Les profs changent de tactique contre la réforme des retraites

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Le Trésor américain et les compagnies aériennes s'accordent sur un plan de sauvetage

Le nombre de professeurs grévistes était en nette baisse ce mardi. Cependant, la colère reste vive. Et se traduit par d’autres formes de mobilisation, qui pourraient vite placer le ministère de l’Education en difficulté. Démonstration en trois exemples.

Les prochaines épreuves du bac «repoussées»

Dans les lycées, les inquiétudes sur le nouveau calcul des retraites sont venues se greffer à un motif de colère, plus terre à terre : la mise en place de la réforme du bac qui s’applique pour la première année pour les élèves en classe de première. En principe, doivent se dérouler dans les prochains jours, les premières épreuves communes de contrôle continu (appelées les E3C) : en histoire-géographie, langues vivantes et maths pour les séries technologiques. Des appels au boycott ont été lancés dans plusieurs établissements, relayés par les syndicats qui demandent un report des épreuves infaisables dans ces conditions. «Les problèmes matériels ne cessent de s’accumuler, de l’ouverture tardive de la banque nationale de sujets aux difficultés posées par la correction dématérialisée», interpellent dans un communiqué commun les enseignants du lycée Auguste-Renoir à Asnières (93) ce mardi matin. «Nous demandons collectivement la suppression de cette première session d’épreuves», réclament-ils. Pareil dans l’agglomération de Rouen, comme le relate Paris-Normandie. Ou encore dans le sud, notamment à Montauban, où les enseignants étaient fortement mobilisés contre la réforme du lycée au printemps dernier.

Les remontées du SNPDEN, syndicat majoritaire des chefs d’établissement, interrogent. «Les collègues proviseurs font remonter des appels à la mobilisation de toutes sortes : grève de la surveillance des épreuves, de la correction ou encore des remontées de notes comme en juin dernier, indique Philippe Vincent, le secrétaire général du SNPDEN. Certes, pour l’instant ce ne sont que des « appels à », mais tout de même. A Lyon, 80% des proviseurs ont fait état d’appels à la mobilisation dans leurs troupes. Dans l’académie d’Aix-Marseille, les dernières prévisions font état de plus de 60% des lycées mobilisés la semaine prochaine.»

Sous pression, des chefs d’établissement ont déjà annoncé le report des épreuves, comme au lycée Honoré-de-Balzac à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), où le proviseur a adressé un court message à son équipe, indiquant que compte tenu du contexte, les E3C étaient reportés. Son message se concluait par : «Nous restons tous attachés à la réussite de nos élèves.»

Une grève reconductible… à Louis-le-Grand

Aussi symbolique que rare, voilà qu’une partie des professeurs de Louis-le-Grand – y compris des enseignants de classes préparatoires – se sont mis en grève reconductible. De grandes banderoles ont été suspendues dans l’école, et circulent sur les réseaux sociaux.

Dans un courrier, adressé à la fédération de parents d’élèves (FCPE), les professeurs grévistes de Louis-le-Grand s’expliquent : «Une grosse quinzaine de collègues a décidé d’entrer à partir de vendredi en grève reconductible. Nous souhaitons vous en expliquer les raisons. Nous demandons l’abandon du projet de réforme des retraites et la suppression de la première session des épreuves communes de contrôle continu (les E3C). Cette réforme des retraites ne pénaliserait pas les enseignants seulement, mais elle les pénaliserait plus lourdement que d’autres. […] Les mesures de compensation annoncées – augmentation des salaires, et surtout des primes, pendant la carrière – ne peuvent pas nous convaincre, et au moins pour deux raisons.
– Les sommes évoquées sont très inférieures à celles qui seraient nécessaires pour obtenir un maintien des pensions au niveau de ce qu’elles sont dans le système actuel.
– Ces augmentations ne seraient accordées qu’en contrepartie d’une redéfinition de « ce que sera le métier d’enseignant du XXIe siècle », redéfinition dont on ne sait pas grand-chose, sauf qu’elle passera par une augmentation du temps de travail.»

Une nuit des écoles avec les parents

A Bagneux, l’école Joliot-Curie est en plein préparatifs : à partir de 18h30 ce mardi, l’école ouvre ses portes toute la nuit aux profs mobilisés des écoles, collèges et lycées voisins, aux parents d’élèves qui soutiennent le mouvement. «Une partie des parents fait grève par procuration, ils nous soutiennent, nous laissent des mots pour nous dire qu’ils sont derrière nous. C’est précieux moralement, pour tenir», raconte un membre de l’équipe.

Cette fois, le mode d’action est différent. Plutôt que la grève, l’équipe organise une «nuit des écoles». «On cherchait un autre mode d’action pour gagner en visibilité. Cela permet aussi de se réunir, entre professeurs de différents degrés, d’avoir des parents avec nous et de réfléchir à la suite du mouvement.»

Des livres devant le rectorat

A Clermont-Ferrand, tôt mardi matin, des enseignants en colère ont empilé des livres devant le rectorat. «Ce mur a été construit à partir de manuels scolaires rendus inutiles par toutes les réformes dans le premier comme dans le second degré, explique Anne Roascio, cosecrétaire départementale CGT Educ’action, interrogée par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Ce n’est pas rien de jeter des livres, c’est le savoir, la culture, ce qui est notre mission. Cela montre vraiment que nous sommes à bout.»


Marie Piquemal

Source du post: liberation.fr

Marino Stozza
Marino Stozza
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password