le confinement accentue les inégalités

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
le confinement accentue les inégalités

Depuis quelques semaines, le constat ne fait que se renforcer: le confinement aggrave les inégalités. Inégalités en termes d’accès à la scolarité, inégalités face au télétravail, inégalités salariales et surtout inégalités de logement, avec en ligne de mire ces 11% de Parisiens qui ont quitté la capitale pour rejoindre des maisons familiales ou secondaires. Une nouvelle enquête de l’Insee publiée ce mardi confirme une nouvelle fois cette situation.

« Dans ce contexte exceptionnel, les conditions de logement impactent plus que jamais la qualité de vie du quotidien », écrit l’Insee. Si les deux tiers de la population vivent en maison, avec jardin dans 95% des cas, plus d’un tiers vit en appartement, avec une faible part (6,2%) ayant un accès à l’extérieur, rendant le confinement plus difficile. Pis, 5 millions de Français vivent dans un logement « suroccupé », c’est-à-dire qu’il manque au moins une pièce par rapport au nombre de personnes vivant dans le foyer.

Une « suroccupation » chez les familles monoparentales

Cette première inégalité s’accompagne d’autres disparités. Les familles monoparentales sont particulièrement touchées par cette « suroccupation »: Alors que plus de 8% des couples avec enfant vivent dans un logement dans lequel il manque une pièce, il manque une pièce pour 18,1% des familles monoparentales. Cette différence s’intensifie avec l’âge des enfants. Un  couple sur 10 ayant un enfant âgé de moins de 10 ans vit dans un logement trop petit. Ce chiffre monte à 25% chez les parents élevant seuls leurs enfants.

Cette « suroccupation » n’est pas non plus la même selon les territoires. Sur les 5 millions de Français vivant dans cette situation, 40% résident dans l’agglomération parisienne. Ce phénomène touche en effet principalement les grandes agglomérations. L’Ile-de-France (12,7%) et Provence-Alpes-Côte-d’Azur (7,5%) sont particulièrement concernées par des cas de familles vivant dans des logements où il manque une pièce.

Cette disparité s’accentue dans les quartiers prioritaires de la ville. Ainsi en Ile-de-France, une famille sur quatre vit dans un logement « suroccupé », et une famille sur 5 en PACA. Ce taux de « suroccupation » peut atteindre jusqu’à 35% dans certains quartiers prioritaires, des quartiers socialement et économiquement défavorisés. 

Un isolement des personnes âgées

Le confinement est également un marqueur de l’isolement. Actuellement, 10 millions de personnes en France vivent seules. Soit 16% de la population. Les 75 ans et plus sont un public particulièrement touché puisqu’ils représentent une personne sur quatre en situation d’isolement.

« Toutefois, une partie des personnes seules ont pu rejoindre leur famille à l’annonce du confinement, notamment parmi les personnes âgées et les étudiants », nuance l’Insee. 

Le poids de la solitude est plus lourd selon les régions. Les territoires ruraux sont particulièrement concernés, notamment le centre de la France. 6,2% des habitants de la Creuse sont des personnes âgées vivant seules, plus de 5,5% des habitants de la Nièvre, de l’Indre, de l’Allier ou encore de la Corrèze. Cet isolement accentue la fragilité de ces personnes lorsque celles-ci n’ont pas un accès direct aux biens de première nécessité. C’est le cas pour 13,3 % des personnes de 75 ans ou plus vivant seules en France. Ce taux s’élève à 45 % dans la Meuse ou la Haute-Saône.

Un accès à Internet brouillé

L’une des solutions pour limiter ces différences au sein de la population aurait pu être l’accès à Internet, pour garder un lien social ou télétravailler. Là encore les disparités subsistent. Actuellement 12% des Français n’ont pas accès à Internet à leur domicile. Plus de la moitié sont âgés de 75 ans et plus.

A cet isolement peut également s’ajouter la précarité qui rendent une nouvelle fois le confinement inégal. En France, 1,7 million de personnes seules vivent sous le seuil de pauvreté en France métropolitaine. 1,2 million de personnes perçoivent l’allocation adulte handicapé (AAH), destinée à des personnes handicapées aux revenus modestes. Parmi elles, sept sur dix vivent seules en cette période de confinement.

Source de cet article

Marino Stozza
Marino Stozza
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password