L’outil industriel doit se réinventer avec le coronavirus

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Si les usines chinoises recommencent à fonctionner après que le pays semble avoir maîtrisé au moins la première vague de l’épidémie de coronavirus, c’est encore loin d’être le cas dans la sphère occidentale. En Europe, l’industrie va devoir s’adapter à la nouvelle donne.

L’activité est en berne. Les chiffres donnent le tournis. Depuis la mi-mars, elle a chuté de 80% dans la métallurgie et dans l’automobile, et même de 90% dans l’aéronautique. Évidemment, les entreprises ont eu massivement recours au chômage partiel pour absorber cette énorme baisse. Le redémarrage, quand il aura lieu, sera évidemment très progressif. Toute la main d’œuvre ne sera pas disponible immédiatement et les mesures d’éloignement social et d’hygiène devraient largement changer la physionomie des ateliers. Adapter les conditions sanitaires est donc une priorité et cela doit se faire en concertation avec les organisations syndicales pour ne pas mettre les salariés en danger, comme on l’a vu pour les secteurs essentiels d’activité tenus de fournir des équipements de protection à ceux qui continuent à travailler.

Projets réexaminés

On le sait déjà, la production ne retrouvera pas son niveau antérieur du jour au lendemain. C’est une récession de grande ampleur qui est attendue. Des secteurs considérés comme dynamiques et en pleine croissance vont évidemment revoir leurs projets. C’est déjà le cas chez Airbus, les sites de production allemands et américains sont à l’arrêt. Ailleurs, les cadences de production sont fortement réduites. L’avionneur européen avait aussi annoncé en février l’ouverture d’une nouvelle ligne de montage pour son best-seller, l’A321neo. Le projet est évidemment suspendu, pour ne pas dire annulé, pour tenir compte de l’impact sur le transport aérien. Et c’est un peu la même chose dans tous les secteurs.

Sécurité des approvisionnements

Et puis il y a les secteurs dont on s’est aperçu un peu tard qu’ils sont stratégiques, essentiels. Et là les entreprises industrielles font preuve de solidarité, d’ingéniosité et d’agilité. C’est l’industrie chimique qui s’est mise à produire du gel hydroalcoolique. Ce sont des entreprises textiles, les rares du secteur qui produisent encore en France, qui se sont lancées dans la production de masques de protection qui continuent à faire défaut. Compte tenu de la concurrence mondiale et de la hausse inévitable de la demande, ces solutions d’urgence devront faire place à une meilleure vision à long terme. Là, l’autorité publique, qu’elle soit nationale ou européenne, devra prendre ses responsabilités et s’asseoir sur le principe de concurrence pour privilégier la sécurité des approvisionnements.

Agilité et polyvalence de l’outil

Il faut espérer que la vision d’une France sans usines a vécu. C’est toute la chaîne industrielle qui va devoir s’adapter à moyen terme. Fabriquer des adaptateurs avec des imprimantes 3D pour transformer des masques de plongée en respirateurs, c’est très utile dans la période actuelle, mais même si cette révolution industrielle est poussée par les circonstances, cela ne pourra pas durer. Le coût est encore élevé, bien plus qu’une production industrialisée à grande échelle. Mais cette crise montre plusieurs choses, d’abord que l’idée de lignes de production organisées mondialement avec un seul pays fournisseur est sans doute à réexaminer, sans imaginer non plus que tout pourra ou devra être relocalisé. En difficulté financière suite à la crise, Renault annonce ce matin se désengager de sa coentreprise avec le chinois Dongfeng, située notamment à Wuhan. Le constructeur automobile français renonce aussi aux véhicules thermiques en Chine. Ensuite, que l’agilité est une vertu et que la polyvalence de l’outil industriel est une idée à retenir pour s’adapter davantage aux fluctuations de la demande.

Source : RFI

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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