la petite mention d’Air France qui fait tiquer des scientifiques

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la petite mention d'Air France qui fait tiquer des scientifiques

Des experts ont critiqué le mésusage de la notion de compensation carbone mise en avant par la compagnie aérienne lors de la réservation de vols.

Petit rappel à l’ordre pour Air France. La compagnie aérienne est pointée du doigt pour une petite inscription que l’on peut lire,sous le moteur de recherchede vols de la compagnie,lorsqu’on y sélectionne, par exemple, un aller simple Paris-Nantes. « Vol neutre en CO2 »,est-il indiqué, en petits caractères, sur le site. Un message qui minimise l’impact sur l’environnement du trajet en question, a dénoncé sur Twitter l’entrepreneur Gilles Babinet, dimanche 26 juillet.

Pour soutenir cette affirmation, Air France se fonde sur le principe de la compensation de ses émissions de gaz à effets de serre. Concrètement : l’entreprise finance des projets visant à supprimer ou à stocker la même quantité de CO2 que celle émise par ses activités.

Sur les réseauxsociaux, cette communication a fait réagir certains internautes, dont des chercheurs et experts du climat, qui l’estiment inexacte.Parmi eux, la climatologueValérie Masson-Delmotte, qui a estimé, lundi 27 juillet, que cette mention « flirte avec le greenwashing », cette pratique qui consiste à se donner, à tort, une image d’entreprise écoresponsable.

Sur le site d’Air France, on pouvait lire, jusqu’à jeudi 29 juillet,que leGroupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) « soutient » ce système et encourage ce type d’action. Une information erronée, selon Valérie Masson-Delmotte, présidente du groupe numéro1 cette organisation:« Le GIEC n’émet aucune recommandation, il ne soutient aucune des actions listées par Air France. »

Air France a pourtant bien mis en place des actions pour compenser ses émissions de CO2. Pour créer des « émissions négatives », la compagnie explique ainsi qu’elle participe à une dizaine de projetsvisant à planter ou replanter des arbres, notamment au Kenya.« Encore faut-il savoir à quoi est destiné le projet financé par l’entreprise? Lorsque l’on plante un arbre, il stocke du CO2 : s’il sert à la construction, alors le CO2 est stocké pour une longue période, s’il est coupé, pour chauffer par exemple, alors il relâche son CO2. Et si on coupe sans replanter, le bénéfice est vite perdu », rappelle Valérie Masson-Delmotte.

D’autres projets listés par Air France visent à empêcher ou à ralentir la déforestation, notamment au Brésil. Mais pour les spécialistes, si l’initiative est louable, elle n’a pas pour effet de contrebalancer les émissions de CO2 par des émissions négatives.

Dans la liste des projets soutenus, on trouveaussi un projet de développement d’énergies à basses émissions de carbone en Inde.Des initiatives qui n’entrent pas dans la notion de compensation carbone, rappelle Valérie Masson-Delmotte, car elles ne créent pas d’émissions négatives.

Par ailleurs, la climatologue rappelle que l’empreinte écologique de l’activité aérienne ne se limite pas à la consommation des avions lors d’un vol. « L’impact du transport aérien sur le climat ne s’arrête pas à la dépense de carburant. Les aéroports ont, par exemple, un coût environnemental important, et les avions laissent dans leur sillage des traînées de carburant et de vapeur d’eau qui vont se condenser en haute atmosphère. Ces traînéesont un impact, petit mais significatif, sur le réchauffement climatique. »

« L’idée, ce n’est pas de taper sur les transporteurs aériens », assure la climatologue, qui tient à rappelerqu’Air France a une des flottes « parmi les plus efficaces énergétiquement ». « On a besoin qu’ils continuent à avancer dans la bonne direction, on a besoin qu’ils investissent dans la recherche et le développement pour réduire leur impact sur l’environnement. »Mais la communication de l’entreprise pose problème.« En affichant cette mention, les voyageurs peuvent avoir l’impression que leur déplacement n’a aucun impact sur le climat, ce qui n’est pas vrai. C’est une façon de s’acheter bonne conscience. Sur ces sujets-là, il faut respecter le principe de communication sincère », estime-t-elle.

Mardi 28 juillet, Air France a répondu à l’interpellation de Valérie Masson-Delmotte sur Twitter. Se bornant à commenter la référence erronéeau « soutien » du GIEC aux initiatives de compensation carbone, l’entreprise a indiqué avoir supprimé cette indication.

Elle n’est, en revanche, pas revenue sur l’utilisation de la mention « vol neutre en CO2 » dans son moteur de recherche, qui porte toujours cette mention au moment de la publication de cet article. Sollicité par franceinfo, Air France n’avait pas,mercredi 29 juillet, répondu à nos questions.

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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