Lobbying du monde d’avant se porte bien au temps du Covid-19

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L’effet papillon ou le conte de la pyrale

Les grandes entreprises, y compris les plus polluantes, poussent-elles en sous-main pour une relance post-confinement s’asseyant sur les normes environnementales en application? C’est ce que redoute le député (ex-LREM), Matthieu Orphelin, qui a écrit, ce lundi, à plusieurs patrons des patrons pour leur demander des comptes sur leurs «actions de lobbying pendant la crise du coronavirus». Alors que la catastrophe sanitaire a mis le gros de l’économie à l’arrêt, «il est normal que vous vous mobilisiez auprès du gouvernement pour le compte des entreprises que vous représentez», en particulier pour la sauvegarde des emplois, convient l’écologiste dans ce courrier que Libération a pu consulter et adressé aux présidents du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), un syndicat adhérant au Medef, de l’Association française des entreprises privées (Afep) et au directeur général de l’Association internationale du transport aérien (Iata). Mais l’élu du Maine-et-Loire juge «moins normal –voire inacceptable que cette crise économique soit utilisée comme prétexte pour contourner, voire supprimer, les lois et réglementations environnementales en vigueur ou pour demander de différer les engagements pris sur la baisse des émissions» de gaz à effet de serre.

«Actions coordonnées»

Matthieu Orphelin pointe plusieurs «actions coordonnées, et, pour certaines très discrètes» et en cite quatre qui auraient été menées auprès du gouvernement: un courrier du Medef à Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, qui demanderait «un report de certaines dispositions» des lois mobilités et énergie-climat, «une note de synthèse de l’Afep au gouvernement, demandant notamment un report des dispositions de la loi économie circulaire et de la révision de la directive émissions industrielles», «des documents et échanges avec le gouvernement», menés selon lui par le CCFA, pour «revenir sur la réglementation européenne» qui impose, à partir de2020, des réductions de rejets de CO2 pour les voitures neuves, et enfin des demandes de l’Iata qui viseraient à «reporter le système de compensation des émissions du transport aérien» censé entrer en vigueur cette année.

20 milliards sans engagements

Des requêtes «particulièrement choquantes», accuse Orphelin qui rappelle que, dans son projet de loi de finances rectificative (PLFR), le gouvernement a fait voter samedi à l’Assemblée nationale un crédit de 20milliards d’euros pour le sauvetage de grandes entreprises dites stratégiques au titre des participations financières de l’Etat. Et ce sans engagement social ou environnemental concret en contrepartie –à charge pour l’Agence des participations de l’Etat de veiller à ce que les entreprises concernées intègrent des objectifs, notamment en matière de lutte contre le changement climatique, dans leur stratégie. Si Bercy ne liste pas les entreprises concernées, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a déjà cité Air France ou Renault.
Le député Orphelin réclame à ces organisations la publication de ces courriers, «dans un souci de transparence des relations entre les lobbys et les responsables politiques». Les intéressés n’en ont pas l’obligation: la loi Sapin II de 2016 oblige les représentants d’intérêts à s’inscrire sur un registre public tenu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) afin de rencontrer des élus, ministres, conseillers ministériels, hauts fonctionnaires, mais sans avoir à mentionner très précisément la nature et le but des échanges ni les personnes rencontrées ou contactées.


Laure Equy

Source du post: liberation.fr

Marino Stozza
Marino Stozza
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