Le mystère Jay Electronica

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Il aura seulement fallu quinze minutes à Jay Electronica pour secouer tout un genre musical. En 2007, le chanteur de r’n’b Akon est au sommet des charts et la musique s’échange sur MySpace, quand ce rappeur originaire de La Nouvelle-Orléans chamboule les repères avec une mixtape d’un quart d’heure. Cinq mouvements, construit uniquement autour de samples de la B.O. du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry, dans lesquels Jay Electronica dévoile un rap spirituel et sensible, centré sur les textes autant que sur l’habillage sonore (il produit lui-même tous ses morceaux) tout en fascinant son auditoire à coups de réflexions religieuses et sociales sur le monde qui l’entoure. Avec Act I : Eternal Sunshine (The Pledge), Jay Electronica, de son vrai nom Elparado F. Thedford, devient l’artiste le plus scruté du rap américain à la fin des années 2000, est signé par Jay-Z sur son label Roc Nation… avant de disparaître comme un fantôme et de devenir un mythe.

Jay Electronica a disparu pendant dix ans. Pas de mixtapes, quelques collaborations ici et là, une retraite spirituelle au Népal, puis l’annonce d’un premier album «réalisé en quarante jours et quarante nuits» qu’on n’attendait plus. Le résultat se révèle à la hauteur (ou presque) des attentes : réalisé en étroite collaboration avec Jay-Z, qui apparaît sur huit des dix morceaux, et peaufiné avec les plus grands producteurs du rap américain (Hit-Boy, The Alchemist, Swizz Beatz, No I.D.), A Written Testimony est une leçon. Un disque rempli de samples nostalgiques (Ghost of Soulja Slim) et de rythmiques lentes (Universal Soldier) sur lesquelles Electronica et Jay Z discutent de leurs trajectoires personnelles (Shiny Suit Theory) et du monde qui les entoure. Une réunion au sommet des grands esprits du rap américain pour un disque hors du temps qui ne résout pas le mystère : on ne sait toujours pas ce qui a motivé les dix ans de silence de Jay Electronica. Cela ne l’empêche pas de s’imposer avec cet ovni génial.


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Brice Bossavie

Jay Electronica A Written Testimony (Roc Nation)

Source du post: liberation.fr

Marino Stozza
Marino Stozza
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