Le transport des animaux vivants en question en temps de pandémie

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Le transport des animaux vivants en question en temps de pandémie

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L’épidémie de Covid-19 affecte le transport des animaux. Fermeture des frontières oblige, l’Europe a réduit ses exportations de moutons et de bovins au sein et en dehors du continent. Mais ce qui est valable pour la route ne l’est pas pour la mer ! Des navires chargés d’animaux de troupeaux ou d’espèces destinés aux parcs animaliers continuent de naviguer. Or, pour protéger les équipages, les inspections vétérinaires ont été allégées. Des associations de défense des animaux tirent la sonnette d’alarme.

Des images de vaches les cornes en sang à force d’être compressées dans les enclos des cales d’un navire. Ce film c’est l’organisation CIWF qui le publie. Léopoldine Charbonneaux en est la présidente pour la branche française. Défenseuse des animaux d’élevages, elle milite auprès de la Commission de Bruxelles et à Paris où avant même l’apparition de l’épidémie de coronavirus, elle rencontrait des ministres pour demander la présence de vétérinaires à bord. Dans ces bateaux, les poussées de chaleur et d’humidité facilitent la circulation des germes, les animaux tombent souvent malades, un danger pour la santé des bêtes mais aussi pour celle des hommes d’équipage.

« Trop de bêtes meurent ou tombent malades dans les transports, déplore-t-elle. Notre association CIWF, Compassion In World farming, milite auprès de la Commission de Bruxelles et aussi auprès des ministres français pour obtenir la présence systématique d’un vétérinaire à bord des navires chargés d’animaux vivants ainsi qu’un carnet de traçage des troupeaux. En Europe, poursuit-elle, la France est le 3ème exportateur de bovins et de moutons. Nos élevages partent en Allemagne, en Espagne, en Italie, et hors de l’Union, principalement au Liban, au Moyen-Orient et en Turquie. Mi-mars, pour ces 3 destinations, la crise du coronavirus a changé la donne. Des camions ont été bloqués aux frontières. Or, chaque retard est dramatique, au-delà de huit jours de mer, le stress est intense, des bêtes sont mortes de soif et de faim, d’autres se sont blessées.»

Zoos fermés, animaux transférés pour être regroupés

Plus que pour le lion infecté au Covid-19, dans un zoo de New-York, c’est pour les chimpanzés, les dauphins et les orques, déjà connus pour leur fragilité aux différents coronavirus en circulation dans le monde animal, que les vétérinaires s’inquiètent le plus. En fermant les portes des zoos et des parcs animaliers, bon nombre de propriétaires n’ont pas pu assurer les rations alimentaires de leurs animaux. De ce fait, des convois ont pris la route pour transférer les bêtes dans des structures adaptées. Si en Europe, ce genre de regroupement se passe sous contrôle, ce n’est pas le cas des voyages internationaux.

La Russie a retoqué deux convois d’orques et de dauphins destinés à la Chine

La Chine est le pays où le nombre de parcs aquatiques se construisent le plus. Les foules en redemandent et le pays est en forte demande d’importation. Mais depuis deux ans, le président russe, Vladimir Poutine entend les alertes d’associations de protections des mammifères marins. Contrecarrant des captures illégales de bélugas (espèce de baleines) et de dauphins destinés aux Chinois, la Russie a retiré le permis d’exportation à près de dix sociétés de transport animalier.

N’empêche, même si ce Covid-19 a ralenti les voyages autorisés, la Chine va continuer d’en demander. Pour Muriel Arnal de l’organisation One Voice, spécialiste du transport, ces transferts par avion s’apparentent à de la torture. « Bien entendu, il n’y a pas de piscines dans les soutes d’un avion ! lâche-t-elle,ironique. Imaginez les dauphins et les orques enroulées dans des serviettes mouillées. Les animaux ne sont pas endormis, juste relaxés à l’aide de calmants. Mais les cachets n’effacent pas la douleur, l’absence d’eau provoque des compressions d’air sur tous leurs organes, c’est une souffrance absolue pendant des heures et des heures de trajet. Leur système immunitaire perd de son efficacité et les mammifères marins, souvent sujets aux maladies liés aux coronavirus (différent du Covid19) ne peuvent qu’être en danger dans un pays d’où es né la maladie qui a touché les humains. »

Le 14 juin Journée mondiale du transport des animaux

One Voice demande donc l’interdiction totale d’exporter les mammifères marins vers la Chine. Pourquoi s’attaquer particulièrement au marché chinois ? Parce que ce pays ne s’est pas doté de lois sur le transport animalier, aucune contravention pour punir les mauvais vendeurs et transporteurs.

Chaque année, le transport animalier célèbre sa journée mondiale ! Ce sera le 14 juin prochain, il y sera notamment demandé deux choses : d’interdire le transport des animaux vivants au profit seulement de laine ou de carcasses de viande. Et bien entendu, un renfort des inspections sur les routes, en mer et dans les airs.

Source du post: RFI

Roberta Flores
Roberta Flores
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