les zones d’ombre autour de la reprise de l’école

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les zones d'ombre autour de la reprise de l'école

« On n’a pas toutes les réponses non ». Un retour progressif des élèves dans les établissements scolaires à partir du 11 mai commence à se dessiner. Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a notamment annoncé mardi matin que certains niveaux de classes retourneraient d’abord à l’école le 11 mai (grandes sections de maternelle, CP et CM2), suivis dans les semaines suivantes par le reste des écoliers, avec pour le moment un plafond de 15 élèves maximum par classe.

Mais comme le ministre l’a précisé à plusieurs reprises, les annonces faites actuellement au sujet de la rentrée scolaire restent pour le moment au stade d’hypothèses qui « sont faites pour être discutées », notamment avec les associations de parents d’élèves, les syndicats et autres acteurs du secteur de l’éducation. Il restent donc encore plusieurs zones d’ombre concernant le retour en cours.

  • « Une multitude de problèmes d’organisation »

« On n’a pas toutes les réponses non », déclarait mardi sur BFMTV Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). « Il y a encore beaucoup de réponses qui doivent venir permettre aux parents de mettre leurs enfants en toute confiance à l’école, sachant qu’il y aura toujours une part d’aléa ».

« La réouverture des établissements du second degré pose une multitude de problèmes d’organisation pour assurer la sécurité sanitaire: transports scolaires ou collectifs, cantines, couloirs, abords de l’établissement, cour de récréation… » explique par exemple dans un communiqué le Syndicat National des Enseignements de Second degré (Snes FSU).

Les questions au sujet de la cantine ou encore du transport scolaire « seront traitées et feront l’objet d’un écrit, qui sera la condition sine qua none pour que les élèves aillent à l’école, au collège ou au lycée », a expliqué le ministre mardi à l’Assemblée nationale. Jean-Michel Blanquer a assuré qu’un protocole sanitaire sera établi dans les jours à venir.

  • La question des transports scolaires

La question des transports scolaires est notamment encore floue. « Nous n’avons pas encore d’information aujourd’hui, et tant qu’on ne fixe pas de cadre, on ne peut pas envisager de transports », explique à BFMTV.com Christophe Trébosc le secrétaire général de l’ANATEEP (Association Nationale pour les Transports Educatifs de l’Enseignement Public). « Les collectivités locales commencent à réfléchir » à des systèmes, précise-t-il, mais « la distanciation sociale sera compliquée à mettre en place dans un autocar ».

« Si les parents voient leurs enfants monter dans un bus le matin, un bus déjà bien chargé avec 40 ou 50 élèves, qui ne sont pas dans des conditions correctes, qui n’ont pas eu de gel, qui peut-être n’ont pas eu de masque, ils ne les laisseront peut-être pas partir au lycée », souligne Hubert Salaun.

« Il va y avoir des problèmes dans l’organisation des transports scolaires », explique sur France Bleu Haute-Garonne la présidente de la FCPE 31 (Fédération des conseils de parents d’élèves de Haute-Garonne) Muriel Paletou. Des rotations de bus afin d’acheminer petit à petit les élèves seraient par exemple envisagées.

  • Le flou concernant la cantine

Côté restauration scolaire aussi des questions se posent. Si les élèves « vont au lycée et que leurs enfants leu disent: ‘à la cantine on est tous entassé’, ça ne marchera pas non plus », explique encore Hubert Salaün.

« Je ne peux pas vous dire aujourd’hui combien d’élèves et quelles classes vont rentrer le 11 mai et vont pouvoir aller à la cantine, c’est impossible », déclarait mardi sur Europe 1 le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Didier Guillaume.

La possibilité de mettre en place des sandwicheries dans les cantines a été évoquée par le ministre de l’Education. Eric Truffi, adjoint chargé des écoles à Simorre (Gers) avance la possibilité d’un pique-nique distribué dans les différents établissements. « Au niveau de la cantine, à ce jour, non, pas de cantine dans l’établissement scolaire, mais pourquoi pas du portage », explique-t-il à France Bleu Haute-Garonne. Des systèmes de roulement afin de ne pas avoir tous les élèves en même temps au même endroit sont également envisagés.

  • Une adaptation au cas par cas

« Cette période doit être une période de créativité et d’innovation », a déclaré mardi à l’Assemblée nationale le ministre de l’Education. « Le mois de mai et le mois de juin seront très différents de tout ce qu’on a connu jusqu’à présent, c’est aussi une opportunité pour des activités périscolaires respectant elles aussi les règles sanitaires », a-t-il déclaré, sans préciser de modalités de fonctionnement.

Toutes ces questions laissées en suspens devront en fait se régler au cas par cas, au niveau des collectivités locales en charge des établissements: les mairies pour les primaires, les départements pour les collèges, les régions pour les lycées. « L’échelle nationale doit fixer des objectifs, ensuite les réalités de terrain vont s’imposer », expliquait mardi sur BFMTV Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE.

Les établissements scolaires ne possèdent pas en effet tous les mêmes espaces pour permettre la distanciation sociale. « Le bâti va s’imposer. Cela vaut aussi pour les toilettes pour se laver les mains, pour les cours de récréation pour éviter que les enfants soient collés les uns aux autres, pour les conditions de restauration scolaire, pour les conditions d’hygiène et de sécurité, pour le transport scolaire… La vraie vie va s’imposer », explique Rodrigo Arenas.

  • Tous les personnels de l’éducation concernés

Le cadre sanitaire à mettre en place ne servira pas seulement à protéger les élèves et leur famille du coronavirus, mais permettra aussi la « protection des enseignants, des personnels de restauration scolaire, de celles et ceux qui font le ménage et qui respectent l’hygiène des écoles », souligne Rodrigo Arenas. Christophe Trébosc rappelle également que les conducteurs des transports scolaires peuvent être assez âgés, et donc à risque.

Comme l’a précisé Jean-Michel Blanquer à l’Assemblée nationale, si les conditions sanitaires imposées « ne sont pas remplies, l’école ou l’établissement n’ouvre pas, c’est très clair ».

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Marino Stozza
Marino Stozza
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