Les start-up s'adaptent et seront un outil de la relance

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Coronavirus : une fermeture généralisée des écoles est-elle envisagée en France ?

Une chronique signée Olivier de Duve, CEO chez Inventures Investment Partner (www.inventures.fund)

Tout d’abord, mes pensées vont vers ceux qui souffrent, infectés du Covid-19 ou affectés par la détresse morale, sociale ou économique. Je voudrais ensuite remercier sincèrement tout le personnel médical et social, mais aussi tous les travailleurs essentiels qui travaillent, parfois dans des conditions extrêmement difficiles, mais toujours avec abnégation et dévouement. Je les admire profondément.

Dans le monde du venture capital (capital à risque), nous sommes tous sur le pont pour faire face à la tempête qui secoue nos participations. Chez Inventures, nous parlons quotidiennement aux entrepreneurs pour évaluer leurs besoins et comprendre comment leur apporter des solutions.

Seules les sociétés qui sont agiles et disposants d’une trésorerie suffisante passeront au travers des bourrasques. Nous en aurons besoin plus que jamais pour assurer la reprise.

Dans cet environnement, c’est le cash qui fait la loi. Les entrepreneurs doivent s’assurer d’avoir les liquidités nécessaires, tout en limitant leurs coûts au strict minimum afin de tenir au moins jusqu’à la fin de l’année, même dans les conditions les plus sévères. Les arbitrages à faire entre préserver la valeur long terme et maximiser les chances de survie sont parfois très complexes car on est face à l’inconnu. Les start-up sont très inégales à ce jeu. Certaines avaient planifié une augmentation de capital de longue date et les actionnaires doivent assumer leurs responsabilités. D’autres poursuivent des stratégies coûteuses de « super-croissance » pour atteindre une taille critique suffisante au niveau mondial et leurs conseils d’administration doivent réagir au quart de tour afin d’implémenter une cure d’amincissement indispensable à leur survie. D’autres encore sont en pleine croissance car ils sont dans les secteurs où les opportunités ont été décuplées par la crise. Tous ont une trésorerie aux soins intensifs. Les managers résilients et ingénieux relèvent le défi, ou pas. Le « darwinisme entrepreneurial » joue son rôle plus que jamais. Les start-up sont faites d’hommes et de femmes avant tout. Leurs réactions dans l’adversité vont faire ou défaire leurs entreprises.

Les entreprises agiles et capables d’appréhender, sans détour, les transformations de marché en cours forment le socle d’une reprise économique que nous espérons plus durable et plus équitable. Celles qui voient leur demande décupler comme la télémédecine, l’enseignement ou le travail en ligne, les tests médicaux, les vaccins, …, correspondent précisément aux thèmes des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations unies (ONU). Par exemple, l’ODD 3 est Bonne santé et Bien-être; l’ODD 4 est Education de Qualité ; l’ODD 8 est Travail décent et croissance économique.

Chez Inventures, nous avons investi dans l’entrepreneuriat social depuis 2011. Notre second fonds est entièrement dédié aux ODD de l’ONU. Et nous sommes fiers de constater que les entrepreneurs de notre portefeuille se montrent à la hauteur du challenge humain et économique posé par Covid-19.

Par exemple, Sam Labs organise des sessions gratuites d’enseignement en ligne des STEM/STEAM (Sciences, Technologie, Engineering, Arts et Math). Ils ont réadapté leur curriculum digital pour le mettre à disposition gratuite du corps professoral et des parents.

CitizenLab donne un coup de main nécessaire pour ramener l’engagement citoyen au centre de cette crise afin de permettre à chacun d’être entendu de nos dirigeants sur ce que nous voulons comme changements dans la reprise en Europe et même mondialement.

Univercells s’est engagé dans la course à la production des vaccins Covid-19. Avec le support actif et financier de la Fondation Bill et Melinda Gates, Univercells avance chaque jour un peu plus vers son objectif : pouvoir produire les vaccins massivement et à un coût compatible avec les budgets de la santé dans tous les pays du monde et pas seulement ceux du club très fermé des pays les plus riches.

Ce ne sont que trois exemples, parmi tant d’autres, qui montrent que les start-up agiles relèvent des défis mondiaux. Pour cette raison, nous soutenons activement Support Our Startups Belgium. Sous notre angle d’investisseur, nous voulons nous assurer que l’écosystème entrepreneurial belge puisse passer au travers de la crise et redevienne prospère après celle-ci. Nous sommes d’avis que le mécanisme de garantie à court terme demandé au gouvernement est raisonnable et aidera fortement le secteur à passer à travers la tempête. Nous demandons un pont pour traverser le précipice, pas un sauvetage en règle et indiscriminé.

La réponse à la crise est forte et globale. Partout, les gouvernements, à tous les échelons, ont pris des mesures musclées afin de soutenir les start-up, les PME ainsi que les grandes entreprises. J’espère que notre gouvernement ne devra pas faire de choix, mais je voudrais mettre les choses en perspective. Sauver une grande entreprise constitue un effort financier comparable au sauvetage de tout l’écosystème des start-up belges, en espérant qu’aucun des deux ne soit nécessaire. Le problème est que notre système ne s’est pas construit autour de cette nouvelle économie et sa résilience est dès lors plus fragile. Les changements systémiques sont les plus difficiles à réaliser. Redéfinir le rôle structurel des start-up n’en est pas moins une belle opportunité (dans les mains compétentes de Pierre Hermant au nom du gouvernement et je l’en remercie) et c’est mon plaidoyer.

Je vous souhaite une excellente fête de Pâques et que le renouveau printanier soit, cette année, un « mieux » au lieu d’un « plus »… C’est l’opportunité de cette crise à saisir !

Source de cet article : Lalibre.be

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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