La «plateforme de dons» de Darmanin pilonnée par la gauche

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le président allemand plaide pour plus de solidarité en Europe

C’est une nouvelle preuve que l’exécutif aura du mal à ressouder l’union nationale qu’il réclame pour lutter contre le Covid-19. En lançant mardi dans une interview au Figaro, un «grand appel à la solidarité nationale», Gérald Darmanin vient d’en faire l’expérience. C’est que le ministre de l’Action et des Comptes publics ne propose pas de créer un nouveau prélèvement, même exceptionnel, «pour permettre à tous ceux qui le peuvent, particuliers ou entreprises, d’apporter leur contribution à l’effort de solidarité de la nation envers les plus touchés» par la crise sanitaire et économique actuelle : il annonce la création d’une «plateforme de dons». Résultat immédiat : une volée de bois vert montant des rangs de la gauche. Pas question de rater l’occasion de cartonner un ministre responsable du budget, issu de la droite, ayant supprimé l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), transformé en impôt sur la fortune immobilière (IFI), et mis en place un prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital. Ce qui prive le budget de l’Etat de 2 à 3 milliards d’euros.

Mélenchon, les Verts et le PS sur la même ligne

«Darmanin fait la manche au lieu de rétablir l’ISF, a dénoncé le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur Twitter. C’est un test pour mesurer la capacité d’indignation du pays.» Suivi de près par le secrétaire national d’Europe Ecologie-les Verts, Julien Bayou, pour qui «trop c’est trop» : «La solidarité nationale c’est l’impôt. ISF, flat tax, CICE sans contrepartie : les cadeaux aux plus riches et dont on n’a pas vu le début d’un ruissellement, a-t-il balancé. En revanche on voit bien les effets sur les moyens en berne pour l’hôpital.» Avant rectification par le Premier ministre sous la pression des mouvements de soignants cet automne, Gérald Darmanin avait défendu et fait voté un projet de loi de financement pour la Sécurité sociale pour 2020 prévoyant 1 milliard d’euros d’économies pour l’hôpital public.

Chez les socialistes, le député des Landes et porte-parole du PS, Boris Vallaud, s’est pris d’ironie pour critiquer Darmanin : «Un truc comme une contribution de chacun selon ses moyens ? Un impôt progressif ? Et soyons fous, même sur la fortune !» Quant à Cécile Duflot, l’ancienne ministre écolo du Logement sous Hollande et aujourd’hui directrice générale d’Oxfam France, elle a rappelé que les ONG comme la sienne sont «financées par la collecte de dons» mais le «ministre du Budget» décide «de l’impôt, de son assiette et de son bon usage». «Du coup je m’interroge…» a tweeté l’ancienne patronne des Verts.

«La solidarité peut aussi passer par des contributions volontaires»

Dans l’entourage du ministre des Comptes publics, on explique que «ces derniers jours, plusieurs Français et entreprises ont fait part à Gérald Darmanin de leur souhait de contribuer à l’effort national». D’où l’idée de l’élu de Tourcoing de «mettre en place un dispositif leur permettant de le faire». «La solidarité peut aussi passer par des contributions volontaires et pas toujours par l’impôt, surtout dans des périodes exceptionnelles», fait-on valoir. Argument qui risque de ne pas convaincre les oppositions… Au Rassemblement national, on a aussi choisi d’attaquer le ministre sur sa proposition. Le député européen Jordan Bardella s’interrogeant sur le «désarm[ement] de l’Etat et sa capacité de réponse aux crises» et Nicolas Bay en profitant pour dénoncer les «aides aux migrants». Loin, très loin de l’union nationale.

Source du post: liberation.fr

Marino Stozza
Marino Stozza
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