Le coronavirus a remplacé les guerres commerciales comme une vague qui s'abat sur les marchés

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L’effet papillon ou le conte de la pyrale

L’épidémie de coronavirus a remplacé les guerres commerciales comme une vague qui s’abat sur les marchés, provoquant la panique des marchés financiers mondiaux craignant un choc pour l’économie mondiale.

Il ne s’agit plus seulement d’un problème asiatique (même si le nombre de cas signalés en Chine continentale a diminué), le virus s’est propagé en Italie, en Corée du Sud et en Iran et l’on craint que cela ne se transforme en une pandémie mondiale.

Les marchés commencent à réfléchir à ce que cela signifie pour le commerce et les transports à l’échelle mondiale, tandis que les marchés obligataires s’inquiètent des risques de récession.

Chronique signée Ritu Vohora, Investment Director au sein de l’équipe Actions M&G.

Le coronavirus étant désormais présent en Europe et la région particulièrement exposée aux échanges commerciaux, le virus risque de menacer son fragile redressement. En effet, nous avons vu la semaine dernière les premiers répercussions économiques au travers de multiples enquêtes PMI asiatiques qui démontrent de fortes pertes. Les niveaux records et les valorisations élevées des marchés boursiers rendent les marchés plus vulnérables aux chocs économiques et aux déceptions en matière de bénéfices. Le virus pourrait retarder la progression des bénéfices des entreprises, en particulier en dehors des États-Unis.

Un plus grand impact que l’épidémie de SRAS

Des parallèles ont été établis avec l’épidémie de SRAS de 2002-2003. Après avoir atteint un pic, la croissance du PIB, du tourisme et des ventes au détail de la Chine a rapidement rebondi lorsque les entreprises ont repris leurs activités. Il a fallu près de 4 mois pour maîtriser le SRAS, soit à peu près le temps qu’il a fallu pour que les performances se normalisent et qu’une reprise en forme de V s’ensuive. Le coup temporaire porté à l’activité économique a entraîné une demande refoulée, qui a finalement contribué à alimenter le rebond de l’activité économique.

Bien que les efforts du gouvernement soient beaucoup plus substantiels, voire draconiens, que ce que nous avons vu pendant le SRAS, l’impact économique et commercial du coronavirus pourrait être beaucoup plus important, compte tenu de l’essor économique de la Chine et de sa plus grande intégration dans l’économie mondiale. La part de la Chine dans l’indice MSCI Emerging Markets est passée de 7,9 % en 2003 à 34,3 %. En outre, la Chine représente une part beaucoup plus importante de l’économie mondiale qu’il y a 17 ans – la part de la Chine dans le PIB mondial est aujourd’hui de 16 % (le tourisme chinois représente à lui seul environ 0,4 %) contre 4 %, sa part dans le commerce mondial était de 11 % en 2018 contre seulement 5 % en 2003.

La rupture de la chaîne d’approvisionnement est plus importante en raison de la dépendance mondiale accrue vis-à-vis de la Chine et des chaînes d’approvisionnement plus complexes en général. Si la demande peut se redresser rapidement, l’offre pourrait être plus problématique. Des goulets d’étranglement pourraient se former avec la reprise de la production. Hubei fait partie des chaînes d’approvisionnement mondiales de l’automobile, des soins de santé, de l’électronique, de l’aérospatiale, de la défense et des matériaux de construction.

Surprises et opportunités

Le consensus général est que la Chine connaîtra un ralentissement de sa croissance économique au moins pendant le premier trimestre, voire le premier semestre de l’année. La relance de l’économie du pays est une priorité absolue pour la Chine. Bien que des mesures de relance aient été adoptées, nous pourrions envisager des réductions d’impôts pour les secteurs touchés comme une réponse politique probable. Il est trop tôt pour évaluer l’impact éventuel sur l’économie mondiale, et il sera important de surveiller à la fois la propagation du virus et du taux de mortalité. Un signal à surveiller est le moment où les cas nouvellement confirmés tombent constamment en dessous des cas nouvellement guéris, et où le « pic d’infection » sera atteint.

Alors que les gros titres sont de plus en plus pessimistes, dans de nombreux cas, la chute des marchés boursiers a simplement ramené les valorisations à leur niveau d’il y a quelques mois, sans doute plus sain. Les résultats récents des entreprises sont encourageants, mais certaines d’entre elles revoient à la baisse leurs prévisions de bénéfices pour 2020, ce qui pourrait entraîner à court terme une baisse de la croissance des bénéfices.

À ce stade, un marché baissier durable ne semble pas probable, mais soyons attentifs à la volatilité des prochains mois. Il serait judicieux d’attendre de voir à quel point cette situation se généralise avant de prendre des décisions importantes, certaines ventes sans discernement pourraient offrir des opportunités sélectives. Dans le pire des cas, à savoir une pandémie mondiale, la croissance et les marchés seront touchés beaucoup plus durement que ne peuvent le prévoir les investisseurs. La diversification entre les secteurs et les classes d’actifs, y compris les valeurs refuges comme l’or et les bons du Trésor américain, sera importante pour se prémunir contre la volatilité.

Source de cet article : Lalibre.be

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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