l’émotion de son éditrice française, Anne-Marie Métailié

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l'émotion de son éditrice française, Anne-Marie Métailié

La directrice des éditions Métailié avait révélé l’écrivain chilien au grand public en 1992 avec « Le Vieux qui lisait des romans d’amour », son grand best-seller. Elle revient aujourd’hui sur une collaboration de 28 ans, une relation qui va bien au-delà de lien éditeur-écrivain.

Emporté à 70 ans ce jeudi 16 avril par le Covid-19, l’écrivain chilien laisse derrière lui un patrimoine littéraire et un engagement politique hors du commun. Anne-Marie Métailié, éditrice, avait grandement participé à sa notoriété internationale en 1992 avec la parution du roman « Le Vieux qui lisait des romans d’amour ». Elle livre pour nous le souvenir d’un personnage atypique, avec qui elle avait noué une relation particulièrement forte.

Que ressentez-vous à la disparition de Luis Sepúlveda ?

Anne-Marie Métailié : Je me sens cassée… Je n’aurais jamais cru possible que cet homme meure un jour. J’ai perdu un grand ami, et je suis extrêmement triste. Quand nous nous sommes rencontrés il y a 28 ans, nous n’étions rien ni l’un ni l’autre, et ça a changé nos vies. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus, et nous avons créé une relation amicale vraiment exceptionnelle et j’ai pu voir grandir sa notoriété. 

Que représente-t-il selon vous, à travers son engagement et sa littérature ?

A-M. M. : C’était un écrivain exceptionnel, très marqué par les dictatures d’Amérique latine. Il avait participé aux combats contre les dictatures en Amérique centrale, puis à la lutte écologique avec Greenpeace. Tout cet engagement était fondamental pour lui, et il le faisait passer à travers ses textes. Je précise que ce n’était pas de la littérature engagée à proprement parler, mais un engagement à travers la littérature.

L’écrivain Luis Sepulveda et son éditrice Anne-Marie Métailié. (ANNE-MARIE METAILIE)

« Le Vieux qui lisait des romans d’amour », c’est le livre qui vous a fait découvrir Sepúlveda…

A-M. M. : Je me souviens que quand j’ai l’ai lu, j’ai failli manquer mon avion. J’étais scotchée dans cette histoire, j’étais transportée et je me suis retrouvée à avoir 14 ans ! C’était pour moi un livre exceptionnel. Après avoir acheté les droits, je savais que les journalistes littéraires ne s’intéresseraient pas à un inconnu, surtout venant de l’autre bout du monde. J’ai donc misé sur les libraires, à qui j’ai envoyé des épreuves qu’ils ont lues, et à travers le bouche à oreille ils se sont mis à le vendre. Le public a réagi de façon immédiate. A ce moment là, Sepulveda est devenu un auteur à succès en France et le livre s’est vendu dans toute l’Europe. En tout cas, tout le monde est d’accord pour dire que le succès de Sepúlveda est parti de France !

Une histoire, un souvenir marquant de Luis Sepúlveda à nous raconter ?

A-M. M. : La première fois que je l’ai vu, c’était sur le quai de la gare pour partir à Saint-Malo. Une sorte de géant, qui portait un corset de fer et s’appuyait sur des béquilles […]. Il était atteint d’une tuberculose osseuse qu’il avait contractée pendant sa détention au Chili et lui avait endommagé la colonne vertébrale. Lorsque nous sommes arrivés à Saint-Malo, il s’est produit ce que nous avons baptisé « le miracle de Saint-Malo ». Au stand de la librairie où nous étions, les gens ont commencé à venir le voir et acheter son livre. Le lendemain les gens l’arrêtaient dans la rue pour lui parler du livre. Lorsqu’il  est revenu à l’hôpital, son abcès à la colonne vertebrale avait disparu. 

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Source : Franceinfo

Roberta Flores
Roberta Flores
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