au Royaume-Uni, les maisons de santé sont dans une situation critique face au coronavirus

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au Royaume-Uni, les maisons de santé sont dans une situation critique face au coronavirus

Après l’Italie, l’Espagne et la France… Le sort des maisons de santé est devenu l’une des principales préoccupations au Royaume-Uni. Le ministre de la Santé britannique Matt Hancock a admis vendredi 17 avril que le décompte des victimes du Covid-19 dans ce secteur du système de santé avait été négligé. Près de 400 000 personnes âgées sont prises en charge dans ces établissements outre-Manche. Manque de personnel, manque d’équipements, les employés des Care Homes donnent l’impression d’être livrées à eux-mêmes au Royaume-Uni.

« Je me sens l’âme d’une héroïne et je travaillerai jusqu’à mon dernier souffle », confie Jennifer, infirmière dans une maison de santé à Ruislip, au nord de Londres. « Je suis comme un soldat dans un bataillon sur le front, dans un pays en guerre ou un policier face à une attaque terroriste, déterminé à combattre. Mais en fait je ne suis qu’une infirmière. Et comme le soldat ou le policier prêts à se battre, quelle sont les garanties qu’ils ont ? Qu’arrivera-t-il à leur famille? C’est ma seule préoccupation. »

Jusqu’ici aucun cas de Covid-19 n’a été constaté dans cet établissement. Mais pour alléger la pression subie par les hôpitaux de la région, la directrice Elsy Joy explique qu’elle a dû accepter en urgence dix patients de plus en deux semaines, contre trois par an en temps normal. Elle est en colère contre le manque d’équipements dont elle dispose. « Ils n’ont distribué les équipements qu’aux hôpitaux. Ils ont oublié les maisons de santé, ou ils nous ont abandonnés, je ne sais pas, mais des kits complets de protection, on n’en a pas », raconte-t-elle.

Le Covid-19 circule dans la grande banlieue de Londres. Certaines maisons ont subi de véritables hécatombes mais ne veulent surtout pas que leur nom soit associé à cette tragédie, explique la médecin en soins palliatifs Ros Taylor. Les personnes âgées « n’ont plus de valeur, on les cache dans des maisons de soins. Et on les abandonne. C’est devenu encore plus évident avec cette épidémie », déplore-t-il.

Ce sont moins de personnes qui s’occupent de plus de patients, c’est un cocktail parfait pour un désastreRos Taylor, médecin en soins palliatifsà franceinfo

« La plupart des maisons de soins au Royaume-Uni sont des entreprises privées. Elles ne dépendent pas du système public. Ces établissements doivent donc dépenser davantage pour acheter leurs propres équipements de protection. Leurs employés ont très peur. Certains salariés vont travailler même malades parce qu’ils s’inquiètent de ne pas gagner d’argent ou de perdre leur emploi. Mais il y a aussi ceux qui restent à l’écart parce qu’ils sont anxieux », poursuit Ros TaylorLe scénario idéal pour un désastre, dont le Royaume-Uni ne connaît pas encore l’ampleur. L’estimation du nombre de victimes a bondi de 50% en deux jours.

Roberta Flores
Roberta Flores
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