La smartcity de Dijon passe le test du coronavirus

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Publié le 11 avr. 2020 à 15h04

Les villes intelligentes sont-elles plus résilientes en période de crise ? Pour les 23 communes de la métropole de Dijon (260.000 habitants), qui s’étaient lancées dans une première mondiale en inaugurant le 11 avril 2019 un centre de pilotage à distance des fonctions urbaines, le premier anniversaire du fonctionnement de « OnDijon » (référence à son caractère 100 % connecté) prend une dimension particulière depuis le coronavirus.

Quelque 140 kilomètres de fibre avaient été déployés pour connecter les équipements urbains (éclairage public, bornes d’accès du centre-ville, feux rouges…). Depuis un an, ils sont gérés par des télécontrôleurs depuis le poste de pilotage installé dans un bâtiment où la police municipale scrute de son côté le mur d’images de vidéosurveillance. « L’opérateur de mobilité urbaine a rejoint le centre en septembre, nous y faisons aussi des visioconférences depuis la salle de gestion de crise, tout est dans un même lieu et c’est clairement un avantage », résume le maire de Dijon, François Rebsamen.

Application citoyenne

A côté de la salle de gestion de crise à l’étage supérieur, les agents du portail téléphonique ont pris depuis le 15 mars plus de 3.500 appels d’habitants au numéro vert 24h/24 mis en place pour le Covid-19 avec, la nuit, un transfert des appels au télécontrôleur de garde. L’élu présent au centre d’appels, Denis Hameau, à la tête de l’équipe d’élus allant sur le terrain aider les personnes en difficulté confirme : « OnDijon a facilité la gestion de la crise, les gens réunis ici ont appris à travailler ensemble, partagent l’information et le poste de pilotage permet de prendre les décisions plus vite. »

Confinement oblige, les effectifs du poste de pilotage ont été ramenés de 25 à 13 personnes, certains travaillent une semaine sur deux et l’encadrement est en télétravail, mais la gestion des fonctions urbaines reste assurée. Denis Hameau n’a qu’un regret : l’application prévue pour permettre aux citoyens d’être acteurs en signalant tout désordre vu dans l’espace public ne sera déployée que courant 2020.

Suez au poste

« L’application d’alerte citoyenne implique de définir 600 procédures de traitement automatisé par type d’événements (trou dans la voirie, accident sur la voie publique etc.), il faut d’abord finir de les tester », explique-t-il. Elle aurait été un atout en cette période de confinement mais, déjà en l’état, « nous voyons la voie publique, gagnons du temps et limitons les interventions, car on identifie exactement le lieu et la nature d’un éventuel problème alors qu’avant, chacun travaillait dans son silo, on envoyait une équipe pour une panne d’éclairage et on s’apercevait que c’était en fait un problème de voirie », remarque François Rebsamen.

Même avantage pour les bâtiments publics vidés par le confinement. « On a pu les fermer immédiatement, en désactivant à distance les badges d’accès et on peut donner un accès ponctuel à certaines personnes. Leur surveillance était déjà renforcée avant le Covid-19 grâce à OnDijon et leurs capteurs pour l’éclairage, l’eau, etc. sont centralisables », explique le maire adjoint Jean-Patrick Masson.

Au milieu du gué

OnDijon est encore au milieu du gué. Les canalisations d’eau sont déjà dotées de capteurs et « les services d’eau et d’assainissement, pour lesquels nous avons retenu Suez lors du renouvellement des délégations en décembre 2019, rejoindront le centre de pilotage en avril 2021, précise François Rebsamen. Je veux y avoir le contrôle des cours d’eau et des risques inondations. » De même, les bâtiments de la ville sont en cours de cartographie 3D, « celle des réseaux enterrés (gaz, eau etc) sera finie d’ici trois ans et les agents coordonnant les travaux sur les réseaux enterrés intégreront OnDijon courant 2020, pour améliorer la vision dessus dessous », indique le directeur général des services de la ville Philippe Berthaut.

Mais dans l’immédiat, « le Covid-19 teste dans le dur et pour l’instant, on passe le test avec succès, conclut Denis Hameau. Reste à voir comment va se passer le pic, il est prévu la semaine prochaine. »

Source : site Web ici

Pascal Guy
Pascal Guy
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