les cimetières de Seine-Saint-Denis au bord de la saturation

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les cimetières de Seine-Saint-Denis au bord de la saturation

Certains départements sont frappés plus durement que d’autres par l’épidémie de coronavirus. C’est le cas de la Seine-Saint-Denis, le plus pauvre de métropole, touché par une surmortalité importante depuis le début de la crise. Entre le 21 et le 27 mars, les décès ont ainsi bondi de 63% par rapport à la semaine précédente dans le département. Conséquence de cette hausse de la mortalité: de nombreux cimetières de Seine-Saint-Denis sont aujourd’hui au bord de la saturation, à l’image de celui de Montreuil. 

Le nombre d’enterrements « a été multiplié par deux, voire par trois », assure Thierry Manteau, agent technique du cimetière de Montreuil. « Donc toute la journée, les ouvriers restent pour pouvoir faire des creusements à la chaîne. »

À Montreuil, 47 corps ont été inhumés en mars 2020. L’année dernière, le même mois, le nombre d’enterrements réalisés s’élevait à 25.

Des caveaux dans l’attente de transferts à l’étranger

Face à cette suractivité, les équipes du cimetière de Montreuil ont été contraintes de se réorganiser. Deux d’entre elles se relaient toute la journée, le cimetière est fermé aux visiteurs et les inhumations ont lieu une par une pour respecter les mesures de confinement.

Un carré a également été mis en place pour accueillir les corps de personnes que les familles souhaitent rapatrier dans leur pays d’origine.

« On avait des caveaux provisoires avant la crise sanitaire, qui aujourd’hui sont sollicités puisque les transferts de défunts à l’international ne sont plus possibles », explique Florian Vigneron, adjoint au maire de Montreuil.

Une hausse de 30% de l’activité au cimetière d’Aubervilliers

Le cimetière d’Aubervilliers, toujours en Seine-Saint-Denis, est quant à lui saturé. En cause: la multiplication des décès à domicile. Des circonstances éprouvante pour les familles, selon Philippe Messa, directeur des pompes funèbres de la ville.

« Expliquer aux gens que nous allons mettre une combinaison à la dépouille du défunt, qu’on va la mettre dans une housse mortuaire et qu’ils ne la verront plus, c’est le moment le plus difficile pour eux. Ils ne comprennent pas », déplore-t-il.

Dans le cimetière d’Aubervilliers, les décès à domicile ont engendré une hausse de 30% de l’activité. Pour y remédier, les autorités du département appellent les habitants à poursuivre leurs soins malgré le confinement.

« Ce qu’on constate actuellement, c’est ce que disent les médecins libéraux et les centres de santé, c’est que leurs patients habituels ont tendance, assez massivement, à ne pas se faire soigner », alarme Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis.

En 2019, 158 personnes sont mortes chez elle dans le département au mois de mars. Cette année, ce chiffre s’élevait à 248. Dimanche, le département a dépassé la barre des 500 morts du covid-19, selon Santé Publique France.

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Marino Stozza
Marino Stozza
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