les transports en commun franciliens bondés malgré le confinement

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les transports en commun franciliens bondés malgré le confinement

Bus bondés où il est difficile de se frayer un chemin, des passagers espacés de seulement quelques centimètres les uns des autres: c’est la réalité de plusieurs lignes de bus ou de tramways franciliens en plein confinement. Dans ce contexte, dans les zones touchées par une sur-occupation des transports en commun, il est impossible pour les usagers de respecter les distances de sécurité, et ce, malgré les consignes sanitaires.

« C’est toujours rempli, comme en temps normal. Sur cette ligne là, c’est pratiquement tout le temps comme ça, quasiment rempli tous les jours », avoue Jean, conducteur de bus, qui assure qu’un mois après le début du confinement, la fréquentation n’a pas changé sur sa ligne.

Selon lui, « si on devait respecter les consignes, on ne devrait pas rouler ». La situation n’est pas différente sur certaines lignes de tramways de la petite couronne, bondées elles aussi. Leur fréquentation quasi-normale inquiète ainsi les franciliens qui doivent continuer à travailler malgré l’épidémie, comme Messad, assistante social à l’hôpital de Saint-Denis.

« Ça m’angoisse parce qu’il n’y a pas de mesures de sécurité, puisqu’on est serrés les uns les autres, explique cette usagère qui prend le tramways quotidiennement, la peur au ventre. Ça me met en colère parce qu’on est obligé d’aller travailler dans ces conditions.

« Il y a un risque sanitaire évident »

En cause, une offre de transports en commun logiquement réduite depuis le début de l’épidémie de covid-19 et la mise en place des mesures de confinement. Selon la RATP, moins d’un tram sur deux et 35% des bus circulent actuellement sur son réseau. Une situation « absolument pas raisonnable », selon Jean-Claude Delarue, porte-parole de la fédération des usagers des transports et des services publics.

« Il y a un risque sanitaire évident », poursuit-il auprès de BFM Paris. Même avec 100% des transports qui circuleraient, on ne pourrait pas accueillir tous ceux qui viendront à partir du 11 mai. Donc il y a un problème fondamental, celui du rationnement des transports. Aujourd’hui, ça peut être réglé par l’augmentation du nombre de bus et de tramways. Mais à partir du 11 mai, c’est mission impossible », estime Jean-Claude Delarue.

« Il n’y a pas de problème global de transport », pour la RATP

La RATP, de son côté, assure que la fréquentation des transports en commun sur son réseau est actuellement de l’ordre de 4% en Ile-de-France et que les problèmes de sur-fréquentation restent « ponctuels ».

« Il n’y a pas de problème global de transport, il peut y avoir des problèmes ponctuels et limités », déclare Philippe Martin, directeur général adjoint de la régie.

Il concède que  ajoute que « si au bout d’un moment, il y a plus de voyageurs que la capacité de report avec de nouvelles règles de distanciation », les voyageurs devront « trouver d’autres systèmes ou d’autres horaires pour se déplacer ».

La fédération des usagers des transports et des services publics continue quant à elle à réclamer des réponses à des questions laissées en suspend. « Nous souhaitons des assurances complètes: est-ce que oui ou non les transports sont nettoyés et désinfectés très souvent, et à fond?, s’interroge Jean-Claude Delarue. En Espagne, ils sont en train de distribuer des millions de masques aux usagers des transports en commun. Où sont les masques en France? », ajoute-t-il.

Comment procéder au déconfinement?

Alors que les problèmes de distanciation sociale sont d’ores et déjà d’actualité avant même la fin du confinement, Stéphane Beaudet vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France en charge des Transports souhaite que celui-ci puisse se faire de manière progressive pour éviter l’afflux de passagers dans les transports. « Tout ceci va devoir redémarrer petit à petit, penser que tout va pouvoir redémarrer du jour au lendemain comme si de rien n’était ce serait illusoire », insiste-t-il sur BFM Paris. 

Sur la question du port du masque, Stéphane Beaudet plaide pour que le gouvernement rende obligatoire le port du masque au déconfinement.

« C’est évidemment souhaitable, il n’y a pas plus de promiscuité que les transports en commun, surtout en heure de pointe, surtout en Ile-de-France », martèle-t-il sur BFMTV.

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Marino Stozza
Marino Stozza
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