les street artistes du monde entier lui rendent hommage

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les street artistes du monde entier lui rendent hommage

Dans le sillage de la mort de George Floyd aux mains de la police américaine le 25 mai et de la révolte qui a suivi, les street artisteshissenthaut les couleurs pourfaireentendre leur voix sur les murs de la planète.

Lamort filmée de George Floyd, un Afro-Américain âgé de 46 ans, aux mains de la police de Minneapolis (Etats-Unis) le 25 mai, asphyxié durant plus de 8 minutes sous la pression du genou du policier blancDerek Chauvin, a déclenché une onde de choc mondiale. Partie des Etats-Unis, cette révolteface au racisme et aux violences policièresa gagné de nombreux pays. Loin de rester les bras croisés, les street artistes ont aussitôt pris leurs bombes de peinture, leurs pinceaux et leurs ciseauxpour rendre hommage à George Floyd ainsi qu’à tous ceux qui l’ont précédé, et pour dire stop au racisme, à la violence et à l’impunité des policiers.

Alors que le policier Derek Chauvin a été mis en examen le 5 juin pour « meurtre au troisième degré » et « homicide involontaire » et que les obsèques de George Floyd se déroulent ce mardi 9 juin à Houston, voici seize remarquables fresques et autres pochoirs repérés autour du monde, de Minneapolis à Paris, Manchester, Nairobi, Berlin ou la Syrie.

TV Boy (Barcelone, Espagne)

L’artiste italien TV Boy, basé à Barcelone, rend hommage àGeorge Floyden faisant son portraità mi-chemin entre l’ange gardien et le super héros de BD. L’oeuvre « Stop Racism » a été réalisée le 31 mai à El Born, le Centre de Culture et de Mémoire de Barcelone. Elle est accompagnée des hashtags #BlackLivesMatter et #ICantBreathe. Allez voir la vidéo et la photo en plan large en faisant glisser l’image vers la droite.

Banksy (Angleterre)

Le mystérieux artiste britannique Banksy a publié samedi 6 juin sur son compte Instagram aux plus de 9 millions d’abonnés une nouvelle œuvre engagée. On y voit un portrait de silhouette noire à côté duquel une bougie de veillée funèbre commence à mettre le feu au drapeau des Etats-Unis. Il l’a accompagné d’un texte dans lequel il dit : « Au début je pensais que je devais juste me taire et écouter les Noirs à propos de ce problème. (…) Mais ce n’est pas leur problème, c’est le mien. » Il compare ensuite le racisme à un problème de fuite comme expliqué dans cet article.

Harry Greb (Rome, Italie)

Cet artiste italien réclame « justice pour George Floyd » avec cette oeuvre intitulée « La Passion de George Floyd » en référence à la Passion du Christ. Floyd y apparaît en effet transpercé de flèches, l’une d’elles décochée parle 911, le numéro de téléphone des urgences aux Etats-Unis. Son short est orné du mot Justice et le texte en haut à droiteassène « Mai 2020. Le prix : la vie d’un homme noir« . Harry Greb a également réalisé une autre œuvre en hommage à George Floyd dans laquelle la Statue de la Liberté a pris les traits de l’Afro-américain tué le 25 mai aux mains de la police de Minneapolis.

Combo CK (Grenoble, France)

Le street artist parisien Combo Culture Kidnapper a réalisé cette fresque murale en face d’un commissariat de Grenoble (parking Hoche) en ouverture de la Street art festde la ville baptisée cette année « Résilience édition« . Sur son compte Instagram, il a écrit « Les vies noires comptent. Nous n’oublions pas, Nous ne pardonnons pas« , en mentionnant Zyed et Bouna (morts dans un transformateur à Clichy-sous-Bois en 2005) ainsi qu’Adama Traoré, aux côtés de George Floyd.

Kobra (Sao Paulo, Brésil)

« Peu importe la couleur, quand deux mains sont jointes elles projettent la même ombre.MLK (Martin Luther King ndlr) et #BlackLivesMatter« , a écrit le 7 juin sur Instagram l’artiste brésilien Kobra, célèbre dans le monde entier pour ses magnifiques fresques colorées et ses engagements humanitaires.

Eme Freethinker (Berlin, Allemagne)

Dès le 29 mai, l’artiste dominicain Jesus Cruz Artiles, alias Eme Freethinker, a réalisé ce très beau portrait de George Floyd sur un pan du Mur de Berlin. Son message, note-t-il, « se passe de mot« . Il est néanmoins accompagné des hashtags Justice pour George Floyd, Say his name et I Can’t Breathe.

Bacpac (Phoenix, Etats-Unis)

20 dollars, « c’est le prix d’une vie noire », a écrit l’artiste féminine Jéremie Bacpac sur cette fresque représentant George Floyd au cœur d’un billet de 20 dollars. C’est en effet parce qu’il avait supposément voulu payer avec un billet de 20 dollars de contrefaçon que George Floyd s’est fait arrêter par la police de Minneapolis avant de mourir asphyxié sous le genou d’un policier. Jérémie Bacpac le rappelle dans son post Instagramparce que peu de gens semblent informés de ce détail et que George Floyd ignorait sans doute selonelle avoir fait usage d’un faux billet.

Hopare (Minneapolis, Etats-Unis)

L’artiste parisien Alexandre Monteiro, alias Hopare, connu pour ses magnifiques portraits entre figuration et abstraction, était récemment à Atlanta pour réaliser une fresque de 1000 m2. Il a publié cette oeuvre sur Instagram dimanche 31 mai en indiquant Minneapolis comme lieu : on suppose donc qu’il s’y trouvait même si le lieu est peut-être plus symbolique que réel. « Le racisme n’a pas empiré, il est juste désormais filmé« , a-t-il noté sur Instagram, en ajoutant les dates 1968/2015/2020.

Dugudus (Paris, France)

Regis Léger, alias Dugudus, est un graphiste basé à Paris connu pour ses affiches politiques humoristiques placardées dans la capitale (ou ailleurs) qui interpellent le passant. Comme celle-ci, baptisée I Can’t Breathe,collée début juin en différents endroits et notamment rue de la verrerie à Paris (4e). Avec cette oeuvre, accompagnée des hashtags #BlackLivesMatter et #FuckYouTrump, Dugudus réclame « justice pour George Floyd et toutes les victimes de violences policières ».

Collectif avec Xena Goldman, Cadex Herrera et Greta McLain (Minneapolis, Etats-Unis)

Il s’agit sans doute l’œuvre la plus vue et la plus reprise par les médias dans le monde à ce jour : l’ancien président américain Barack Obama lui-même l’a tweetée le 1er juin lui donnant un écho retentissant. Cette fresque a été réalisée dans la ville de Minneapolis, à l’intersection même où George Floyd a perdu la vie. Elle a été réalisée peu après le drame par un collectif de 5 artistes : Xena Goldman, Cadex Herrera et Greta McLain, épaulés de Niko Alexander et Pablo Hernandez, comme on peut le voir sur cette photo. Et elle est surtout devenue un lieu de mémoire où les habitants ont pu se recueillir et poser messages et fleurs pour George Floyd et pour beaucoup d’autres victimes de violences policières dont les auteurs ont pris soin d’écrirela longue liste de noms derrière le visage de Floyd.

Jelly J Art (Londres, Angleterre)

L’artiste féminine Jelly J Art aime les couleurs qui claquent et promeut l’amour avec ses personnages aux immenses cils. Cette fresque murale a été réalisée sur Drury Lane à Londresdébut juin (et a été entre-tempsrecouverte rageusement) face aux « terribles injustices en cours« . Sur Instagram, l’artiste se félicite du mouvement anti-raciste en cours et espère que l’écoute puisse mener à l’empathie et finalement à l’égalité.

Mr Detail Seven et Bankslave (Kibera, Kenya)

Une belle fresque en hommage à George Floyd réalisée à Kibera, un immense bidonville situé au sud de Nairobi, la capitale du Kenya, par des artistes dont on sait peu de choses, accompagnée en jaune du mot haki qui signifie justice, et des mentions « Brutalités policières« , « meurtres extra-judiciaires » et « I Can’t Breath« .

Jorit (Naples, Italie)

« S’il vous plaît, s’il vous plaît, je n’arrive plus à respirer.(…) Ne me tuez pas, je vous en prie !« . L’artiste italien Jorit, auteur de cette imposante fresque à Naples, a tenu à rappeler dans son post Instagram les dernières paroles de George Floyd avant sa mort tragique le 25 mai. « Il est temps de changer le monde« , conclut-il. Dans un autre post où on le voit le poing levé debout sur son œuvreavec le Vésuve au loin, il ajoute : « Tant que la couleur de la peau ne sera pas considérée comme celle des yeux, nous continuerons le combat« , signé Che Guevara.

Aziz Asmar et Anis Amdoun (province d’Idleb, Syrie)

George Floyd est un symbole mondial désormais. Sa mort a ému jusque dans la province syrienne d’Idleb, ravagée par les bombardements de la guerre civile et où la situation humanitaire est catastrophique. Au milieu des ruines, Aziz Asmar et Anis Amdoun ont réalisé le portrait de Floyd, accompagné des mots « Non au racisme » et « Je ne peux pas respirer« . C’est qu’eux aussi manquent d’air sous le régime Assad, quand ils ne sont pas asphyxiés par les armes chimiques contre lesquelles ils avaient fabriqué, bien avant le Covid-19,des masques de fortune.

Akse-P19 (Manchester, Angleterre)

Avec la photo de son œuvre dédiée à George Floyd et réalisée sur Stephenson Square à Manchester, l’artiste Akse-P19 (que l’on peut voir ici en pleine action en vidéo) a posté un long texte sur Instagram. Il y rappelle qu’en 1860, Manchester était surnommée Cottonopolis : la ville importait les trois-quarts de tout le coton produit par les plantations du sud des Etats-Unis escalavagistes qui avaient fait sécession. Mais, afin de soutenir l’embargo décrété par le président américain Abraham Lincoln contre les Etats confédérés, les ouvriers de Manchester refusèrent, en dépit de ce que cela leur coûtait (renvoi, famine etc), de toucher le coton brut récolté par les esclaves américains. Un sacrifice salué par Lincoln lui-même en 1863. « Manchester montrera toujours son soutien contre les injustices« , conclut Akse.

Itvan K du Collectif Black Lines (Nantes, France)

Une fresque en hommage à George Floyd et en solidarité avec le soulèvement aux USA« , a écrit « Nantes révoltée » (un groupe d’information sur les luttes sociales et environnementales dans cette ville) en postant cette œuvre réalisée par Itvan K, un des artistes du collectif Black Lines, sur un des murs du Jardin extraordinaire de Nantes.Le collectif Black Lines est connu pour ses fresques contre les violences policières. Il a notamment restauré celle réalisée en hommage à Steve Maia Caniço, mort noyé dans la Loire à Nantes lors d’une intervention policière à l’issue de la Fête de la musique 2019.

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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