La plus grande pharmacie militaire de France au front contre le Covid-19

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Un soldat garde l

Oxygène et monoxyde d’azote, médicaments, tenues de protection… Comme chaque matin depuis mars, l’Etablissement de ravitaillement sanitaire des armées (Ersa) dans le Grand Est fournit pour 08H00 précises, l’hôpital militaire de campagne installé à Mulhouse pour soigner les civils malades du Covid-19.

« Nous en sommes à deux palettes par jour transportées par une fourgonnette. Mais, au début, on envoyait des containers entiers. On a expédié et monté en un temps record 30 lits de réanimation », explique le colonel Jean-François Boutin, pharmacien en chef de l’établissement depuis 2015.

« C’est énorme ! C’est un effort monstrueux », s’étonne-t-il encore.

« L’Ersa est le pivot logistique du soutien à l’EMR », l’Elément militaire de réanimation de Mulhouse, poursuit-il. « Il mobilise également du personnel.

Un TSH2 (Technicien supérieur hospitalier militaire) a rejoint Mulhouse le 20 mars pour la mise en place et la maintenance des appareils médicaux. D’autres militaires se tiennent prêts à établir une relève ».

– Fort Knox –

L’Ersa Grand Est, c’est un peu le « Fort Knox » sanitaire de l’armée française.

Un soldat garde l’entrée de l’Etablissement de ravitaillement sanitaire des armées (Ersa), le 14 avril 2020 près de Reims (AFP – FRANCOIS NASCIMBENI)

Quelque part entre Reims et Nancy, au coeur d’une enceinte de plusieurs hectares gardée comme le lait sur le feu par des soldats en armes, l’établissement entrepose et entretient, sur 22.000 m2, environ 60% de la réserve stratégique sanitaire de l’armée, soit quelque 5.000 références, du pansement à l’antenne chirurgicale. Le reste est confié à l’Ersa de Marseille.

« Le Covid-19, c’est vraiment quelque chose d’inédit aussi pour nous », confie le colonel Boutin. « C’est la première fois que nous sommes confrontés à une crise sanitaire de cette ampleur ».

Le virus a évidemment eu un impact sur l’organisation humaine de l’établissement. « Entre les personnes d’un certain âge isolées et les gens que l’on met de côté par roulement, nous fonctionnons à 50, 60% de notre effectif de 130 personnes, un tiers de militaires, deux tiers de civils », relève l’officier supérieur.

« Il y a de l’inquiétude. Mais les volontaires civils ne manquent pas car il y a une forte motivation. Si on tombe, on ne peut plus ravitailler personne », dit-il.

Un membre de l'Ersa vérifie les stocks de matériel sanitaire, le 14 avril 2020 près de Reims (AFP - FRANCOIS NASCIMBENI)

Un membre de l’Ersa vérifie les stocks de matériel sanitaire, le 14 avril 2020 près de Reims (AFP – FRANCOIS NASCIMBENI)

Car le Covid-19 assigne désormais à l’Ersa Grand Est une mission inédite d’assistance et de soutien au système de santé civil dont l’EMR de Mulhouse est le poste avancé.

– « L’habitude et la routine… des ennemis » –

« L’EMR fonctionne encore à 100% de ses capacités. Mais on se positionne pour le reconfigurer », renseigne le pharmacien en chef.

Des membres de l'Ersa préparent des kits sanitaires, le 14 avril 2020 près de Reims (AFP - FRANCOIS NASCIMBENI)

Des membres de l’Ersa préparent des kits sanitaires, le 14 avril 2020 près de Reims (AFP – FRANCOIS NASCIMBENI)

Pour l’heure, des cantines spéciales Covid-19 sont prêtes à partir. Des cantines rouge vif comme celles que l’Établissement continue de préparer et d’expédier pour les postes médicaux des Opex, opération extérieure dans le jargon militaire, comme l’opération Barkhane menée actuellement au Sahel et au Sahara.

« La cantine rouge, c’est le coeur du poste médical ! », signale le colonel Boutin. « On y trouve de l’oxygène, un moniteur cardiaque, des seringues, des antibiotiques, des pansements, des désinfectants, des protections, des containers pour déchets souillés… Nous avons de quoi soutenir dix à vingt postes médicaux ».

C’est aussi à l’Ersa du Grand Est que se conditionne l’indispensable trousse individuelle du combattant.

« Elle contient de quoi faire face aux premiers secours d’urgence pour stopper par exemple une hémorragie. En opération extérieure, chaque soldat a sa trousse », précise le pharmacien en chef, ajoutant que « l’activité de livraison aux régiments et aux hôpitaux militaires se poursuit évidemment ».

Une membre de l'Ersa prépare des bouteilles de monoxyde d'azote, le 14 avril 2020 près de Reims (AFP - FRANCOIS NASCIMBENI)

Une membre de l’Ersa prépare des bouteilles de monoxyde d’azote, le 14 avril 2020 près de Reims (AFP – FRANCOIS NASCIMBENI)

« L’habitude et la routine… des ennemis » : l’affiche collée sur une étagère métallique n’a jamais été aussi pertinente qu’en ces temps d’épidémie.

« Nous nous adaptons en permanence », conclut le colonel Boutin. Pas de quoi faire peur à cet officier qui a justement choisi la voie de la pharmacie militaire pour son « éclectisme » et sa « variété ».

Source : Sciences

Roberta Flores
Roberta Flores
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