Lyon, Bordeaux, Strasbourg… Une vague écologiste déferle sur les grandes villes

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Lyon, Bordeaux, Strasbourg... Une vague écologiste déferle sur les grandes villes

Les candidats EELV ont su faire déferler jusqu’en haut des perrons des mairies la « vague verte » apparue lors du premier tour le 15 mars. Les voilà à l’épreuve du pouvoir.

Il y avait Grenoble, il y aura désormais Lyon,Bordeaux,Strasbourg,et même Besançon, Annecy ou encore Poitiers et Tours. En remportant le scrutin dans une quinzaine de villes, lemouvementEurope Ecologie-Les Vertsapparaît commele grand gagnant du second tour desmunicipales.« Une espérance autour d’un beau projet »,« une vague verte »qui« se lève en France », ont ainsi répété sourire jusqu’aux oreilles, les cadresEELV sur les plateaux télés, dimanche 28juin, pour saluer des résultats d’ores et déjàhistoriques.

>Municipales 2020 : retrouvez tous lesrésultats du secondtour

C’est « une vraie victoire », analyseVanessa Jérôme, spécialiste de l’écologie politique en France. « Jusque-là, les Verts n’avaient jamais gagné de vraies grandesvilles,rappelle la sociologue.Il y avait Eric Piolle à Grenoble et il y avait eu Dominique Voynet à Montreuil, c’est tout. Là, c’est quand même autre chose. » « Gagner à Strasbourg, Bordeaux, Lyon, ce n’est pas rien »,confirmeSimon Persico, enseignant-chercheur en science politique.

Pour les spécialistes que franceinfo a sollicités, ces résultats sont dans la lignéede l’avancée historique réalisée lors des électionseuropéennesde mai 2019.Avec 13,47% des votes aux dernièreseuropéennes, soit plus detrois millions de voix, la liste d’Europe Ecologie-Les Verts était arrivée troisième au niveau national, devenant ainsila première force de gaucheet leparti en tête chez les électeurs de 18 à 24ans, rappelleLe Figaro.Pas moins de 45% des électeurs de villes de plus de 10000 habitants se disaient prêts, début février, à voter aux municipales pour une liste soutenue par EELV, d’après unsondage Harris Interactive et Agence Epokapour TF1-LCI et RTL. Ils n’étaient que 29% de Français à l’envisager avant les élections européennes.

Il y a trois mois, les écologistes avaient déjà créé la surprise en arrivant en tête àLyon(28,5%),Besançon(31,2%) ouStrasbourg(27,87%)lors dupremier tour. AGrenoble, le maire sortant, EricPiolle, caracolait déjà en tête, avec 46,67% desvoix.« A un moment où la transition écologique est vue comme une évidence,EELV a profité d’un contexte porteur, reprendVanessa Jérôme. La crise du Covid est aussi évidemment passée par là. Des électeurs ont ouvert les yeux et se sont sentis concernés par les enjeux qui pouvaient jusque-là leur paraître éloignés. »

C’est fini les écologistes des pulls troués et des sandales. Ilsontacquis une vraie crédibilité au fil du temps.Vanessa Jérôme,spécialiste de l’écologie politique en Franceà franceinfo

Leur influence grandissante se perçoit aussi dans la bouche de leurs adversaires, fait remarquer Simon Persico, qui note qu’ils sont aujourd’hui considérés comme des dangers, et « non plus comme des petits groupes inoffensifs. »

Les européennes, les municipales… Scrutin après scrutin, le mouvement écologiste continue donc à tracersa route, alors que se profilentles régionales l’an prochain, puisla présidentielle en 2022. « Les prochaines semaines vont être intéressantes à scruter, indiqueVincent Tiberj, chercheur en sociologie électorale et professeur àSciences Po Bordeaux. Gagner, c’est bien, mais savoir gouverner, c’est mieux.Les voilà à l’épreuve du pouvoir, le plus dur commence pour eux.C’est un très gros défi qui les attend, leur moindre décision sera scrutée. Un manque d’expérience, des budgets conséquents à gérer, des ressources organisationnelles plus limitées que d’autres partis, des maires parfois inconnus du grand public… La pression est clairement sur leurs épaules. »

Qu’ils gardent en tête qu’ils ont gagné avec 60% d’abstention.Vincent Tiberj, politiste à Sciences Po Bordeauxà franceinfo

Vanessa Jérôme va même plus loin. « En fait, ils jouent gros et peuvent tout perdre, résume la sociologue. Ils peuvent très bien être victimes du [syndrome du] parti qui grandit un peu trop vite. Inutile de rappeler que les Verts sont abonnés aux résultats en dents de scie. Un coup en haut, un coup en bas… ».Avant d’ajouter, là encore sous forme d’avertissement :« Qu’ils n’oublient pas non plus qu’ils gagnent aussi et surtout grâce à des alliances. Donc on peut aussi considérer, au-delà du fait que les idées écologistes progressent, que c’est une victoire de toute la gauche. »

Le score écologiste dans la plus grande ville de France, Paris, peut ainsi être vu comme une ombre au tableau.David Belliard n’est en effet arrivé quequatrièmeavec 10,79%, avant de rallier la maire sortante Anne Hidalgolors de de l’entre-deux-tours.

Dit autrement, « c’est une question de crédibilité dans l’exercice du pouvoir qui se joue dès maintenant, analyse Simon Persico.S’ils y parviennent, ils auront gagné. Sinon… Le mouvement pourrait tout à fait retrouver la place qu’il occupait il y a encore quelque temps. »Vincent Tiberj estime qu’il revient aussi à EELV d‘ »accrocher des électeurs qui ne sont pas forcément les plus convaincus. Je pense aux précaires, aux ouvriers, plus globalement aux ‘gilets jaunes’. Tous ne sont pas forcément irréconciliables. Mais ça va demander un vrai travail de pédagogie ». Sinon? « Sinon, ils se feront ‘corneriser’ comme avant, certains se chargeront de les résumer à une écologie punitive, qui ne plaît qu’à une classe de fait privilégiée. »Le fameux »plafond de vert ».

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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