le quotidien bouleversé d’Emile, enfant polyhandicapé et confiné

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le quotidien bouleversé d'Emile, enfant polyhandicapé et confiné

Habituellement, Emile, 9 ans, se rend chaque jour dans un centre médico-éducatif. Mais depuis le début du confinement, le 17 mars dernier, ce garçon polyhandicapé est obligé de rester chez lui avec sa famille. Une situation qui n’est pas sans conséquence.

« Au début il était très content, comme s’il était en vacances. Il y avait toujours quelqu’un pour venir le voir, lui faire un faire un petit bisou, un petit câlin. Mais avec le temps, son comportement a évolué très rapidement. Depuis une semaine, il est vraiment très prostré », note sa mère Aline. 

Manque de moyens

Comme de nombreuses personnes handicapées, Emile et sa famille ont dû faire face à « l’arrêt brutal des différents services et instituts » qui les accompagnaient, a rappelé sur BFM Lyon ce lundi Nicolas Bordet, directeur général de l’Association départementale de parents et d’amis des personnes handicapées mentales du Rhône (ADAPEI 69).

Pour beaucoup d’entre eux, il n’a pas été possible de mettre en place à chaque fois un accompagnement socio-éducatif à la maison. « Les professionnels du secteur médico-social ne sont pas préparés pour ce travail à domicile », note Nicolas Bordet, qui pointe aussi le manque de moyens humains.

Dans l’institut où se rend Emile, 92 enfants polyhandicapés sont ainsi pris en charge. S’il était possible de proposer des activités et des soins lors de séances collectives au sein du centre, il est désormais impossible « de s’éclater, entre guillemets, dans un grand nombre de logements », précise le directeur de l’ADAPEI 69. A cette difficulté s’est en plus ajouté le manque de moyens de protections et les difficultés de transports, rappelle-t-il.

Des conséquences physiques et psychiques

A cause du confinement, Emile ne peut donc plus suivre de séances de kinésithérapie ou de psychomotricité, pourtant indispensables à son développement physique.

« Au niveau de son corps, il est beaucoup plus rétracté », indique sa maman. « Ce sont des enfants qui ne tiennent pas debout et qui sont beaucoup en fauteuil roulant, du coup, c’est vraiment essentiel pour eux », rappelle-t-elle. 

Par ailleurs, les conséquences du confinement ne sont uniquement physiques, mais aussi psychiques.

« Je note vraiment une régression dans ses capacités et ses compétences. Ça fait un effet boule de neige: non seulement il s’ennuie, mais en plus il ne lui vient plus à l’idée de faire les petits exercices qu’on lui montre habituellement et pour lesquels il peut s’amuser assez longuement », s’inquiète sa mère. 

Crainte autour du déconfinement

Aline craint surtout pour la suite car Emile fait partie des personnes fragiles qui pourraient rester confinées après le 11 mai. Une situation intenable sur le long terme pour cette maman qui demande la réouverture des centres médico-éducatifs. 

Si ces instituts restent tributaires des annonces gouvernementales, leur fonctionnement est proche de celui des écoles, assure Nicolas Bordet, « Les équipes travaillent déjà à imaginer des plus petits collectifs et comment mettre en place les gestes barrières du quotidien », selon lui.

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Marino Stozza
Marino Stozza
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