les prévisions de réouverture progressive des musées

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les prévisions de réouverture progressive des musées

Certains petits musées, surtout en régions, ont déjà rouvert. D’autres, plusgrands, se préparent pour juin ou juillet.

Les grands musées, du Louvre au Mucem à Marseille, rongent leur frein, mais les « petits » musées et monuments peuvent désormais rouvrir. Une réouverture qui s’annonce progressive, beaucoup visant le début du mois de juin.

Les « petits musées » pourront rouvrir à partir du 11 mai, avait annoncé Edouard Philippe le 28 avril. Ceux qui n’impliquent « pas des déplacements importants en dehors d’un bassin de vie ou du département, pourraient rouvrir » à cette date, a précisé quelques jours plus tard le ministre de la Culture Franck Riester.

Car, plus que floue, l’appellation « petits musées » donnée par l’exécutif a mis beaucoup d’édiles et de directeurs de musées dans l’embarras. Ce sera, a ajouté le ministre, aux propriétaires, publics ou privés « de voir s’ils sont en capacité de respecter les préconisations ». Et, après avis du maire, un arrêté devra encore avaliser la réouverture.

Certains, qui ne risquaient guère d’être envahis, ont pris le pari de rouvrir ici et là : ainsi, du musée de l’Image à Epinal (12 mai) ou du Manoir de Kerazan dans le Finistère. Le Domaine Pommery à Reims a ouvert ses portes, conviant à parcourir ses galeries souterraines à la découverte d’oeuvres contemporaines. Et l’exposition Lumière ! Le cinéma inventéa rouvert ses portes au Palais Lumière d’Evian, avec un accès limité à 50 personnes, un cheminement spécial et masque obligatoire.

Le musée Ingres-Bourdelle à Montauban s’apprête à recevoir les visiteurs les week-ends dès le 16 mai (ouverture élargie au jeudi 21 et vendredi 22 pour le week-end de l’Ascension). Une « phase test » avant une réouverture complète envisagée pour la mi-juillet. Et, le 21 mai, le musée Soulages rouvrira à Rodez.

Le Louvre-Lens travaille sur une réouverture progressive à partir du 3 juin, sous réserve du passage en zone « verte » du Pas-de-Calais, et le Centre Pompidou-Metz rouvrirait le 13 juin. Toulouse a annoncé la réouverture des Abattoirs pour début juin.Les lieux d’expositions immersives en vogue, Atelier des Lumières à Paris ou Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence, visent le 2 juin. Quant aux Bassins de Lumières à Bordeaux, ils devront attendre l’été pour leur inauguration.

A Paris, l’Institut Giacometti est l’une des exceptions dans un paysage de portes closes. Il devait ouvrirle 15 mai. Sur son site, on est invité à lire sa « charte des visiteurs » qui figurera sur le billet en ligne et qui énumérera les gestes-barrières, notamment la distance physique d’un mètre cinquante au minimum à respecter.

Des médiateurs seront là pour indiquer le sens de la visite. Dix personnes au maximum seront accueillies toutes les 20 minutes. En ces jours avant l’ouverture, l’équipe de ce mini-musée s’affairait au nettoyage en profondeur, à l’installation de la barrière de protection en plexiglas et du distributeur de gel hydroalcoolique.

A Paris-Musées, qui regroupe 14 établissements gérés par la Ville, un « calendrier prévisionnel » a été adopté, dans l’attente de ce que dira le Premier ministre Edouard Philippe début juin, rendez-vous fixé par l’exécutif pour tirer le bilan du déconfinement.

L’objectif est de rouvrir le 16 juin plusieurs musées (Bourdelle, Libération, Vie romantique, maison de Balzac, Cernuschi) ainsi qu’une exposition au Petit-Palais (La force du dessin) et les Catacombes (où la jauge est facile à respecter, se faisant par créneaux de réservations).

« Nous avons privilégié des musées où des expositions étaient en cours ou quasiment prêtes », a expliqué à l’AFP Delphine Levy, directrice de Paris-Musées. Pour chaque musée, Paris-Musées adresse pour approbation un dossier avec une série de mesures spécifiques à la préfecture et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).

Les pertes liées à la crise – billetteries, catalogues, etc – se montent à 12 millions d’euros, déplore Delphine Levy. Depuis 2013, relève-t-elle, « nous avions pourtant réussi à augmenter notre autofinancement de 16% à 32%. Ce qui est une force se retourne contre nous ».

« A priori » d’autres musées parisiens, qui avaient de belles expositions en cours – Turner à Jacquemart-André ou Cézanne à Marmottan -, visent le 2 juin pour une possible réouverture. Quant au Centre Pompidou, il table sur une réouverture en juillet, avec une modification de son calendrier et de ses événements, « sous réserve des décisions qui seront prises par les autorités compétentes ». On pourra y voir l’exposition consacrée à Christo, qui devait ouvrir juste au début du confinement et qui sera prolongée jusqu’au 19 octobre.

Tout comme La Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes), qui envisage une réouverture pour le 1er juillet, avec la rétrospective Jacques Monory qui était prévue pour fin mars.

Au Centre des monuments nationaux (CMN), qui gère plus de cent musées, sites et monuments, on table sur des réouvertures entre le début juin et la mi-juillet. Il faut, pour des monuments tel l’Arc de triomphe, prévoir des aménagements permettant d’avoir des parcours qui évitent tout risque sanitaire.

Cesréouvertures seront-elles l’occasion de mettre enfin en valeur les petits musées publics et privés, fiertés des bourgs isolés ? Pas sûr, tant la force de frappe d’un musée dépend avant tout de sa puissance de communication.

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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