Les parents d’élèves du privé doivent-ils continuer à payer l’école?

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Les parents d'élèves du privé doivent-ils continuer à payer l'école?

Alors que les écoles, collèges et lycées sont fermés depuis près d’un mois et demi en raison de la pandémie de covid-19 et qu’ils ne devraient pas rouvrir avant le 11 mai – et encore de manière très progressive – certains parents dont les enfants sont scolarisés dans des établissements privés sous contrat estiment qu’ils ne devraient pas continuer de payer tant que la scolarité n’a pas repris son cours normal.

« Si, il y a cours »

Nathalie Brassart, la cheffe d’établissement du lycée L’initiative à Paris, indique à BFMTV.com que « quelques parents » ont fait cette demande.

« Ils m’ont dit qu’ils ne souhaitaient pas continuer de payer tant qu’il n’y avait pas cours. Mais je leur ai expliqué que si, il y a cours même si ce n’est pas physiquement en classe. Il y a un réel investissement des enseignants pour assurer la continuité pédagogique. »

Pas de remboursement, donc, comme l’assure à BFMTV.com l’enseignement catholique de Paris, ce qui est « légitimé par la continuité pédagogique ». Sur les réseaux sociaux, certains de ces parents ont cependant fait part de leur mécontentement quant à ces facturations.

Cantine, garderie et internat remboursés

Mais pour Gilles Demarquet, le président de l’Association de parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel), il n’y a rien d’aberrant à ce que les établissements continuent à faire payer les parents. 

« Il faut comprendre à quoi sert la contribution familiale: à payer l’immobilier », explique-t-il à BFMTV.com – les enseignants des établissements sous contrat étant payés par l’État, ce qui n’est pas le cas du personnel qui ne dépend pas de l’Éducation nationale.

D’autant que selon lui, dans de nombreux établissements, « des solidarités » ont été mises en place.

« Pour aider les familles qui traverseraient une période difficile, comme les commerçants, des caisses de solidarité financées par les établissements et les associations de parents d’élèves ont été créées. C’est quelque chose qui existe depuis longtemps, cela peut être le cas pour aider les familles les plus modestes à financer un voyage scolaire ou lors d’un accident de la vie, pour ne pas infliger à l’enfant une double peine et le changer d’école. »

Gilles Demarquet assure cependant que certains remboursements ont été effectués, notamment pour les frais de cantine, de garderie, d’étude dirigée ou d’internat, et que certains prélèvements ont pu être différés « selon les politiques des établissements ».

« Les établissements et les parents ont fait et font au mieux pour assurer la continuité pédagogique, poursuit le président de l’Apel. Beaucoup de choses sont faites via l’ENT (l’espace numérique de travail, NDLR), des cours sont assurés en visioconférence, du matériel informatique a été prêté. Traditionnellement, il y a une relation forte entre les établissements catholiques et les familles. Je connais des enseignants qui appellent quotidiennement plusieurs de leurs élèves pour faire le point avec eux. » 

Les profs soumis à une « forte pression »

Hélène, une enseignante d’un établissement privé, témoigne pour BFMTV.com sous couvert d’anonymat. Elle affirme être soumise à une « forte pression » de la part de sa hiérarchie pour assurer au mieux la continuité pédagogique de ses élèves.

« Je ne sais pas si les professeurs du public travaillent autant que nous, mais je n’arrête pas. Entre les échanges de mails avec les élèves pour leur donner des explications, préciser les consignes et surtout les rassurer et leur montrer qu’on est là pour eux, l’ensemble de mes cours qu’il a fallu revoir pour les adapter à l’enseignement à distance et le travail que je leur propose, c’est du non-stop. »

« Les enseignants ont fait preuve de créativité »

Classes virtuelles, visioconférences, mais aussi prêt de matériel informatique et recours aux outils numériques: au lycée l’Initiative, à Paris, le personnel éducatif se démène pour ses 600 élèves, comme le détaille Nathalie Brassart, sa cheffe d’établissement.

« En français, en arts appliqués et même pour les matières professionnelles, les enseignants ont fait preuve d’une créativité exemplaire. Nos jeunes ont énormément joué le jeu: même ceux à la limite du décrochage se sont raccrochés. »

Elle évoque l’initiative de ce professeur d’éducation physique et sportive qui a lancé un défi « confi-danse » à ses élèves. Il leur a demandé de s’inspirer d’une vidéo pour créer leur propre chorégraphie puis de se filmer dans différents lieux de leur domicile, dans le même esprit que ce qu’ont fait les danseurs de l’Opéra de Paris. Proposition similaire pour l’enseignant de musique, avec une séquence vidéo de cinq mesures à associer à des gestes.

« Le rythme était un peu trop soutenu, on a dû ralentir la cadence, poursuit Nathalie Brassart. Nos exigences étaient parfois supérieures à celles en cours. Mais nos jeunes se sont vraiment investis et ont été très déçus quand ils ont appris que les notes du confinement ne compteraient pas. Ils ont eu l’impression qu’ils avaient travaillé pour rien. Mais nous leur avons garanti que leur implication serait tout de même valorisée dans le livret scolaire. »

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Marino Stozza
Marino Stozza
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