Lee Konitz, légendaire saxophoniste de jazz, est mort à 92 ans, victime du coronavirus

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Lee Konitz, légendaire saxophoniste de jazz, est mort à 92 ans, victime du coronavirus

Il a joué avec les plus grands de Miles Davis à Martial Solal en passant par Lennie Tristano, Stan Getz, Bill Evans ou Elvin Jones, et il a influencé des générations de musiciens de jazz. Atteint par le covid-19, Lee Konitz est mort d’une pneumonie à 92 ans.

Déjà durement touché par le covid-19, le monde du jazz vient de perdre un saxophoniste américain de légende, Lee Konitz, victime d’une pneumonie consécutive au coronavirus. Le légendaire musicien s’est éteint mercredi 15 avril dans un hôpital de Greenwich Village, un quartier de New York.

Au saxophone alto, Lee Konitz a pris part à des enregistrements historiques et iconiques du jazz, à commencer par le mythique Birth of the Cool de Miles Davis (enregistré en 1949 et 1950, sorti en 1957), mais aussi Miles Ahead (1957). Reconnaissable par un son pur et aérien, improvisateur hors du commun, il a su très tôt se démarquer de l’influence colossale de Charlie Parker, inspirant au fil des ans des générations de musiciens. Au cours d’une carrière longue de 75 ans, il a abordé différents styles, du bebop au à un jazz plus expérimental, sans oublier le cool jazz dont il est devenu une grande figure.

Lee Konitz : « I’ll Remember You » (Schertzinger, Mercer), morceau d’ouverture de l’album « Motion » réalisé avec le batteur Elvin Jones et le contrebassiste Sonny Dallas (1961, Verve Records)

Né le 13 octobre 1927 à Chicago, Lee Konitz étudie la clarinette à partir de l’âge de 11 ans, avant de se tourner vers le saxophone. Il fait ses premiers pas professionnels vers l’âge de 18 ans. C’est le début d’une carrière aussi longue que foisonnante, et d’une série de rencontres et de collaborations qui marqueront l’histoire du jazz. Au départ, il joue dans un big band avant d’être engagé par le pianiste Lennie Tristano (il jouera dans trois de ses disques). Il participe à ses premières sessions d’enregistrement à partir de 1947 avec Miles Davis et Tristano, avant de prendre part à l’enregistrement collectif, en trois phases entre 1949 et 1950, de Birth of the Cool du trompettiste, qui a formé pour l’occasion des nonets.

Miles Davis : « Move » (Denzil Best), extrait de « Birth of the Cool » (1957), un album enregistré en nonet

Au cours de sa carrière, Lee Konitz travaille avec les saxophonistes Warne Marsh, Stan Getz, Gerry Mulligan et Ornette Coleman, le trompettiste Dizzy Gillespie, le contrebassiste Charles Mingus… Il participe à sept albums du pianiste et arrangeur Stan Kenton, enregistre de nombreux albums en duo, une formule qu’il apprécie, notamment avec les pianistes Chick Corea, Martial Solal, ou encore Michel Petrucciani en 1982 dans l’album Toot Sweet.

Lee Konitz et Michel Petrucciani : « I Hear a Rhapsody » (George Fragos, Jack Baker, Dick Gasparre), extrait de « Toot Sweet » (1982)

S’il compose, Lee Konitz semble prendre davantage de passion à recréer avec grâce et une intense créativité les grands standards, toujours très bien entouré, comme avec le pianiste Bill Evans au Danemark en 1965…

Bill Evans et Lee Konitz reprennent « How Deep is the Ocean » (Irving Berlin) et « Beautiful Love » (Wayne King, Victor Young, Egbert Van Alstyne) au Danemark en 1965

Parmi ses autres collaborations marquantes, on peut également citer le pianiste Brad Mehldau, le contrebassiste Charlie Haden, ou encore le batteur Paul Motian et le bassiste Steve Swallow avec lesquels il a enregistré Three Guys en 1999.

Lee Konitz, Paul Motian, Steve Swallow : « Luiza » (Antônio Carlos Jobim), extrait de « Three Guys » (1999)

Toujours actif ces dernières années, on l’a vu dialoguer en musique et improviser avec le brillant pianiste Dan Tepfer, de 55 ans son cadet, et avec lequel il a enregistré deux albums en duo en 2009 et 2018. Il avait par ailleurs sorti un album sur le label Impulse! en 2017, Frescalalto, à la tête d’un quartette incluant entre autres le pianiste Kenny Barron.

Si Lee Konitz s’était lié d’amitié avec le saxophoniste Charlie Parker, l’une des figures tutélaires du bebop, il a su se forger une identité et un style personnel qui ont inspiré d’innombrables musiciens jusqu’à nos jours, des musiciens dont beaucoup se sentent un peu orphelins aujourd’hui.

Source : Franceinfo

Marino Stozza
Marino Stozza
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