les syndicats des Hospices civils de Lyon inquiets face au manque de protection

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les syndicats des Hospices civils de Lyon inquiets face au manque de protection

Fabriquer des tabliers avec des sacs poubelles transparents de 110L ou laver du matériel à usage unique pour le réutiliser. Aux Hospices civils de Lyon, les soignants sont obligés d’avoir recours à des alternatives parfois surprenantes pour faire face au manque de certains matériels de protection.

Comme dans tous les établissements hospitaliers, il a fallu s’adapter à l’épidémie de covid-19. Avec 1197 malades hospitalisés dans le Rhône jeudi soir, le département est l’un des plus touchés de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les besoins ont donc explosé au fil des semaines. 

« On trouve ça assez aberrant. Ça fait 50 ans qu’on a atterri sur la Lune, on nous parle d’aller sur Mars et on est incapable de produire des masques en quantité suffisante pour protéger les soignants et les patients malades », s’insurge Didier Machou, délégué CGT des HCL. 

Une situation « exceptionnelle »

La dernière recommandation de la direction des HCL – laver certaines blouses pour les réutiliser – n’a pas été du goût du syndicat. Il a annoncé son intention de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui.

Invité de BFM Lyon jeudi, Serge Morais, directeur adjoint de l’agence régionale de santé, a rappelé que cette recommandation avait été faite par la direction des HCL sur la « base d’avis médicaux », même « si ce n’est pas l’idéal », a-t-il concédé.

« La situation est exceptionnelle (…) La production habituellement établie pour fournir les établissements de santé a du mal à suivre », a insisté le responsable de l’ARS. Et de préciser: « Il ne s’agit pas de prendre des blouses jetables, de les laver et des les réutiliser. On parle de blouses en tissus qui doivent être lavés à plus de 60°C ».

Pénurie de surblouses

A l’image d’autres régions françaises, les surblouses viennent à manquer ces derniers jours au sein des services. Selon une enquête menée le syndicat national des infirmiers auprès de 32.000 de ces soignants. 

« 60% des infirmières ont dit qu’elles manquaient de surblouses pour se protéger », note Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat professionnel infirmier SNPI. « C’est très grave parce que si elles deviennent contaminées, elles sont alors contaminantes pour les personnes fragiles dont elles s’occupent », explique-t-il. 

De son côté, la direction des Hospices civils de Lyon continue d’affirmer que sa priorité est « d’assurer la protection des soignants sur toute la durée de la crise ». 

Toutefois, pour les soignants, il n’est pas question de baisser les bras. « Je ne sais pas avec quoi je vais travailler demain ou dans une semaine donc je suis forcément inquiète », témoigne Maëlys, une infirmière de l’hôpital de la Croix-Rousse, sur BFM Lyon. « Mais si on doit travailler avec des sacs poubelles sur le dos ou se mettre à la couture pour fabriquer nos masques on le fera. »



Marino Stozza
Marino Stozza
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