La pharmacie de Sainte-Justine réduit son empreinte écologique

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En 18 mois, la pharmacie du CHU Sainte-Justine a réduit significativement son empreinte écologique, ce qui lui vaut le titre de «pharmacie éco+responsable», attribué par l’organisme Maillon Vert. «Nous avons réduit notre volume de papier en numérisant une grande partie de nos processus. Il y a désormais une meilleure gestion des déchets et une diminution du gaspillage», résume Jean-François Bussières, pharmacien en chef de l’hôpital et professeur titulaire de clinique à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal.

Même si les mesures de la réduction de l’empreinte écologique ne sont pas terminées – on en est à la pesée des déchets, une opération plus compliquée qu’elle en a l’air compte tenu des matières manipulées, qui posent des risques relatifs à la sécurité ‒, certains effets se font déjà sentir. En impression, ce sont 75 000 feuilles de papier en moins annuellement. Et l’on a diminué de 120 000 le nombre d’étiquettes qu’on appose sur les flacons, ce qui représente une baisse de plus de 650 kg de papier.

«Il s’agit de la première pharmacie en milieu hospitalier au Québec à effectuer cette démarche. C’était important pour nous de l’entreprendre, car, en plus de la grande notoriété du CHU Sainte-Justine, il y a un symbole majeur: nous voulons laisser à nos enfants un monde meilleur», commente le fondateur de Maillon Vert, le pharmacien Marc-André Mailhot.

Bonne collaboration

Étant donné les volumes de déchets produits par la pharmacie hospitalière, qui compte une centaine d’employés et qui dessert 500 lits ‒ environ 5000 produits pharmaceutiques et 3 millions de doses par an ‒, tout changement dans les façons de faire a une influence considérable. Et pour les mêmes raisons, c’est un gros navire à bouger, car les habitudes y sont bien ancrées. «La collaboration a été excellente tout au long du processus et ça continue», mentionne le président de Maillon Vert.

C’est par l’intermédiaire du groupe de recherche du professeur Bussières, l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique, que ce projet s’est implanté au centre hospitalier. C’est au sein d’un comité écoresponsable qu’on a tenu les premières réunions d’équipe et que les stratégies de mise en place sont nées. C’est la pharmacienne Geneviève Ouellet qui a pris les commandes du projet.

Rien n’a été laissé au hasard. Même les poubelles de déchets biomédicaux, en carton, qui étaient envoyées au site d’enfouissement, ont été changées pour des poubelles réutilisables. «Le plus gros défi consiste à poursuivre ces changements sans nuire à la sécurité des employés, qui demeure la préoccupation première quand on manipule des déchets», précise M. Bussières.

Les gestes concrets ne s’arrêteront pas là. Dans les nouveaux locaux de la pharmacie, actuellement en construction, on a demandé de modifier le système électrique de façon à pouvoir éteindre les lumières lors des périodes d’inactivité, ce qui n’est pas possible en ce moment.

Lacunes et occasion d’affaires

C’est en début de carrière que M. Mailhot a constaté les besoins du milieu professionnel en matière de développement durable. Ce diplômé de l’Université de Montréal (2004) a effectué des remplacements sur appel dans plus de 150 pharmacies du Québec. Il a observé une grande disparité dans les pratiques écoresponsables et c’est ainsi que l’idée de Maillon Vert a surgi.

Fondée en 2012, l’entreprise offre des services-conseils pour «une pharmacie sociale, écologique et responsable» et compte huit employés. Ceux-ci conseillent les pharmaciens. Déjà, près de 100 pharmacies adhèrent aux valeurs de Maillon Vert.

En plus de réduire l’empreinte de ses activités, la pharmacie écoresponsable diminue ses dépenses et peut même voir une augmentation de la productivité des employés, fait-on valoir sur le site de Maillon Vert.

Source : UDEM

Marino Stozza
Marino Stozza
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