’une personne sous immunosuppresseurs ».

La jeune femme de 28 ans est atteinte de spondylarthrite ankylosante, une maladie chronique rhumatismale qui affaiblit son système immunitaire et la rend très vulnérable au virus, précise-t-elle à BFMTV.com. Elle a découvert l’initiative d’Andéol Demeulenaere via Facebook et l’idée de pouvoir faire entendre sa voix l’a motivée à écrire son histoire.

« A cause de ma maladie, je suis terrorisée à l’idée d’attraper le coronavirus. Mais je suis bien obligée de continuer à sortir faire mes courses. Le problème c’est que beaucoup de gens ne respectent pas totalement les distances de sécurité. Pour ceux qui n’ont pas de maladie chronique ça ne semble pas important, mais moi une contamination peut m’envoyer à l’hôpital. Et je n’en ressortirai pas », explique cette Franc-comtoise qui espère sensibiliser ceux qui se montrent encore désinvoltes face à la pandémie. 

Raconter la maladie

Marine, elle, pense avoir été contaminée. Quand les premiers symptômes de la maladie infectieuse sont apparus, elle a essayé de se renseigner sur Internet afin de savoir comment elle évoluait. « Mais je n’ai rien trouvé. On parle beaucoup des cas asymptomatiques et des personnes qui sont décédées, mais entre ces deux extrêmes, au début, on avait peu de détails sur les différentes étapes du coronavirus », nous indique cette habitante d’Ille-et-Vilaine. 

Sur « Génération Covid », elle trouve quelques éléments de réponse et décide de raconter son expérience de la maladie afin d’aider d’autres personnes infectées. La toux, la fièvre, les courbatures, l’isolement de son mari et de son fils pour les protéger… La jeune femme de 28 ans détaille tout: « C’est important de garder une trace écrite de cette situation complètement inhabituelle », estime-t-elle.

Au fil des jours, Andéol Demeulenaere a vu les témoignages évoluer. « Au début, les gens parlaient plutôt du confinement, ils disaient que c’était pénible mais qu’il fallait rester solidaire. Maintenant, la peur est beaucoup plus présente dans les messages. Les gens semblent avoir peur des conséquences du confinement, ils voient aussi que le virus ne touche pas que les autres », observe le Franc-comtois de 27 ans.

« Tirer les leçons » des expériences de chacun

Dans certains récits, c’est la colère qui ressort. Ce sentiment dominant a poussé Charlotte à écrire sur le site. Aide-soignante et enceinte de trois mois, Charlotte est énervée d’avoir été testée positive au Covid-19, agacée de ne pas avoir eu l’équipement de protection sanitaire adéquate: « Une semaine avant d’être testée, j’ai côtoyé du monde. J’ai peut-être mis des vies en péril à mon insu », se désole-t-elle. Elle est aussi inquiète de ne pas savoir quelles sont les conséquences de la maladie sur les foetus. 

« Ce site a, d’après moi, une grande utilité. Il est fondamental de raconter nos expériences pour qu’on en tire des leçons pour la suite, car des situations comme celle-ci, on en rencontrera d’autres », présage-t-elle.

Se souvenir, et ne plus reproduire les mêmes erreurs, voilà ce qui l’a convaincue de témoigner. « On vit quelque chose hors du commun, de marquant. Comme nos aînés ont écrit des livres sur les guerres, nous nous servons d’Internet pour raconter notre combat », conclut Andéol Demeulenaere.

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Marino Stozza
Marino Stozza
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