La grande tache rouge de Jupiter livre une partie de ses mystères

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La grande tache rouge de Jupiter livre une partie de ses mystères

Jupiter, reine des cieux, est bien plus que la plus grosse planète de notre système solaire. Potentielle bouclier de la terre grâce à sa gravité qui attire une partie des astéroïdes ou comètes pouvant potentiellement frapper notre planète, la géante gazeuse renferme en son sein une météorologie complexe que nos scientifiques et nos sondes spatiales rendent à chaque fois plus compréhensibles.

Une grande tache rouge légendaire

L’une des singularités de Jupiter est bien évidemment sa Grande tache rouge. Gigantesque anticyclone, découvert en 1665 par Cassini et observé depuis par plusieurs satellites et télescopes dont le dernier en date est Juno qui devrait finir sa mission en 2021, la grande tache semble se contracter depuis quelque temps. Mais l’équipe de scientifiques de l’Institut de recherche sur les phénomènes hors équilibre (IRPHE) a réussi, à l’aide d’expériences à base d’eau salée recréant la mécanique des fluides présente sur la géante, à déduire le comportement de l’anticyclone et à déterminer son épaisseur. Des résultats qui sont à lire dans la revue Nature Physics. 

À la différence de la Terre, Jupiter n’a pas de sol, rappelle Michael Le Bars, quatrième auteur de l’étude et chercheur en mécanique des fluides, ce qui fait que les tourbillons sur Jupiter « flottent » à l’inverse de la Terre ou le sol limite ceux-ci. Cependant, des comportements similaires peuvent être observés dans l’océan Atlantique avec ce qu’on appelle des « meddies » ou mésovortex, des lentilles anticycloniques (tournant dans le sens des aiguilles d’une montre) d’eau chaude et salée de la Méditerranée. Ceux-ci traversent l’Atlantique nord entre 500 et 1.500 m de profondeur pendant une durée d’environ quatre ans ; rappelons que la tempête de Jupiter dure, elle, depuis environ 400 ans… 

Une tache de 150 kilomètres d’épaisseur

L’équipe a déterminé une épaisseur de plus ou moins 150 kilomètres pour sa fameuse grande tache rouge. Le fait que la tache diminue en taille mais que son épaisseur reste pareil vient en partie de la vitesse de rotation de la géante gazeuse mais aussi et surtout de la vitesse de la grande tache rouge elle-même ; par un jeu de force, les deux se compensent et l’épaisseur reste toujours la même.

Prochainement, la sonde Juno de la Nasa vérifiera en partie les hypothèses avancées par les chercheurs. L’épaisse couche de nuages qui recouvre le corps planétaire rend impossible l’observation directe mais certaines observations indirectes sont quant à elles possibles. La sonde utilise les mesures de champs de gravité de la planète pour déterminer les formations de Jupiter. 

Source : Sciences et avenir

Marino Stozza
Marino Stozza
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