Manuel sur l’art de la tapisserie par Mr Deyrolle

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Savoir Affaires Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec : une semaine d’idéation sous le thème Allons vers l’avenir – Nikan ijaten

Deyrolle, ancien chef d’atelier à la célèbre manufacture de tapisseries et tapis des Gobelins à Paris écrivit vers 1830-1835 ce manuel ou traité sur l’art de la tapisserie, demeuré inédit jusqu’à son dépôt sur Wikisource en 2020 par le Mobilimer national.

L’auteur doit être Gilbert Antoine dit Gilbert Deyrolle (29.09.1790, Paris 13e, + 6.7.1865 Paris 14e), chef d’atelier, fils de Gilbert Deyrolle père (1755, Aubusson, + 26.3.1814 Paris), tapissier en basse lice à la Manufacture des Gobelins. L’illustrateur du traité, Lucien Deyrolle, ancien peintre de modèles à la manufacture (25.11.1809 Paris 12e, + 7.11.1882 à Villers-Saint-Christophe), n’est autre que le fils de Gilbert Antoine.

Voici le contexte de rédaction : vers 1812, Gilbert Deyrolle père imagina à l’atelier de basse lice des Gobelins, afin de suppléer aux limites qu’offrait les teintures connues des laines, un système de superposition de deux brins de laine de couleurs différentes pour produire l’effet d’une couleur homogène. Son fils Gilbert [Antoine], chef d’atelier, convertit ses essais en théorie, et l’essaya en haute lice après la suppression des ateliers de basse lice en 1825. Sept à huit ans après, la technique s’était généralisée dans les ateliers et elle fut par exemple utilisée dans les tissages de L’Histoire de Marie de Médicis de Rubens
(source : Antoine Louis Lacordaire, Notice historique sur les manufactures impériales de tapisseries, 1855).

Une source postérieure dit que les couleurs de tapisseries n’ayant pas une égale résistance, il arriva que l’un des deux brins soit resté à sa hauteur tandis que l’autre avait baissé. De là parfois, au lieu d’une teinte homogène, des rayures diaprées rompant l’harmonie de l’œuvre d’art, puis la suppression du système systématique Deyrolle en 1888, et le retour à l’exécution franche des siècles précédents (source : Imagomundi).

Deyrolle à travers son manuel livre aussi de temps à autre une histoire des techniques employées à la manufacture entre la fin du XVIIIe siècle et son époque (voir à ce titre les p. 188 et 189 du mss).

Édition réalisée en 2020 par B.B., sous la direction d’H.C. et E.L., avant propos d’H.C.

Pour suivre les règles de Wikisource, les règles d’édition de manuscrits de B. Barbiche… et celles actuellement en usage pour les manuscrits français du XVIIIe siècle ont été adaptées : seule la casse (majuscules et minuscule) a été modernisée, mais la ponctuation et l’accentuation sont demeurées identiques au manuscrit.

 

bookManuel sur l’art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d’atelier aux GobelinsDeyrolle [Antoine Gilbert ?]Deyrolle LucienC1Manuel sur l’art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d’atelier aux Gobelins.pdfManuel sur l’art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d’atelier aux Gobelins.pdf/11-412 

172

[tampon noir] Inventaire Gobelins 4430

[tampon rouge] Bibliothèque Gobelins Mobilier national
Manuel sur l’art de la tapisserie
Par Mr Deyrolle, ancien chef d’ateliers
aux Gobelins
Planches, par Mr Deyrolle Lucien
ancien peintre des modèles pour tapis
aux Gobelins

1er Chapitre. Chaîne.[modifier]

n°1 

Désignation des différentes chaînes
susceptibles d’être employées pour la fabrication
de la tapisserie.

Jusqu’en 1830 nous avons employé des chaînes
dont la grosseur se désignait par le nombre de brins
contenus dans chacun de leurs fils.
La plus grosse en contenait……….7
L’ordinaire……………………..6 ou 5.
La fine…………………………4.

Ces chaînes quoi qu’assez régulières de filature
présentaient quelques variations dans leurs grosseur ce
que produisait des saillies désavantageuses sur les
parties de tapisseries qu’elles traversaient.

Pourtant leur inconvénient le plus dangereux et le
moins rémèdiable, n’était pas dans l’inégalité de
leurs fils, mais bien dans le geare dont chacun
d’eux était hérissé, de sorte que nos bruns
perdaient de leurs intensité. En ce que leur tissu
fabriqué, se trouvait mélangé avec lui.

Le remède que nous apportions pour faire
disparaître ces poils blancs, jetés[?] çà et là dans nos

bruns, leur était encore plus nuisible.
Avec les pinces nous arrachions les poils blancs,
mais en même tems, nous arrachions aussi le duvet
de notre tissu ! Nous lui ôtions l'ame, et lui
faisions plus de tort,en un instant, que l'air ne lui
en aurait fais en dix années.
Maintenant nous employons de nouvelles chaînes
qui ne présentent aucun des inconvenients que nous
trouvions dans l'emploi des anciennes.
Elles sont d'une filature plus réguliere, plus égales
dans la grosseurs de leurs fils,et lices comme de la
belle chaîne de soie. 
Il résulte de leur emploi que notre tissu est
pur et que l'usage des pinces se réduit(pour
le [...] de la tapisserie) à son simple nétoyage.
La grosseur de ces nouvelles chaînes lices se [...]
La grosseur de ces nouvelles chaînes lices se désigne
par Nos
La plus grosse sous le n°10.Donne 1500 mètres de
long par kilograme.
Les nos 12,14,16,18,20,et 22 donnent
successivement en diminuant de grosseur 300. mètres
de plus par kilog.
Ces chaînes lices sont fabriquées par M.M. Gaigneau
frères filateurs à Essonne. 
à diverses époques,on a notamment pour la
fabrication d'un [sic] bannière et de quelques chasubles,
fait usage de chaîne de coton ; le résultat en
a été on ne peut plus satisfaisant.
Il y a déjà bon nombre d'années que ces diverses
tapisseries ont été fabriquées, de sorte qu'aujourd'hui
on peut les juger et les comparer à d'autres tapisseries
de la même époque mais fabriquées sur chaîne de laine, 
on verra que celles-ci ont deux grands inconvénients.
1° de se gaufrer par le retrait de la chaîne.
2° D'être mangées aux vers chaîne et tissus, tandis
que les autres sont restées souple présentant une
surface aussi unie que quand elles sortirent du métier
et que les vers n'ont pas endommager que les tissus seul
et aussi dans des proportions bien minimes.
Sous le rapport de l'économie, la chaîne de
coton présenterait aussi un avantage assez notable.
Aujourd'hui que la filature a fait des progrets 
si grands, tous les petits inconvénients qu'on repro-
chait à l'ancienne chaîne de coton doivent disparaitre,
aussi nous n'hésitons pas à dire que nous 
pensons que son emploi ne pourrait qu'être
avantageux. 

[sur feuille ajoutée au manuscrit]

Montage d’une chaîne n°24 par une seule 
piane de 67 portées à 5 fils. Ces 67 portées doivent
occuper sur le métier, l’espace de 48 centimètres seulement
ce qui formera sensé [?] 48 portées à 14 fils. Bien pris à [?]
parti [?] pour m’éviter dans l'ourdissage, l'attirail de 7 bobines.
Je n'ai pas voulu monter à 6 parce que le nombre pair
Donne à chaque portée un fils double.
cette piane a 1m 74 de cours et pèse 165 grammes
Date de l'ourdissage 4 Xbr[1] 1840  

Chapitre 1er Ourdissage[modifier]

n°2
Planche ourdissage de la chaîne

  • a b c d ourdissoir
  • f g billot à bobiner
  • e e e e broches du billot avec leurs bobines
  • k k poignée en cuivre
  • g g pianne

 

1er exemple. Ourdissage pour un montage à 4 fils.[modifier]

Pour simplifier l'ourdissage prenons pour 1er
exemple, le montage à 4 fils d'une chaîne n° 10.
pour un tableau sans détail portant 1 mètre
sur tout sens.
On ourdi quatre pianes G.G. composées
chacune de 25 portées ayant chacune 2m. 50c.
de cours (ou de long)
Cette longueur de 2m. 50c. de chaîne pour
le montage d'un tableau qui ne porte qu'un mètre
s'explique en ce qu'il faut 1m. 50c. de chaîne
libre entre la fin de la tapisserie et entre celle
de la chaîne, pour le service des lisses et croisures
Et pour le passage de la broche et de la main.
Ainsi l'ourdissage d'une chaîne pour un tableau
de telle dimension qu'il puisse être, doit donner
au montage 1m. 50c. en sus de la longueur du
tableau. 
Pour ourdir le montage que nous
venons de désigner comme 1er exemple :
On fiche sur l’ourdissoir deux boulons à
2m. 50 c. de distance de l'un à l'autre pour recevoir
le cours des portées et enfermer les deux extrémités.
On fiche deux autres boulons pour former la
croisure, vers la gauche de l'ourdissoire, le premier
se trouve à 75 ou 80 c[2]. du boulon qui ferme de
ce côté, et le second tient à peu près le milieu
entre ces deux derniers.
On enfile, sur le billot à bobiner, quatre
bobines chargées de chaîne. On passe leurs bouts
dans la poignée en cuivre, le premier bout dans un
créneau, le second dans un oeillet, le troisième
dans le créneau voisin, et le quatrième dans l'oeillet
suivant.
On fait un nœud composé de quatre fils, de
manière que la poignée en cuivre se trouve enfermée
entre ce nœud et entre les bobines[3].
L'ourdisseur commence par sa gauche en passant
les quatre fils de la première demi portée, à cheval
sur le premier boulon, de manière que le nœud s'y trouve
appuyé.  

a,b,c,d. De L’ourdissoire.[modifier]

L'ourdissoir se compose d'un chassis en bois
de chêne dont les montants et la traverse d'en bas
portent chacun 10 centimètres de large sur 8 d'épaisseur
Sa traverse d'en haut ne lui sert que de soutien
Son etendue est de 4m.85 centres. de large, et de
1m. 88 centres de haut.
Il se compose en outre de deux traverses intérieures,
la première est susceptible de se raprocher, ou de
s'éloigner de celle d'en haut étant emboitée dans des
créneaux de 45 centres de long pratiqués dans l'épaisseur
des deux montants.
On fixe cette première traverse à la hauteur que
l'on veut, par le moyen de deux boulons qui,en
traversant l'epaisseur des montants, traversant en
même tems les trous qui sont pratiqués dans chacune
de ses emboitures.
La deuxième traverse est fixée à 40 centres de celle
d'en bas.
Les deux montants portent chacun neuf trous à boulon
dans 
Dans l’étendue de deux longeurs, et sur le milieu de leur
epaisseur.
Les deux traverses intérieures et celle d'en bas en
portent chacune seize, ces trous sont à 20 centres
de distance l'un de l'autre.
Les boulons sont en fer, leurs grosseurs est de 2 centres.
de diamètre, et leur longueur de 35 centres.
Par le moyen de ses compartimens, l'ourdissoir
peut recevoir les chaines de toutes sortes de
dimensions.
Sa premiere traverse donne à partir de son
premier trou jusqu'à son dernier,2 m. 75 centres
d'étendue, et par conséquent entre ces deux extrémités
on trouve toutes les dimensions inférieures.
Si tout l'entendue de la première traverse ne
suffit pas, on continue le cours des portées de chaîne
en descendant par la droite, sur le montant gauche
jusqu'à la premiere traverse d'intérieur, sur laquelle
ou passe jusqu'à sa droite !... de là on descend sur
la partie du montant droit jusqu'à la deuxieme
traverse d'intérieur sur laquelle on passe jusqu'à sa
gauche pour descendre sur la partie du montant gauche
qui amène à la traverse d'en bas sur laquelle
on 
on passe également jusqu'à sa droite. De là on
revient au point d'où on est parti en répétant le
même trajet.
Pour parcourir ce trajet, qui est de 12 m. 60 centres
il faut 10 boulons ainsi répartis.
Pour la traverse d'en haut il en faut 4 dont 2 à
ses deux extrémités, et deux autres pour faire croisure.
Pour la première traverse d'intérieure, 2 pour ses
deux extrémités.
Pour la deuxième, 2 idem.
Et pour celle d'en bas, 2 idem. 

F.F. Le Billot à bobiner[modifier]

Le billot à bobiner reçoit les grosses bobines pour ourdir.
Il se compose d'une pièce en bois de chêne de 1 m.
15 centres de long, de 15 centres de large sur 10 d'épaisseur.
e, c, c, e..... Les broches en fer qui sont fichées au milieu
de la largeur, sont au nombre de huit.
Elles portent chacune 20 centres de long, et sont
placées sur une même ligne à 12 centres de distance.
de l'une à l'autre.
Le billot à bobiner, se pose à plat, de
maniere que ses broches se trouvent placées
perpendiculairement sur une ligne horizontale. 

K.K. Poignée en Cuivre.[modifier]

La poignée en cuivre, a deux face et se compose
de cinq branches plates réunies ensemble à leurs
extrémités ; elles sont percées chacune par le milieu
ce qui présente un rang de petits œillets.
Ses cinq branches sont séparées, et divisées par quatre
créneaux qui joints à trois de ces branches forment
l'intérieur de la poignée.
Chaque branche porte d'une extrémité à l'autre
17 centres de haut sur 6. de large, et 4 miltre d'épaisseur
chaque créneaux porte 15 centres de haut sur 5 miltre
de large.
Son corps de branches est tenu au milieu de ses
deux extrémités longitudinales par deux poignées en bois
portant chacune 10 centres de haut sur 2 de large.
L'une de ces poignées se recourbe à son extrémité,
d'un côté, vers le milieu de l'une des faces, et l'autre
se recourbe vers le milieu de l'autre face.
de sorte qu'en regardant la poignée en cuivre
du profil, l'une de ses poignées en bois se courbe à droite
et  
et l'autre à gauche.
Son action est de conduire les fils en les
maintenant, dans leur trajet, à distance égale les
uns des autres , de leur donner la même tension
sur l'ourdissoire, et de les présenter tout divisé
sur les boulons de croisures.
Ainsi, si quatre fils sont passés dans la
poignée en cuivre, deux le sont dans deux de ses
créneaux, et les deux autres dans deux de ses œillets.
Ces deux dernier fils ne font que couler chacun
dans l’œillet qui les maintient.
Tandis que les deux premiers coulent également    
chacun dans leurs créneau, mais ils peuvent tout
en coulant, y monter et y descendre d'une
extrémité à l'autre ; de sorte, qu'en montant ou
en descendant, ils laissent entre eux, et entre ceux
qui sont passés dans les œillets, un espace de 7 centres
espace, dans lequel s'introduit le 1er boulon de croisures

Si ces deux fils ont occupé le haut du créneau

pour passer dessus le 1er boulon ; en relevant la main
ils se trouvent en occuper le bas pour passer
dessous le 2eme. 
On conduit cette premiere demi portée jusqu'au
1er boulon de croisure, la poignée y fait passer
deux fils dessus et deux fils dessous, en suivant
le cours de cette première demi portée, les deux fils.
qui ont passé dessous le 1er boulon de croisure
passent dessus le second.
Ensuite les quatre fils passent ensemble par dessus
le dernier boulon pour revenir d'où ils sont partis,
En répétant sur les deux boulons de croisure l'inverse
de ce qu'il y ont fait en allant , c'est à dire, que
les deux fils qui sont passé dessus le 2eme boulon
passent dessous, et que ces deux même fils passent
dessus le 1er boulon. En continuant leur marche pour
terminer la deuxieme demi portée en passant les
quatre fils par dessous le premier boulon, là est
le complément de la premier portée.
    
On répète ainsi 
sans interrompre la marche de la chaine
ce trajet,d'aller du premier boulon
au dernier, en observant les croisures , en aillant et
en retournant, pendant 25 fois.
Ensuite on casse les quatre fils en dehors du
premier boulon, on en fait un nœud que l'on passe
à cheval dessus, comme on l'a déjà fait en commençant
la première demi portée.  On passe deux liens, composés de quelques bouts
de chaîne, l'un pour conserver la séparation de
la piane à 10 ou 12 centres de son commencement
et l'autre pour conserver la croisure qui se trouve
entre les deux boulons qui l'on formée.
Ces liens doivent avoir leurs nœuds sur le dessus
de la piane ; afin que dans le montage elle se
trouve placée sur le métier comme elle l'était sur
l'ourdissoire.
Deux personnes sont employées pour l'ourdissage
dont une pour conduire les portées, l'autre pour les
compter et pour renouer les fils qui cassent.
A deux, on retire la piane de dessus l'ourdissoire
en passant les doigts dans la séparation de ses
deux extrémités, en les tordant ensuite légèrement,
puis on en fait une tresse peu serrée que l'on
commence par où la liane à commencée elle même
En ourdissant trois autres pianes semblables
à la premiere, on a le complément du montage
que nous avons pris pour 1er exemple.  

2eme Exemple. Ourdir pour monter 5 fils.[modifier]

Pour ce 2eme exemple, nous prenons la chaîne n° 12.
On enfile, sur le billot à bobiner, cinq bobines
au lieu de quatre comme il est dit au 1er exemple.
Après avoir passé les cinq bouts dans la 
poignée en cuivre on en fait un nœud que l'on passe 
à cheval sur le premier boulon en jettant
trois fils dessus et passant les deux autres dessous.
Arrivé au premier boulon de croisure, la 
poignée divise cette premiere demi portée en
faisant passer trois fils dessus et deux fils dessous
Arrivé au 2eme boulon elle en fait passer deux dessus
et trois dessous, puis passe en entraînant les cinq
fils pardessus le dernier boulon, pour delà
ramener la seconde demi portée au point d'où
est partie la première, en faisant passer trois
fils sous le 2eme boulon de croisure, et deux sur le premier.
En répétant 25 fois le trajet d'aller et de revenir, comme
il est dit au 1er exemple, on obtient également
une piane pour monter à 5 fils.
Il n'existe de 
Il n'existe de différence entre le montage
à 4 fils et le montage à 5 que dans le nombre
de fils, et dans la maniere de les diviser en passant
sur les boulons de croisure.
Ainsi les 4 pianes ourdies pour le montage d'une 
chaîne n°10. donneraient dans la largeur d'un
mètre .800. gros fils.
Et les quatre autres  pour le montage à 5 fils d'une chaîne
n°12. donneraient pareillement dans la largeur
d'un mètre, 1000 fils un peu moins gros.

3eme exemple. Ourdir pour monter à 6 ou à 7 fils[modifier]

C'est répéter pour le montage à 6 ce que
nous avons dit au 1er Exemple du montage à 4.

Et pour le montage à 7 ce que nous avons
dit au 2eme exemple du montage à 5.

Le montage à 6 fils nécessite pour l'ourdissage 
6 bobines ; trois fils passent alternativement dessus
et dessous les boulons de croisure.
Le montage à 7 fils nécessite pour l'ourdissage
7 bobines, 4 et 3 fils passent également, et
alternativement, dessus et dessous les boulons
de croisure.  

Une portée fait le trajet (aller et revenir)
du cours de la chaîne qu’on ourdi.
Dans le montage à 4 elle se compose de
8 fils.
dans le montage à 5 elle se compose de 10
dans le montage à 6 …………….de 12
et dans celui à 7 …………….. de 14
chacune de ces portées doit occuper dans le
montage l’espace d’un centimètre de large.

Une piane est la réunion d’un certain
nombre de portées ourdies et arrêtées ensemble par
des liens sur l’ourdissoire.

Les plus fortes pianes se composent de 35 à 40
portées, mais on les compose ordinairement de
25 à 30. Choix du numéro de chaîne pour ourdir,

afin que le montage soit en rapport avec la
dimension et les détails du modèle.
Pour un modèle de grande dimension, à larges détails
portant de 4 mètres,à 5 m.60 centres(cette dernière
mesure étant celle des plus grands métiers) il faut de la
chaîne n°10 ou 12. montée à 4 fils.
Pour un modèle de moyenne dimension portant
de 2 à 3 mètres de hauteur ou de largeur,
chaîne n°14, ou 16, montée à 5 fils.
Pour modèles de petite dimension, détails délicats
tels que ceux qu'on rencontre dans des sujets d'histoire
demi nature, portraits, arabesques, animaux,
fruits ou fleurs &c.....
chaîne nos 18, 20, ou 22. montée à 5 à 6
ou à 7 fils.  

Explication de la hauteur du métier.[modifier]

La hauteur du métier se détermine par la
longueur des nervures de ses ensouples (ou rouleaux)
ainsi c’est dans le sens horizontal qu’on trouve sa
hauteur, là elle est fixe et ne peut recevoir qu’une
chaîne de sa même dimension, ou d’une dimension
inférieure.

Quand [sic] à la hauteur perpendiculaire du métier,
c’est à dire, d’une ensouple à l’autre, elle n’est pas fixe
et peut recevoir une chaîne de toute sorte de
longeurs [sic], car l’ensouple d’en haut peut aussi bien
s’envelopper de 15 mètres de chaîne comme de 2 ou 3
de même que l’ensouple d’en bas peut également
s’envelopper aussi bien de 15 mètres de tapisserie
comme de 2 ou 3.

C’est dans ce sens que l’on prend le cours de la
chaîne et celui de l’ouvrage.

Moyen employé dans l’ourdissage pour[modifier]

trouver entre le montage à 4.5.6 ou7 fils[modifier]

les nombres intermédiaires de fils.[modifier]

Revenons à notre 1er exemple d'ourdissage pour
montage à 4 fils !
Nous avons donc trouvé que notre chaîne n° 10
montée à 4 fils se compose (pour un mètre de haut) de
4 pianes de 25 portées chacune, que chaque portée se
compose de 8 fils, et que le total en donne 800 ?
Si par la grosseur de ses fils, la chaîne se trouve
trop épaisse, on ourdi ses pianes de maniere à
ce qu’étant réunies ensemble sur le métier elles ne
contiennent que 82 portées pour être réparties dans
l'espace d'un mètre, ce qui ne donnerait plus que 656 fils
ou de 88 portées, ce qui donnerait 704 fils.
ou .. 94 idem ce qui donnerait 752 fils au lieu
de 800.
Cette modification apportée dans l'ourdissage
fait voir que l'on peut graduellement prendre tous
les nombres entre 75 portées et 100.
On pourrait également obtenir les mêmes nombres de
fils pour le montage à 3 fils en ourdissant 108.114
ou 120 portées également pour l'espace d'un mètre.
Les chaînes.  Les chaînes des autres numéros peuvent recevoir
la même modification dans leur ourdissage.
Ce moyen donne la faculté en ourdissant
de charger ou d'alléger la chaîne afin de proportionner
son nombre de fils au détail du modèle. 

Chapitre. 3 Montage de la chaîne sur le métier[modifier]

n°3.
Métier du tapissier des Gobelins

Illustration 2 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Montage de la chaîne sur le métier.[modifier]

On passe le verguillon[4] d'en haut dans la séparation
formée à l'ourdissage, par le dernier boulon, à chaque
piane en observant que les nœuds des liens qui marquent
la croisure soient sur le devant.
alors les pianes se déployent jusqu’aux pieds du métier
Ensuite on passe deux cordes (grosses comme le pouce)
dans les croisures de chaque piane, on les ferme à droite
et à gauche en dehors des jumelles du métier, de manière
à ce qu'elles puissent suivre le trajet d'une ensouple à
l'autre ; on retient les liens qu'elles remplacent pour la
conservation de la croisure.
On étale les pianes sur le verguillon en leur
donnant à peu près à chacune leur distance.
On arrête le verguillon dans la nervure de son
ensouple avec quelque chevilles. 
On tend les pianes à la main pour faire
descendre les cordes, la main gauche tend, et la
droite s'introduit dessous la première corde en
démélant les fils pour lui faciliter le passage.
quand les deux cordes sont descendues, on place
horizontalement, et sans son couvercle, le vautoire
derriere.  derrière les pianes, on le fixe solidement aux
jumelles à une distance de 20 ou 30 centres au dessous
de l'ensouple d'en haut.
Le monteur se place derrière le métier et
commence par sa gauche, le placement fixe de la
première portée de la première piane : il retir de
ce même côté les chevilles qui tiennent le verguillon afin
que les portées puissent glisser dessus à volonté.
Les cordes font retrouver les portées dans le même
ordre qu'elles ont reçues sur l'ourdissoire.
La première portée étant placée à sa hauteur sur
le verguillon, et sur l'ensouple, se place également
au dessous, et à la même hauteur, dans la case du
vautoire qui y répond.
La seconde portée se place à la suite de la premiere
Tant sur l'ensouple que dans la case suivante du
vautoire, et ainsi de suite jusqu’à la centième.
Cette distribution des portées étant faite les quatre
pianes se trouvent réunies et n'en forment plus qu'une
sur l'ensouple d'en haut et dans le vautoire.
Pour enfermer les portées chacune dans sa case
respective, on pose le couvercle du vautoire, de
sorte que dans le trajet qu'elles ont à faire, les fils
de l'un ne peuvent passer dans la case de l'autre.  Ensuite on cheville définitivement le verguillon.
On roule la chaîne sur l'ensouple d'en haut
en tendant perpendiculairement les pianes à la main.
Quand les cordes sont arrivées à 10 ou 15 centres du
vautoire on les fait descendre comme on l'a déjà fait
précédemment, de sorte que l'on répéterait cette 
manœuvre, de rouler la chaîne, de descendre les cordes
chaque fois qu'elles arriveraient au vautoire tant que
les pianes auraient du cours.
La fin des pianes étant arrivée de niveau à la 
hauteur de l'ensouple d'en bas on y introduit le
verguillon qui doit les y fixer.
On retir le lien qui marque la séparation
formée sur l'ourdissoire par le premier boulon.
On étale les pianes sur ce verguillon comme on l'a
fait sur celui d'en haut ; on fait descendre les
cordes le plus près possible de l'ensouple.
On fixe la première portée dans le bas sur la
même hauteur qu'elle occupe dans le haut, toutes les
autres viennent se placer à sa suite successivement 
en répétant absolument ce qui c'est fait sur l'ensouple
d'en haut. Et l'on cheville aussi définitivement
le verguillon.
Ensuite on arrête une ficelle après l'un des bouts de la  De la première corde, on en arrête deux autres après
la deuxième, de sorte, qu'en retirant les deux
cordes elles entraînent après elles les ficelles qu'on leur
substitue.
Les deux premieres se tendent le plus possible, et se  
fixent par des clous aux deux extrémités sur l'ensouple
La troisième se remonte et s'arrête aux jumelles
près du vautoire ; c'est cette  troisième ficelle qui
doit pendant tout le cours de la chaîne, en marquer et
on conserver la séparation.
Si la chaîne porte un long cours on la ramène sur
l'ensouple d'en bas, on donne une forte tension à la
derniere partie qui reste entre les deux ensouples, ensuite
on roule cette portée [?] sur l'ensouple d'en haut.
On donne pareillement une forte tension à toutes les
autres parties de chaîne, jusqu'à la dernière qui devient
alors celle sur laquelle on va commencer la fabrication.
Dans cette opération, le vautoire conduit la
chaîne, et l’empêche de flotter à droite ou à gauche.
La chaîne étant ainsi préparée, on fait les
dispositions pour son tissage [?]. 

Manière de placer sur le métier et sur[modifier]

le vautoire, les pianes qui, dans l’ourdissage[modifier]

ont reçues [‘sic’] une modification dans le nombre de[modifier]

leurs portées. Comme nous l’avons expliqué à la[modifier]

suite du 1er exemple, d’ourdissage pour[modifier]

un montage à 4 fils.[modifier]

Une piane qui n'a reçue que 24 portée au
lieu de 25, s'étale sur le verguillon dans l'espace
de 25 centres.
On en distribue les 12 premières portées dans les
12 premieres cases du vautoire dont on laisse la 13eme
vide, et l'on continue la distribution des 12 autres
portées dans les 12. cases suivantes.
Par ce moyen la piane de 24 portées occupe
sur le verguillon et dans le vautoire l'espace de
25 centimètres.
Si au contraire une piane a reçu 26 portées
au lieu de 25. On l’étale également sur le verguillon
dans l'espace de 25 centres et au lieu de laisser
la 13eme case du vautoire vide on y introduit
la 12eme et la 13eme portées.  La distribution des portées se répartit dans les
cases du vautoire. En laissant à des distances combinées
une ou plusieurs cases vides, ou en chargeant 
également une ou plusieurs cases de deux portées.
Par exemple, une piane de 23 portées pour
occuper dans le montage 25 centres s'étale sur le
verguillon dans cette largeur ; les 8 premières portées
distribuées dans les 8 premières cases du vautoire ; on
laisse la 9eme case vide, on continue la distribution
jusqu’à la 16eme qu'on laisse également vide,
on continue enfin le reste des portées jusque dans la
25 case.
Si au contraire une piane contient 27 portées
pour également occuper dans le montage, 25 centres
on introduit deux portées ensemble, dans la 8eme
case du vautoire, et l'on répète la même chose dans
la 16eme.
Le vide ou le surplus qui se trouve dans
une case ne se fait nulement sentir à la fin ni
au commencement de la piane une fois qu'elle est
placée dans la largeur qu'elle doit occuper sur les,  Les verguillons d'en haut et d'en bas, et que
le vautoire est retiré.
Par ce moyen on charge une chaîne partielle

-ment où l’on prévoit avoir besoin de beaucoup

de fils.  
Le verguillon est un triangle en bois de
chêne, ayant à peu près 5 ou 5 centres de diamètre
ajusté pour la longeur ['sic'] à celle de la nervure de l'ensouple
à laquelle il s'adapte.
Son action est de maintenir le niveau de
la chaîne à sa jonction avec les ensouples et
de résister à sa tension.
Il s'arrête dans la nervure de l'ensouple
par le moyen de chevilles en fer qui le barrent
à 10 centres l'un de l'autre. 
Le vautoire a la forme d'un rateau,
sa longueur se détermine par la largeur du 
métier auquel on l'adapte.
Sa largeur est de 12 centres, il contient
100 dents par mètre, son couvercle contient autant
de petites cavités pour les enchasser.
Son action est de maintenir l'aplomb
et la distance des portées pendant le trajet
du montage. 

Choix de la ficelle à lisse, en rapport[modifier]

à la grosseur de la chaîne.[modifier]

Lissage de la chaîne.[modifier]

On employe pour faire les lisses, deux sortes de 
ficelles, l'une grosse comme du fouet, et l'autre
un tiers moins grosse.
Pour une chaîne n°10 ou 12 montée à 4 fils, contenant
par mètre, sept ou huit cents fils au plus, on emploi
la grosse ficelle, Il en faut 6 ou 7 pelotes
pesant ensemble de 550 à 600 grammes.
Pour une chaîne nos 14, 16, 18, &c...
montée à 5, 6,ou 7 fils, contenant par mètre 1000,
1,100. ou 1,200 fils et plus on emploi ['sic'] la moins grosse,
et il en faut 7 ou 8 pelotes, pesant ensemble
de 600 à 650 gmes.
Le nombre de pelotes augmente dans les proportions
du nombre croissant de fils que donnent les
différentes manieres d'ourdir. 
On dévide chaque pelote de ficelle sur 
une broche en buis [?][5], longue de 19 centres. évidée
au centre, se terminant des deux cotés en olives
sont les extrémités présentent une petite facette au
lieu d'une pointe.
La grosseur de cette broche est 1 centre 1/2 de
diamètre, cette grosseur va insensiblement à 3 centres 
à la portée [?][6] du milieu de ses deux têtes en olives.
La ficelle ainsi préparée, on continue les
apprets du tissage.
On détend un peu la chaîne, et à l'aide
de la ficelle qui marque sa séparation, on
y introduit horizontalement un verguillon,
de maniere que si la chaîne se compose de
800. fils le verguillon se trouve couvert par
devant de 400. fils et par derriere de 400
autres fils.
On retend la chaîne de nouveau.
On met ensuite la perche de lisse***, parallèlement
avec le verguillon ; à 35 centres de distance
de l'un de l'autre, de sorte que leur épaisseur y
etant comprise, les lisses auront chacun 35 centres de
longueur.  Entre le verguillon et la perche de lisse,
on introduit de distance en distance des Escelettes***
Pour empecher leur raprochement, et pour qu'ils puissent
résister à la tension que chaque lisse reçoit dans 
sa formation.
Ensuite on arrête, à l'extrémité gauche de la
perche de lisse, une ficelle double que l'on prolonge
jusqu'à son extrémité droite, de là on laisse
descendre cette double ficelle jusqu'au sol où on
l'arrête après un poids susceptible de la maintenir
tendue, sans cependant l’empêcher d’obéir à la 
main du lisseur en recevant les [lacs] de chaque lisse.
Le lisseur se place, monté sur un siège,
derriere le métier et la perche de lisse.
Il arrête, par une douzaine de lacs la ficelle
qui va commencer les lisses après celle qui va
recevoir leurs lacs.
Le dernier de ces lacs doit se faire à la hauteur
et en face du premier fil.
Une seconde personne se place devant la chaîne
Pour présenter les fils au lisseur, en les prenant d'en bas.
Elle prend une poignée de fils dans sa main gauche,
le verguillon lui indique les fils de devant et ceux de
derriere, alors elle sépare le premier fils de devant
en écartant la poignée de fils à gauche de maniere 
à ce qu'il se trouve entre premier fils et les
autres, une distance convenable par le passage
de la broche, et de la main du lisseur.
Le premier fils étant ainsi présenté, le lisseur
embrasse la perche de lisse, le verguillon, et le
fils présenté, en passant sa main droite par dessus.
La main gauche passe par dessous en appuyant 
du poignet sur la demi lisse, de maniere qu'en
prenant la broche pour la ramèner au point de
départ pour compléter la lisse, le premier lacs se
trouve tout fait.
La main droite revient pour saisir la broche
et la faire passer dessous la double ficelle en la
couvrant de deux ou trois lacs bien serrés.
Les lisses se ferment par deux ou trois lacs
alternativement, on refoule les lacs sur la gauche
En les y poussant avec la petite ficelle qui se 
trouve aux deux extrémités de la broche de buis[7]
Ausitôt ['sic'] que le lisseur a passé sa main
droite et la broche par dessus le verguillon 
et le fils présenté, le donneur de fils fait passer
dans sa main droite celui qui vient de recevoir
sa lisse, il y fait passer également celui de
derriere qui le suit.
Le premier de ces deux fils prend le nom de
fils de lisse. 
de fils de lisse, et le second celui de fils de croisure.
Le donneur de fils présente ensuite le 2eme fils
de devant, en écartant les deux premiers à droite 
et la poignée à gauche, de sorte que le lisseur
passe et arrête une lisse pour chaque fils qui lui
est présenté.
Le donneur de fils retire à mesure, à sa droite,
le fils qui vient de recevoir sa lisse, en l'accompagnant
toujours de celui de derrière qui le suit.
En suivant ainsi le lissage on a un fils lisse.
un fils croisure, et alternativement jusqu'au dernier.
Quand le lisseur rencontre une escelette, il la
retire et la remplace à sa gauche.
Le tissage[8] étant terminé on retire les escelettes
et le verguillon, on substitut à celui-ci au dessus
des lisses, un bâton de croisure*****.
On descend la perche de lisse à la hauteur
convenable, pour que le tapissier, étant assis,
puisse porter sa main gauche sur les lisses; les batons
de croisure suivent le mouvement des lisses, en se 
tenant à 9 ou 10 centres au dessus d'elles.
On lance des suites dans toute l’étendu de la 
chaine, la premiere se compose de quatre fils de chaîne,  la seconde composée de trois, la troisieme de deux,
et la dernier d'un seul fil.
La premiere de ces suites s’appuye sur la seconde
suite en ficelle, les trois autres suites, dont la grosseur
décroit à mesure, s’appuyent également l'une sur 
l'autre, de manière que la derniere peut recevoir
la trame qui se trouve encore plus fine qu'elle.
On tend et on arrête les quatre suites de chaîne
aux clous qui assujettissent deja les deux suites de ficelle.
Cette tension est nécessaire pour empêcher la chaîne
de flotter à droite ou à gauche.
Avec un poinçon en fer on range les fils de
maniere a en faire contenir un plus grand nombre
sur la ligne où se présentent les détails du modèle.
on lance une certaine quantité de suites de tisser
en laine pour maintenir définitivement les fils dans les
distances qu'on vient de leur donner ; on retire
le vautoire, on fait ensuite une flèche à 12 ou
15 centres de l'ensouple d'en haut, et alors le
montage est terminé. 

*** Perche de Lisse[modifier]

La perche de lisse est un rouleau en bois de 
sapin, sa longueur est déterminée par la largueur
du métier auquel elle s'adapte.
Sa grosseur est de huit à neuf centres de diamètre 
Son action est de maintenir les lisses ouvertes et 
tendues.
Quand les dispositions de l'ouvrage nécessitent une
division dans les lisses, on les sépare et l'on retire de
dessus la grande perche la partie dont on a besoin
dans laquelle on introduit un bout de perche que
l'on suspend à la gauche.
Pour ôter la vacillation du bout de perche,
on tend horizontalement une corde qui traverse
devant le métier, et qui se trouve arrêtée à droite
et à gauche dans le mur ; après cette corde on en 
attache deux autres bouts,(qu'on moment tapans)[9] faisant
face aux deux extrémités du bout de perche auxquelles
ou les enveloppent ['sic'] en tirant dessus. 
l'escelette est un bout de planche en bois de 
chaîne dont l'un des deux extrémités sont arrondies en
un demi cercle concave, dont l'un est de grandeur
à emboîter la perche de lisse et l'autre à emboîter
le verguillon.
Son action est d’empêcher le rapprochement
de la perche de lisse et du verguillon dans le
lissage[10]. 
La flèche est une tresse en chaîne ou en ficelle
dans les anneaux de laquelle on enferme un certain
nombre de fils.
On la commence par la gauche à 12 ou 15 centres
au dessous de l'ensouple d'en haut ; c'est a peu près
la même opération que pour faire les lisses, à
l’exception que le donneur de fils en présente 8 ou 10
à la fois au lisseur, qui les prend à mesure dans
un anneau sans pour cela les serrer.
La flèche doit être souple et traverser la
chaîne en serpentant.
Son action est de conserver à la chaîne sa
hauteur dans le haut, en l'empêchant également
de flotter. 

4eme chapitre. Préparation de la Trame.[modifier]

Écheveau pour trame dérivé sur broche.[modifier]

n°4

Le dévidoir reçoit la trame et la chaîne en
echeveaux à leurs sorti du magasin g[énér]al pour les
dévider sur broches, sur bobine et sur flûte.

Il se compose de quatre sortes de rouets.
1° rouet pour broches
idem pour petites-bobines
idem pour grosses-bobines
idem pour flûtes

Plus, de tournettes ou lanternes à coulisses pour
recevoir les echeveaux.

La roue de chaqu’un des rouets porte à peu près
32 centimètres de rayon.

La roue du [rouet] pour broches se tourne comme
toutes les autres, c’est à dire à droite, mais elle
donne le mouvement inverse à la [noix]et au mandrin
qu’elle fait tourner, par le moyen de sa corde
qui se croise pour couvrir la coulisse de la noix
Par ce moyen, la broche étant engagée dans
le mandrin, prend son essor à gauche.
On jète l’écheveaux de grame</ref>Lecture incertaine</ref> sur les tournettes.

On casse le bout qui fait la centaine et ou l'arrête
sur la broche.
Les doigts de la main gauche conduisant la trame
à mesure qu'elle se dévide sur la broche, de maniere
qu'elle parcourt egalement, et alternativement de la
tête à la queue, et de la queue à la tête en couvrant
le corps de la broche.
Le bout du pouce, en appuyant sur la trame
à mesure qu'elle se dévide, la rend ferme et brillante.
Voici pourquoi on dévide à gauche sur broche.
Lorsque le bout de trame est arrêté à l'ouvrage,
on fait un lacs coulant à droite sur le milieu du
corps de la broche, de maniere que se trouvant
placée dans notre main lorsque nous travaillons
elle s'y trouve en sens inverse, de ce qu'elle était
sur le rouet, et qu'en la roulant légèrement
dans nos doigts à droite, son lacs coule, et
déroule la trame à volonté.
Ensuite, son changement de position quand
elle est suspendue à l'ouvrage fait qu'ayant la
tête en haut et la pointe en bas, elle ne peut se
dérouler, son poids tirant en sens inverse du lacs. 
On dévide la trame soit sur petites bobines
et quand on veut faire un mélange de deux ou trois
brins de soie sur une broche, on enfile les deux
ou trois bobines par de petites broches en fer posées
perpendiculairement, de sorte que les bobines y tournent
facilement en dérivant également leurs deux ou trois
brins réunis sur la broche.
On dérive la chaîne sur de grosse bobines
et quand on veut ouvrir on les place egalement
enfilées perpendiculairement par des broches en fer
d'un calibre moindre que le [forn][11] qui les a percées.
On dévide la soie pour coudre, sur les flûtes ;
les flûtes étaient à l'usage de la basse lisse, ce que 

sont les broches à celui de la haute lisse.

On employe uniquement les flûtes pour recevoir
la soie à coudre parce qu'une flûte n'est pas plus
grande que le corps d'une broche. Et que sa petite
dimension la fait caser facilement dans le tiroir.
de la boîte à couleurs de chaque artiste. 
[par] deux raisons qui sortent l'un vers
l'économie, et l'autre vers la beauté et
la conservation de la couleur du tissu,
nous souhaiterions que chaque élève soit
tenu d'apprendre à dévider parfaitement.
Car pour nous, il est évident, 1° que sous
le rapport de l'économie si ma broche est
mal dévidee, c'est à dire,si le tissu qui
la couvre, soit en petite ou en grande quantité,
n'est pas réparti par rangs qui se couvrent
successivement, qu'alors que le temps en
a terni la superficie, il faut en jeter
beaucoup pour arriver à obtenir une surface pure.
2° sous celui de sa beauté et de la conservation
de sa couleur si le tissu y est dévidé mollement
ses inégalités de forme[12] ne disparaîssent pas, 
Puis il est moins brillant, et sa couleur
plus susceptible également par le temps, d’être
altérée plus profondément. 

Faire un bande unie[modifier]

n°5 Planche 4.
IVe partie.
1 chapitre.
1. fig.

Illustration 3 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

IV partie.

1. chapitre.
2. figure.

Illustration 5 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Apprendre à faire croiser la chaîne[modifier]

y lancer la broche * Pour faire une bande unie[modifier]

Les différents objets en tapisserie que nous avons
analysés pour puiser nos notes, ayant été fabriqués
sur une chaîne montée à 5 fils, nous obligent de
citer nos exemples sur une chaîne de même montage
et non sur celle que nous avons pris pour 1er exemple aux chapitres
de l'ourdissage et du montage.
La bande doit avoir 4 centres de large, ce qui
donne, sur une chaîne montée à 5, 40 fils.
Les doigts de la main gauche s’introduisent au
dessus des lisses, dans l'espace que le baton de croisure
donne entre les fils. Ils saisissent, de la chaîne, les
20 premiers fils croisures, et les détachent des 20 premiers
fils lisses, de manière à laisser entre ces fils la distance
convenable pour y introduire la broche.
Nous avons arrêté le bout du tissu au bas de la
chaîne, nous faisons un lacs coulant sur la broche
de maniere que le tissu puisse se dépeloter à volonté !
Notre main droite tient la broche la tête
en bas, et la pointe inclinée vers le passage où elle
va être lancée.
Elle s'y place entre le bout du pouce et le bout des 
Et le bout des quatre autres doigts ; ceux ci s'introduisent
par la droite dans la chaîne, entre les fils lisses et les fils
croisures.
Dans cette position, la broche roule entre la chaîne
et le pouce qui la conduit jusqu'à la gauche de la bande
la livrant aux quatre doigts qui la font passer egalement
en roulant, de gauche à droite, dans la chaîne.
De ce moment la main gauche cesse son action sur
les fils croisures.
Nous faisons descendre la partie de tissu qui vient
d'être lancée entre les fils croisures et les fils lisses, avec
la pointe de la broche en tenant sa tête appuyée
dessous le poignet, et la pointe recouverte avec l'indexe ['sic']
pour lui donner le plus ou le moins de force nécessaire
en frappant sur le tissu.
Le tissu est conduit par le petit doigt qui le tend 
ou le lâche, selon que la pointe de la broche le demande,
il le règle, afin qu'il ne laisse pas d'anneaux entre les
fils, ou afin qu'il ne soit pas trop tendu.
Nous nommons cette simple partie de tissu demi duite. 
Elle couvre, à l'endroit, le devant des fils croisures, et
à l'envers le derrière des fils lisses.
Pendant que nous réglons la demi duite, la
main gauche se porte sur les lisses, l'indexe [sic] et le
pouce touchent légèrement pour trouver la vingtième  lisse, afin que la main n'ait à faire sa pression
que sur le nombre de lisses nécessaire.
Alors la main amène en pesant sur les vingt lisses
leur vingt fils qui viennent en arriere, de maniere à
laisser entre eux et entre les vingt fils croisures,
le passage pour les doigts et pour la broche.
Nous renvoyons la broche de droite à gauche
comme nous l'avons envoyé de gauche à droite ; à
l'exception que se sont les quatre doigts qui l’introduisent
et la font passer dans la chaîne, pour la livrer à gauche
au pouce, qui la ramène, en la faisant rouler entre
la chaîne et lui, dans la main en la position
qu'elle doit tenir pour faire descendre
et pour régler la demi duite.
Cette seconde demi duite, lancée de droite à 
gauche, étant réunie à la première, forment
ensemble ce que nous nommons une duite, elle
couvre le devant des fils lisses et le derriere des fils
croisures, de sorte que de l'épaisseur de son tissu,
la duite couvre la chaîne.
Quand nous avons ainsi lancé cinq ou six
duites, nous frappons dessus avec le peigne*, afin
de les tasser le plus possible. Et de maniere à faire
disparaître totalement la chaîne sur la surface
que leur épaisseur tissée, doit couvrir. 
En continuant ainsi, nous obtenons une bande
en tapisserie semblable à un galon uni.
Nous réglons la main de l’élève en lui faisant
faire quelques bandes unies de différentes largeurs car la 
souplesse de la duite et de la main, ne s'acquierent 
qu'à force d'exercices.
Si on serre la main*** les duites ne se
tasseront plus, la chaîne paraîtra parmi leur
tissu, et la bande se rétrécira.
Si au contraire on lâche la main**** les
duites laisseront des anneaux aux deux lisières de la
bande, les fils prendront plus de distance entre eux,
la bande plissera, ou s’élargira.
En commençant, l'élève apporte naturelement
avec lui l'un de ces deux défauts : nous lui faisons
perdre en prenant de tems en tems sa place, lâchant
modérément la main quand il l'a trop serrée, en la 
serrant de même quand il l'a trop lâchée ; de maniere
qu'au bout de 20 ou de 30 duites, nous lui avons
remis sa bande dans son etat naturel ; nos dernieres
duites le guident encore pendant quelques tems et des

défauts disparaîssent insensiblement.

S'il se présente quelques parties défectueuses dans le
tissu, tels que nœuds, bouras, trop grande inégalité 
dans la filature, ou dans la couleur, nous amènons 
chacune de ces parties défectueuses à l'envers, toujours
entre deux fils, et jamais sur le bord d'un contoure
ou d'une lisière. Elles y forment des bouts perdus
qui ne nuisent en rien à l'endroit.
Quand un fils casse près de l'ouvrage ou dedans,
nous le remplaçons par un autre fil que nous introduisons
avec une aiguille, le plus avant possible, dans les dernieres
duites qui couvrent le fil que nous voulons remplacer.
Nous en arrêtons un bout à l'envers de la tapisserie,
nous faisons passer l'autre dans la lisse ou la croisure
que le fil cassé occupait, nous les noueons ensemble,
par le moyen de nœuds coulants fermés à rosettes,
au dessous de la flèche. De sorte, que lorsque nous
roulons la tapisserie, nous délions les nœuds coulants
pour les reporter plus haut.
Les lisses étant susceptibles de s'user, plus particuliere

-ment à l’endroit où elles frottent sur les fils, nous les

faisons glisser, tantôt dessus, tantôt dessous la perche
de lisse afin qu'elles se coupent le moins possible.
Quand il nous en casse nous le racommodons avec de la
ficelle neuve, en formant les nœuds près de leurs lacs. 
La broche est ordinairement en bois de frêne.
Sa longueur, quand elle est neuve, est de 18 à 20 centres
Sa tête est ronde se terminant un peu en olive,
Son corps est évidé pour soutenir le tissu, et sa
queue se termine en pointe.
Le peigne est en ivoire; sa forme est celle d'un
coin à fendre du bois ; sa longueur est de 15 à 16 centres
sa largeur, dans le haut, est de 5 à 6 centres, et dans le bas
elle est de 4 à 5 centres.
Son biseau se compose de 17 à 18 dents qui sont
séparées, les unes des autres, par de petits intervalles suscep

-tibles d’y laisser introduire les fils de chaîne de

tous les nos.
Son épaisseur est de 2 centres [...] jusqu’à la naissance
des dents, à partir de là il va se terminant en
biseau sur tous les sens.
Les deux dents qui forment ses flancs sont beaucoup
plus grosses que celles de l'intérieure ['sic']. 

***Serrer la Main,[…], terme technique[modifier]

Serrer la main, veut dire que la duite est
trop tendue, et qu'alors la fabrication est
aride.

**** Lâcher la main,[…], terme technique.[modifier]

Lacher la main, veut dire que la duite est molle
qu'elle laisse des anneaux aux lisieres ou entre les fils.
Et qu'alors la fabrication est molle et plissée. 

Lier sans couture deux bandes[modifier]

n°6 [légende]

IV partie
2 chapitre
fig 1. bande a l’endroit
fig 2 bandes a l’envers

Illustration 5 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Lier sans couture deux bandes ensemble.[modifier]

Ce procédé qui consiste à réunir deux bandes
par un de leurs bords sans que celle de leur surface
qui doit être vue, présente aucune saillies ou sillon
à la ligne de jonction, est appelé Liure.
On prend deux couleurs tranchantes, comme 
bleu et rouge différent également de ton, afin de 
rendre la liure bien lisible. 
On commence supposons, par la broche rouge
en attachant son bout de tissu au bas de la chaîne
chaque couleur aura 2 centres de large, ce qui
fera pour chacune d'elles, 20 fils.
Pour commencer la premiere demi-duite la main
gauche amène les 10 premiers fils croisures, on lance
dessus (toujours par la gauche) cette première demi-duite
rouge, qui étant descendue, et réglée, laisse suspendre
la broche.
On attache de même autour de la chaîne, le 
bout de tissu de la broche bleu.
La main amène les dix fils croisures suivants 
on lance dessus (également par la gauche) la première demi-
duite bleu, cette demi-duite fait suite à la rouge
en croisant son bout par dessus : on la fait egalement
descendre en la réglant.
La main amène les 10 fils lisses ; on lance dessus
la seconde demi-duite bleu (de droite à gauche) qui étant
descendue et réglée laisse suspendre sa broche à la
gauche de la rouge. Cette seconde demi-duite en
complétant la duite, ramène la broche au point d'où
elle est partie.
La main amène les 10 fils lisses de la rouge
on lance également (de droite à gauche) sa seconde demi-
duite, qui étant descendue et réglée fait le complément
de la duite, en ramenant également sa broche au
point d'où elle est partie.
On recommence en ramenant la broche rouge
de gauche à droite, en la laissant suspendre à la
droite de la bleu, celle ci fait sa duite en croisant
son bout par dessus et en revenant se placer à gauche
de maniere que la rouge, en terminant sa duite et
en revenant à son point de départ, croise également
son bout sur la bleu.
En réglant les demi-duites qui partent de la liure,
il faut avoir le soin de serrer la main sur ce point 
afin de n'y laisser aucun anneau.
En décomposant le travail de cette bande son
endroit présenté des duites unies sur les 40 fils dont elle
se compose, ses deux parties, quoi que diversement
colorées, paraîssent être le résultat de duites lancées
d'un seul jet.
A l'envers on trouve, entre le 20eme et le 21eme fils
la liure que présente pour chaque duite un point bleu
du côté du 20eme fils, et un point rouge du côté du 21eme.
La liure présente en outre un relief proportionné
à la grosseur des matieres formant le
tissu, ; elle joue aussi un grand rôle dans la bonne
fabrication de la tapisserie, en se qu'elle évite un
bon nombre de coutures.
Quand l’élève sait faire la liure, on le fait
passer aux hachures franches de trois duites.    

4ème chapitre. Hachures Franches[modifier]

Faire une bande composée de demi tons
hachés ensemble, en faire une 
autre composée de trois tons et une
troisième composée de quatre.

n°7 

[légende]

IV partie
4 chapitre
Hachures

Illustration 6 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

I

Il faut distinguer deux sortes de hachures, les unes
ne se composent que des différents tons d'une même
gamme, par exemple des différents tons de la gamme
beau jaune.
Les autres se composent de deux tons à la même
hauteur appartenant à deux gammes différentes, mais
plus ou moins voisines comme le 10eme ton de la gamme
beau bleu et le 10eme ton de la gamme bleu violâtre ou
même le 10eme ton de la gamme beau violet, de là la
dénomination de hachures franches donnée aux
premieres, de celle de hachures composées donnée
aux secondes.
Les hachures composées faites par deux duites
ne peuvent se composer que de deux différents tons de 
même hauteur comme il est dit ci dessus, sans parler
de leur mélange entre elles, elles se combinent par la
méthode, avec les hachures leurs voisines composées comme
elles de deux tons a la même hauteur, mais dont l'un
appartient à l'une de leurs gammes, et dont l'autre peut
appartenir à une troisième gamme.  Les hachures composées, faites par trois duites
ne peuvent se composer que de trois différents tons
de même hauteur. Mais la méthode peut également
dans leurs combinaisons apporter le mélange de tons
appartenant à une quatrieme gamme.

Hachures franches faites par trois duites.[modifier]

Une bande composée de deux tons hachés ensemble
sur quarante fils.
Le premier de ces deux tons est pris dans la 
nuance bleu, 4eme ton 1ere gamme bleu indigo.
Le second est pris dans la nuance cramoisi,
10eme ton, 1ère gamme beau cramoisi.
Chaque ton conservera 8 fils francs qui formeront
sur les cotés de la partie hachée deux petits liserés unis
par ce moyen nous évitons à l'élève l’embarras d'avoir
deux broches au bord.
Règle invariable, dans le principe, les hachures
Ccommençent ['sic'] par la gauche ! Ainsi dans tous les
ouvrages possibles, chaque ton part de la gauche
et y revient en finissant sa hachure. 

Première Hachure[modifier]

La main amène les 16 premiers fils croisures
on y lance la broche bleu. On descend et on règle 
la demi-duite comme nous l'avons expliqué au chapitre
de la bande unie.
La main amène les 16 premiers fils lisses, on y
lance la même broche en la ramenant d'où elle est
partie, cette seconde demi-duite complète la
premiere duite de la hachure et fait sa pointe.
La main amène les 12 premiers fils croisure
on y lancer la même broche.
La main amène les 12 premiers fils lisses, la
même broche y est lancée, elle se trouve pour la
seconde fois au point d'où elle est partie, et cette
seconde duite fait le premier redoublement de la
hachure.
La main amène les 8 premiers fils croisures
on y lance la même broche.
La main amène les 8 premiers fils lisses, on y 
lance la même broche, qui se trouve revenue pour
la troisieme fois au point d'où elle est partie ; cette
troisième duite fait le deuxième redoublement de la
hachure. 
La main amène les 4 premiers fils croisures
on y lance la même broche.
Et enfin la main amène les 4 premiers fils lisses
on y lance la même broche qui se trouve revenue
pour la quatrième fois au point d'où elle est partie,
cette quatrième duite est celle qui couvre les huit
fils-francs. La hachure et les fils-francs se trouvent
ainsi terminés.
En décomposant la hachure par la droite, on
trouve une duite depuis le 32eme fil jusqu'au 25eme
inclus, cette partie fait le bout de la hachure.
On trouve deux duites depuis le 24eme fil jusqu'au
17eme inclus, cette seconde partie fait une partie du
corps, et le premier redoublement de la hachure ce
qui lui donne le double de grosseur de sa pointe.
On trouve trois duites depuis le 16eme fil jusqu'au
9eme inclus, cette troisième partie fait également une
partie du corps, et le deuxième redoublement de la
hachure, ce qui lui donne dans cette partie le triple
de grosseur de sa pointe.
Enfin on trouve une duite de plus depuis le 8eme
fil jusqu'au 1er inclus, cette duite couvre les 8 fils-
francs, elle est indépendante de la hachure, et
pour répondre à l'épaisseur de la pointe de la deuxième 
de la deuxieme hachure, pour marquer son point
de départ, et lui servir d'encadrement de ce côté.

Deuxième hachure[modifier]

la main amène, à partir du 9eme fil inclus, 16 fils
croisures, on y lance la broche rouge.
La main amène les 4 derniers fils lisse, on y lance
la même broche, puis ensuite les 4 derniers fils croisures
et encore la même broche, ce qui nous fait une duite et demi ['sic'].
La duite sur les fils francs équivaut à l'épaisseur
de la pointe de la premiere hachure. Et la demi-duite
fait la moitié de l'épaisseur de la pointe et la sixième partie 
de celle du corps de la seconde.
La main amène, à partir du 25eme fil inclus où se 
trouve le premier redoublement de la premiere hachure, 
les 8 derniers fils lisses, on y lance la même broche,on la
ramène à droite par les 8 derniers fils croisures, ce qui
fait dans cette partie de la deuxième hachure, une duite et 
et demi ; la duite équivaut à l'épaisseur du premier 
redoublement de la première, et la demi-duite fait toujours
la moitié de l'epaisseur de la pointe et la sixième partie
de celle du corps de la seconde.
La main amène à partir du 17eme fil inclus, où se
trouve le deuxième redoublement de la premiere hachure,
les 12 derniers fils lisses, on y lance la même broche, on
la ramène à droite par les 12 derniers fils croisures, ce
qui fait sur cette partie de la hachure deux duites et demi 
les deux duites équivalent à l'epaisseur des deux
redoublemens de la premiere hachure, et la demi-duite
fait toujours la moitié de l’épaisseur de la pointe, et la
sixième partie de celle du corps de la seconde.
Enfin la main amène à partir du 9eme fil inclus, où
se trouve la duite des huit fils francs
de la premiere hachure, les 16 derniers fils lisses, on y 
lance la même broche en la ramenant à gauche, au 
point d'où elle est partie.
Cette dernière demi-duite, complète, en terminant
la hachure, les trois duites de son deuxième redoublement
les deux duites de son premier, et la duite de la pointe.
On frappe sur ces duites afin de les tasser le plus
possible. Et afin aussi que les redoublemens de chaque
hachure soient bien hentés  [?][13] les uns dans les autres.
Ces deux hachures se trouvent à tête bêche ;
la partie pointue de l'une se trouve sur la partie la
plus epaisse de l'autre, est réciproquement, de sorte,
que la bande présente toujours une ligne horizontale.
En répétant les hachures, et dans le même ordre
qui vient d'être expliqué, on obtient une bande de 
deux tons hachés.
L'envers d'une bande unie ne diffère de l'endroit
que lorsqu'il survient quelques défectuosités au
tissu, comme il est dit au chapitre de la bande unie.
Il n'en est pas de même de l'envers de la bande hachée  chaque fois que le ton rouge part pour commencer
sa hachure, il laisse sur le bleu un point perpendiculaire
qui couvre entre le 8eme et le 9eme fils, l'épaisseur des 
trois duites de cette hachure.
Ainsi autant de tons hachés ensemble, autant
de points, au commencemens de leurs hachures, excepté
le ton qui occupe le bord à gauche.
L’élève sachant bien mener ces deux hachures,
on le fait passer à une seconde bande, mais composée
de trois tons hachés également ensemble que nous désignerons 
par numéros au lieu de les désigner par couleurs. 

Hachures franches faites par trois duites[modifier]

Une bande composée de trois tons hachés
ensemble sur 56 fils, se conservant à chaque
bouts, ou lisiere, 4 fils francs.
Les deux tons de la précédente bande nous serviront
encore pour celle ci en y ajoutant un troisieme.
Le ton bleu n’étant que le 4eme ton de sa gamme
et étant par conséquent plus clair que les deux autres
tons, qui sont pris chacun dans leur gamme à des
hauteurs plus élevées, prendra le n°1.
Le rouge étant le 10 ton de sa g[am]me prendra le n°3
pour faire de l'harmonie de tons nous interposerons
entre le bleu n°1 et le rouge n°3. Le 7eme ton de
la gamme beau violet, qui prendra le n°2.
Le 1er et le 3eme tons font chacun leur hachure
à la pointe l'une de l'autre au lieu de se croiser comme
elles le font dans la précédente bande, chaque hachure conserve
sa même figure, la bleu présente sa pointe à droite
et l'épaisseur de son corps à gauche, la rouge présente
sa pointe à gauche, faisant suite à celle de la bleu,
et l'épaisseur de son corps à droite.
La figure de la hachure violette ne ressemble
pas aux deux autres, son corps est de la même épaisseur 
mais il se termine par deux pointes, l'une à droite
et l'autre à gauche, au lieu que le corps des deux autres
ne se termine par une pointe que d'un seul
côté.

1ere hachure.[modifier]

La main amène 14 fils croisures, on y lance
la broche n° 1. Elle revient d'où elle est partie par les 14
fils lisses.
La main amène 10 fils croisures, on y lance la
même broche n°1. Elle revient d'où elle est partie par
les 10 fils lisses.
La main amène 6 fils croisures on y lance encore
la même broche n°1. elle revient d'où elle est partie par
les 6 fils lisses.
Et enfin la main amène, successivement pour les
fils francs, les deux fils croisure, et les deux fils 
lisses.
Ceci fait le complément des trois duites de la
hachure, et celui de la duite des fils-francs du 1er ton,
occupant la gauche de la bande.

2eme hachure[modifier]

La main amène les 14 fils croisures suivants
les 14 fils croisures précédents, on y lance la broche
n°3. 
La main amène les 10 derniers fils lisses, on y
lance encore la même broche n°3. Elle revient à
la droite, par les 10 derniers fils croisures.
La main amène les 6 derniers fils lisses, on y lance
encore la même broche n°3. elle revient encore à la
droite par les 6 derniers fils croisures.
La main amène pour les fils francs, et successivement,
les 2 derniers fils lisses, et les 2 derniers fils croisures.
Enfin pour terminer la hachure, la main amène 
les 14 fils lisses, on y lance encore la même broche n°3
qui se trouve par ce moyen revenir au point d'où elle est
partie.
Cette deuxième hachure a comme la premiere,
trois duites, et également une autre duite, en dehors,
à droite, pour ses fils francs.
Ces deux hachures étant au bout l'une de l'autre
et allant en épaississant, celle du 1er ton, à gauche,
et celle du 3eme ton, à droite, laissent dans le
centre de la bande, des cavités régulières, tant sur
la première hachure que sur la seconde ; lesquelles
cavités vont être régulièrement remplies par la
hachure du 2eme ton. 

3eme hachure[modifier]

La main amène, à partir du 3eme fil croisure inclus,
16 fils croisures, on y lance la broche n°2.
Cette demi duite couvre les 12 fils croisures de la
hachure n° 1. Et plus les 4 fils croisures de la pointe
de la hachure n° 3.
La main amène 8 fils lisses à partir du 11eme fils inclus
on y lance même broche n° 2.
Cette demi-duite complète la duite qui remplit
la cavité existant entre les deux premiers redoublemens
des hachures n°s 1 et 3.
La main amène, à partir du 11eme fil inclus,
12 fils croisures, on y lance la même broche n° 2.

La main amène à partir du 7eme fil inclus, 
16 fils lisses, on y lance la même broche n° 2.
Cette dernière demi-duite complète la duite qui
remplit la cavité existant entre les seconds redoublemens
des hachures n°s 1 et 3.
La main amène, à partir du 7eme fil inclus,
20 fils croisures, on y lance la même broche n°2.
Cette demi-duite fait la moitié de l'épaisseur de
la pointe droite, comme la premiere demi-duite qui
a commencé la hachure, a fait la moitié de l'épaisseur
de la pointe gauche, ces deux pointes vont recevoir  le complément de leur épaisseur, par la demi-duite
finale.
Enfin pour terminer la hachure n°2. la main amène,
à partir du 3eme fils inclus, 24 fils lisses, on y lance
la même broche n°2 qui se trouve revenue à gauche
point d'où elle est partie.
En répètant ainsi les hachures, dans le même ordre
qui vient d'être expliqué, on obtient une bande composée
de trois tons hachés.
Nous allons maintenant, en prenant pour exemple
cette bande composée de trois tons pris à des hauteurs
très éloignés les uns des autres et appartenant à trois
différentes gammes également éloignées, expliquer l’effort
de multiplication que produit le mélange des hachures,
tant sous le rapport des tons que sous celui des gammes.
Observons que la hachure bleu désignée dans le travail
sous le n° 1 est le 4eme ton de sa gamme.

Observons que la hachure violette, désignée dans le travail
sous le n° 2 est le 7emeton de sa gamme.
Et que la hachure rouge, également désignée
dans le travail sous le n°3 est le 10 ton de sa gamme.
Nous avons par conséquent pour distances de tons,
4 à 7 et 7 à 10. et mêmes distances pour les gammes
ainsi nous donnons, pour l'explication d'un mélange  à chaque ton des trois hachures le numéro qu'il porte
dans sa gamme, comme il la désigne lui-même par
sa couleur.
La hachure 4emeton bleu, combinée et mélangée
avec la hachure 7eme ton violet produisent ensemble
trois gammes et trois tons intermédiaires.
Il en est de même de la hachure 10eme ton cramoisi
combiné et mélangée avec la hachure 7emeton violet !
La hachure 4emeton bleu est franche de ton et de 
gamme, à gauche, sur ses quatre fils francs. 
Sur les 8 fils de son second redoublement où elle
a trois duites mélangées avec une seule duite de la
hachure 7<supè>emeton violet, elle paraît appartenir à une gamme
bleu violâtre, et elle  porte un léger ton de plus.
Sur les 8 fils de son premier redoublement où elle a
deux duites mélangées avec deux autres duites de la
hachure 7emeton violet, elle paraît appartenir à une 
gamme faisant juste l'entre du bleu et du violet, et
elle porte deux légers tons de plus.
Sur les 8 fils de sa pointe où elle a une seule
duite mélangée avec trois duites de la hachure 7eme
ton violet, elle paraît appartenir à une gamme de
violet bleuatre, et elle porte trois légers tons de plus.
Et sur ses 4 fils francs où il n'y a aucun mélange [...] 4eme ton est pur. 
La hachure 7eme ton violet ayant ainsi, par
les différentes épaisseurs de sa moitié gauche réhaussée
en tons et en gammes, la hachure bleu 4eme ton,
fait avec les différentes épaisseurs de sa moitié droite,
l'inverse sur la hachure cramoisi 10eme ton.
Sur les 8 fils de sa pointe où la hachure cramoisi 10eme r[14]
n'a qu'une seule duite mélangée avec trois duite de la 
hachure 7eme ton violet, elle parait appartenir à une
gamme violette très légèrement rougeâtre, et elle porte trois
légers tons de moins.
Sur les 8 fils de son premier redoublement où elle a
deux duites mélangées avec deux autres duites de la hachure
7eme ton violet, elle paraît appartenir à la gamme
faisant juste l'intermédiaire du cramoisi et du violet ; 
Et elle porte deux légers tons de moins.
Sur les 8 fils de son second redoublement où elle
a trois duites mélangées avec une seule duite de la hachure
7eme ton violet, elle paraît appartenir à une gamme
cramoisi légèrement violâtre. Et elle porte un léger
ton de moins.
Et sur ses 4 fils francs, où il n'y à aucun mélange
le 10eme ton cramoisi est pur.
Cette hachure 7eme ton violet ayant ainsi par sa
moitié gauche réhaussé graduellement en tons et en violet 
La hachure 4emeton bleu ; et ayant par sa moitié
droite rabaissée, aussi graduellement, en tons et en violet,
la hachure 10eme ton cramoisi ; reçoit également des modifications 
de ces deux hachures qu'elle lie et avec  lesqu'elles elle se
combine.
Sa moitié gauche diminue graduellement en tons, en
perdant aussi graduellement du violet à mesure qu'elle
reçoit de la lumière bleu. 
Sa moitié droite se réhausse graduellement en tons,
en perdant aussi graduellement du violet à mesure qu'elle
reçoit de l'ombre cramoisie.
L'explication du mélange de ces trois hachures,
fait par trois différents tons appartenant à trois
différentes gammes également très éloignés les uns des autres,
peut donner une idée de la douceur des teintes que doit
produire le mélange de hachures se composant de
tons et de gammes pris à des distances ordinaires.
L'élève sachant bien mener ces trois hachures
et notamment celle du milieu, on le fait passer à une
troisième bande, mais composée de quatre tons également
hachés ensemble, alors il se trouve avoir à
mener dans cette troisième bande, deux hachures
de milieu.
On fait ses quatre hachures par deux duites au lieu de les faire par 
trois, et on supprime les fils francs.  

Hachures franches faites par deux duites.[modifier]

Une bande composée de quatre tons hachés
ensemble, ne conservant pas de fils francs sur les
bords ; et faite sans s’occuper du nombre de fils
qu’elle contient, le redoublement et le point de
départ de chaque hachure doivent seul servir de
guides à l’élève.

Nous prenons ces quatre tons dans la gamme,brun[?][15] doré,
le plus clair prend le n°1 et les autres montent
successivement.

La main amène une douzaine de fils croisures,
on y lance la même broche n° 1. elle revient d’où elle est
partie par la même quantité de fils lisses.

La main amène 6 fils croisures on y lance la
même broche n° 1 et au lieu de revenir tout à fait au
bord, qui est le point d’où elle est partie, elle revient
seulement par 4 fils lisses, et c’est la broche n°2
qui continue la demi duite en revenant au bord
par les deux fils lisses suivant.

Par ce moyen la broche n°1 reste suspendue à
quatre fils près du bord, et la broche n°2 y est suspendue

et toute prette à être lancer lorsque son tour sera
arrivé.
La main amène à peu près, 20 ou 24 fils croisures à
partir de la pointe de la hachure n° 1. On y 
lance la broche n° 3. Elle revient en lisses, à peu près, à
un quart d'où elle est partie, de là elle retourne en
croisures en laissant un quart de son étendue, à droite,
comme elle en a laissée un à gauche ; puis elle revient
en lisses au point d'où elle est partie.
Le quart de gauche, et le quart de droite, ne se
composant chacun, que de l'épaisseur d'une duite, font les
deux pointes de la hachure ; et la moitié, faisant le milieu
se composant de l'épaisseur de deux duites on fait le redoublement.
Maintenant la hachure n° 2 va lier, en se combinant
avec elles, les broches n° 1 et 3. L'espace qui se trouve
entre leurs redoublemens indique la place de celui de la
hachure qui va les lier.
La main amène les fils croisures, à partir du commencement
de la bande, jusqu'au redoublement de la hachure
n° 3. On y lance la broche n° 2. Elle revient en lisses
jusqu'au redoublement de la hachure n°1. de là elle
retourne en croisures : jusqu'au milieu de la hachure n° 3.
Puis elle revient en lisses à quatre fils près du bord. Et
c'est à son tour, la broche n° 1 qui continue la demi
duite en revenant au bord par les deux fils lisses
suivant. 
par ce moyen on a toujours qu'une seule broche pendante
au bord ; autrement la lisiere ne pourrait être unie.
Ce procédé laisse pour trace à l'envers de la bande,
une demi liure entre le 4emeet le 5eme fils.
La main amene les fils croisures à partir de la pointe.
de la hachure n° 2. jusqu'à la fin de la hachure n° 3.
On y lance la broche n° 4. Elle revient en lisses
jusqu'au redoublement de la hachure n° 3, retourne
en croisures à son extrémité, puis enfin revient en
lisses pour se terminer au point d'où elle est partie.
Les hachures faites par deux duites ne paraissent
pas difficile à l'élève, quand il sait faire celle de trois
duites. Et à mesure qu'il prend de l'aplomb dans
la régularité des duites et dans celle des hachures
on rapproche les tons les uns des autres afin que les
pointes et les redoublemens des hachures soient moins
faciles à lire.
De là on le fait passer au premier principe
de dessin. 

en tapisserie de[modifier]

figures carrées circulaires[modifier]

et irrégulière, d’après[modifier]

un modèle à teinte plate.[modifier]

Manière de tracer ces[modifier]

figures sur la chaîne.[modifier]

Naissance des coutures[modifier]

manière de coudre[modifier]

moyen d’adoucir les rechutes[modifier]

n°8 

[légende]

IV partie. 6 chap.

Illustration 7 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Premier dessin , figure carrée formant[modifier]

une bande encadrée par deux lisérés liés avec elle[modifier]

maniere de tracer sur la chaîne.[modifier]

On prend ordinairement pour début un dessin de la 
plus grande simplicité tel que celui que nous allons
faire en tapisserie, puis pour le tracer sur la chaîne
on l'y applique sur le devant, là on fixe par le
moyen de deux baguettes plates, la feuille de papier sur
laquelle la figure se trouve dessinée, la première baguette
ayant passée l'un de ses bouts en travers la chaîne,
s'applique sur le haut de la feuille, et la presse en faisant
egalement passer son autre bout à travers la chaîne, de maniere
que le milieu de cette baguette se trouve appliqué
sur le devant de la feuille et de la chaîne, tandis
qu'à droite et à gauche, ses deux bouts se trouvent
appliqués sur le derrière de la chaîne seulement.
La seconde baguette fait sur le bas de la feuille
de dessin, ce que la premiere fait dans la haut.
Ensuite on passe derriere pour ajuster le dessin
de maniere que les lignes perpendiculaires de ses lisérés
soient parfaitement en rapport avec celles des fils de
chaîne qui les couvrent : on s'asseoit de manière 
à avoir les yeux placés, horizontalement, devant la partie
que l'on va tracer.
La main droite tient entre l'index et le pouce, la
pierre noire qui est taillée en biseau.
Elle en présente la partie taillée en face du fil où
commence la ligne de la première facette du premier carré
L'index et le pouce de la main gauche saisissent 
ce premier fil un peu au dessus des lisses, les trois
autres doigts passent derriere et glissent vivement en
descendant, à peu de distance, au dessus de la pierre noire
Là ils le font rouler dessus afin qu'il s'y marque
d'une bague noire.
La main droite ne bouge que lorsque le fil est
marqué, elle présente de nouveau le biseau de la pierre
en face de la partie du fil qui couvre celle de la ligne.
Alors la main gauche saisit le second fil, et le
fait marquer comme le précédent.
En remontant graduellement la pierre noire jusqu'en
haut de la ligne, et en marquant successivement les fils,
cette ligne de la première facette se trouve tracée.
on en fait autant pour les autres lignes, soit en les
traçant du haut en bas ou de bas en haut, ça dépend
seul de la volonté du tapissier.
Les lignes perpendiculaires des lisérés se marquent
seulement par deux points, l'un au commencement et
l'autre à la fin : de temps en temps il faut tailler la pierre noire
et l'humecter aussi de temps en temps avec un peu de salive. 
Le fond du dessin sera jaune clair.
Les figures carrées seront..... rouge
et les liserés  ................bleu foncé
La figure carré aura pour sa largeur 51 fils
et les liserés[...] auront chacun pour la leur 10
Quand on dessine, avec le fond, le contour d'un
objet, on dit Relacer.
et quand l'objet arrête lui même son contour sur
la chaîne, à mesure qu'il se fabrique, on dit Dessiner
Ainsi pour relacer la ligne de la premiere facette
gauche, la main amène les 5 premiers fils croisures,
on y lance la broche bleu qui reste là pour être
liée par la jaune.
La main amène les 12. fils croisures suivans,
on y lance la broche jaune, elle revient d'où
elle est partie par 13 fils lisses, puis elle répète encore.
une même duite en allant par 12 fils croisures, et en
revenant par 13 fils lisses.
La broche bleu en liant à son tour la jaune
fait egalement deux duites par les 10 fils du liséré
gauche.
La broche jaune fait encore deux duites, en partant
par ses 12 fils croisures et en revenant par 12 fils lisses.
Le 25 fil du fond jaune ayant reçu quatre duites
et se trouvant par conséquent couvert jusqu'à sa trace,
on la lâche c'est à dire que le fond ne doit plus revenir
dessus. 
On continue toujours à lier la bleu et la jaune
toutes les deux duites : ainsi laissons la bleu de côté
puisque nous connaissons la liure ,remarquons seulement
que celle ci se fait toutes les deux duites.
Pour arriver à la trace de son 24eme fil la
jaune lance successivement quatre duites partant
par 12 fils croisures, et revenant par 12 fils lisses.
On lâche le 24emefil comme on a lâché le 25.
La jaune lance également quatre ou cinq duites
pour arriver à la trace de son 23eme fil, puis elle le
lâche, elle en fait successivement autant sur tous
les autres fils qu'elle lâche de même à mesure que
ses duites atteignent leur trace : le dernier fil fait
egalement ses quatre ou cinq duites en les soutenant
chacune par la liure.
Cette partie de fond jaune ainsi terminée, présente
en dedans la ligne oblique sur la quelle la premiere
facette gauche de la figure carrée viendra s'appuyer.
Pour relacer la ligne de la premiere facette
droite à partir du 26eme fil la main amène 12 fils 
croisures, on y lance la jaune qui reste là pour
être liée par la bleu que lance de suite sur les 10 fils
du liséré de droite, deux duites, elle reste suspendue
à son tour pour être liée par la jaune.
La jaune revient au point d'où elle est partie par  13 fils lisses.
La main amène le fil croisure suivant, c'est là
ou se trouve l'angle des deux premières facettes, on y
lance la broche rouge, de sorte qu'elle revient se
placer à la droite de la jaune pour être liée par elle.
La jaune fait encore trois duites en partant egalement
par 12 fils croisures et en revenant par les 13 fils lisses,
et en même tems la rouge en fait autant sur le fil
ou elle a déjà lancée une duite, toujours en liant ces
trois dernière duites avec les trois duites jaune.
La trace de son 25emefils étant couverte par sa
quatrième duite, la jaune le lâche, et laisse également
de côté la rouge qui vient de commencer l'angle du
carré.
La jaune lance quatre ou cinq duites, pour arriver
à la trace de son 24eme fils lisses partant chaque fois par
12 fils croisures et revenant par 12 fils lisses, alors elle
lâche ce fil comme elle a lâchée le précédent et en fait
successivement autant des autres à mesure que ses
duites atteignent leur trace, les duites pour le dernier
fil se font egalement parce qu'elles se trouvent soutenues
par la liure.
Cette seconde partie de fond jaune étant ainsi
terminée, présente en dedans la ligne oblique sur
laquelle la premiere facette droite, de la figure carrée
va s'appuyer. 
On reprend la broche rouge pour faire d'un seul
jet, la figure carré, qui va d'abord appuyer ses
deux premieres facettes sur leur contour de relacement
et dessiner ensuite en se  terminant ses deux derniers.
Les duites du dernier fil faisant l'angle du haut 
de la figure, seront liées comme l'on été celles de
l'angle du bas.
La main amène les 12eme et 13eme fils lisses on y lance
de droite à gauche, la broche rouge, on lui fait faire 
quatre duites, partant par le 13emefil croisure et revenant
par les 13emeet 12eme fils lisses; sa 4eme duite se trouvant
de niveau avec la derniere duite jaune qui couvre les
traces du second fil de relacement de gauche et du second
fil de relacement de droite, on prend ces deux fils.
La main alors, au lieu d'amener un seul fil croisure,
en amène trois sur lesquels on lance la broche rouge
qui revient ensuite par deux fils lisses, on lance sur
ces 5 fils la quantité de duites nécessaire pour les
mettre de niveau avec les 3emefils de relacement
Puis on les prend en revenant en lisses.
La figure carré s’élargit à mesure qu'elle
prend les fils qui se présentent de niveau avec ses 
duites.
Arrivé à la hauteur des deux derniers fils de
relacement on les prend egalement, et on les couvre de
deux ou trois duites seulement, pour marquer les angles 
droit et gauche de la figure.
ayant ainsi pris alternativement les fils croisures
et les fils lisses, à droite et à gauche, à mesure qu'ils
se présentaient à son niveau, la figure se trouve
à moitié faite en présentant sa surface horizontale
de sa largeur sur ses 51 fils dont elle se compose.
L'autre moitié s’obtient et se dessine, par le moyen
inverse, c'est à dire qu'au lieu de prendre les fils,
on les lâche sitôt que la duite couvre leur trace.
Ainsi le 1er fil faisant l'angle gauche, et le 51eme fil
faisant l'angle droit, sont lâchés après avoir reçus
chacun deux ou trois duites comme nous l'avons dit.
Le 2emeet le 50eme fils reçoivent des duites jusqu'à
la hauteur de deux trace, et sont également lâchés
de même pour le 3emeet pour le 49eme fils, et ainsi
de suite les deux dernieres facettes s'échelonnent, se
dessinent en lâchant les fils à droite et à gauche,
de sorte que leur angle finit sur le même fil qui a fait
l'angle apposé, ainsi c'est sur le fil du milieu le 26.
La partie gauche du fond vient recouvrir la 
deuxième facette gauche en couvrant d'abord le premier
fil jusqu'au niveau du second réunissant ce second
fil au premier, le couvrant egalement jusqu'au niveau
du troisieme, et ainsi de suite jusqu'au 25eme  de là cette partie de fond commence le relacement de
la première facette gauche de la seconde figure, ce qui
est juste, la répétition, du relacement de la première.
La partie droite du fond recouvre également
la deuxieme facette droite. En prenant successivement
les fils à gauche, comme l'autre  partie les à pris à
mesure à droite.
Arrivée à son 25eme fil, cette partie droite du fond
commence également le relacement de la première facette
droite de la seconde figure, ce qui est aussi la répétition
du relacement de la premiere.
L'élève sachant relacer et dessiner les lignes
obliques régulières, que donnent les quatre facettes de la
figure carré, on le fait passer à un autre dessin.
De même dimension, mais présentant des lignes circulaires. 

Deuxième dessin, figure ronde formant[modifier]

une bande encadrée par deux lisérés avec elle.[modifier]

Pour jaune clair.................51 fils
Figure ronde bleu foncé..........49.
Lisérés rouge chacun.............10.
Après avoir tracé le dessin sur la chaîne
on lance le fond par 25 fils croisures et par 26 fils
lisses, en ayant soin de lier avec, toutes les deux duittes,
les lisérés.
Les duites étant arrivées horizontalement au commencement
des traces qui forment le contour inférieur de la
figure ronde, on laisse à droite la partie de fond
et les fils dont la dernière droite la partie de fond
et les fils dont la derniere duite vient d'atteindre les
traces, et l'on commence à relacer le premier quart
de cercle gauche.
Les fils dont les traces ont été couvertes par la derniere
duite du fond, sont les 5 fils du milieu, ainsi il
reste à gauche 22 fils de relacement, et il en reste
autant à droite, indépendamment de leurs 22 fils de
relacement, ces deux parties de fond en ont chacun
Un que le cercle de la figure ne recouvre pas.
Les cinq fils du milieu sont les 24, 25, 26, 27, et 28eme. 
La main amène les 12 premiers fils croisures, on y lance
le fond qui revient par les 11, fils lisses. 
Cette duite couvre les traces des 20, 21, 22 et 23eme fils.
La main amene les 10 premiers fils, croisures on y lance
le fond qui revient par les 9 fils lisses.
Cette duite couvre les traces des 18 et 19eme fils.
La main amène les 9 premiers fils croisures on y lance
le fond, qui revient par les 8 fils lisses.
Cette duite couvre les traces 16 et 17eme fils.
la main amène les 8 premiers fils croisures, on y lance
le fond, qui revient par les 7 fils lisses.
Cette duite couvre la trace du 15eme fil
La main amène les 7 premiers fils croisures on y lance
le fond qui revient par les 7 fils lisses.
Cette duite couvre la trace du 14eme fil
La main amène les 6 premiers fils  croisures, on y lance
le fond qui revient par 7 fils lisses.
Cette duite couvre la trace du 13eme fil.
La main amène les 6 premiers fils croisures, on y lance
le fond, qui revient par 6 fils lisses.
Cette duite couvre la trace de 12eme fil
La main amène les 6 premiers croisures on y lance
le fond, qui revient par 5 fils lisses, cette duite ne
suffisant pas, le fond on lance un second qui couvre la
trace du 11eme fil.
La main amène les 5 premiers fils croisures, on y lance
le fond qui revient par 5 fils lisses, le fond répète egalement
une seconde duite qui couvre la trace du 10eme fil.
La main amène les 4 premiers fils croisures, on y lance
le fond, qui revient par 5 fils lisses 
Le fond répète également une seconde duite, qui
couvre la trace du 9eme fil.
La main amène les 4 premiers fils croisures, on y lance
le fond, qui revient par 4 fils lisses, le fond répète encore
deux autres duites pour arriver à la trace du 8eme fil.
La main amène les 2 premier fils croisures, on y lance
le fond, qui revient par les 4 fils lisses, le fond répète
trois autres duites pour arriver à la trace du 7eme fil.
La main amène les 3 premiers fils croisures, on y lance
le fond, qui revient par 3 fils lisses, le fond répète
quatre duites pour arriver à la trace du 6ème fil.
La main amène les 2 premiers fils croisures, on y lance
le fond, qui revient par 3 fils lisses, le fond répète
six autres duites pour arriver à la trace du 5eme fil.
La main amène les 2 premiers fils croisures, on y lance
le fond, qui revient par 2 fils lisses, le fond répète
huit autres duites pour arriver à la trace du 4eme fil.
La main amène le 1er fil croisures, on y lance
le fond, qui revient par 2 fils lisses, le fond répète
onze autres duites pour arriver à la trace du 3eme fil.
La main amène le 1er fil croisure, on y lance le
fond, qui revient par le 1er fil lisse, le fond répète
seize autres duites pour arriver à la trace du 2eme et dernier. 
fil de relacement, qui prend le nom de
fil de bout gauche de la figure.
Le fond lance à la suite du relacement, une
vingtaine de duites sue le 1er fil lisse qui se trouve
en dehors du cercl, ces duites sont soutenues
par la liure.
Voici l'exposé succinct de la distribution des 
duites dans le relacement du 1er quart de cercle.
Fils                             Duites
sur les 20, 21, 22, et 23eme........1
18 et 19eme.........................1
16 et 17eme.........................1
15.................................1
14.................................1
13.................................1
12.................................1
11.................................2
10.................................2
9..................................2
8..................................3
7..................................4
6..................................5
5..................................7
4..................................9
3.................................12
Le... 2, et dernier fils du relacement,prend.17
le nom du fil de bout gauche de la
figure. 
Comme dans le 1er dessin, la première facette gauche
ayant été relacé il à fallu ensuite relacer celle de
droite avant de pouvoir commencer la figure carrée.
Il en est de même pour ce 2eme dessin, voici le  premier 
quart gauche du cercle relacé. Il faut également pour
pouvoir commencer la figure ronde, relacer aussi le 1er
quart droit.
Ainsi il faut avec le fond, répéter à droite ce
que l'on vient de faire à gauche, c'est-à-dire, lancer des
duites à mesure sur les fils qui se trouvent en dehors,
des traces.
Une seule suite couvre les traces de 4 fils d'abord,
parce que ces traces se trouvent alignée, pour ainsi dire,
horizontalement sur la chaîne, et que par conséquent elles
s'y trouvent egalement dans le sens de la duite.
Par la même raison, une autre duite couvre les
traces de deux autres fils.
Mais à mesure que les traces prennent une direction
autre que celle de la duite, celle ci ne peut les atteindre
qu'en se multipliant progressivement pour remplir l'espace
perpendiculaire qui se trouve d'une trace à l'autre,
espace, qui devient plus considérable à mesure qu'elles
s’échelonnent vers la ligne perpendiculaire qui est le
but où elles ne figurent plus.
Le fil de bout gauche, et le fil de bout droit de la
figure forment les limites de sa largeur, et l’entendue des  lignes perpendiculaires que couvre la surface de ses
contours extérieurs en dehors du relacement.
Le relacement du demi cercle étant terminé
on commence la figure, et ou la termine d'un seul jet.
Elle trouve son contour inférieur tout fait en appuyant
les duites de sa première moitié sur le relacement.
Elle termine sa seconde moitié en dessinant son
contour suppérieur elle même.
Ainsi la broche bleu lance une duite sur les 5
premiers fils que nous avons lâchés, que sont les 24, 25, 26,
27 et 28emes.
La seconde duite réunit à ceux-ci les 4 fils
lâchés à gauche, et sur les 4 fils lâchés à droite.
La troisieme duite s'étend en plus sur les 2 fils
lâchés à gauche, et sur les 2 fils lâchés à droite.
La quatrieme duite s'étant également au plus sur
les 2 autres fils lâchés à gauche, et sur les deux autres fils
lâchés à droite.
Les quatre duites suivantes prennent successivement
les 4 fils de gauche et les 4 fils de droite qui ont reçu,
pour le relacement chacun une duite.
Les six duites suivantes prennent successivement
trois fils de gauche et trois fils de droite, en se
distribuant par deux duites sur chacun d'eux. 
Les trois duites suivantes prennent un fil de gauche
et de droite.
Les quatre duites suivantes prennent aussi un fil de 
gauche et un fil de droite.
Les cinq duites suivantes prennent aussi un fil de 
gauche et un fil de droite.
Les sept duites suivantes prennent aussi un fil de 
gauche et un fil de droite.
Les neuf duites suivantes prennent aussi un fil de
gauche et un fil de droite.
Les douze duites suivantes prennent aussi un fil de
gauche et un fil de droite.
Et enfin les dix sept duites suivantes prennent le 
fil de bout gauche, et le fil de bout droit, sur lesquels
on lance des duites jusqu’à l'extrémité de leur trace.
Le premier demi cercle de la figure se trouve ainsi
remplie, et plus la moitié des fils de bouts faisant partie
du second.
En lâchant les quarante neuf fils dans les mêmes
proportions qu'on les a pris pour faire le premier demi
cercle on obtient le complément de la figure ronde.
Ainsi les duites étant arrivées à la trace de chaque
fil de bout, ces deux fils sont lâchés à droite et à gauche,
de même pour tous les autres fils successivement, ils
sont lâchés par un, par deux, par quatre, et enfin
par cinq. Les cinq derniers fils qu'on lâche à la fois
pour terminer la figure, sont les cinq premiers qu'on a pris 
Il faut avoir le soin de bien tasser les duites soit
quand on relace, pour s'assurer ci elles sont réèllement
arrivées à la trace du fil qu'on va lâcher, soit lorsqu'on
rempli le relaçage, afin de s'assurer si elles sont
bien de niveau avec le fil qu'on va prendre, ou soit
encore lorsqu'on dessine afin qu'elles ne fléchissent
pas quand on les recouvrira.
La figure ronde étant terminée, on recouvre son
deuxieme quart de cercle gauche, en s'assurant d'abord 
si les duites du 1er fil de fond qui est en dehors de la
figure, sont bien de niveau avec la derniere duite
du fils de bout-gauche. Ça étant fait, le fond prend
ce 1er fil lance des duites dessus pour arriver au
niveau de 2eme qu'il prend également puis le 3eme le 
4eme et ainsi de suite jusqu’à ce que sa duite
soit arrivée de niveau avec celle qui couvre les
cinq derniers fils de la figure.
Ainsi le fond en recouvrant la figure appuye
ses duites dessus, comme elle a appuyée les piennes[16]
sur le fond quand il l'a eu relacé, chaque fil
reçoit avant d'être repris par l'un, la même
quantité de duites qu'il avait reçu de l'autre avant
d'être lâché, les fils se prennent également par
2, par 4, &c...  comme ils ont été lâchés, ils se
reprennent.
Le fond étant arrivé de niveau avec la derniere
duite de la figure, reste là suspendue pour attendre sa 
réunion à la partie de fond qui va recouvrir le 2emequart de cercle droit.
Cette seconde partie de fond étant également arrivée
comme la première, de niveau avec la dernière duite de la 
figure, la surface horizontale de l'ouvrage ne
présente plus aucune cavité et de ce moment le fond
se lance dans toute sa largeur, c'est à dire 
sur les 51 fils dont elle se compose.
Le fond lance des duites comme nous venons de
le dire, jusqu’à ce qu'il rencontre les traces du 
contour inférieur d'une seconde figure, alors de là
il commence à la relacer comme il a relacé celui
de la premiere.
Nous allons expliquer maintenant comment
se forment les coutures et les recherches qu'on apperçoit
Dans la partie oblique des contours.
Les contours qui se trouvent placés horizontalement
sur la chaîne, n'ont ni coutures, ni rechutes,
mais du moment qu'ils y prennent de l'oblique
Et que pour les suivre, et atteindre leurs traces
il faut lancer sur chaque fil, trois duites six duites
douze duites, et plus .... alors dans ces passages
on a des coutures qui sont plus ou moins grandes
et des rechutes qui sont plus ou moins prononcées
selon la distance de gammes et de tons qui existe 
entre le tissu qui a relacé, et entre celui qui
s’appuye dessus.
On relace la partie horizontale des contours
avec l'épaisseur du tissu seulement.
Mais à mesure qu'ils se présentent obliquement
sur la chaîne , pour graduellement y chercher la
ligne perpendiculaire, le tissu s'y épaissit aussi
graduellement, en donnant à chaque fils, qu'il couvre
le nombre de duites nécessaire pour arriver à sa trace.
Ainsi dans un contour, le fil qui n'a reçu
qu'une duite est très coulant.
Celui qui en a reçu deux, l'est un peu moins.
Celui qui en a reçu trois ou quatre présente une
très petite couture, et une très légère rechute.
Ces quatre duites équivalent à la grosse d'un
fil de chaîne, alors le contour devient tout
naturellement moins coulant, car ici ce n'est plus
la rechute d'une duite sur une duite, mais bien
la rechute d'un fil de chaîne sur un autre fil
de chaîne, lesquels fils se trouvent encore grossis
chacun par le tissu qui l'enveloppe.
Nous allons expliquer comment on reprend les
coutures, et en suite comment on parvient à rendre
presqu'insensible le passage des rechutes.  Pour reprendre les coutures, en prenant toujours
pour exemple notre 2emedessin, on prend une soie
de la gamme intermédiaire entre le jaune et le bleu
dont la hauteur du ton répond presqu'à celle du bleu.
Cette observation sur le choix de la hauteur du ton[17]
pour les soies à coudre est applicable partout parce qu'elle
est même susceptible d'éclaircir en cousant.
On emploie pour coudre des aiguilles ordinaires
telles que celles dont on se sert pour faire des chemises
de toile.
En tapisserie on peut coudre les coutures en les
commençant du bas en haut, comme du haut en bas.
Si on commence par en bas, le lacs de chaque point
se fait en passant l'aiguillée par dessus l'aiguille, si on
commence par le haut l'aiguille passe par dessous.
On envoie l'aiguille par le fil qui tient la droite
de la couture. Voies[18] comment on appère[19]
On pique l'aiguille à l'envers de l'ouvrage, à la
droite du premier fil de la figure, qui à reçu quatre
duites, la main droite la reçoit à l’endroit et la
renvoie de l'endroit à l'envers, par la gauche du
premier fil de fond qui relacé les quatre duites
on fait un nœud au bout de l'aiguillée et on arrête
le premier point par un nœud coulant de manière à ce
qu'on puisse le serrer pour rapprocher les deux parties
et faire disparaître autant que possible, le brin de
soie dans le tissu.
On pique l'aiguille de mêle dans la droite du fil  au-dessus, en partageant le nombre de duite qui
le couvre, la main droite renvoie l'aiguille
de même, dans la gauche du fil parallèle, en observant
bien surtout, que les piqures voient également bien
parallèles.
La main gauche tient l'aiguillée et la passe par dessus
l'aiguille pendant que la main droite la retire.
Le point se trouve ainsi fait et se compose d'un
lacs à l'envers, c'est ce qui le soutient et ce qui
l’empêche de se détendre pendant qu'on en fait un autre. 
Les couleurs de 4,6,ou 8 duites reçoivent chacune
un point au milieu, ainsi c'est en général à la distance
de 8 ou 8 duites de l'un à l'autre qui se font les points.
Nous le répètons, plus les piqures sont paralèllement [sic]
faites, plus la soie a de facilité à cacher son point
entre les duites du tissu. 

Pour adoucir les rechutes des contours[modifier]

en prenant toujours pour exemple le 2eme dessin.[modifier]

Plus il y à de distance de tons et de gamme entre
celui qui a relacé ou dessiné, et celui qui vient
s'appuyer dessus ou le recevoir, plus la rechute
sensible.
Nous avons pour la rechute d'une bleu n°20
de sa gamme, sur un jaune n°4 de la sienne ?
En prenant la figure au point où commencent
les légères rechutes, sur le 1er fil de relacement qui à reçu
trois duites ? 
Avant d'appuyer la n° 20 sur le 1er fil de rechute
on y lance une duite du douzième ton de la gamme
intermédiaire entre le bleu et le jaune.
Cette duite n'y fait qu'un léger point d'harmonie
et se trouve liée. avec la duite bleu.
Sur les fils suivants, qui n'ont reçu que 6 ou 8
duites on y lance, également avant de les prendre
une seule duite du ton intermédiaire : sur ceux
qui en ont reçu 10 ou 12 on en lance deux ; et sur
les fils de bouts on en lance d'abord deux, puis le 
20eme ton vient s'appuyer dessus par une duite
seulement, le ton intermédiaire en lance une 3eme
par dessus, ce qui produit une petite hachure sur ce fil.
Il résulte du mélange du 12eme ton avec le 20eme
dans ce petit passage, l'effet d'un 16emeton
intercalé
Entre le 12emeet le 20eme faisant également leur
intermédiaire de gamme.
Par ce moyen la rechute du fil de bout n'est
pas plus sensible que les autres.
Pour recouvrir la figure le 12eme ton intermédiaire
Répète avec le 4eme ce qu'il vient de faire
avec le 20eme.
Ce que nous venons de dire pour adoucir les rechutes
par le moyen d'un seul ton intermédiaire ne suffirait
pas pour les faire disparaître dans un ouvrage précieux
dont le dessin serait sur et coulant de forme  Pour y arriver on double, et même on triple les
moyens.
Par exemple, nous aurions à rendre prèsqu'insensible
la rechute du noir sur le blanc, ce qui
donnerait à peu près trente tons de différence de
l'un à l'autre ? Et bien, quand le noir arriverait
au 1er fil de rechute ou intercalerait entre les deux
une duite du 15eme ton.
Quand il arriverait aux fils qui ont reçu 6 ou 8
duite, ou intercalerait entre les deux, d'abord une
duite du 10eme ton, puis par dessus une autre duite
du 20eme.
Ainsi à mesure que la rechute devient plus
considerable, on y interpose un plus grand nombre
de tons ;  et d'ailleurs, on les multiplie dans le
travail par leur mélange.
Le mélange de hachures sur un point très
minime, comme celui que présente la largeur d'un
seul fil peut se faire, sans paraître dus à l’œil
avec ses tons très éloignés les un des autres.
Celui du 10eme ton avec le 20eme 
apportant chacun
dans leur méla[n]ge une hachure d'une duite ferait
naître la valeur du 15emeterni qui pourrait se 
hausser
en faisant deux duites du 20eme ton contre une seul
duite du 10eme comme il pourrait se baisser en faisant
l'inverse 
On ferait également naître les valeurs de tons
intermédiaires entre le 1er et le 5emeen 
mélangeant.
leurs hachures ensemble, de même du 5eme au
10eme et ainsi de suite jusqu'au mélange du
25eme
avec le 30eme.
Par le mélange de hachures sur la rechute
on obtient également la variation des gammes
Comme on obtient, en même tems, celle des tons.
Nous passonsau 3eme dessin qui va nous
présenter des lignes irrégulières, et des interruptions
dans le relacement,[et] dans le dessin des contours. 

Troisième Dessin, Lignes irréguliers.[modifier]

Explication du 3eme et dernier dessin à teinte plate.
Ce dessin représente des branches d'ornemens bizards
teinte bleu,jetées sur un fond gris.
Il a pour but d'expliquer le motif des interruptions
du relacement ou du dessin. des contours selon la
marche qu'il faut suivre dans la fabrication.
Après avoir tracé le dessin sur la chaîne
on y lance le tissu de fond gris dans toute la
largeur qu'on  arrêté de lui donner, il monte
horizontalement sans interruption jusqu'aux traces
de la bande gauche.
Après s'être assurer [sic], par le tassement des
duites, qu'elles sont bien arrivées aux traces, on laisse
à droite les fils sont les traces sont atteintes, et toute
la grande partie de fond qui les suit.
On relace le contour gauche de la branche
jusqu'en haut de son fils de bout, là interruption.
On reprend la partie droite du fond, et on relace
les contour droit de la même branche jusqu'à ce que
l'on rencontre les traces du corps et celle de la branche
droite. alors on laisse encore la partie droite du fond  Pour continuer le relacement du contour droit de la
branche, jusqu'en haut de son fil de bout, et en même
tems on relace le commencement du contour inférieur
du corps qui lie les deux branches. Interruption.
On reprend le fond pour relacer la partie droite
du contour inférieur du corps et en même tems la
partie gauche du contour inférieur de la branche droite
ces deux contour se réunissent ensemble à la partie
supérieure de leur relacement.
On reprend la dernière partie droite du fond pour
relacer celle du contour inférieur de la bande droite
jusqu'en haut de son fil de bout. Interruption.
A partir du niveau de l'extrémité du fil de bout
droit de la bande gauche, le contour inférieur
du corps qui se lie avec celui de la branche droite
se trouvent entièrement relacés.
En suivant ces deux contours réunis, on voit que
le fond en les relaçant, n'a fait (dans la marche de
l'ouvrage)
que rétrograder sur lui même en lâchant ses fils 
à droite et à gauche pour terminer leur relacement
et leur jonction,
que dans sa dernière partie droite il a également
rétrogradé sur lui même en lâchant des fils à gauche
pour la continuation du contour inférieur de la branche
qu'arivé de niveau à l'extémité
de son fil de bout, le fond éprouve une interruption
parce qu'il faut pour reprendre des fils à gauche  En retournant sur lui même, que la branche ait
dessinée la suite de son contour, qu'autrement
il n'y trouverait aucun appui pour ses duites.
La partie non fabriquée de la branche qu'on
voit représentée sur la planche, a pour but
de laisser voir la marche de l'ouvrage par les
traces qui indiquent, sur la chaîne, le contour
supérieur qu'il faut que la branche dessine avant
que le fond puisse se continuer en s'appuyant
dessus.
Toutes ces différentes parties de contours
inférieurs étant ainsi relacées à l'extérieur, on
commence la branche gauche en lançant le tissu
bleu sur les premiers fils lâchés par le relacement.
L'explication du commencement de la figure ronde
du 2eme dessin est applicable à celui ci.
Quand les duites arrivent aux traces qui marquent
le contour intérieur, et déterminent en cet endroit,
l'épaisseur de la branche ; on laisse les fils dont
les traces sont couvertes, à droite, et on dessine
le contour intérieur de la partie gauche, jusqu'en
haut de son fil de bout. Interruption.
On dessine ensuite le contour de la partie droite
également jusqu'en haut de son fil de bout. Interruption.  On lance le fond sur ce contour, et on relace à droite
la pointe finale de la branche pointe qui ne retombé
sur le fond que d'un seul fil. Interruption.
On fait la pointe finale, on la recouvre en 
reprenant la petite partie de fond interrompu à la droite
de vos fil de bout droit, on la réunit à la partie
intérieure gauche qui vient d'être interrompue. Et on continue
à droite le relacement du contour inférieur du corps
et à gauche celui du contour intérieur de la branche.
Ces deux contours se réunissent à la fin de leur
relacement, et n'en forment plus qu'un.
On monte la branche gauche déjà interrompue jusqu'au
niveau de la dernière duite de son contour de relacement.
Interruption. en attendant sa réunion au corps.
On commence le corps qui lie les branches et la
feuille, en lançant la première duite sur les 
premier fils lachés par le contour de relacement.
Le corps s’élargir à mesure que ses duites reprennent
les fils à droite ou à gauche en s'appuyant sur son
contour.
Arrivé aux traces qui indiquent, à gauche, l'épaisseur
et le contour supérieur de la branche on la termine
en dessinant son contour, et en faisant sa réunion au
corps qui la lie.
On dessine ensuite la queue de la feuille jusqu'en
haut de son fil de bout droit. Interruption.
On dessine également jusqu'au niveau de la derniere
duite de son contour de relacement, le corps qui devient  La naissance de la branche droite. Interruption. En
attendant sa réunion à la branche.
On commence la branche droite en lançant la
première duite sur les premiers fils lâchés par son contour
de relacement.
Cette partie de la branche, s'élargit à mesure que
ses duites reprènnent les fils, à droite et à gauche, en
s'appuyant sur le contour.
Arrivé aux traces qui indiquent son épaisseur et
son contour supérieur interne, on laisse la partie
droite de la branche, et on continue à dessiner sa 
partie gauche en la réunissant à celle qui l'attache au
corps.
On reprend la partie droite que l'on dessine également
jusqu'en haut de son fil de bout gauche interruption en
attendant que le fond ait relacé le contour inférieur interne
du retour de la branche.
on rempli le fond en recouvrant le contour supérieur
interne de la branche jusqu'au niveau de la dernière
duite de ce contour. Interruption. en attendant sa réunion
à la partie gauche.
On remplit cette petite partie de fond qui recouvre
à droite, le reste du contour supérieur interne,
jusqu'au point de la réunion ; et qui couvre d'abord
et relace ensuite,à gauche, le contour droit de la feuille  cette petite partie de fond arrivée de niveau avec la
derniere duite du contour supérieur interne, de réunir
à la partie droite du fond qui a été précédemment 
interrompu.
De là le fond continue le relacement, à gauche,
du contour droit de la feuille, jusqu'à la hauteur de la
point finale de la branche en retour. Et à droite
la continuité du contour inférieur interne de cette
même branche.
Le relacement étant ainsi terminé, on reprend
la branche à droite, au point où elle a été interrompu.
On la monte en appuyant son retour par le fond et en la
dessinant à droite jusqu'en haut du premier fil
de son contour supérieur, on a lancé au dessus, deux
duites non tassées qui indiquent que la fabrication
est suspendue, mais que la branche pourrait se terminer
parce qu'elle n'a pour cela qu'a reprendre les fils de
son contour de relacement, en rétrogradant sur elle
même lâchant à mesure qu'elle arrive à leur trace,
les fils de droite, et les fils de gauche qui dessinent
son contour supérieur. 
Elle n'éprouverait d'interruption que lorsque sa partie
droite serait arrivé de niveau avec la derniere duite
de son contour de relacement, en attendant que la
partie finale gauche doit arrivée au même niveau
pour réunir ces deux parties en une seule. 
on reprend le fond pour couvrir la branche gauche
on le monte depuis le point de sa première interruption
jusqu'au niveau de la dernière duite du contour supérieur
à la branche. Là il attend pour se réunir à elle,
que la partie droite soit montée au même niveau. 
Cette partie couvre par sa gauche le reste du
contour, et par sa droite elle couvre d'abord et relace
ensuite, le contour gauche de la feuille ; la réunion
faite, le fond continue le relacement de la feuille jusqu'
en haut de son fil de bout gauche. Interruption. Jusqu'à
ce que la feuille soit terminée.
La feuille étant relacé à droite et à gauche 
jusqu'à la hauteur de ses fils de bouts peut se terminer
d'un seul jet parce qu'elle ne fait en se terminant
que rétrograder sur elle même.
à droite elle rétrograde d'un seul fil.
à gauche elle rétrograde de huit.
La derniere partie de fond interrompue est reprise
et recouvre le contour supérieur gauche de la feuille
jusqu'à sa pointe finale ! là se termine la
fabrication de ce 3eme dessin à teinte plate.
Pour que la fond finisse sans divisions comme
il a commencé, il faudrait d'abord terminer la
branche en retour comme nous l'avons dit, qu'ensuite
la petite partie de fond, entre la pointe finale de la 
branche et la droite de la feuille, soit montée
au niveau de la grande partie gauche, qu'ensuite
ces deux parties réunies soient montées au niveau 
de la derniere duite du contour supérieur
de la branche.
Et qu'enfin la partie droite du fond soit
egalement arrivée au même niveau. Pour se
réunir aux deux autres parties afin qu'elles n'en
fassent plus qu'une seule dont le tissage se ferait
par la même duite.
En tapisserie, on ne peut commencer un objet
quelconque sans en avoir préalablement relacé les premiers
contours inférieurs qui se présentent d'abord sur la
chaîne.
Autrement les duites ne trouveraient pas d'appui
pour s'asseoir sur ses traces.
D'un autre côté, la partie de chaîne non tissée
que l'objet laisserait sous lui ne pourrait plus l'être
parce qu'elle ne serait plus soumise aux croisures
ni aux lisser, et que par conséquent, il serait
impossible de la faire croiser, et d'y lancer la branche.
Pour simplifier la marche de l'ouvrage, en dire
encore un mot ; nous allons en prendre un dernier
exemple sur la figure la plus simple possible.
Nous prenons donc une figure qui étant appliquée 
sur la chaîne n'y présenterait que des lignes horizontales
et des lignes perpendiculaires, telle qu'une bordure unie.
Par exemple, ayant pour sujet d'intérieur un fond
également uni.
Nous allons en suivre la marche dans sa fabrication
En nomment {sic] en même tems, par les termes techniques, 
les quatre différentes parties la bordure.
On la trace d'abord sur la chaîne de la manière
qui suit.
Lignes extérieures et lignes intérieures horizontales
tracées fil a fil.
Lignes idem...............idem... perpendiculaires
tracées à leurs extrémités seulement par un point.
On lance sur la hauteur de la bordure, des duites
perdues, en terme technique, on fait une fausse bande
pour servir de point d'appui aux duites de la première
partie de la bordure, partie que l'on nomme bordure
plate d'en bas.
Cette premiere partie de lisse par sa hauteur
ses duites se ferment à ses deux extrémités par leur
retour, en enveloppant le fil de droite et le fil de gauche
extérieurs.
Arrivée aux traces de sa ligne intérieure, sa
largeur se termine par la derniere duite à plat.
On monte ensuite sans interruption, la partie 
perpendiculaire droite à partir de l’encoignure d'intérieur
d'en bas jusqu'à celle d'en haut.
Cette partie de tisse par sa largeur, les duites
s'y ferment aux deux extrémités, également par leur
retour, en enveloppant le fil droit extérieur et le
fil gauche d'intérieure.
Arrivée à son encoignure intérieure d'en haut, sa hauteur
se termine également par la dernière duite à plat, 
mais cette dernière duite ne se trouve à plat que sur
la largeur de cette partie de bordure.
On nomme cette partie, bordure montante de droite
on monte également la partie gauche jusqu'à
la hauteur de son encognure [sic] intérieure d'en haut
on la nomme bordure montante de gauche.
Ces deux parties montantes se trouvent interrompues
au niveau des encognures [sic] intérieures d'en haut, afin
de réunir leur largeur avec la hauteur de la
bordure plate d'en haut. Et afin aussi que ces trois
parties se tissant ensemble par les mêmes duites à plat,
telles qu'elles ont été faites en bas.
Ainsi pour terminer la bordure sans qu'elle
éprouve d'interruption on serait obligé de lancer
la première duite de la bordure plate d'en haut,
sur les traces de sa ligne intérieure, et de le
continuer ainsi jusqu'à ce qu'elle ait atteinte celle 
du dessus où elle se termine à plat comme
celle d'en bas a commencée [sic].
Il en résulterait alors les inconvénients que nous
venons de citer plus haut.
1° que les premières duites de cette dernière partie de 
bordure ne trouveraient pas d’appui pour résister au 
tassement qu'exige la fabrication, qu'elles ne
pourraient pas se maintenir sur les traces puisqu'elles
se trouveraient lancées, et suspendues à plat, sur la
partie de chaîne apportant au fond uni non fabriqué
dont elle devrait complèter l'encadrement.
2° qu'il deviendrait impossible alors de fabriquer
le fond uni, parce que les fils de chaîne lui appoartenant
ne seraient plus soumis aux croisures ni aux lisse, et
que par conséquent la broche ne pourrait y être lancée.
Dès que l'élève sait bien relacer et dessiner
des contours variés tels que ceux que nous venons
d'expliquer dans ce 3emedessin, on le fait
passer
à l'initiation d'ornements et de fleurs peints
d'après le système du clair obscure en lui donnant
le plus petit nombre de tons possible pour passer
du clair à l'ombre, afin qu'il puisse saisir la
marche des hachures, par rapport à la forme, et au
mouvement de chacune de ses parties.
On lui indique, autant que possible par les traces 

la place et le mouvement que la hachure de chaque
ton doit occuper et suivre.

Le mouvement des hachures fait une espèce de
relacement intérieur, que l’élève comprend d’abord
difficilement, parce qu’elles marchent toujours
horizontalement pour représentent le mouvement et la
forme de teintes qui, souvent se présentent en
sens inverse.

Quand la mouvement et la forme des teintes se
présentent dans le sens des hachures(horizontalement),
les hachures sont larges et se succèdent rapidement.

Plus le mouvement et la forme d’en écartent, plus
les hachures se rétrécissent et se multiplient.

Ainsi par exemple, une teinte portant partout une
largeur réguliere, mais dont le mouvement et la forme
se décriraient d’abord horizontalement sur la chaîne, puis
graduellement s’y présenteraient perpendiculairement ;
pourrait s’y trouver couverte dans sa partie horizontale
par trois ou quatre hachures lancées successivement les
unes
sur les autres dans toute la largeur de chaîne qui la
couvrirait.

Tandis qu’à mesure qu’elle y gagnerait de l’oblique
la largeur de chaîne qui la couvrirait, diminuant les
hachures s’y rétrécisseraient [‘sic’] et s’y multipliraient de
plus en plus. De sorte que l’échelonnage de trois ou quatre
longues hachures aura suffit [‘sic’] pour la couvrir, tandis que
sur sa partie oblique il en aura fallu huit mais moitié

moins longues, et que sur sa partie perpendiculaire il en
aura fallu seize, échelonnées également les une sur les autres
mais se renfermant aussi dans le petit nombre de fils de chaîne
couvrant cette derniere partie.
Autre exemple, une teinte qui aurait la forme d'une
équerre présentant une de ses branches à plat sur la chaîne
et l'autre en montant que chacune de ces branches ait
5 centtre de long sur 1 de large ! La branche à plat
se trouverait faite par six ou douze hachures lancées
les unes sur les autres dans l'espace de sa longueur(5centtre).
Tandis que l'autre ne serait faite que par cinquante
ou soixante hachures lancées également les uns sur les autres
mais dans l'espace de sa largeur qui est d'un centimètre
seulement.
C'est encore une étude toute particulière
que celle de commencer et de finir les tons, tout en
conservant l'ordre et le niveau des hachures.
Ainsi un ton ayant une hachure de deux duites
reçoit un autre ton qui commence d'abord par une
hachure d'une duite, et qui plus tard la fait de
deux, sans que cela doive rien changer à
l'ordre et au niveau du corps de hachures en général.
Le ton introduit doit finir comme il a commencé.
L'élève comprenant tous ces détails, peut passer 
à mesure à l'exécution d'objets d'un modelé plus
doux par l'accroissement de tons, et par leur
rapprochement.
Nous donnons à mesure que la méthode des
hachures franches se complique, des explications
plus positives, tant sur leur marche dans la fabrication
que sur leurs différentes figures. 

7ème chapitre. De l’imitation en[modifier]

tapisserie d’ornemens et[modifier]

fleurs peints d’après le[modifier]

système du clair obscure[modifier]

mais en ne faisant usage[modifier]

que de hachures franches.[modifier]

n°9 IV partie. 7eme chapitre.
Illustration 8 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Un culot en or surmonté de deux branches
vertes et cramoisis, et d'une perle bleu portant 
sur un fond gris uni.
En considérant ces ornemens vus dans leurs véritable
sens, c'est-à-dire dans le sens inverse de la chaîne,
la moitié droite du culot, la branche droite et les
trois quarts de la perle, ainsi que le fond qui les
relace et les recouvre sont représentés comme
étant fabriqués en tapisserie par le système de
hachures franches de deux duites. 
Et l'ensemble de la partie gauche comme
étant seulement tracée sur la chaîne.
Leur exécution se fait de préférence à plat telle
que la planche les représente, parce qu'à plat,
l'exécution en est beaucoup plus prompte qu'en montant
Et qu'elle y présente moins de coutures et moins de
rechutes dans le dessin.
Le culot se compose de quatre tons de la 
lumiere à l'ombre, pris dans la gamme beau doré
gaudé, et d'un seul ton sous reflet pris dans la
gamme orangé doré.
La partie inférieure des branches se compose 
de trois tons, de la lumière à l'ombre, pris dans
la gamme beau cramoisi, et d'un seul ton 
pour reflet, pris dans la gamme violet bleu.
Les parties supérieures, faisant renversement un
retour sur le fond, se composent de cinq tons
de la lumière à l'ombre, pris dans la gamme
vert gris grisâtre ; et d'un seul ton pour reflet
pris dans la gamme doré soit faible.
La perle se compose également de cinq tons
de la lumière à l'ombre pris dans la gamme
bleu indigo, et d'un seul ton pour reflet
pris dans la gamme beau violet.
L'ensemble de ces ornemens porte sur un fond
uni, et y projete ses ombres.
Le ton du fond est pris dans la gamme gris
bleuâtre.
Les ombres se composent de deux tons pris dans
la gamme gris ord[inai]re.
Dans cette planche comme dans celle des bandes hachées[20]
les gammes, les tons, les hachures, et les fils s'y
trouvent représentés dans des distances et des grosseurs
démesurées ; c'est afin de les rendre plus lisibles
chaque hachure fait à peu près trois fois la 
Grosseur d'une hachure ordinaire.
Chaque fil occupe la place de deux fils et demi
De sorte qu'on voit facilement la marche du
dessin par l'effet de la rechute de chacun d'eux.
Malgré la grosseur des fils on voit que les parties
horizontales du dessin y sont coulantes et que c'est
seule, l'épaisseur de tissu qui les relace ou les
dessine, tandis que dans ses parties obliques, l'épaisseur
des fils vient progressivement s'y mêler, en se prononçant
de plus en plus à mesure qu'elles gagnent la ligne
perpendiculaire.
Ainsi la rechute des fils, est dans cette dernière
partie deux fois et demi plus grosse, qu'elle n'est
réellement en tapisserie.
Explication des différentes figures et des mouvemens
de hachures par rapport à la forme et au mouvemens
des teintes qu'elles ont à représenter dans le modelé
Des ornemens et fleurs. 
Nous lançons quelques duites de fond pour arriver aux
traces de l'ombre qu'il reçoit de la partie supérieure
de la branche, y étant arrivé nous laissons à gauche 
la grande partie de fond et l'épaisseur de l'ombre
pour en relacer le contour droit jusqu'à la hauteur de 
son avant dernier fil.
Là nous suspendons cette partie de fond pour reprendre
l'autre, et pour relacer, sur trois fils, le contour gauche.
Nous commençons cette premiere ombre avec le 1er ton
qui fait une hachure sans pointes, de deux duites sur les deux premiers
fils creux du contour de relacement.
Ensuite le 2eme ton fait une hachure d'une duite  
par 
dessus en prenant de plus, un fil à droite et un fil à
gauche.
Le 1er ton fait la troisième hachure également 
sans
pointes, et toujours de deux duites en gagnant un fil sur la
droite.
Le 2eme ton fait la quatrième hachure se 
composant de deux duites ayant son redoublement sur le 
milieu à un ou deux fils pris de ses deux extrémités, de
sorte que la figure de cette hachure présente à droite et
à gauche
une pointe, en gagnant de chaque côté un fil de 
plus.
Le 1er ton fait la cinquième hachure en se
redoublant à droite et à gauche sur un ou deux fils, et
en gagnant un fils sur le contour à droite.
La figure de cette hachure est mince au milieu
et épaisse aux deux extrémités.
Le 2eme ton fait la sixième hachure en gagnant
un
fils sur la droite, faisant son redoublement de maniere
à avancer à droite et à reculer à gauche.
La figure de cette hachure est toujours la même, elle
n'a fait qu'un mouvement d'inclinaison sur la droite. 
Le 1er ton fait la septième hachure en se 
redoublant
Toujours sur les deux extimités de l'autre, elle gagne 
un fil à droite et en lâche un pour commencer à dessiner
le contour gauche de l'ombre qui vient en retour sur 
elle même.
La figure de cette hachure n'a rien de changée.
le 2eme ton fait la huitième hachure en avançant
son redoublement à droite et en le reculant à gauche.
Elle lâche aussi un fil sur le contour gauche, et en gagne
un sur le contour droit.
Sa[21] figure n'a rien de changée, elle ne fait que s'incliner
à droite.
Le 1er ton fait la neuvième hachure qui se
redouble à droite en y gagnant un fil, et à gauche sur
un seul fil. Là elle commence le relacement du contour
droit de la branche.
Les 10 autres hachures se continues [sic] en s'appuyant
sur leurs contour de relacement, et en relaçant celui
de la branche.
Le 2emeton se redouble à gauche, et n'apporte
que la pointe de sa hachure sur le fond.
Le 1er ton fait l'inverse il se redouble très court
à droite sur le fond, et n'apporte que la pointe de sa
hachure dans le relacement du contour de la branche,
la figure de sa hachure présente une pointe très longue
En comparaison de son corps (son redoublement) qui est très
court.
Celle de la hachure du 2eme ton présente au  contraire 
Un corps très long en comparaison de sa pointe qui
est très courte.
Ces hachures, diminues de largeur à mesure qu'elles 
relaçent [sic] le contour de la branche.
Arrivé à la hauteur où nous avons laissé la première
partie de fond, nous la reprenons pour lié les derniers
fils de l'ombre, et pour continuer à sa suite, le
relacement 
du contour jusqu'à la hauteur de son fil de bout.
Arrivée là cette partie de fond reste encore suspendue.
Nous reprenons la grande partie du fond pour recouvrir
le contour gauche de l'ombre que nous venons de terminer, et
pour continuer le contour de relacement de la branche
jusqu'à sa pointe finale.
Le renversement de la branche commence sur
l'ombre gris, et relace le revers de sa pointe finale
sur lequel la lumière vient s'accrocher.
Ainsi cette partie commence par le reflet qui combine
ses hachures avec celles du ton n°4 de notre petite
gamme verte.
La premiere hachure du reflet n'a qu'une duite
celle n° 4 en a deux, et fait son redoublement
sur le contour de relacement du revers.
Ces deux tons élargissent leurs hachures en prenant
les fils à droite, à mesure qu'ils se présentent de niveau
avec leurs duites, celles du ton de reflet suivent 
Le mouvement du contour extérieur sur lequel elles
s'appuyent en s'y redoublant ; elles lachent à gauche
à peu près autant de fils qu'elles en prennent à droite.
Du moment qu'en se retirant à droite, la hachure du
reflet laisse à sa pointe un vide sur la hachure n° 4
on comble ce vide par une duite faisant la premiere
hachure du ton n° 5.
Du moment aussi qu'en suivant le mouvement à droite
la hachure n° 5 laisse  un vide sur celle n° 4 on comble

se [sic] vide par une duite faisant la premiere hachure

du ton n° 3 qui rappèle la lumière sur cette partie
Nous suspendons ce commencement de branche pour
faire son revers, et pour relacer ensuite avec l'ombre gris
la suite de son contour gauche qui retombe d'un fil
sue elle.
Le revers se fait avec le ton n° 2 et le ton n° 3.
Les hachures n° 2 se redoublent à droite sur le contour
de relacement :  celles n° 3 se redoublent à gauche
sur le bord du contour.
Ce revers terminé, nous reprenons le fond.
Il couvre d'abord le fil qui fait la pointe du revers,
l'ombre grise on couvre les quatre autres fils.
Le fond et l'ombre se tient ensemble pour éviter la
couture.
Le fond relace le contour droit de la petite ombre
portée par le revers reflèté de la deuxieme partie de la 
il se termine sur un fil à la jonction des deux ombres
celle qu'il lui retombe d'un fil sur lui, et relace le
contour gauche de la premiere partie de branche en
lâchant un fil, et en montant ensuite jusqu'en haut
de son fil de bout. Interruption.
Nous reprenons la premiere partie de la branche.
Les hachures n° 4 avancent toujours sur celles du reflet,
leurs redoublemens suivent le mouvement gagnent des fils
sur la droite, et en perdent à mesure sur la gauche.
Les hachures n°5 suivent le même mouvement en
se rétrécissant pour se perdre en pointe dans les
redoublements des hachures n° 4.
Les hachures de ton de reflet se perdent egalement
en pointe, un peu au dessus de l'ombre grise, en cessant
de se redoubler sur le bord du contour.
Les hachures n° 3 s'élargissent à mesure que celles
du n° 5 se rétrécissent et se retirent à droite, leurs
redoublemens s’élargissent également à mesure que ceux
des hachures n° 4 avancent vers la droite.
Dans leurs marches les hachures n° 3 et n° 4 dessinent
le contour gauche, en prenant d'abord le fil qui retombe
sur l'ombre, puis en lâchant ensuite les fils à mesure
qu'elles atteignent leurs traces, et n’éprouvent
d'interruption
que lors qu'elles arrivent au fil de bout de l’œil qui 
marque 
la séparation des deux parties de la branche.
Nous montons la petite ombre grise portée par le
revers reflet. Pour éviter autant que possible, les 
nous ferons remarquer une fois pour toutes, que le 1er ton 
se redouble partout sur le fond, et que le 2eme se
redouble toujours dans l’intérieur soit en relaçant ou
en couvrant les objets qui motivent l'ombre.
Nous montons disons nous la petite ombre grise !
Elle se réunit à celle que nous avons précédemment 
interrompue. Elle relace le contour du revers refleté
couvre le contour de la premiere partie de branche et 
fait l’œil où commence la séparation entre cette premiere
partie et la deuxième.
Nous la recouvrons ensuite avec le fond pour obtenir
le relacement de la pointe du revers refleté. 
Ce revers reflèté se fait avec le ton de reflet, et
le ton n° 4.
Les hachures du reflet se redoublent à droite sur
l'ombre grise, et celles n° 4 se redoublent à gauche
sur le fond. Elles se projettent de maniere à dessiner
seules le contour supérieur.
Le dessus de cette seconde partie de la branche
commence par la partie creuse du contour supérieur de
son revers, par les tons nos 2 et 3.
Les deux premieres hachures n° 2 se redoublent à
gauche, et la première n°3 se redouble à droite.
Cette deuxième partie de branche se trouvant divisée
en deux, par une petite nervure, nous en faisons d'abord la
partie droite, celle qui reçoit la lumière et qui va se réunir 
à la premiere partie que nous avons suspendue.
Nous reprenons cette premiere partie suspendue pour la
monter, par un rang de hachures, au niveau de la derniere
duite de l’œil de séparation, et de la partie gauche qui va se
réunir à elle.
La hachure n° 4 suit toujours le mouvement en se
retirant. Et en se redoublant à droite, elle laisse un
vide à sa pointe, dont un fil sur la hachure n° 3 et le fil
suivant qui à été lâché par l’œil de séparation. 
Ce vide se comble par une hachure d'une duite n° 2.
La hachure n° 3 fait la réunion des deux parties en
les traversant et en faisant son redoublement ordinaire à
droite puis un second à gauche sur le contour de la
nervure.
La figure de cette hachure présente deux corps et
deux pointes à la fois, dont un corps de profil sur le
contour de la nervure, et l'autre de face faisant la demi
-teinte, une pointe sur la lumiere, et une autre pointe
sur le brun. Ce sont proprement dit, deux hachures n° 3
liées ensemble par la pointe.
A chaque rang de hachures, celle n° 4 se rétrécit 
en suivant toujours le mouvement du contour droit.
Ses deux avant-dernieres hachures n'ont plus que deux fils
dont un fil pour leur pointe et l'autre pour leur  redoublement.
et ses deux dernieres n'ont plus chacune qu'un seul fil, et
qu'une seule duite, enfin les hachures n° 4 se terminent
en pointe sur le bord du contour.
La hachure n° 2 suit également le mouvement vers la 
à mesure que celle n° 4 lui cède du terrain.
Son redoublement se fait dans son centre puis successive
ment il se fait tout à fait à gauche, sur le contour de la
mesure.
La hachure n° 3 ne fait plus que son redoublement
ordinaire en l'avançant vers la droite à mesure que celui
de la hachure n° 4 recule.
Le contour droit se dessine en lâchant les fils à 
mesure que les duites atteignent leur trace.
Arrivé à deux rangs de hachures près de l'extrémité
du fil de bout gauche. le ton n° 3 se retend en
faisant une petite hachure d'une duite sur les deux 
premiers
fils de gauche, et en reculant sa hachure ordinaire sur
la droite. Le vide que laissent ces deux hachures entr'
elles, se comble par le ton n° 1 qui y fait sa premiere
hachure d'une duite.
Sur l'autre rang qui fait le niveau et l'extrémité 
du fil de bout gauche. la hachure n° 1 est également
d'une duite, mais elle s'appuie tout à fait à gauche,
sur le contour. Elle indique déjà le mouvement à gauche
que la branche va faire. Là nous suspendons cette
partie. Elle ne pourra se terminer que lorsque le
culot en or sera presque fini et que le montant
cramoisi sera fait.
Nous reprenons la moitié de la seconde partie
de branche, dont nous venons de relacer la nervure. 
Cette moitié se fait avec les tons nos 2, 3, et 4.
Les hachures n° 2 se redoublement à gauche en
dessinant le contour conjointement avec la pointe des
hachures n° 3.
Les hachures nos 3 se redoublent à droite sur la
partie claire a relacée la nervure.
Les hachures n°4 ne se comportent chacune que d'une 
duite, et s'appuyent également sur la partie claire de
la nervure.
Cette petite moitié se termine par le ton n° 3 sur
un seul fil.
Ensuite nous montons le fond et l'ombre grise qui
relacent le contour droit de la branche supérieure
du culot.
Nous montons egalement la partie gauche de fond
pour recouvrir la petite ombre que nous venons de monter
pour relacer à droite et à gauche, la grande ombre portée
par le corps du culot, et pour relacer la pointe finale
du revers de sa branche supérieure.
Ensuite nous montons et terminons la grande
ombre que la derniere partie gauche du fond vient 
se relacer, cette ombre relace une grande partie
du contour inférieur du culot en nous donnant
son fil de bout.
Nous commençons le culot, en l'attaquant sur le 
revers de sa branche supérieure.
Ce revers se fait avec le ton de reflet et les
tons nos 3 et 4. De notre petite gamme beau doré gaudé
Les hachures du reflet se redoublement à droite sur
l'ombre grise.
Le ton n° 4 ne fait que trois hachures composée
chacune d'une seule duite. Elles marchent à la gauche
de celles du reflet, en dessinant  conjointement avec
les redoublemens des hachures n°2,le contour gauche
à mesure que ces hachures montent dans la ligne
perpendiculaire des contours qui font leurs limites,
Elles se rétrécissent, de sorte que la derniere
hachure n° 4 se fait sur le fil qui précède le fil
de bout gauche, et qu'il ne reste plus que deux fils
pour les hachures du reflet et pour celles n° 3.
Arrivé là au commencement des deux fils de bouts,
nous suspendons le revers afin de lui lier ses deux fils avec
la partie sur laquelle il viendra s'appuyer et se terminer.
Nous reprenons le petit percé de fond que nous avons
suspendu entre la pointe finale du revers, et le bout de
la grande ombre, ce petit percé les recouvre tous deux
et relace à gauche le reste du contour inférieur du culot,
et à droite, l'ombre grise portée par la branche supérieure
Nous attaquons le corps du culot par la feuille qui  part de sa base.
Cette feuille se fait avec le ton de reflet, et les
tons nos 3 et 4. Son revers ou épaisseur, qui fait un
rappel de lumière, se fait avec les tons nos 1 et 2
Le ton de reflet fait une hachure d'une duite
sur la partie creuse du contour de relacement, s’étendant 
a droite jusqu’à la fin de l'ombre grise.
à sa suite le ton n°4 fait aussi une hachure
d'une duite qui porte sur le fond et commence à relacer
le revers clair.
Le ton n° 3 fait également sa première hachure
d'une duite, en avançant sur le contour à gauche.
Le ton de reflet fait une seconde hachure d'une duite 
En avançant aussi sur le contour à gauche et en reculant
son extrémité droite.
En suivant le mouvement des hachures du reflet
celles du ton n° 4 s'élargissEnt et se redoublement à
droite.
Le ton n°3 fait sa seconde hachure en avançant
toujours sur le contour à gauche, en faisant un redoublement
sur son milieu, de manière à laisser sur sa pointe gauche
en place pour que la hachure du reflet si redouble.
La troisième hachure du reflet avance encore sa
premiere duite sur le contour à gauche, sa seconde duite
se retire à droite en relaçant le contour gauche de la
feuille. 
Les hachures nos 3 et 4. finissent le relacement du
revers clair.
Le ton n° 2 fait une hachure par dessus la partie gauche
du contour en passant sur la hachure n° 3 et sur
une partie de celle n° 4. De maniere que le revers étant
fait avec le ton franc n°1. Il puisse se fondre en se 
finissant dans le ton n°2.
Nous faisons ensuite l'ombre grise sous la branche
supérieure du culot, elle couvre à droite une partie de
son revers, et la relacer entierement, en recouvrant en 
même tems, à gauche, le bout du revers clair que
nous venons de terminer.
Nous attaquons la base du culot en lançant
sur le contour de la feuille jusqu'à la naissance de 
son revers, quelques duites du ton n°4.
Nous relaçons le reflet du corps en enlevant la
partie gauche sur laquelle il s'appuie.
Cette petite partie se fait avec les tons n°2, 3 et4.
Dans son commencement les hachures sont très étroites.
celles n° 2 n'ont d'abord qu'une duite.
celles n° 4 en ont deux, mais elles sont hachures sans
pointes.
Celles n°3 se redoublent sur les deux premieres 
hachures n°2. et font passer leur pointe sur celles n°4.
Enfin du moment que la place s'élargit en prenant
les fils à gauche, la hachure n° 2 s'y redouble. 
La fabrication de cette partie s'arrête au niveau
du fil de bout de la base du culot. Les traces
indiquent le trajet que suiveraient [sic] les hachures des
tons n°2 et 4. si on la continuait.
Nous prenons le corps du culot par le reflet que
nous venons de relacer.
Le ton de reflet fait une hachure dont le redoublement
est à gauche sur son contour de relacement.
Cette hachure fait le niveau avec la sommité du 
contour supérieur de la feuille.
A la droite de ce même contour nous faisons une
autre hachure, également avec le ton de reflet, qui porte
son redoublement à gauche, sur le revers clair de la
feuille, et sa pointe à droite, sur l'ombre grise de
la branche supérieur.
La derniere duite de cette hachure se trouve
également de niveau avec le reflet que nous venons
de commencer à gauche, avec la sommité du contour
supérieur de la feuille, et avec la derniere
duite qui fait la sommité de l'ombre grise sur laquelle
elle s'appuie. là suspension de ces différentes parties.
A droite, nous montons l'extrémité de la branche
supérieure, pour mettre cette nouvelle partie de niveau
avec celles que nous venons de suspendre, et pour
réunir la branche au corps en menant le tout ensemble.
Cette partie faisant l'extrémité de la branche se commence 
avec les tons n° 2 et 3. Le ton n° 2 se redouble à droite
et le ton n° 3 à gauche.
Ensuite le ton de reflet vient prendre place par une
hachure d'une duite, au bout et à la gauche de la hachure
n°2 !... Un peu au dessus il se redouble sur le contour
de relacement.
Le ton n° 3 se redouble moitié sur le reflet, et
moitié sur le ton n° 2. Il cesse d'appuyer la pointe de ses
hachures sur le contour du revers. Ce petit intervalle
qu'il y laisse se remplit par une hachure d'une duite du
ton n° 1. Nous montons aussi en même tems, par le moyen
de la liure, le revers que nous avons suspendu lorsqu'il
s'est trouvé n'avoir plus que deux fils. 
Le ton de reflet appuye à mesure des hachures à gauche
en suivant le mouvement du contour de relacement.
Les tons n° 2 et 3 suivent le même mouvement en
avançant leurs pointes et leurs redoublemens à mesure que
ceux du reflet reculent.
Le ton n° 1 suit également le même mouvement, et
se redouble à droite.
Enfin cette partie de la branche supérieure etant
montée au niveau de celles que nous venons de suspendre
nous en faisons la jonction.
Dans la surface que présente la réunion de
ces différentes parties, le ton n° 3 fait une hachure
qui porte trois redoublemens, distribués sur trois points
différrents. 
Cette hachure  part de l’extrême gauche du reflet
jusqu'à la droite aboutissant à la pointe de la hachure n° 1.
Elle fait son premier redoublement à droite, il suit le
mouvement de ceux qui ont fait précédemment en montant
l'extrémité de la branche supérieure.
Elle fait son second à la gauche du contour de
relacement de cette même branche.
Ces deux premiers redoublemens placés, l'un à la droite
et l'autre à la gauche du contour de relacement, indiquent
la ligne courbe que doit suivre la teinte produite par eux
sur cette partie.
Enfin elle fait son troisième redoublement à gauche
sur la première hachure du reflet.
C'est sur le milieu de ce troisième redoublement,
que se commence le ton n°4 par une hachure d'une duite
dont la gauche aboutit à la hachure de reflet et la droite
à la hachure n° 2.
Le ton n° 2 fait une hachure qui part de la droite
de la hachure n°4 jusqu'au milieu du second redoublement
de la hachure n° 3. Son redoublement se fait entre le
second et le troisième de cette derniere.
La derniere hachure du reflet sur l'ombre gris de
la branche supérieure, part de la pointe droite de la derniere
hachure n° 2. jusqu'à la pointe gauche de la
hachure n° 2. jusqu'à la pointe gauche de la hachure
n° 2(bis) faisant partie de la branche supérieure.
Son redoublement se fait sur l'ombre grise, entre le
second et le premier de la hachure n°2. 
La hachure n° 2. (bis) fait son redoublement entre
le premier redoublement de la hachure n° 3 et celui de la 
hachure n° 1.
Le reflet de la base, en s'appuyant sur son contour de
relacement s'y resserre à mesure qu'il monte, et finit par
n'avoir plus qu'une duite sur un seul fil.
Le ton n° 4 le suit et l'enveloppe en faisant sa
jonction avec la partie qui a relacée.
Le ton n° 2. suit aussi le même mouvement, mais
toujours en s'élargissant à droite et à gauche.
Le ton n° 3. se refend, se divise en deux hachures,
dont l'une conserve sa partie gauche à la base, portant sur
le reflet, sur le ton n° 4, et sur le n° 2. et dont l'autre
se fait à droite en terminant la ligne courbe de sa teinte
dans la branche supérieure.
L'intervalle que laisse le ton n° 3, en se divisant,
se trouve rempli  par une hachure d'une duite tu ton n°1.
Le ton n°2; fait à son tour une hachure qui porte
trois redoublemens, et qui présente absolument la même
figure que celle de l'avant la derniere hachure n°3. Cette
derniere
rappelait l'ombre par ses redoublemens, comme celle n° 2.
rappèle la lumière par les siens.
Cette hachure s’étend depuis la droite de la hachure
n° 4. Jusqu'au bord du contour de la branche.
Le ton n°3 se retire à gauche. L'échelonage de
ses hachures et de leurs redoublement, forme des teintes
qui se dessinent dans le sens du culot. 
Le ton n° 1 s'élargit en avançant à gauche à mesure
que le n° 3 s'y retire. Il s'étale tout à fait à droite
du moment que le ton n° 3 n'y existe plus, et n'est
interrompu, de ce côté que par l’œil de séparation de la 
branche et de la feuille du milieu. Et relace cet œil de
séparation conjointement avec le ton n° 2. en se redoublant
sur les contours. 
Ces deux tons terminent en même tems la branche
supérieure en relaçant la fin du contour de son revers.
Nous reprenons ensuite ce revers que nous avons dû
cesser de lier du moment que le courbe de son contour est
devenu coulant, nous substituons au reflet le ton
n° 2, de manière qu'il vient mourir en pointe sur la
derniere duite qui fait la sommité du contour qui
l'a relacé.
Nous suspendons le culot à l’extrémité du petit file de
bout de l’œil de séparation, et là nous le considérons
comme terminé puisque selon la branche, la fabrication
ne présente plus que le dessin du contour supérieure de
cette premiere moitié du culot, le bout de la feuille qui
retombe à droite sur la branche cramoisi et les duites
d'ombre grise qui les recouvre :
Nous reprenons la petite partie de fond qui se trouve
entre le fil de bout droit de la branche supérieure du 
culot
Et l'ombre grise portée par le montant cramoisi.
Nous montons pour d'abord, cette petite partie de fond,
elle 
relace l'ombre grise et vient se termine en pointe en
finissant la ligne courbe du relacement.
Ensuite nous montons l'ombre grise ! Elle relace le
contour intérieur du montant cramoisi, et se 
termine egalement en pointe en finissant la ligne courbe
du relacement.
Le montant cramoisi s’exécute d'un seul jeu.
Il commence sur la derniere partie verte fabriquée, par les
tons
nos 2 et 3. de notre petite gamme cramoisi.
Le ton n° 2 ne fait qu'une duite pour commencer, ensuite
il se redouble à gauche sur l'ombre grise, puis ensuite se
redouble à droite comme à gauche.
Le ton n° 3 se redouble dans le milieu, l'échelonage
de ses hachures et de leurs redoublemens suit la ligne
courbe du montant, et en fait la partie brune.
Le ton n° 2 suit le même mouvement. En se redoublant
à gauche sur l'ombre grise il appelle le reflet. Et en se
redoublant à droite il fait la demi teinte qui appelle la
lumière.
Du moment que le ton n°3 ne porte plus sur le
contour de relacement, et que ses hachures n'ont plus 
qu'une duite, le reflet violet s'y commence, et s'y 
élargit à mesure que le contour devient à plat.
Le ton n°1 ne fait qu'une duite pour commencer.
Ensuite il se redouble à droite en dessinant le contour
supérieur : ses hachures avancent à gauche, à mesure
que celles du ton n°3 s'y retirent, ses redoublemens avancent 
également à mesure que ceux du ton n° 2 reculent.
Plus il monte, plus ses hachures deviennent larges malgré
que le foyé de lumière n'y devienne plus etroit.
Les différentes positions des hachures leurs figures par
rapport aux lignes courbes et horizontales qu'elles parcourent
dans l'exécution de cette branche cramoisi se trouvent
expliquées dans l'exemple que nous avons cité à la suite
du 3eme dessin à teinte plate, page XXXV.
Le montant cramoisi étant terminé, nous le couvrons
en partie avec les tons n° 4 et 5 de la gamme verte, ces deux
tons font la partie brune de l'intérieur de la branche, en
relaçant la suite du contour intérieur du dessus vert.
Le ton n° 4 se redouble à gauche sur le contour
supérieur de la branche qu'il recouvre, et le ton n° 5
se redouble à droite sur le relacement.
La derniere duite du ton n°4. finit le niveau avec
l'avant derniere duite du contour cramoisi.
Nous reprenons pour la terminer aussi la branche verte
que nous venons de relacer, et que nous avions suspendue
lorsqu'elle est arrivée à la hauteur de son fil de bout gauche
pour aller commencer le culot.
Elle s'incline à gauche, et vient se terminer en pointe
sur son contour de relacement, comme la partie brune qui
la relace est venue se terminer sur le contour supérieur
de la branche cramoisi.
Les deux dernieres hachures du ton n° 1 s'inclinent et se 
redoublent à gauche.
Les hachures du ton n°3. diminuent de largeur à mesure
que le contour extérieur se dessine. Elles finissent par 
une duite
sur un seul fil en suivant graduellement le
mouvement du contour.
La derniere duite du ton n°2 qui termine la branche, est 
de niveau avec l'avant derniere de la partie brune 
intérieure.
Nous reprenons la partie droite du fond, pour recouvrir
la branche, pour relacer la perle et son ombre portée.
Arrivé aux traces de l'ombre nous la relaçons enfilant
à droite jusqu'à la hauteur du fil de bout droit de la 
perle, là la fabrication du font s'arrête.
Nous le reprenons à gauche. Et continuons avec cette partie
le relacement de l'ombre, celui de la perle, le recouvrement
du montant cramoisi, et le relacement de l'ombre portée
de la seconde branche, qui ne figure sur la planche que
par les traces.
Nous faisons ensuite l'ombre portée de la perle, elle la
relace à droite jusqu'à la naissance de son fil de bout. 
Et à gauche jusqu’à la naissance du fil qui précède son
fil de bout.
La perle ainsi relacée pourrait se termine d'un seul
jet, l'ombre portée lui donne à droite son fil de bout 
droit.
Et le fond lui donne à gauche son fil de bout gauche. 
Cette figure sauf le modelé, est absolument la même
que celle de notre 2eme dessin à teinte plate. 
La perle commence par le ton de reflet qui fait une
hachure d'une duite sur la partie creuse du relacement.
Ensuite le ton n° 4 de notre petite gamme bleu indigo,
fait une hachure de deux duites portant son redoublement
à gauche afin de ménager une place pour redoubler le reflet
à droite.
Sur le milieu du redoublement de cette hachure, commence
le ton n° 5 par une hachure d'une duite. Et sur la partie
gauche de cette même hachure n° 4 commence aussi le 
ton n° 3. egalement par une hachure d'une duite qui porte
sa gauche sur le contour du relacement, et sa droite contre
la hachure n° 5.
Le reflet se redouble à droite et echelone ses hachures
dans le sens du contour sur lequel elles s'appuyent.
Elles diminuent de largeur au fur et à mesure qu'elles
s'élèvent au dessus de l'ombre portée.
Le ton n° 5 suit le même mouvement en faisant des 
hachures d'une duite, lesquelles hachures s'élargissent
graduellement jusqu'au centre de la perle, et diminuent
de même en se terminant à la hauteur de son fil de bout.
Le ton n° 3 s'élargit à gauche, en prenant les fils
du contour de relacement à mesure  qu'ils se présentent à
son niveau, et à droite, en avançant à mesure que
le ton n° 5 s'y retire.
Le ton n° 4 cesse de se redoubler sur le contour à gauche 
Ses redoublements se retirent à droite en s’échelonant de
maniere à décrire un demi cercle.
Son premier redoublement se retire en lâchant six fils,
son second ou en lâchant quatre, son troisième est en 
lâchant
deux, et son quatrième en n'en lâchant qu'un seul.
Cet échelonage fait une espèce de relacement intérieur
pour les redoublemens du ton n°3 comme l'échelonage des
redoublemens de celui-ci est également de relacement à
ceux du ton n° 2.
Ainsi le mouvement, la figure, et l'échelonage des hachures,
ceux de leurs redoublemens, et leur combinaison dans leur
mélange
mutuel, font la forme, la valeur de tous, et le relacement
des teintes intérieures ; comme la fermeture des duites dans
leur retour de l’extérieur à l’intérieur, forme le relacement
ou le dessin des contours.
Le ton n°4. se refend pour faire place au ton n° 2.
Et pour faire contourner sa teinte à gauche.
Plus tard lorsque le ton n° 2. se redouble, le ton n° 3.
se refend également mais pour faire place au ton n° 1. et
pour faire contourner sa teinte à gauche en l'enveloppant
comme le n° 4 a précédemment enveloppé
de la sienne le n° 2.
Les traces qui indiquent, sur la planche, la continuation
de la perle, font voir que sa fabrication pourrait se
terminer
sans interruption, parce que les contours qui restent à dessiner
ne laisseraient pas un seul fil de chaîne vide sous eux.  

7ème chapitre. De l’imitation en[modifier]

Tapisserie d’ornement et[modifier]

fleurs peints d’après le système[modifier]

du clair obscur, mais en ne[modifier]

faisant usage que de hachures[modifier]

Fleurs[modifier]

n° 10. [légende]

IV partie. 7eme chapitre.

Illustration 9 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Observation[modifier]

Pour le début de l’élève, dans les fleurs, on
choisi celles qui sont le plus simples le plus larges
et le plus en rapport, pour la forme, avec celle des
ornemens.

Il en est de même pour le choix des feuilles.

Fleurs[modifier]

Anémone simple rose : son bouton, leurs queues
et deux familles, portant sur un fond jaune clair uni,
recevant les ombres portées par les différents objets qui
le couvrent.

Toute la partie supérieure de l’anémone se compose
de cinq tons de la lumière à l’ombre, pris dans la
gamme beau rose.

Le revers du milieu du grand pétale contient
un reflet pris dans la gamme beau cramoisi, sa hauteur
répond à celle du ton n° 3. De notre petite g[am]me beau rose
La partie fuyante du petit pétale qui passe sous le grand
et qui s’appuye sur la grande feuille, contient un autre
reflet pris dans une gamme rose rabattue, et dont la
hauteur est la même du précédent.

Le même reflet figure encore dans le revers du pétale
droit qui porte sur l’ombre jaune, et dans le bouton.

La coque à graine de la fleur, se compose de
quatre tons de la lumiere à l’ombre, et d’un ton de
reflet.

Le 1er est blanc pur.
Le 2eme est gris dans la gamme gris-bleu très
frais.
Le 3eme est pris dans la gamme gris-vert
jaunâtre.
Le 4eme est le noir pur.
Le reflet pris dans la gamme gris doré faible, sa hauteur
répond à celle du 2eme ton.

La queue de l'anémone, celle de son bouton et son
enveloppe, se composent de trois tons de la lumiere à
l'ombre ; pris dans la gamme vert-gai, et d'un ton de
reflet pris dans la g[am]me vert jaunâtre.
La queue de la grande feuille contient deux tons
de la g[am]me vert-gai ci-dessus.
Les feuilles se composent de trois tons de la lumiere
à l'ombre, pris dans gamme vert-gai, mais plus grisâtre
que la premire ; Le ton de reflet qui figure dans
l'enveloppe du bouton, figure egalement dans les parties
fuyantes des deux feuilles.
Le ton du fond et les deux tons des ombres sont
pris dans une gamme jaune-grisâtre frais.
Ces différentes parties de fleurs et de feuilles, s’exécutent 
par les mêmes moyens que nous avons employé pour les
précédents ornemens.
Dans celle-ci nous nous bornerons seulement à en
expliquer la marche graduelle et à faire quelques remarques
sans trop nous arrêter aux détails du travail de leur
intérieur.
D'abord, le fond monte horizontalement dans toute
sa largeur jusqu’à la naissance des ombres portées par
les queues et par le bouton, et les relace ainsi qu'une
partie des contours inférieurs du bouton, et de la queue
de la grande feuille. 
à gauche nous faisons l'ombre portée qui relace
une partie des contours inférieurs de la queue de l'anémone
et de celle de la grande feuille.
à droite nous faisons l'ombre portée qui relace le
contour inférieur du bouton. Et une partie de celui de sa
queue.
Nous reprenons la partie droite du fond qui retombe
d'un fil sur l'ombre, et qui plus haut la relace de nouveau
en lui lâchant ce même fil.
Nous faisons de la grande feuille, la partie de queue
qui s'attache a celle de l'anémone et passe ensuite
dessous celle du bouton.
Les deux extrémités de cette partie, relacent, de leur petite
épaisseur, la queue de l'anémone et celle du bouton.
Nous faisons ensuite le petit percé de fond ombré qui
complète le relacement de la queue du bouton.
Nous faisons le bouton sans interruption, c'est-à-dire
que sa silhouette peut se faire d'un seul jet, sauf
les détails qui se rencontrent dans son intérieur. 
Ainsi nous faisons d'abord la partie inférieur de
l'enveloppe, puis ensuite la partie inférieure rose qui la
recouvre et relace le contour de la partie du milieu.
Nous faisons cette partie du milieu de l'enveloppe qui
se réunit à gauche à celle que nous avons faite précédemment.
Et qui se dessine à droite en y lâchant deux fils.
Nous terminons la partie supérieure rose, en faisant
d'abord le brun qui marque le cœur du bouton,puis ensuite 
la partie claire qui le recouvre, partie qui recouvre
egalement le bord de l'enveloppe du milieu ; et qui relace la
pointe de la derniere partie.
Nous terminons enfin, le bouton, par la derniere partie
de l'enveloppe que nous venons de relacer.
Nous faisons ensuite la queue du bouton ; à son
attache elle relace la queue de l'anémone, puis elle se
termine en s'appuyant sur le bouton.
Nous faisons successivement l'ombre jaune qui recouvre
la partie supérieure rose du bouton, le fond qui recouvre
cette ombre et la partie supérieure de enveloppe, et qui
relace
les ombres portées par la queue et la grande feuille.
Ensuite nous faisons cette petite ombre et le percé de fond
qui la recouvre en relaçant le contour inférieur de la
queue.
Et le commencement de celui de la feuille. Puis l'ombre portée
par la premiere partie de la feuille. Puis enfin le fond qui
vient recouvrir le bout de cette ombre, terminer le relacement
de la premiere partie de feuille, et relacer entierement l'ombre-
portée par la seconde partie.
Nous faisons le revers-brun de la famille, et terminons
ensuite sa premiere partie qui commence le relacement de 
la côte du milieu.
Nous faisons l’œil-brun qui marque la séparation des
deux parties de la demi feuille ; ensuite l'ombre portée qui
le recouvre et relace le contour de la seconde partie, puis le
fond qui recouvre le bout de cette ombre et termine la fin du
contour puis s'appuye la pointe finale de la feuille.  

la seconde partie se termine ensuite, elle fait le complément
de la demi feuille en terminant le contour de relacement de
la côte du milieu.

Remarques sur les Drillages.[modifier]

Pour filer cette côte du milieu, pour rendre son contour
fin et pur, nous la commençons par un simple drillage
qui en fait le filet-brun.

Ce drillage se commence à l’extrémité de la côte, et
se continue en descendant à gauche, jusqu’à la queue du
bouton.

Le simple Drillage se fait ainsi :

Nous amenons d’abord le premier fil, nous lançons la
broche dessus en la faisant passer par la gauche, de sorte
que le tissu enveloppe ce premier fil d’un simple anneau
que nous serrons à volonté en le pressant sur le contour.

Puis nous amenons successivement, l’un après l’autre,
tous les fils du contour, en lançant sur chacun d’eux un
pareil anneau.

La chaîne produite par ces petits anneaux présente sur le
contour de relacement un trait pur qui fait même disparaître
jusqu’à la légère ondulation qui laisse à plat
les demi duites en se croisant l’une sur l’autre à la surface
du relacement ou du dessin.

Le trait produit par le drillage fait disparaître egalement
la rechute des simples duites, ainsi que celles produites par
deux, trois et même quatre duites : Il atténu encore les rechutes
produites par six ou huit duites, mais du moment qu’elles

deviennent un peu plus considérables, le drillage cesse,
et là se sont les tons intermédiaires qui s'emparent de
la rechute. V[oir] : L'exemple cité au 2eme dessin à teinte
plate page XX.
Pour un contour qui présente une ligne oblique à droite
Tel que celui que nous venons d'arrêter, on commence le
drillage à l’extrémité droite, comme nous l'avons dit!
mais le motif qui nous le fait lancer de la droite à la
gauche le voici! En serrant la main sur le second
anneau, il serre le premier, et l'empêche de remonter.
Il en est de même pour tous les autres successivement
de sorte que le dernier une fois arrêté maintient la
tension de tous les autres vers le contour.
Pour un contour qui présente une ligne oblique à 
gauche, on fait l'inverse, le drillage se commence
à l’extrême gauche, et marche de la gauche à la droite
en se lançant sur chaque fil pur sa droite.
Pour un contour qui se présente horizontalement,
le drillage peut se commencer par la droite ou par la
gauche ; mais nous préférons le commencer par la
gauche parce que l'exécution en est plus prompte, se
trouvant plus à la main.
C'est particulièrement dans les fleurs, dans les métaux et
en général dans les détails dont les contours sont fermes et purs,
qu'on emploie le simple-drillage, soit qu'il  épure les 
contours en rendant leur surface plus nette afin que la
juxta position de la teinte qui vient s'appuyer dessus y 
soit immédiate, soit qu'enfin en les epurant il y fasse 
teinte intermédiaire.
Dans cette dernière circonstance on fait parfois usage du
double-drillage. Si un contour se trouve légèrement
ondulé, on le relace d'abord sans avoir egard à ses légers mouvemens ; 
c'est par l'emploi du simple ou demi double-drillage
qu'on obtient non seulement le netteté du contour,  mais son
mouvement, sa fermeté plus ou moins avancée par l'épaisseur
de la teinte intermédiaire qu'ils déposent à sa surface.
Voici comment dans la fabrication, on passe du simple
drillage au double. Si on revient de droite à gauche, 
au lieu de lancer la broche par la gauche dessus le fil
qu'on amène, on la lance par la droite, et dessous.
De ce moment on double le drillage en le faisant marcher
par deux fils à la fois. Pour le point de départ ces deux 
fils sont, le dernier qui a reçu son anneau par la gauche
avec le fil qui suit celui qui vient de recevoir le sien
par la droite. De manière que sur l'espace de trois fils
où se fait cette manœuvre, la demi duite qu'on lance sur
les deux fils qu'on amène chaque fois, fait le complément
des deux anneaux, ou des deux duites sur le fil de droite
qu'on va lâcher, complète un anneau sur le fil du milieu, et
en fait un demi sur l'endroit du fil de gauche qu'on vient
de prendre, alors on quitte un fil à droite, on en reprend un
autre à gauche. 
Ce travail présente à l'envers de l'ouvrage une
espèce de cordonnet en relief. Mais à l'endroit il ne présente
que l'aspect de duites ordinaires.
Pour revenir du double-drillage au simple, on n'amène
plus que le second fil à droite, on lui lance sa derniere
duite toujours par la droite ; ensuite on amène le dernier
fil du double-drillage, on lui lance également sa seconde
duite, mais par la gauche, de sorte qu'a partir de là
le simple drillage recommence.
Si on revient de gauche à droite, au lieu de lancer
la broche par la droite dessus le fil qu'on amène, on la lance
par la gauche, et dessous. De ce moment on peut également
doubler le drillage, comme on peut le faire cesser en
répètant sur la gauche ce que nous venons de dire pour 
la droite.
Ces deux sortes de drillages ont encore l'avantage
de se faire en hachant, c'est-à-dire, que la légère
épaisseur du double-drillage peut se composer du mélange
des hachures de deux tons différents de hauteur et de gamme,
en se distribuant dans le cours du contour, de maniere à
y apporter une duite de l'un, une duite de l'autre, et enfin
toutes les combinaisons, hors la figure, des hachures ordinaires.
Le trait que la chaîne d'anneaux du simple-drillage
fait sur le contour, peut également se varier dans son
cours, en y recevant successivement un anneau. 

de chaque ton, puis deux de l’un contre un de l’autre.

Nous faisons la queue qui devient la côte de milieu de
la feuille.

Nous faisons ensuite la seconde demi feuille sur laquelle
vient s’appuyer le bout du premier pétale de l’anémone,
en la commençant par sa partie supérieure droite, puis
l’œil de séparation, puis enfin la partie gauche qui le
recouvre.

Nous montons le percé de fond qui recouvre la queue
et la partie supérieure gauche de la feuille, puis l’ombre
qui relace la queue de l’anémone jusqu’à son extrémité
et qui termine le relacement du contour inférieur du
premier pétal.

Nous reprenons tout à fait en bas à gauche, la partie
de fond qui recouvre le commencement de l’ombre et relace
la pointe du biseau de la queue. Cette derniere petite partie
termine le relacement du contour inférieur de la queue de
l’anémone.

Nous montons ensuite d’un seul jet, cette queue, et
reprenons le fond qui la recouvre et relace le contour
gauche de la petite feuille jusqu’à son cran du milieu,
en observant toute fois, la liure de sa queue jusqu’à la
hauteur de son fil de bord.

Nous enlevons la moitié claire de cette petite feuille jusqu’à
son cran que nous recouvrons ensuite en continuant le relacement
de son contour jusqu’à sa pointe finale ; et nous terminons
enfin la moitié clair.
de là nous faisons l’ombre portée pour relacer, et lier la
moitié brune de cette petite feuille jusqu’à la hauteur de
son fil de bout, en liant également avec l’ombre, le percé
de fond qui recouvre là queue de l’anémone.

Nous terminons la petite feuille, puis l’ombre et le percé de
fond qui se terminent ensuite en relaçant une partie
de la gauche du contour inférieur du grand pétal ; le fond
en termine le reste après avoir recouvert l’ombre.

Il ne nous reste plus maintenant que la fleur, ses ombres
portées, le fond et la petite partie de feuille qui passe sur
le bout supérieur du du [sic] pétal qui s’appuie sur elle.

Nous faisons ce premier pétal en commençant par
sa partie brune, et en finissant par son renvercement.
Il relace une partie de la droite du contour inférieur
du grand pétal.

Nous reprenons la partie droite du fond pour couvrir
la grande feuille, relacer son petit cran et l’ombre
portée de la fleur.

Nous faisons ensuite le petit cran, et l’ombre
portée qui le recouvre ainsi que le renversement du premier
pétal qui relace en se terminant tout-à-fait, le
contour inférieur du pétal droit.

Ainsi de ce côté la planche présente l’ombre de la
fleur totalement terminée en donnant le fil de bout qui
fait que le pétal droit peut, de ce côté, se terminer egalement

au niveau du fil de bout, la fabrication du fond
est suspendue et présente quelques duites qui
attendent le coup de peigne.
Nous commençons le pétale droit en faisant d’abord en
entier, son renversement brun, puis la petite partie claire qui le
recouvre en terminant le relacement de la droite du
contour inférieur du grand pétal.

Nous faisons ensuite ce grand-pétal en commençant
d’abord par son renversement, puis son dessous privé de
lumiere à gauche, et enfin son intérieur qui présente
trois parties, dont celle de gauche et celle du centre se
mênent ensemble.

Remarques sur l’application des drillages
et sur la figure des hachures qu’on emploie pour
obtenir la plus grande fermeté de tons possible.

Indépendamment de la netteté du contour qu’on obtient
par le moyen du drillage, on obtient aussi les légers
filets de lumieres ou de brun, qui indiquent par le bord
Éclairé ou ombré des feuilles et des pétals l’épaisseur ou
la finesse de leur nature.

Ainsi le filet de lumiere qui se trouve sur le bord du
renversement du grand pétal, se fait dans sa partie
la plus fine, par le simple drillage, et sans sa partie
la plus épaisse, par le double.

Le petit rayon de lumiere qui va aboutir à la
coque offre la plus grande fermeté de tons possible
sans diviser le corps de hachures, c’est à dire, sans
enlever la partie gauche où se trouve la demi-teinte
brune qui est opposé au rayon de lumière.
Ces deux parties se ménent ensemble, et trouvent
leur opposition dans la figure de leurs hachures.
En voici la fabrication et la figure.

Les hachures du ton n° 3. se redoublent à droite
sans laisser aucun fil pour former la pointe de ce côté.
A gauche elles en ont une.

Les hachures du ton n° 1 se redoublent à gauche
immédiatement contre les redoublemens n° 3 sans y
laisser pareillement aucun fil pour former la pointe
mais à droite elles ont aussi une pointe. De sorte
que ces hachures s’opposent naturellement la hauteur
de leur ton par le profil des deux duites dont se
compose leur épaisseur.

Les hachures du ton n° 2. les lient par une seule
duite, laquelle duite fait sur ce passage.

1erement le maintient du niveau et la liaison du
corps des hachures.
2emement la continuité du tillage sans couture.
3emement l’harmonie des deux tons qu’elle lie.

Ces deux premieres parties du grand pétal étant faites,
nous terminons la troisième, qui nous donne le moyen
de terminer aussi le pétale droit.

Le reste de ce pétal se divise en deux parties, d’abord
celle qui s’incline à droite, puis ensuite celle qui
s’appuye
dessus
et qui recouvre le contour supérieur droit du grand pétal.
La fin de son contour ne se dessine, sur la planche,
que par son traces.

Nous reprenons la partie gauche du fond.

Elle recouvre la gauche du grand pétal, se lie avec
la petite partie d’ombre qui relace le contour inférieur
du dernier pétal, et ajoute le dernier fil qui complète
le relacement de ce contour.

Ensuite nous faisons le renversement brun de ce dernier
pétal, puis nous le terminons en relaçant le contour gauche
de la coque, tout le contour droit à été précédemment
relacé, partie sur le grand pétal, et partie sur le pétal
droit.

Nous faisons sans interruption, la coque à graine[22].

Et enfin nous montons et terminons la partie gauche
du fond qui donne le fil de bout du dernier pétal que
nous venons de commencer, et dont la continuation
pourrait se faire, selon des traces indiquées sur la
planche.

Le dernier pétal non commencé pourrait également
selon l’indication de ses trace, se terminer sans
interruption du moment que son ombre portée aurait
relacée son contour droit.
Quand l’élève comprend bien la marche des hachures
dans la fabrication, qu’il fait bien l’introduction ou l’extraction
d’un ton dans un autre ton, et qu’enfin il exprime bien
par le mouvement des hachures et de leurs redoublemens, la
place et le mouvement des teintes de son modèle ; on le fait
passer a l’étude de la méthode des hachures composées.

La connaissance de cette méthode le met à même non
seulement de modeler avec des tons plus rapprochés, mais
encore de composer des teintes pour traduire toutes celles
que présentent la peinture.

Alors on lui fait reprendre quelque morceau de fleurs ou
de fruits assez précieux, où il puisse mèttre en usage ses
nouvelles connaissances tant pour l’imitation du modelé
doux des teintes franches, que pour la traduction des
teintes mixtes et transparentes.

Ensuite on lui fait faire quelque draperie où se rencontrent
des plis à plat qui lui apprennent à supprimer à propos, un
certain nombre de tons pour passer rapidement de la lumiere
à l’ombre, et pour réintroduire ces mêmes tons lorsque la
place et le modelé les réclament.

De là on le fait passer sur un fond quelconque dans les
teintes mixtes et larges nécessitent le développement en général
de la méthode des hachures composées, en lui faisant
en même tems acquérir de la main.

Puis enfin on le fait passer de là aux carnations,
En lui en donnant d’abord de peu larges, mais bien
senties de forme et de couleur.

Insensiblement il arrive à faire les morceaux les plus
difficile, tels que figures nues de grande dimension.
Voilà selon nous la vraie marche que doit suivre
l’artiste tapissier pour acquérir la connaissance parfaite
de son art, l’habilité de la main ; et les moyens
de l’enseigne aux autres.

Méthode ancienne.[modifier]

Choix des gammes fabrication[modifier]

N°11
[légende]

IV. Partie

3eme chap. :

Fractions de trois différentes gammes qui au complet
contiendraient chacune 21 tons de la lumiere à l’ombre

[Fichier:Illustration_10_extraite_du_Manuel_sur_l'art_de_la_tapisserie_par_Mr_Deyrolle,_ancien_chef_d'atelier_aux_Gobelins.jpg|400px|centré]]

 

Illustration 11 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[Légende]

Ancienne méthode

Hachures de deux duites (franches)

[légende à gauche]

Hachures de deux
duites avec des fils-
francs.

Trois […]
dont la 2eme hachée
avec la 1ere et
la 3e hachée
avec la 2eme

[légende à droite]
Les fils francs
existant au bout
de chachute de
chaque ton

Illustration 12 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

[légende]
idem
Mêmes hachures
mêmes gammes
excepté les
fils-francs.

Illustration 13 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Illustration 14 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Méthode ancienne, choix des gammes,[modifier]

Vers les 17eme et 18eme siècles on
choisissait 1°
pour l’imitation de corps modelés
faisant accessoires d’un tableau, tels que draperies, métaux,
architecture, paysage, fonds, bordures &c…

Une seule gamme, prise plutôt au dessus de la nuance de l’objet
qu’au dessous, composée au plus de 12 tons de la lumière à
l’ombre ; la distance d’un ton à l’autre était au moins du
double de ce qu’elle est aujourd’hui.

2°. pour les carnations de premier plan, trois gammes
dont la premiere faisait la teinte locale. Elle était prise
egalement plutot au dessus de la nuance du modèle qu’au
dessous, et se composait du 15 tons de la lumière à l’ombre.
Leur distance était moins grande que celle des tons
d’une gamme ordinaire.

La deuxième gamme, plus faible que la premiere […] composait
de sept tons à partir de la hauteur du 6eme ton
de la 1ere g[am]me.

Elle faisait la premiere modification, ou pour mieux dire le passage
de la teinte locale à la demi teinte faible.

La troisième plus faible que la seconde se composait de
trois tons à partir de la hachure du 7eme ton, également
le 1er.

Cette troisième gamme faisait la demi teinte faible et ne
s’employait guère que dans les carnations délicates du premier
plan.

La distance d’une gamme à l’autre etait moins grande
que celle que nous mettons aujourd’hui dans la méthode des
hachures composées.
Dans la fabrication, les hachures variarent [sic] de grosseur selon
les objets, c’est-à-dire, que dans les carnations, elles
se composaient
de trois ou quatre duites. dans les draperies de premier plan,
de quatre ou cinq duites, et dans les autres accessoires elles
se composaient de sept et même huit duites. de sorte que dans ces dernieres
parties les hachures de milieu avaient la forme de quenouilles
chargées, et que celles des extrémités ressemblaient à de grosses
dents de scie.

Il faut remarquer que les tissus et les chaînes etaient plus
gros que ceux qu’on emploie aujourd’hui, et que le tissu
quoi qu’on lance s’employait souvent double dans les
accessoires, tandis qu’il s’employait simple dans les
carnations.

Il résultait donc de l’emploi du tissu simple.

1° que les carnations présentaient un grain de tapisserie
plus fin qu’où il était employé double.

2° que les hachures etant moins epaisses tout par la
nature du tissu que par le moins de duites dont elles se
composaient, le remplaçement de tous pour le changement
de teintes pouvait se modeler dans un plus court espace.

3° que les tons et les gammes etant plus rapprochés les
uns des autres, les hachures étaient moins piquantes, et
par conséquent le passage d’une teinte à l’autre plus doux.

Il faut encore remarquer, que dans la fabrication
il entrait une grande quantité de tissu de soie.

Les grammes de soie se soutenaient et se travaillaient
jusqu’à la hauteur des demi teintes brunes, de sorte que dans bien des parties, in n’y avait que les derniers bruns
qui fussent en laine ! C’était là selon nous, tout à
fait un contre sens, on voyait des draperies de laine
être imitées avec de la soie, tandis qu’aujourd’hui on ne
se permettrait guère en pareille circonstance, que de mélanger
sur la broche, un seul brin de soie avec le premier clair en
laine, pour lui donner un peu d’éclat.

Il n’entrait pas de soie dans les carnations, ou il en entrait
seulement un seul brin pour donner de la vivacité et de l’éclat
au plus grand clair, comme on le fait encore encore aujourd’hui,
mais on faisait les yeux, les cheveux et les barbes en soie,
à l’exception seulement, de leurs deux ou trois derniers bruns qui se faisaient en laine.

A ce systeme de grosses hachures se soignait encore
celui des fils francs. C’est à dire que chaque ton conservait,
selon là largeur de l’ouvrage, une certaine quantité plus
ou moins grande de fils francs qui ne se trouvaient couverts
que par lui seul comme nous l’avons indiqué aux premiers
élémens de la fabrication à la IV partie, 4eme chapitre hachures
franches.

Ainsi dans un corps de hachures composé de tons appartenant tous à la même gamme, chaque hachure avait indépendamment
de ces cinq ou six redoublements ses fils francs, lesquels
s’augmentaient de nombre quand il s’agissait de l’introduction
d’un ton ou plus clair en plus brun.

Le nouveau ton se commençait sur le milieu des fils francs
En en laissant quelques-uns à sa droite et quelques-uns à sa gauche
de sorte que si ce nouveau ton était brun, et qu’il ait le corps
de hachures à sa gauche, il restait entre eux, ainsi qu’à sa
droite, la teinte pure, de celui qui l’avait reçut, de maniere
que du côté droit tous les tons pouvaient en se dedoublant,
s’y établir comme à gauche.

Le ton brun pouvait également acquérir des fils francs
et recevoir à son tour un ton de plus en dédoublant pareillement
celui qui le traversait et l’avait reçu.

L’exemple pour l’introduction d’un ton sur un autre ton
placé dans le centre d’un corps de hachures, est le même pour
tous.

Si c’est un clair qu’il faille introduire, le second ton se
dédouble et fait deux hachures,l’une à droite l’autre à gauche,
en laissant des fils-francs sur le milieu de la hachure du
premier.
Alors le nouveau clair s’y commence, et comme les tons
prennent leur numéro par le clair, le nouveau prend le n° 1
le premier le n° 2 et le second le n° 2 et ainsi de suite.

Si c’est un quatrieme ton qu’il faille introduire, le
second se dédouble, fait egalement deux hachures, et le
quatrième se commence sur les fils-francs du troisième entre
les hachures n°2 bis.

Sur les hachures de profils celles qui ferment à droite et à gauche un corps de hachures, qui s’appuyent sur un relacement,
sur celles enfin qui dessinent un contour ; l’introduisant d’un ton que nécessite le dédoublement d’aucun autre ton car il ne
peut s’y commencer qu’à la droite de l’avant dernier ton
ou à la gauche du second.

Sauf la grande distance des tons qui nécessite la présence
des fils-francs pour en adoucir le passage. Sauf l’épaisseur
des hachures, par rapport au grand nombre de leurs redoublemens épaisseur qui a encore pour but d’adoucir la fermeté
des tons en leur créant dans la fabrication des intermédiaires
par le mélange varié de hachures rares il est vrai, mais
longues en proportion, nous retrouvons dans l’ancienne
méthode pour la fabrication des objets accessoires que nous
venons de citer, la base fondamentale de la notre.

Voici maintenant comment se faisant l’introduction
de tons étrangers dans un corps de hachures-carnation déjà
établi.

Pour expliquer la fabrication, nous désignerons la premiere gamme
qui est pour la teinte locale, par la lettre A. la deuxième
qui est pour le passage de la teinte locale à la demi-teinte-faible,
par la lettre B. et la troisième qui est pour la demi-teinte-
faible par la lettre C.

Les tons et leurs hachures seront désignés par leur numéro d’ordre.
Ainsi, si c’était dans le ton n°6 que le changement de
teinte s’annonçait, la hachure de ce dernier se faisait par
le ton n° 6 de la gamme B. Bien que ce ton que nous désignons
sous le n°6 soit le premier de sa gamme, d’après le choix des
gammes, il n’en porte pas moins la hauteur de celui qu’il
remplace.

Le ton n°6 gamme A. refaisait ensuite deux hachures
par dessus, dans les deux rangs qui suivaient.

Le n°6 gamme B. en refaisait une autre par dessus, puis
Le n°6 gamme A. en refaisait encore une autre, de sorte
que de ce moment l’échelonnage par rang se trouvait égal, et
que de ce moment aussi, la distribution des hachures des
tons n°6 se faisait dans le sens inverse, c’est à dire,
que le n°6.B. faisait deux hachures contre une du n°6.A.
et que c’est alors que ce dernier était tout-à-fait supprimé.
ainsi c’était par un échelonnage de hachures plus ou
moins court, ou plus au moins long, selon la dimension des
teintes, et selon leur mouvement sur la chaîne, que se
faisait le remplacement et l’extraction des tons d’un
corps de hachures.

On conçoit que pour arriver au modèle de larges paries
Tels que grands plis de draperie, où la rareté des
tons amenait celle des hachures, il fallait pour y suppléer
leur faire jouer un grand rôle. Aussi on commençait
un ton par aux demi-duite seulement, contre sept duites
de celui qui le reçevait ; puis ensuite une duite complète
contre sept autres, deux contre cinq, trois contre quatre,
quatre contre quatre et vice versa.
La distance très prononcée des tons entre eux jointe
a la suppression des teintes modifiantes qu’offrait le modèle,
expliquent assez la grande étendue que chaque hachure devait
avoir.

Genre de travail qui succède[modifier]

à l’ancienne méthode lors de[modifier]

la suppression de la tâche.[modifier]

(choix des gammes fabrication.)[modifier]

N°12

Genre de travail qui succèda à l’ancienne[modifier]

méthode lors de la suppression de la tâche,[modifier]

choix des gammes, fabrication.[modifier]

Dans ce nouveau genre de travail on choisissait>
pour les carnations et accessoires d’un modèle tels que
ceux que nous avons cité à l’ancienne méthode, trois
gammes qui avaient aussi la même application ; mais
qui présentaient quelques différences en ce que d’une part,
elles étaient prises plus juste à la nuance du modèle ;
et que d’autre part, elles se composaient d’un nombre de tons
beaucoup plus considérable.

La première sous teinte se composait de
30 à 32 tons de la lumière à l’ombre, les deux autres
étaient prises dans les mêmes proportions, la deuxieme
à partir de la hauteur du 6eme ton de la premiere jusqu’à
30eme. Et la troisième, à partir de la hauteur du 7 ou 8eme
jusqu’au 20 ou 25eme.

Indépendamment de ces trois principales gammes, on en
ajoutait deux autre moins nombreuses de tons, mais qu’on
considérait comme gammes exceptionnelles, dont les tons se
nommaient couleurs de rentrées. L’une faisait dans la
fabrication ; l’intermédiaire de la 1ere gamme locale à la
deuxième, et l’autre l’intermédiaire de cette derniere
à la troisième.

On avait plus alors sous principe, la suppression des
teintes modifiantes comme on le faisait dans l’ancienne
fabrication, au contraire, on était tombé d’un excès
dans un autre en décomposant pour ainsi dire à la
loupe, la couleur et les détails du modèle, même jusque
dans des accessoires les plus insignifiants. De sorte, que la
teinture ne s’appliquait presque plus qu’à la formation des
gammes mixtes que réclamaient sans cesse les besoins
du tapissier, besoins d’autant plus grands que la
fabrication n’en créait aucune dans le système de
hachures fines qu’on avait adopté.

Pour embrasser cette quantité innombrable de gammes
et de tons rapprochés, la fabrication ne se composait plus
que de hachures d’une demi duite pour les passages de teintes
resserrées, d’une suite pour les passages ordinaires, et de
deux teintes, au plus, dont les passages larges, de sorte qu’il
résultait de ce resserrement dans les parties à plat, la
superposition de tons rapprochés les uns sur les autres,
au lieu d’avoir un échelonnage de hachures larges les
unes sur les autres. Et dans les parties montantes, des
hachures fines faiblement hentées[23] les unes dans les autres,
et faiblement mélangées entre elles, au lieu de hachures
bien corsées, hentées et mélangées largement.

Malgré cette confusion, on reconnaissait que le fond
de ce travail, tout décousu qu’il était, n’avait uniquement
pour base que le principe des hachures franches, car chaque
ton faisait ainsi la sienne telle que telle.

Un seul passage aurait eu quelque rapport avec les
hachures composées, c’est celui où un ton faisait une demi
duite partant de gauche à droite, et qu’un autre ton, de même
hauteur complétait la duite en revenant de droite à gauche

Pendant les intervalles de l’année 1791, époque à laquelle
se reporte la suppression de la tâche, de l’année 1817
époque à laquelle commença la méthode des hachures composées
Et de l’année 1830 époque à laquelle cette méthode fut
presque généralement adoptée, les ateliers de tapisserie
présentèrent dans chacun de ces intervalles, bien des
manières de faire.

Dans le premier qui est de 1791 à 1817, les uns mais
en très petit nombre, conservaient la méthode pure et simple
des hachures franches, en admèttant toute fois, deux et
trois duites par hachures, plus de rapprochement dans les
tons, et le nombre de petites gammes nécessaires pour l’imitation
des teintes modifiées du modèle.

Les autres, dont le nombre était plus grand n’admettaient
les hachures fines, et par conséquent, l’extrême rapprochement
des gammes et des tons, que selon le dégré de
précieux où ils étaient arrivés. Ils s’embarquaient
avec une gamme juste au modèle, et allaient au fur
et à mesure qu’ils croyaient y apercevoir un léger
changement de teinte, chercher quelques tons parmi
lesquels ils en trouvaient un ou deux propres à remplir leurs
vues, puis après cette teinte il croyaient en apercevoir
un autre, puis après celle là encore une autre, qui
nécessitaient egalement la recherche de nouveaux tons.

Dans le second, de 1817 à 1830, les jeunes méthodistes
-en hachures-franches sentirent toute l’extension qu’ils
pourraient donner à leur talent en joignant à leur
parfaite connaissance des hachures-franches celles des hachures
composés, puis insensiblement ils surent non seulement
en apprécier la méthode mais la mettre en œuvre et la
connaître à fond les uns jusque dans ses plus ménutieux
détails, et les autres dans ses principaux principes seulement.

Enfin dans le troisième, de 1830 à 1835, époque
où nous écrivons ces notes, on ne rencontre plus dans
les ateliers que quelques anciens professant seulement la
méthode des hachures-franches,mais bien corsées, et
par un seul homme faisant usage des hachures finies.

Abordons maintenant la fabrication.

L’introduction d’un ton d’une gamme B. dans une g[am]me A.
en remplacement du ton son égal de hauteur, se faisait
d’abord par celui qu’on nommait sa couleur de rentée.
Ensuite cette couleur de rentrée se refendait, lui cédait
son centre après l’avoir annoncée à plat, et accompagnait
à droite et à gauche, les pointes de sa hachure tant qu’elle
se mélangeait avec celle du ton, en plus clair ou plus brun,
de la gamme A. de sorte que la teinte intermédiaire
produite par elle, se retrouvait dans tous les sens.

Ainsi la couleur de rentrée marchait à l’entour et
toujours en dehors, des hachures du ton qu’elle secondait
et lui servait de teinte intermédiaire entre celle produite
par les fils-francs du ton g[am]me A. qui les traversait,
comme la teinte des fils-francs de ce dernier faisait
le passage, pour la hauteur, d’un ton à l’autre.

C’est ainsi qu’on substituait, en totalité ou en partie,
les tons d’une gamme B. à ceux d’une g[am]me A. comme
on substituait également, les tons d’une g[am]me C. à ceux
d’une g[am]me B.
Du moment où les hachures des tons de l’une
ou de l’autre de ces dernieres gammes se mélangeaient
entre elles, leurs couleurs de rentées se trouvaient supprimées.

L’enlacement et l’échelonnage des hachures de l’ancienne
méthode, produisant ensemble des intermédiaires de teintes
et de tons dans le remplacement d’une gamme par une autre
gamme, se trouvaient remplacés par les hachures finies des
couleurs de rentées, et par le rapprochement des tons.

Ce genre de travail avait naturellement amené l’emploi
de tissus simples et plus fins que les anciens, ainsi que
des chaînes plus fines et ourdies pour un montage beaucoup
plus serré, le rapprochement des gammes avait aussi amèné
celui des tons. Mais bien que la finesse du tissu,
celle de la chaîne et par conséquent son augmentation de
fils, tant sous le rapport de sa finesse que sous celui de
son montage serré, cette quantité de gammes et de tons,
ne pouvaient y trouver place que par les moyens de
fabrication que nous venons de citer.

Ces moyens ne présentant aucun ensemble
méthodique ne pouvaient s’expliquer.

Le mélange des tons par celui de leurs hachures, se
faisait peniblement par des inspirations prises presque toujours
en dehors du métier : aussi la gentillesse des teintes.
Exemptes du piquant des hachures, etant vue de près
séduisait l’œil, mais vues d’une certaine distance
ces teintes-douces s’alourdissaient, se confondaient ensemble
et ne présentaient plus ce beau cachet, que les hachures
prononcées donnent en combinant ensemble peu de gammes
dont les distances assez prononcées, ainsi que celles des
tons qui les composent, se trouvant rapprochées par
les différentes figures et par les mélanges plus ou moins
larges des hachures qui varient en même tems leur teinte
en les faisant paraître, dans la fabrication, doublées,
triplées, et même quadruplées.

Il est bon de remarquer aussi que de ce genre de travail
résultaient de graves inconvénients.
La fabrication se trouvait sensiblement d’abord d’un part ralentie
par la marche obscure des moyens qu’on y employait,
d’autre part : l’hésitation dans le travail, et la
recherche continuelle des couleurs de rentées absorbaient
autant de tems que la fabrication même.

Ensuite, pour peu qu’une gamme, qu’un ton vienne
à bouger, le ravage qu’il faisait dans sa teinte
dévenait insoutenable ; c’est alors que l’absence des
connaissances du métier se faisait durement sentir.

On concevra facilement qu’en introduisant, et
qu’en conduisant dans un court espace, un trop grand
nombre de gamme, et un trop grand nombre de tons, il
devenait impossible de faire des hachures larges et
redoublées ; et que par conséquent, les tons étant heurtés
par petites parties les uns dans les autres, ne pouvaient
se soutenir les uns par les autres du moment qu’il y
en avait quelques-uns qui venaient à changer.

Ce genre de travail était selon nous la décadence de la
tapisserie, il n’appartenait à aucune école,
et par conséquent, ne pouvait s’enseigner.
Chacun de ceux qui le pratiquaient, et qui arrivaient
autant que possible, à des résultats satisfaisants, pour
le moment, convenaient, chaque fois qu’ils avaient
Exécuté un ouvrage marquant, qu’ils s’étaient donnés
des peines infinies pour le faire.

Nous ferons remarquer aussi que le nombre
d’artistes qui faisaient bien d’après ce genre, était
très minimes.

Des hachures composées[modifier]

faite par deux duites.[modifier]

N°13

(1er exemple) [légendes]

IV partie.
chapitre

Hachures composées
faites par 2 duites

I. 2. 3. 4. 5. 6. 7.

Hachures composées. Combinaison de trois gammes
dans le 5eme et de 2 seulement dans les 4e et 6 tons.

Illustration 15 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[légende]

1.2.3.4.5.6.7.
Hachures-franches de 2 duites, ayant un
ou 2 fils francs au bout de chaque hachure

Illustration 16 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

[legende]

IV partie
8 chapitre

Hachures
composées

Illustration 17 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[légende]

9 chap.

Illustration 18 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Illustration 19 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

[légende]
Méthode et principes de tapisseries

3eme principe.
Hachures de deux duites – (composées)
3 gammes, la 1ere traversant la 2e et la 3e.
Hachures de deux duites (composées)

2e principe.
Hachures de deux duites – composées
2 gammes, la deuxieme en donnant qu’une valeur contre deux de la premiere
Hachures de deux duites (composées)’

1er principe.
Hachures de deux duites avec des fils-francs
1 gamme

Hachures de deux duites (franches)

Illustration 20 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

des hachures composées.[modifier]

Méthode des hachures composées, choix des[modifier]

gammes fabrication.[modifier]

Pour faire le modelé des différents corps dont se
compose un tableau, ainsi que pour faire la teinte de ceux qui
présentent des surfaces plates mais nuées de différentes
couleurs, telles que certaine partie d’architecture, nappe
d’eau, ciel, &c… On choisi trois gammes auxquelles
on donne, pour les corps modelés, la même application
qu’à celles choisies pour carnation dans l’ancienne méthode.

La premiere, pour teinte locale, se prend dans certaines
nuances-mixtes et fugaces, plutôt au dessus qu’au dessous de
celle de l’objet, et dans le cas contraire, elle se prend
juste à sa nuance.

Cette première gamme se compose, de la lumière à l’ombre,
de 21 tons dont la distance, de l’un à l’autre, est assez
prononcée.

La deuxième est destinée pour modifier la teinte locale
et pour mettre cette derniere en harmonie avec la demi teinte
faible. Son aspect veut sur la broche, et sans mélange
doit présenter celui de la demi-teinte faibles prise à
sa plus grande intensité, de sorte que la distance de
cette deuxième gamme à la premiere, se trouve très prononcée
comparativement à celle qui existait entre les premiere et
deuxieme de l’ancienne méthode.
Elle se compose de 12 tons également espacés à partir
de la hauteur du 7eme de la premiere.
La troisième doit egalement présenter sur la broche
et sans mélange, l’aspect d’une teinte faible plus intense
que celle que présente le modèle, en marchant
toujours vers la couleur de la modification, c’est à dire,
que si la teinte locale se modifie en gris ; cette
troisième gamme doit donner comparativement au gris
que donne la demi teinte faible du modèle, un gris plus prononcé
soit en bleuatre, verdâtre, jaunâtre &c…de maniere
que la distance de cette derniere gamme, à la deuxieme
soit egale à celle qui existe entre celle-ci et la premiere.
Elle se compose de cinq tons à partir de la hauteur 8eme de la premiere.

Considérées hors de la fabrication, les premiere et deuxieme
gammes présentent seules, l’aspect des teintes qu’on retrouve
dans le modèle. Mais du moment où elles se trouvent
mélangées dans la fabrication, soit à parties égales, soit à partie
simple contre parties doubles, la teinte locale se trouve,
trop rabattue, et la demi-teinte-faible trop rehaussée.

Il faut donc (en prenant cette figure pour exemple) que
toute la partie franche du corps modelé, se fasse par les
hachures franches des cinq ou six premiers tons de la g[am]me locale
que par la hachure composée des 7emes tons des premieres
et deuxieme gammes dont la composition jointe à sa combinaison
avec la hachure du ton son voisin, donnent un mélange
composé de deux parties teinte locale, contre une de teinte
modifiante.

Et que la demi teinte faible se fasse par la hachure
composée des 8emes tons des deuxieme et troisieme
gammes,
dont la composition jointe à sa combinaison avec la hachure
du ton son voisin, donnent un mélange composé d’une
partie teinte locale, d’un partie teinte modifiante, et d’une
autre partie demi-teinte-faible.

C’est ainsi que d’une part, la teinte locale se trouve
légèrement rabattue par la teinte modifiante, et que d’autre
part, elle réhausse aussi légèrement, la demi teinte faible
en la ramenant au degré du modèle. Or comme la
méthode des hachures composées a pour but la traduction
des teintes en conservant partout le principe de couleur
d’un objet quelconque ; il faut donc que la troisieme
gamme représentant la demi-teinte-faible, soit choisie
pour ce qu’elle sera dans la composition de la couleur dans
le mélange de la fabrication, et non pour l’aspect qu’elle
présente sur broche ; car il résulte de ce mélange
tiercé, qu’elle se trouve ramenée à la valeur
intense de la teinte deuxieme gamme vu sur broche,
avec cette différence que la teinte obtenu par le mélange,
dans la fabrication, rappelle la nuance de l’objet en
présentant plus de vérité, plus de transparence dans la
couleur, plus de régularité et plus de solidité dans
son avenir.

Pour un corps plat à teinte nuée, on choisi une
gamme se composant ordinairement de peu de tons,
présentant l’aspect juste de la teinte locale du modèle,
on l’accompagne de deux autres petites-gammes, l’une pour
la réhausser, l’autre pour la rabattre.

En employant les hachures composées, faites par trois,
duites, on peut au besoin, par les différents dégrés du Mélange dans la fabrication, obtenir de chaque
gamme quatre différentes variations de teintes.

Comme il suit.

A. 3 duites franches...1
2 duites contre une B..1 
1 duite contre deux B..1 
1 duite contre une  B..+[24]
duite contre une  C....1
____________________________  
                     4  

Arrangement des gammes pour la fabrication du
corps de hachures composées faites par deux duites
que représente la planche de la IV. partie du 8eme
chapitre des hachures composées. Son explication
par rang, sa fabrication hachure par hachure.

Pour l’imitation d’un corps modelé d’une nuance
quelconque, nous avons fait le choix de trois gammes, la
premiere composée de 21 tons, la deuxieme de 12 et la
troisieme de 5.!

Maintenant arrêtons pour nuance, le beau cramoisi se
modifiant dans la demi teinte, par de violâtre. Et pour
rendre les tons et les gammes plus lisibles mettons entre
eux, à cet effet, des distances démésurés, en ne prenant
plus d’une part, que 7 tons sur les 21 dont se compose
la premiere gamme, et de l’autre, en modifiant le cramoisi
par du beau violet au lieu de le faire par du violâtre.

Ce dernier dégré de modification met egalement de
l’eloignement entre les gammes en faisant remonter la
deuxieme au beau-violet, et la troisieme au beau
bleu-indigo.

La petite gamme cramoisi sera désignée dans la
fabrication par la lettre A. et ses tons par leur numéros
d’ordre, ils sont extraits de la grande, ainsi qu’il
Le 3eme ton pour faire le numéros 1
Le 6eme ton pour faire le numéros 2
Le 9eme ton pour faire le numéros 3
Le 12eme ton pour faire le numéros 4
Le 15eme ton pour faire le numéros 5
Le 18eme ton pour faire le numéros 6
Le 21eme ton pour faire le numéros 7

La gamme beau-violet sera désignée par la lettre
B. Elle se compose de trois tons portant la hauteur
des nos 4, 5 et 6°.

Et la gamme beau bleu indigo sera désignée
par la lettre C. Elle se compose d’un seul ton
portant la hauteur du n° 5.

D’après ces dispositions nous aurons l’avantage, dans
la dureté des tons, de laisser voir la marche et la composition
des hachures ; et dans l’éloignement des gammes, celui
de laisser voir que malgré la grande distance qui les
sépare, leur mélange, par la combinaison des hachures
composées, n’en produit pas moins une teinte homogène
en ce que le principe de la couleur existe par tout.

Explication du corps de hachures.

Le premier rang se compose de duites non tassées
formant les hachures franches des 7 tons de la g[am]me A.

Le deuxieme et le troisième rangs se composent se
même, à l’exeption que les duites sont tassées.

Le quatrieme marque l’introduction de la g[am]me B.
dans la g[am]me A. aux 4eme et 6eme tons.
Le cinquième marque de plus l’introduction de la
g[am]me B. dans la g[am]me A. au 5eme ton.

Le sixième, marque le 5eme ton g[am]me B. faisant
la hachure à lui seul, et la suppression du 5e g[am]me A.

Le septieme, marque l’introduction de la g[am]me C.
Dans la gamme B. au 5eme ton.

Les 8, 9, 10, 11, 12 et 13emes rangs sont comme le 7eme à l’exception du treizieme qui et représente ayant
ses hachures impairs découvertes, laissant voir les
cavités qui existent entre leurs redoublemens, et
ayant au dessus ses hachures-pairs suspendues, de
maniere à laisser voir l’enchaînement qui les lie
lorsqu’elles sont tassées les unes sur les autres.

Les 1er, 2eme,et 3eme rangs établissent d’abord le corps de hachure
En hachures-franches, en faisant comme il est indiqué au
chapitre des hachures-franches, c’est à dire, que le ton n° 3
marche à la droite du n° 1, le n° 5, à la droite du n° 3 et le
n° 7 à la droite du n° 5, qu’ensuite le ton n° 2. couvre la
totalité du n° 1, et la moitié gauche du n° 3. Le n° 4
couvre la moitié droite du n° 3, et la moitié gauche du n° 5.
Le n° 6 couvre la moitié droite du n° 5. et la totalité du n° 7.

Le quatrième rang commence par les tons impairs nos
1, 3, 5 et 7. Il se finit par les tons pairs nos 2, 4 et 6. Ces
deux derniers se constituent en hachures-composées, et
suivent jusqu’à la fin leur même composition, ainsi que
les nos 1, 2, 3 et 7 qui restent en hachures-franches jusqu’à la
fin.
Ainsi au quatrieme rang, le ton n° 4 commence.
sa hachure par le redoublement avec le ton n° 4. g[am]me B.
et la finit, par la grande duite qui fait les pointes, avec
le n° 4 g[am]me A.

Le ton n° 6 commence également la sienne par le
redoublement avec le n° 6 g[am]me B. et la finit aussi
par la grande duite, avec le n° 6 g[am]me A.

Au cinquieme rang, le ton n° 5. se constitue en
hachure-composée, il la commence par sa grande duite
avec le n° 5 g[am]me A. et la finit par son redoublement
avec le n° 5 g[am]me B.

Au sixieme rang, le ton n° 5. se constitue
en hachures-franches, mais en la faisant entierement
avec le ton n° 5 g[am]me B. et en excluant tout à fait
le n° 5 g[am]me A.

Au septième rang, le ton n° 5 se reconstitue
En hachure-composée, et la commence par sa grande
duite avec le n° 5 g[am]me B. et la finit par son
redoublement avec le n° 5 g[am]me C.

Jusqu’à la fin les tons nos 4 et 6 commencent chaque[25]
leur hachure par le redoublement avec les n° 4 et 6 g[am]me B.
et la finissent, chacun avec les nos 4 et 6 g[am]me A, par
la grande duite.

Jusqu’à la fin aussi, le ton n° 5 commence sa
hachure par la grande duite, avec le n° 5 g[am]me B. et la
finit par le redoublement, avec le n° 5 g[am]me C. c’est ainsi.
C’est ainsi que l’élève doit débuter dans la méthode
des hachures-composées, en menant un corps de
hachures partie franches et partie composées.

Analyse des teintes produites par la combinaison
mutuelle, par la composition, et par les différents
dégrés du mélange des hachures, en les suivants
par rang.

Le n° 1 fait la lumiere en redoublant sa hachure à
gauche.
Le n° 3 la demi teinte claire.
Le n° 5 la demi teinte brune.
Le n° 7 l’ombre en redoublant sa hachure à droite.

Le n° 2 lie ensemble les nos 1 et n° 3. Il rehausse le
n° 1, en combinant avec la pointe de sa hachure, deux dégrés
de teinte colorée contre un, et avec le redoublement
un seul degré de teinte colorée contre deux.

Il rabaisse la pointe gauche du n° 3. en combinant
également, avec la pointe de sa hachure, deux dégrés de
sa teinte contre un, et avec le redoublement un seul
dégrés contre deux.

Le n° 4 par les mêmes combinaisons réhausse
également la moitié droite du n° 3, et rabaisse la moitié
gauche du n° 5.
Le n° 6. de même, réhausse la moitié droite du n° 5
et rabaisse le n° 7.
Le n° 1 rabaisse mutuellement la moitié gauche
du n° 2, qui le rehausse.

Les nos 3 et 5 rabaissent aussi mutuellement les
moitiés gauches des nos 4 et 6 qui les rehaussent.
Le n° 7. réhausse de même la moitié droite du n° 6
qui le rabaisse.

La combinaison réguliere jointe au mélange varié
des hachures faites par deux duites, produisent dans la
fabrication, deux teintes intermédiaires au lieu d’une,
entre les nos 1 et 3, entre ce dernier et le n° 5, et
entre celui-ci, et le n° 7.

Les deuxieme et troisieme rangs, sont pareils au premier.

4eme rang.[modifier]

Le quatrième rang ne diffère des trois premiers, qui parce
que les hachures nos 4 et 6. reçoivent une simple modification.

Le n° 4 réhausse la moitié droite du n° 3, en
communiquant sur sa pointe seulement, deux dégrés contre
un, dont un d’ombre modifiée n° 4 g[am]mes B, et l’autre d’ombre
coloré n° 4 gamme A. Ce dernier se prolonge seul, jusqu’au
milieu du redoublement, où il fait un contre deux.

Il rabaisse la moitié gauche du n° 5. en lui donnant
dans les mêmes proportions, de la lumiere modifiée, et de la
lumière colorée.

Le n° 6 fait entre les nos 5 et 7, ce que le n° 4 fait
entre le nos 3 et 5.
La simple modification apportée par les n° 4 et 6. g[am]me B
dans la teinte locale, entre dans la combinaison, pour une
partie contre deux.

5eme rang.[modifier]

Le cinquième rang ne diffère du quatrième que parce
que la hachure n° 5 reçoit aussi une simple modification.

Ainsi le n° 5 réhausse la moitié droite du n° 4, en
communiquant, sur sa pointe, teinte locale, deux dégrés contre
dont une d’ombre modifiée, n° 5 g[am]me B. et l’autre d’ombre colorée
n° 5 g[am]me A. Ce dernier se prolonge seul, jusqu’au milieu
du redoublement, où il fait un, contre deux.

Il rabaisse la moitié gauche du n° 6, en lui donnant
dans les mêmes proportions, de la lumiere modifiée et de la
lumière colorée.

Le n° 5 g[am]me B. porte la simple modification sur la
pointe droite de la hachure n° 4, et sur la pointe gauche
de la hachure n° 6, ponts sur lesquels elle n’existait pas
encore, de sorte qu’il n’y a plus d’intervalle, entre ces
trois différents numéros, ils se suivent sans se couvrir
en apportant chacun dans la combinaison de deux ton,
une partie de teinte modifiante contre deux de teinte
locale.

6eme rang.[modifier]

Le sixième rang ne diffère du cinquième qui
parce que la hachure n° 5 se constitue en hachure-franche
pour y apporter la modification-double en supprimant
son n° 5 g[am]me A.

Ainsi le n° 5. g[am]me B. réhausse la moitié droite
du n° 4, en communiquant sur sa pointe, teinte locale,
deux dégrés d’ombre modifiée contre, dont un seul se
prolonge jusqu’au milieu du redoublement où il fait
un, contre deux, dont un n° 4, g[am]me B. et l’autre
n° 4, g[am]me A. Elle rabaisse de même, la moitié gauche de la hachure n° 6.

Dans sa combinaison, avec ses voisines les hachures nos 4 et 6,
la hachure n° 5, reçoit d’elles d’une part, sur sa pointe gauche,
de la lumière modifiée communiquée par le redoublement
n° 4, g[am]me B, ce qui complète sur ce premier point, la modification
-double ; et sur sa moitié gauche, de la lumiere colorée
communiquée par la grande duite n° 4 g[am]me A, ce qui
rappelle sur cette moitié la teinte locale.

D’autre part, sur sa pointe droite, de l’ombre modifiée
communiqué par le redoublement n° 6. g[am]me B. ce qui
complète sur ce second point la modification-double ; et sur
sa moitié droite de l’ombre colorée communiquée par la
grande duite n° 6 g[am]me A. ce qui rappelle sur cette
autre moitié, la teinte locale.

Les hachures nos 4 et 6 font chacune, le passage de la
teinte locale à la modification double, la premiere le fait
par la moitié gauche de son redoublement, où il ne se
trouve qu’une seule duite n° 4 g[am]me B. la seconde le
fait par la moitié droite du sien, où il ne se trouve
pareillement, qu’une seule duite n° 6 g[am]me B.

Ainsi, sur ces deux moitiés de redoublemens se trouve
encore la simple modification, c’est-à-dire, une duite de
teinte modifiante gamme B, contre deux duites teinte locale
gamme A.
Tandis que, sur les deux autres moitiés, ainsi que sur
toute l’étendue du ton n° 5 se trouve la modification-
double, c’est-à-dire aussi, deux duites teint modifiante-
gamme B. contre une seule duite teinte locale gamme A.

Dans quatrième et cinquième rangs, la simple-
modification donne une teinte très légèrement violâtre aux
tons nos 4, 5 et 6.

Dans le sixième rang, elle conserve cette même teinte
seulement, sur la partie gauche du milieu de la hachure
n° 4. et sur la partie gauche du milieu de la hachure
n° 6.

Sur les deux autres moitiés, ainsi que sur le ton n° 5.
la modification-double donne une teinte très violâtre.

7eme Rang.[modifier]

Le ton n° 5 reçoit la modification par deux gammes.
Il commence sa hachure par la grande duite, avec
le n° 5 g[am]me B. et la finit par le redoublement, avec
le n° 5 g[am]me C. de sorte que sa combinaison avec
ses voisines, les hachures n° 4 et 6. etant toujours la
même. Elle continue à recevoir d’elles, d’une part,
sur sa pointe gauche, de la lumiere modifiée communique
par le redoublement n° 4 g[am]me B. qui aboutit à la gauche
de son redoublement n° 5 g[am]me C. ce qui complète et continue
sur ce premier point la modification double, et sur sa
moitié gauche, de la lumière colorée communiquée par
la grande duite n° 4 g[am]me A. ce qui rappelle sur cette
moitié, la teinte locale.

D’autre part, sur sa pointe droite de l’ombre
modifiée communiquée par le redoublement n° 6 g[am]me B.
qui aboutit egalement à la droite de son redoublement n°
5. g[am]me C. Ce qui complète et continue aussi, sur ce
second point, la modification-double ; et sur sa moitié
droite, de l’ombre colorée communiquée par la grande
duite n° 6. g[am]me A. ce qui rappelle egalement, sur
cette autre moitié, la teinte locale.

Ces deux dernieres grande duites teinte locale dont
l’une rappele la lumière colorée sur la moitié gauche
et l’autre l’ombre colorée sur la moitié droite de la hachure
n° 5, se trouvent liées d’harmonie, avec le n°5 g[am]me C.
par la grande duite n° 5 g[am]me B, qui fait leur intermédiaire
de gammes : comme, jointe à son auxiliaire, la
duite de son redoublement n° 5 g[am]me C, elle fait leur
intermédiaire de tons.

Résumé des teintes produites par le corps de hachures
à partir du 7eme rang inclus jusqu’au dernier.

La teinte-locale-franche, se trouve depuis le n° 1
jusqu’à la droite du redoublement n° 3, d’un côté.
et de l’autre sur le redoublement n° 7.

La simple-modification se trouve, d’un côté,
sur la pointe droite du n° 3, et sur la moitié gauche du
redoublement n° 4.
et de l’autre, elle se trouve sur la pointe gauche du
n° 7. Et sur la moitié droite du redoublement n° 6.
La modification double se trouve, d’un côté,
sur la moitié du redoublement n° 4. Et sur la
pointe gauche n° 5.

Et de l’autre, sur la moitié gauche du redoublement
du n° 6. et sur la pointe du n° 5.

La modification par deux gammes, se trouve
sur le redoublement n° 5, sur la pointe duite n° 4.
et sur la pointe gauche n° 6.
Ainsi, la teinte locale est………..beau-cramoisi,
La simple modification…………….violâtre-très-léger,
La modification double…………….violâtre-très-prononcé,
et la modification par deux gammes….beau-violet.

Le résumé des teintes obtenues dans la fabrication
par la combinaison et par le mélange varié des hachures,
marche comme résultat, à l’appui du choix des gammes
(v: page 4.) qui nous a fait remonter la troisième jusqu’au
bleu indigo pour en obtenir du beau-violet seulement.

9ème chapitre. De l’imitation en[modifier]

tapisserie d’ornemens de fleurs[modifier]

de figures humaines && peints[modifier]

d’après le système du clair obscur[modifier]

en faisant usage des hachures[modifier]

n° 14

2ème, 3ème, et 5ème exemples.
[légende]

IV partie.

[…] 9 chapitre.

Illustration 21 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

chapitre 9.

Hachures franches et hachures composées fait par deux duites.

Illustration 22 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

IV partie. 9 chapitre.

Illustration 23 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

2eme exemple, des hachures composées faites
par deux duites.

Pour étendre la modification double dans plusieurs
tons, nous allons reprendre le même corps de hachures
que nous venons d’expliquer, au cinquième rang, où
le n° 5 g[am]me B s’en constitué en hachure franche.

Pour ne conserver qu’une seule hachure franche, dans la
teinte locale, nous réduisons la gamme A, à six tons,
en en retranchant le septième.

Nous augmentons la gamme B en y ajoutant deux
tons, qui sont les nos 2 et 3.

Ainsi la premiere gamme se compose de 6 tons.
Et la deuxième de 5, à partir de la hauteur du 2eme jusqu’à
celle du 6eme.

1er Rang.[modifier]

Le premier rang commence par la hachure franche n° 1.

Le n° 3 commence la sienne par la grande duite, avec
le n° 3 g[am]me A. et la finit par le redoublement avec
le n° 3 g[am]me B.

Le n° 5 fait entièrement sa hachure avec le n° 5 g[am]me B.

Le n° 2 commence la sienne par le redoublement avec
le n° 2 g[am]me B et la finit par la grande duite avec le
n° 2 g[am]me A.

Les nos 4 et 6 commencent également chacun la leur par
le redoublement avec leur n° 4 et 6. g[am]me B, et la finissent
par la grande duite avec leur n° 4 et 6 g[am]me A. de sorte,
que la simple modification se trouve établie sans
intervalle dans les nos 2 , 3,et 4. et la modification double dans les nos 5 et 6.

L’absence de la teinte locale dans la hachure n° 5,
se trouve remplacée, moitié en lumière et en ombre
colorées, par sa combinaison avec ses voisines les
hachures nos 4 et 6, la hachure n° 4 couvre sa moitié gauche
de lumiere colorée, avec sa grande duite n°4 g[am]me A.
et la hachure n° 6 couvre sa moitié droite d’ombre
colorée, avec grande duite n° 6 g[am]me A.

La suppression du n° 5.A. et la composition de la
hachure n° 6 établissent la modification-double dans ces
deux tons. Mais du moment qu’on voudrait n’avoir plus
que la simple modification dans le ton n° 5, et qu’on
voudrait conserver la double dans le ton n° 6 seulement,
ou recomposerait la hachure n° 5 avec son n° A qui ferait
sa grande duite, et avec son n° B, qui ferait son redoublement.
Et on supprimerait alors le n° 6.A. pour faire sa hachure-
franche avec son n°B. seulement.

Un corps de hachures de deux duite présente,
Par le mélange mutuel des hachures, trois différentes
distributions, chaque rang se compose de trois
duites.

3eme exemple, des hachures composées.[modifier]

Pour étendre la modification par deux gammes
dans plusieurs tons.

Nous conservons telles qu’elles sont les deux
premieres gammes qui nous ont servis dans le 2eme exemple.
Et nous ajoutons deux tons à la gamme C. qui sont
les nos 3 et 4.

Ainsi la première gamme se compose de 6 tons.

La deuxième de 5 à partir de la hauteur du 2eme
jusqu’à celle du 6eme.

La troisième de 3, à partir de la hauteur du 3eme
jusqu’à celle du 5eme.

1er rang.[modifier]

Le premier rang se commence par la hauteur franche n°1,A.

ensuite , le n° 3 commence sa hachure par la grande duite
avec le 3.B. et la finit par le redoublement avec le 3,C.

Le n° 5 commence également la sienne par la grande duite
avec le 5.B. et la finit par le redoublement avec le 5.C.

Dans sa nouvelle composition, la hachure n° 3 supprime
son n° 3.A, comme la hachure n° 5 a supprimé le sien lors
qu’elle s’est constituée en hachure franche pour faire la
modification double au 6eme rang du 1er exemple.

Le n° 2, commence sa hachure par le redoublement, avec
le 2,B. et la finit par la grande duite, avec le 2,A.

Le n° 4. commence également la sienne par le redoublement
mais avec le 4.C. et la finit aussi par la grande duite, avec la 4,A.

Le n°6 commence également la sienne par le redoublement
avec le 6.C et la finit aussi par la grande duite, avec le 6,A.

Dans leur nouvelle composition les hachures 4 et 6
suppriment chacune leur n°4 et 6 B. aussi dans le
mélange particulier de leur composition, et tout à fait
en dehors de celui qu’ajoute la combinaison mutuelle
des hachures, ces même hachures nos 4 et 6. n’y présentant
que la réunion de deux différentes couleurs, qui n’ont
d’accord entre elles que dans leur même hauteur de ton.

Mais, par leur combinaison mutuelle avec leurs voisines,
les hachures nos 3 et 5. elles retrouvent chacune, moitié
en lumière, moitié en ombre, la teinte intermédiaire
qui les harmonise. Voici comment !

Par sa grande duite B, la hachure n° 3 couvre en
lumiere modifiée, la moitié gauche de la hachure n° 4.
Comme de l’autre côté, également par sa grande duite B,
la hachure n° 5, couvre sa moitié droite duite en ombre, en
même tems qu’elle couvre aussi la hachure profil n° 6
en lumière modifiées.

Ainsi, dans leur compositions et dans leur mélange particuliers, les hachures
n° 3 et 5. n’ont pas de couleur gamme A. comme dans
les leurs, les hachures n° 4 et 6, n’ont par de couleur
gamme B. c’est dans leur combinaison, dans leur
mélange mutuels qu’elles retrouvent chacune, ce qui
leur manque en leur particulier.
Il résulte encore de ces deux différentes compositions de
hachures dans un même rang, un autre mélange d’ordre
régulier, non seulement parce que les hachures s’enchaînent
mutuellement en se posant à cheval moitié les une sur les
autres, mais encore parce que celles qui se composent de
B, et C. se suivent et ou ne se mélangent pas entre elles, mais
bien avec celles qui se composent de C, et A.

Les redoublemens se suivent egalement sans se mélanger entre
eux. Le n° 1, A, est franc de gamme dans son mélange
avec la pointe gauche du n°2,A, qui le recouvre.

Le n° 2 B se pose à cheval, moitié sur la pointe n° 1,A où
il fait, par son mélange avec elle, la simple modification, et
moitié sur la pointe n°3,B, où il fait également, par son
mélange avec elle, le complément de la modification double.

Mais, partout où la modification se fait par deux gammes,
les autres redoublemens se posent à cheval, les nos 3 et 5,C et C.
sur les pointes nos 2,A. 4,A. et 6,A. et les nos 4,A. et 6,A.
sur les pointes n° 3,B. et 5,B. [schémas non retranscrits]

Illustration 24 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[schémas non retranscrits]

Illustration 25 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[schémas non retranscrits]

Illustration 26 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[schémas non retranscrits]

Illustration 27 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

4eme exemple des hachures composées.[modifier]

Pour établir, 1° dans un corps de hachures franches,
gamme A,+ La simple modification gamme B, dans
quelques tons seulement ; pour ensuite l’établir partout.

2° de la simple modification passer à la
modification double même gamme.

3° de la modification double, passer également
à la modification par deux gammes, B et C. en
mettant toutefois, les trois gammes à égal nombre de tons.

Pour en suivre plus facilement l’explication, nous la
ferons sur un rang de hachures divisé en demi rangs.

Dans le premier, la simple modification se commence
dans le redoublement en finissant telle ou telles hachures,

Dans le second, elle se fait également dans le
redoublement, mais en commençant elle même
telle, ou telles hachures. fig : 2.

Elle se trouve établie partout quand tous les
redoublemens sont faits en B. fig : 3.

Ainsi il est bien entendu que si on commence
la simple modification, dans le second demi rang par
exemple, c’est toujours en commençant la hachure ;
et que si on commence dans le premier, c’est

au contraire toujours en la finissant. 

Pour commencer à la fois la modification double,
dans un ou plusieurs tons, des deux demi-rangs
d’un corps de hachures composées quelconque […] la simple modification […]rait déjà établie partout
comme par exemple, dans les n°1 et 5 du premier 1/2 rang
et dans les nos 2 et 6, du second. fig : 4.

Les nos 1, 3, 4 et 6, restent hachures-composées, et les
nnos 2 et 5, se constituent en hachures-franches, en
supprimant chacun leur n° A.

On fait ainsi, autant de rangs qu’on le juge convenable ;
et pour étendre la modification double partout
il faut d’abord en premier demi-rang, constituer les
nos 1 et 3, en hachures-franches, en supprimant également
à chacun leur n° A. et au second demi-rang, il faut au
contraire reconstituer le n° 2 en hachure-composée
en lui faisant refaire sa grande-duite avec son n° A.

Par ce moyen, les hachures du premier demi-rang se
trouvent toutes franches B. et celles du second,
toutes hachures composées A,B. Par leurs redoublements elles
trouvent aux premieres, le complément de la modification
double sur leurs pointes, et par leurs grandes duites,
la teinte locale A. sur toute leur étendue.

Si on voulait au contraire, que les hachures-franches B,
finissent toutes dans le second demi-rang au lieu d’être dans le premier, ce serait alors le n° 5, qui se reconstituerait en hachures-composée[s] au lieu n° 2, et ce serait les nos
4 et 6. qui se constitueraient en hachures-franches au lieu des nos1 et 2. fig : 6.

Ces deux points sont très importants pour conserver la
clarté dans l’ordre régulier des hachures, et pour que
leur combinaison et leur mélange mutuels ne donnent pas
deux parties B, ou deux parties A. où il n’en faut qu’une.

Ainsi il est bien entendu pour le résumer, que pour
établir partout la modification-double, dans un corps de
hachures-composées quelconque où
elle existe déjà, dans un ou plusieurs tons des deux demi-rangs
à la fois ; qu’il faut, si on veut l’établir dans le
premier demi-rang, que se soit la derniere hachure
qui y teint la droite, qui se constitue en hachure-franche.
Et que si au contraire, on veut l’établir dans le second,
il faut que se soit la premiere hachure qui y teint la
gauche, qui se constitue également en hachure-franche.

Pour commencer à la fois, la modification par deux
gammes, dans un ou dans plusieurs tons, des deux demi-
rangs d’un corps de hachures-composées quelconque, où
la modification-double existe déjà partout ; comme
par exemple, dans les tons nnos 1 et 5 le premier demi-rang,
et dans les tons nos 2 et 6, du second. fig 7.

Les nnos 1 et 5. cessent d’être hachures-franches en faisant
chacune leur redoublemens avec leur n° 1 et 5.C.
Le n° 3. reste en hachure-franche B.
Les n° 2 et 6. suppriment chacun leur n° B, qui faisaient
leurs redoublemens, et les remplacent par leur n° C.
Le n° 4, reste hachure-composée A.B. On fait ainsi autant de rangs qu’on le juge convenable,
et pour étendre partout la modification par deux-gammes, fig : 8.
il faut d’abord, au premier demi rang, constituer le n°3 en
hachure-composée en faisant son redoublement avec son n°.C.
et au second demi rang, supprime le n°4.B. qui faisait le
redoublement, pour le remplacer par le n°4.C.

Par ce moyen, les hachures d’un premier demi rang se trouvent
toutes composées, comme il suit, grandes-duites B, et redoublemens
C. celles du second se trouvent ainsi composées, redoublemens
C, et grande duites A.

On peut également établir les modifications, indiquées
dans cette derniere figure, en composant en sens inverse,
les hachures qui forment les deux demi rangs, c’est à dire,
pour le premier, grandes-duites A. redoublemens C.
et pour le second, redoublemens C, et grandes-duites B comme
l’indique la figure 9.

Observation[modifier]

La rigidité d’ordre que nous établissons dans la formation
des hachures ainsi que dans leur mache régulière, doit
s’observer jusque dans ses plus minutieux détails, tant
qu’il s’agit d’apprendre le métier des hachures. Mais,
du moment qu’on en sait parfaitement suivre l’enchaînement
régulier ; c’est alors qu’on peut prendre toutes sortes de licences,
c’est à dire, qu’on peut, au lieu de commencer
immédiatement
la hachure n° 3 après la hachure n°1 on peut commencer de
suite le n° 2 sur le n° 1, le 3 sur le 2, 4 sur
3, 5 sur 4 et ainsi de suite.

La seule différence qui s’y trouve, c’est que les
redoublemens se trouvent en partie couverts, mais on Concevra facilement, que malgré cette différence,
l’œil exercé n’a plus de pointe à les suivre.

Cette marche libre n’est pas sans avantages dans
certains passages ; elle fait disparaître jusqu’aux
traces de symétrie, et plus particulièrement dans les
corps de hachures très resserés, elle y simplifie la
réunion, dans tous les tons, d’une modification quelconque
qui y serait commencée partiellement dans les deux demi
rangs à la fois.

Les différentes citations que nous venons de faire pour
modifier un corps de hachures-franches dont l’exemple
et pris dans le cercle le plus étroit possible, sont egalement
applicables partout ; dans les corps plus ou moins larges,
plus ou moins resserrés, se composant de beaucoup de
tons, ou de peu ; et par conséquent, également
applicables dans les hachures de la plus large dimension,
comme dans celles de la plus étroite, telles que hachures de
milieu sur quatre fils, et hachures de profil sur deux. [schémas non retranscrits]

Illustration 28 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[schémas non retranscrits]

Illustration 29 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

5eme exemple des hachures composées.[modifier]

Introduire les gammes les unes dans les autres, ou
les réformer, de maniere à ce que leur introduction ou
leur suppression soit presqu’invisible à l’œil, par la
manière de distribuer leurs tons dans les différentes parties
de hachures qu’ils doivent occuper, ou qu’ils doivent
cesser d’occuper.

Sur les différentes figures, et sur le mouvement des
hachures composées, par rapport à la douceur ou à la
fermeté des teintes qu’elles traduisent et par rapport à
la forme qu’elles présentent sur la chaîne.

Corps de hachures.

cinq tons d’une gamme A

trois idem…………B portant la hauteur les nos 2,3 et 4

un idem…………C portant la hauteur du……3.

Ce petit corps se hachures, établi d’abord en hachures
franches A. conservera, 1° la teinte locale franche,
sur la moitié gauche de la hachure n° 1, et sur la
moitié droite de la hachure n° 5.

2° la simple modification B. sur la pointe de
ces deux même hachures n°1 et 5.

3° la modification double sur la pointe gauche
et sur la pointe droite de la hachure n°3. 4°. la modification par les deux gammes B et C.
sur le milieu de cette même hachure n° 3.

Pour imiter le jeu de la brosse aux passage qui lient
légèrement en peinture, deux teintes ensemble, et pour ne
laisser paraître aucune trace de symètrie, nous attaquons
la simple modification comme il suit. v. fig : 1ere.

Premier demi-rang, tons nnos 1 et 5, hachure-franche A.
le ton n° 3 fait sa grande-duite et les deux tiers de son
redoublement avec son n° A, c’est-à-dire, un tiers à droite
et un tiers à gauche, laissant par conséquent la troisième
partie qui en forme le centre vide.

Cette petite partie creuse se rempli avec le n° 3.B.
le deuxieme demi-rang recouvre le premier avec les
hachures nnos 2 et 4. Ces deux hachures commencent
chacune en faisant faire une certaine partie de leur redoublemens
par leur n° B. et terminent le reste avec leur n° A.

On continue ainsi pendant quelques rangs, en portant la
duite modifiante tantot sur la droite, tantot sur la gauche
du redoublement qu’elle doit finir par occuper entièrement,
en lui donnant progrèssivement plus de largeur, de sorte
qu’avant d’arriver à son apogée elle se trouve morcelée
par différentes parties de la teinte-locale son égale
de hauteur ; enfin cette teinte-locale qui la divise
suit son mouvement en se cadençant à ses deux extrémités
en la cêtoyant à droite et à gauche, perdant de sa
largeur à mesure que la duite modification en gagne.
disparaîssant insensiblement, de maniere à ne plus donner
qu’une légère parcelle de teinte-franche dans le denier
demi rang qui suit la réunion des trois tons modifiants.

Ensuite nous attaquons par le même moyen, la modification
double par le ton n°3. V : fig : 2.

2°. Premier demi-rang, ton nos 1 et5. hachures franches A. Le ton n°3 fait sa grande duite avec son n° A, mais
en la divisant en plusieurs parties de maniere à laisser de
petits intervalles, tant sur ses pointes, que sur le redoublement son n° B. rempli ces différents intervalles indépendamment
du redoublement qui lui est déjà acquis.

Le deuxième demi-rang : recouvre le premier avec les hachures
nos 2 et 4 ces deux hachures font chacune, entierement leur
redoublement avec leur n° B. Et leur grande duite avec
leur n° A. ainsi elles n’ont plus de changement à éprouver.

La grande duite n°3, A, se divise toujours en
plusieurs parties les diminuant successivement de
largeur, et les faisant porter aussi, sur d’autres points
que ceux qu’elles occupent dans la grande duite précédente
de sorte, que ces différentes parties s’échelonnent bien
les unes sur les autres, mais toujours en flotant en
sens inverse jusqu’à ce qu’enfin, elles cèdent tout
à fait la place au n°3,B. qui faisant alors la
hachure à lui seul donne le complément de la
modification double.

3° Premier demi-rang le ton n° 3, fait sa
grande-duite et les deux tiers du ton redoublement avec
son n° B, c’est-à-dire, qu’il fait ici avec ce même
numéro, ce qu’il a précédemment fait avec son n° A, pour
ménager l’introduction de la simple modification
ainsi, il en est de même aussi pour ménager celle de
la modification par deux gammes, jusqu’à ce
qu’enfin le n°3.C. soit entierement possesseur du
redoublement de sa hachure.

La suppression des tons modifiants s’opère par
le même moyen qui a fait leur introduction.

Le n°3.C. cède d’abord une légère partie de sa
place à son auxiliaire, et finit par se retirer tout
à fait : le n°3.B. seul possesseur de sa hachure
cède à son tour, partie par partie, sa grande duite
au n°3.A. son nouvel auxiliaire ; ensuite il lui
cède egalement partie par partie, son redoublement
et se retire. Il en est de même pour tous les tons.

Le moyen que nous venons d’expliquer, procure
non seulement, l’avantage d’introduire vaguement
les teintes les unes dans les autres, mais il donne aussi
en même tems, celui de rendre egalement vague la
forme horizontale que chacune de ces teintes présente
sur la chaîne ; tandis que si on les attaquait dans
toute la largeur du redoublement comme il est
indiqué au 1er exemple des hachures-composées,
il s’en suivrait un certain contournement qui
[schéma non retranscrit]

Illustration 30 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

[schéma non retranscrit]

Illustration 31 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

quoi que bien doux, laisserait appercevoir une
forme symétrique.

Maintenant nous allons expliquer le moyen
d’éviter egalement le contournement symétrique des formes
obliques et perpendiculaires que chaque teinte présente sur la
chaîne, où la largeur et la longueur des principales d’entre elles
se trouvent tracées pour indiquer le trajet qu’elles doivent suivre. Mais bien que leurs traces sur la chaîne
y présentent l’aspect de contours arrêtés, elles ne sont
cependant, dans l’interieur, que de simples-guides ; tandis
que celles qui arrêtent les contours extérieur d’un objet quelconque
sont des guides qu’il faut suivre très régulièrement.

C’est par des mouvements de hachures que ce moyen
s’exécute, fig n°4. afin[26] d’aboutir juste aux traces
des principales-teintes, la pointes des hachures
les dépasse de quelques fils, pour le premier rang d’abord ;
et pour le second, elle ne s’en approche, au contraire
qu’à quelques fils près ; et cela alternativement, et
toujours en proportionnant ces deux mesures à la largeur
des teintes, et par conséquent aussi, à celle des hachures.

Il résulte de ce flottement sur la ligne que décrit
une teinte, un engrénage qui produit le même effet
sur sa partie oblique, ou perpendiculaire, que celui produit
par le morcelement et la division de ses premieres duites,
lors de son introduction sur sa partie horizontale.

Il résulte aussi de ce même flottement sur ma ligne
marquant l’extrémité d’une teinte, le même mouvement
dans l’intérieur du corps de hachures ; car si la pointe
de la premiere hachure de ce côté, se trouve alternativement
à quelques fils en dehors, ou en dedans de la ligne tracée
son redoublement peut egalement suivre tout à fait, ou
en partie, le même mouvement en avançant ou en
reculant aussi de quelques fils.

Le même mouvement se communique egalement à
toutes les autres hachures suivantes, en laissant la faculté
de se prononcer plus ou moins, selon les petites différences
qui peuvent se rencontrer sur la distances de tons dans l’ensemble d’une gamme, différences que l’on fait
disparaître dans la fabrication, on alongeant en même tems les hachures
qui combinent ensemble deux tons fermes, et en
raccourcissant celles qui combinent ensemble deux tons
peu prononcés.

Pour obtenir une égale douceur dans la
formation. De chaque teinte, et dans leur passage de
l’un à l’autre. Il faut, que les tons soient à égale
distance les uns des autres, que leurs hachures de
milieu aient toutes la même figure et la même étendue
en se divisant ainsi qu’il suit: v: fig : 5.

Pour le redoublement, la moitié formant le centre de l’étendue.

Pour les pointes de droite et de gauche, chacune
un quart formant les deux extrémités,
que les deux hachures profils qui ferment les extrémités du
corps de hachures, soient divisées chacune par deux
parties égales, dont la moitié droite pour le redoublement
et l’autre moitié pour la pointe de celle qui ferme
la droite ; la moitié gauche pour le redoublement
et l’autre moitié pour la pointe de celle qui ferme
la gauche.

Pour obtenir la fermeté de teintes, par la
figure irrégulière des hachures. v: fig 6.

Nous reprenons[27] le corps de hachures au point où
nous l’avons quitté, pour en partant de là, changer
la figure des hachures nos 3, 4 et 5, afin d’opposer
graduellement la teinte composée n°3, B et C, à la
teinte-franche A, n°5.

4° Premier demi-rang :
Le ton n° 1 comme dans le rang précédent, fait sa
hachure-franche A, toujours régulier et la conserve
ainsi qu’à la fin.

Le ton n° 3 fait sa hachure irrégulière. Sa grande
duite B, comme dans le rang précédent, mais redoublement
C, s’agrandit en gagnant successivement de hachure en
hachure, quelques fils sur sa pointe droite jusqu’à ce
qu’il n’en reste plus qu’un seul.

Le n° 5 fait sa hachure-franche A. mais
irréguliere, agrandissant aussi son redoublement au dépend
de sa pointe jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un seul
fils. Ce redoublement fait à mesure un mouvement avancé
sur sa gauche, comme celui n°3 le fait sur sa droite, de
sorte qu’ils finissent par n’être plus séparé que par deux
fils seulement don [sic] un fil faisant la pointe de la hachure
et un autre fil faisant la pointe de celle n°5.

Deuxième demi-rang :[modifier]

Le ton n° 2 fait sa hachure reguliere comme
dans le rang précédent ; son redoublement avec son
n° B, et sa grande duite avec son n° A.

Le ton n° 4. fait sa hachure irréguliere, son
redoublement B. diminue naturellement à mesure que
ceux des n° 3 et 5. avancent l’un vers l’autre,
de sorte que du moment où ces deux redoublemens
arrivent chacun à un fil près de la pointe de leur hachure,
celui-ci de trouve n’avoir plus que deux fils, dont un
sur la pointe n° 3 et l’autre sur la pointe n° 5.

Ainsi les hachures nos 3, 4 et 5, perdent leur forme régulière que voici :

[schéma no retranscrible]

Pour prendre successivement celles-ci :

[schéma no retranscrible]

Alors il résulte pour le passage de la teinte locale à
celle de la modification par deux gammes, par l’intermédiaire
des modifications simple et double, et par la conservation de la forme réguliere sur la moitié gauche de la hachure
n° 3. Une dégradation large tant sous le rapport des
que sous celui des gammes. Tandis que par la forme
irrégulière de la moitié droite de cette même hachure n° 3
ainsi que par celle du n° 5. Ce même passage, quoi
que conservant les mêmes combinaisons sous le rapport de
la dégradation des tons, comme sous celui des gammes,
se trouve circonscrit de maniere à faire une oppositio
très prononcée, sous ces deux rapports, sans cependant
qu’être dénués de moelleux et d’harmonie.

Dans ce dernier passage, la simple modification
et la double n’occupent chacune qu’un seul fil : la premiere
sur celui qui fait la pointe de la hachure n° 5 et la
seconde sur celui qui fait la pointe de celle n° 3.

Nous passons aux hachures composées faites par
trois duites.

9ème chapitre.[modifier]

Des hachures composées faites par trois duites.[modifier]

6ème exemple des hachures composées[modifier]

n° 15. 

Des hachures-composées, faites par trois duites.[modifier]

Des hachures de trois duites ont deux redoublemens,
et sont par conséquent d’un tiers plus grosses, par le milieu,
que celles de deux duites.

Les trois duites dont se compose une hachure de milieu,
à figure régulière, doivent être distribuées dans son
étendue de la manière suivante :

Premiere duite, étendue de la hachure.
Deuxième duite, etendue du premier redoublement.
troisieme duite, etendue du second redoublement.

Le premier redoublement couvre les quatre sixièmes
de la première duite, en laissant un sixième à droite
et un autre sixième à gauche pour faire les pointes
de la hachure.

Le second redoublement couvre les deux sixiemes
faisant le milieu de la hachure, en laissant egalement,
à sa droite et à sa gauche un sixième entre chacune
de ses extrémités et entre celles du premier redoublement.

Ainsi, dans un corps de hachures, toutes celles qui
en occupent l’intérieur ont une pointe à droite, et une autre
pointe à gauche : ces pointes sont susceptibles, comme
celles des hachures de deux duites, d’être alongées ou d’être
raccourcies, selon la figure qu’on veut donner à la
hachure, pour adoucir ou opposer les teintes et les tons.

Les deux hachures qui ferment le corps de hachures, soit
sur les lisières comme le représente la planche des premiers
principes bandes-hachées, soit qu’elles s’appuyent sur un
contour de relacement ou qu’elles en dessinent un, sont
des deux hachures, ou des hachures de profils, dont la
figure réguliere se divise en trois parties égales, dont
l’étendue entière pour la grande duite qui fait la pointe,
les deux tiers de cette etendue pour le premier redoublement,
et le dernier tiers pour le second.

L’épaisseur profil de la figure porte sur le contour de
relacement, ou bien elle dessine : la pointe et les
redoublemens entrent dans le corps de hachures.

Les hachures de trois duites franches ou composées,
s’employent ordinairement dans les teintes larges, telles
que celles qui présentent les ciels, les fonds d’architecture,
les grandes draperies, les métaux traités largement et bien
variés de couleurs &c…

Dans la combinaison de deux gammes, par les hachures
de trois duites, on obtient une modification de plus que
dans la même combinaison par les hachures de deux duites :

… de même pour la combinaison 3 gammes on obtient encore
… modification de plus […] 5 au lieu de 3.

Cette ressource devient particulierement très précieuse
dans l’imitation des teintes larges que nous venons de
cités un peu plus haut.

Un corps de hachures-franches … ou composées, d’une grande
présente par le mélange mutuel des hachures, quatre
différentes distributions chaque rang se compose de 4 duites ; de sorte qu’il s’en suit
un bel empâtement de tons, et que pour peu qu’on
rapproche les redoublemens d’une hachure vers ses pointes
on obtient des fermetés de tons très variées.

L’introduction d’une gamme dans une autre gamme
déjà établie en corps de hachures franches de teintes duites
diffère de bien peu de chose de la combinaison employée
dans les hachures de deux duites. Il faut, si la simple
modification s’introduit au premier demi rang, par les
grands redoublemens, qu’elle s’introduire au second, par
les petits, ou bien l’inverse ; par les petits redoublemens
au premier demi rang, et par les grands au second ;
mais il faut aussi par la duite modifiante prenne son
ordre de distribution de maniere à terminer la hachure
qui la reçoit au premier demi rang, et au contraire,
à commencer celle qui la reçoit au second: ainsi,
c’est dans l’ordre de distribution seul, que son introduction
diffère de celle qui se fait dans les hachures de deux duite
[V: la remarque page VI suivante.]

Nous allons en donner l’explication, duite par duite,
et donner aussi successivement celle de toutes les
modifications possibles.

Comme l’exemple d’un corps de hachures se composant
de cinq tons seulement, donne la mesure de tons ceux
qu’on pourrait prendre, nous nous bornerons à le suivre
sur cette échelle, comme nous l’avons déjà fait dans les
précédents exemples, aux hachures composées faites par deux duites,
ainsi nous prenons toujours une gamme locale A. se composant
de cinq tons. Une gamme modifiante B. Une idem C. se composant
également chacune de cinq tons.

Il est inutile de répèter que ces trois g[am]mes doivent être égaux de hauteur. [schéma non retranscrit]

Illustration 32 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[schéma non retranscrit]

Illustration 33 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

6eme exemple des[modifier]

hachures-composées[modifier]

Hachures de trois duites.[modifier]

Corps de hachures-franches A. composé de
cinq tons, représenté par un seul rang de hachures
divisé en deux rangs. V. fig 1.

Premier demi-rang :

Ton n° 1. Présentant la ligne réguliere d’une demi
hachure, ou hachure de profil, se commençant par la
grande duite, ensuite le grand redoublement, et se
finissant par le petit.

Ton n° 3. Figure régulière d’une hachure de milieu,
se commençant par la grande duite, ensuite le grand
redoublement, et se finissant par le petit.

Ton n°5. Même figure qu’au n°1 se commençant
et se finissant de même.

Deuxième demi-rang.

Ton n° 2. Figure régulière d’une hachure de milieu
se commençant par le petit redoublement, ensuite le
grand et se finissant par la grande duite.

Cette hachure lie ensemble les nos 1 et 3, se plaçant
à cheval sur la hachure profil et sur la moité gauche
de la hachure de milieu, en s’y distribuant ainsi qu’il
suit :

Petit redoublement à cheval sur les deux pointes,
grand redoublement posant sur les parties découvertes des
des deux autres grands redoublemens,
grande duite posant sur le petit redoublement, profil n° 1
et sur la moitié gauche du petit n° 3.
Ton n° 4 même figure qu’au n° 2.
Cette hachure lie ensemble les nos 3 et 5. en se
distribuant sur ces deux hachures comme le n° 2.
C’est distribué sur celles nos 1 et 3.

Modification B, par une duite contre trois A.[modifier]

sous le n°2. fig : 2.

Premier demi-rang.

Le ton n° 1 commence sa hachure par la grande
duite A. ensuite le grand redoublement duite B. et la
finit par le petit redoublement duite A.

Le ton n° 3 commence sa hachure par la grande
duite A. ensuite le grand et le petit redoublements
comme dans la hachure précédente.

Le ton n° 5 commence et finit sa hachure
comme les précédentes

Deuxième demi-rang.

Le ton n° 2. commence sa hachure par le petit
redoublement B. ensuite le grand redoublement A.
et la finit par la grande duite A.

Le n°4 commence et finit sa hachure comme dans la précédente.

Remarque.[modifier]

Nous venons d’expliquer duite par duite, la formation
des hachures telle qu’on peut la tracer sur la papier !

Nous allons maintenant faire remarquer la légère différence
qui se trouve dans la distribution des duites pour en faire
l’application sur la chaîne.

Dans la fabrication d’une hachure-composée on ne
quitte par le ton qui la commence sans qu’il ait lancé
de suite, le nombre de duite qu’il doit y apporter ;
par exemple : au lieu de quitter le n 1.A.
quand il a fait la grande duite de sa hachure, pour
prendre à sa place le n° 1.B. et faire le grand redoublement,
pour reprendre ensuite le n°1;A. et finir avec lui la
hachure par le petit redoublement, comme l’indique la
figure sur le papier. On fait faire de suite, à ce dernier et
la grande duite et le petit redoublement, puis ensuite
le n°1.B. finit la hachure en faisant le grand redoublement
passant par dessus le petit.
La même distribution de duites se fait pour toutes les
hachures dont se compose le premier demi-rang. Pour
celles dont se compose le second, elle se fait duite par
duite comme la figure l’indique sur le papier.
Si au lieu d’être introduite dans le grand redoublement
des hachures du premier demi-rang, la duite modifiante
l’était dans le petit, ce serait dans celles-ci que la
distribution de duites se ferait duite par duite comme la
figure l’indique sur le papier. Et par conséquent

 

Modification B. par deux duites, contre[modifier]

deux A. sous le n° 3. fig : 3.[modifier]

Premier demi-rang.[modifier]

Le ton n° 1, commence sa hachure par la grande
duite avec le n° A. et la finit par le grand redoublement
et par le petit avec le n° B.
Les tons nos 3 et 5. commencent et finissent chacun
leur hachure, comme le précédent.

Deuxième demi-rang.[modifier]

Les tons nos 2 et 4 commencent chacun leur hachure
par le petit redoublement et par le grand, avec leur
n° B. et les finissent par la grande duite avec le n° A.

==Modification B par trois duites ; contre
une A. sous le n° 4. fig : 4.

Premier demi-rang.[modifier]

Les nos 1, 3 et 5. font chacun leur hachure-franche B.

Deuxième demi-rang.[modifier]

Les nos 2 et 4. commencent chacun leur hachure par
le petit, et par le grand redoublemens, avec leur n° B. et la finissent par la grande duite avec leur n° A.

Modification B et C. B par deux duites, C par une duite contre une A. sous le n° 5. fig : 5.[modifier]

Premier demi-rang.

Les nos 1, 3 et 5. commencent chacun leur hachure
par la grande duite avec leur n° B. Ensuite le grand
redoublement avec leur n° C. et la finissent par le petit
redoublement avec leur n° B. (faire ici l’application de sa
remarque page VI. Pour le trajet des duites sur la chaîne.)

Deuxième demi-rang.

Les nos 2 et 4. commencent chacun leur hachure par
le petit redoublement avec leur n° C.
Ensuite le grand redoublement avec leur n° B. et la
finissent par la grande duite avec leur n° A.

Modification B et C. par une duite

C par deux duites contre une A. sous le n° 6.’

Premier demi-rang.

Les nos 1, 3 et 5. commencent chacun leur hachure
par la grande duite, avec leur n° B. et la finissent
par le grand et par le petit redoublemens avec
leur C.

6eme exemple des hachures composées[modifier]

Hachures de trois duites[modifier]

Résultat du rapprochement des demi-rangs,
par la réunion de trois rangs de hachures.

1° modification B. Trois duites contre une A. N° 4

2° idem B et C. B, deux duites, C, une
contre une A. sous le n° 5.

3° idem, B et C, une duite, C. deux contre une A
sous le n° 6.

N° 6. Fig : 6. v. page IX.

N° 5. Fig : 5. v. page IX.

N° 4. Fig : 4. v. page VIII.

 

[schéma non retranscrit]

Illustration 35 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

[schéma non retranscrit]

Illustration 36 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

6eme exemple des[modifier]

hachures-composées[modifier]

Hachures des trois duites[modifier]

Résultat du rapprochement des demi-rangs ; par
la réunion de douze rangs de hachures.

1° Introduction de la gamme C. dans la hachure
n° 3, par son grand redoublement : sous le n° 7.

2° Introduction de la gamme. C. dans différentes
parties des hachures nos 1, 2, 3, 4 et 5 sous le n° 8.

N° 8.
N° 7.

Illustration 37 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

===Deuxième demi-rang.===

Les nos 2 et 4.commencent chacun leur hachure
par le petit et le grand redoublemens avec leur n° C.
et la finissent par la grande duite avec leur n° A.

Les cinq différentes combinaison que nous venons
d’expliquer forment cinq différentes modifications qui
atténuent successivement le corps de hachures-franches
A., que nous avons choisi pour teinte-locale ou teinte
primitive ; sans cependant en faire disparaître la
couleur dans aucune partie de sa surface, comme
le représente la figure de ce 6eme exemple, au
résultat de chaque modification par le rapprochement
des demi-rang, sous les n° 2, 3, 4, 5 et 6.

Les différents moyens que nous avons expliqué
au 5eme exemple page XI. des hachures-composées
faites par deux duites pour introduire les gammes les
uns dans les autres, ou pour les réformer, de maniere
à ce que leur introduction et leur suppression soient
presque imperceptibles par la maniere de distribuer leurs
tons dans les différentes parties de hachures qu’ils
doivent occuper ou qu’ils doivent cesser d’occuper.

Sur les différentes figures, et sur le mouvement
des hachures-composés, apr rapport à la douceur
ou à la fermeté des teintes qu’elles traduisent; et
par rapport à la forme que les mêmes teintes
présentent sur la chaîne, sont mot à mot
applicables aux hachures-composées faites par trois
duites.

Nous avons dit, page II, que dans la combinaison
de deux gammes par les hachures de trois duites on
obtenait une modification de plus que dans la même
combinaison, par les hachures de deux duites ? Et que de même, dans celle de trois gammes, on en obtenait
encore une de plus ; ce que fait cinq différentes
modifications au lieu de trois ?

Voici ces cinq diverses modifications telles qu’on
les obtient dans un seul rang de hachures.
1 duite B, contre……………..3 duites A.
2 duite B, contre……………..2 duites A.
3 duite B, contre……………..1 duite A.
2 duite B, et 1.C. contre………1 duite A.
1 duite B, et 2.C. contre………1 duite A.

Et bien ces diverse-modifications ainsi que la
teinte-locale-franche, peuvent très clairement
s’établir dans un seul rang, en occupant que six
fils de chaîne et par le moyen de trois hachures
seulement, dont deux hachures-profils et une de
milieu, une franche et deux composées.

On obtient ainsi dans un si court espace six

6eme exemple des hachures-composées[modifier]

Hachures de trois duites

[schéma non retranscrit]

Page XII

Illustration 38 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Teintes diverses, se créant toutes dans la fabrication[modifier]

par le mélange, et par la combinaison de ces trois[modifier]

hachures.[modifier]

En voici l’explication et la figure à la suite :

N° 1. hachure-franche A.
pour la grande-duite, les trois premiers-fils ;
pour le grand-redoublement, les deux premiers-fils ;
pour le petit redoublement, le premier-fil.

N° 3. hachure-composée B.C.
pour la grande-duite B, les trois derniers-fils ;
pour le grand-redoublement C., les deux derniers-fils ;
pour le petit redoublement C. le dernier-fil.

N°2. hachure-composée A.B.
le petit redoublement B, couvrant, par les deux fils
du centre, les pointes nos 1 et 3 ;
le grand redoublement B couvrant
également, par les quatre fils du centre, les pointes, et
les bouts des grands redoublemens nos 1 et 3.

La grande duite A. couvrant par les six fils,
la totalité de ces deux mêmes hachures nos 1 et 3 qu’elle
lie en se combinant et en se mélangeant avec elles.

Explication du trajet et de la distribution des duites
pour éviter que les deux fils tissus nos 1 et 2 se trouvent
ensemble, pendant au bord de la lisiere du corps des hachures,
en faisant ici l’application du moyen indiqué au
4eme chap : IV partie, page XVI. des hachures-franches à la
troisième bande-hachée ; sauf qu’ici, la demi-liure
se trouve entre le premier fil-lisse et le premier fil-croisure au lieu de se trouver entre le deuxième fil-lisse et le
deuxieme fil-croisure. Cette différence s’explique
par l’extrême rétrécissement des hachures.

Ainsi la broche n°1,A. lance sa premiere demi-duite
sur le premier fil-croisure ; elle revient à gauche
par les deux premiers-fils-lisses ; elle fait son petit redoublement
sur le premier, en l’enveloppant d’un anneau, comme si
c’était un drillage partant de gauche à droite ; ensuite,
elle fait son grand-redoublement en retournant à droite
par le premier fil-croisure et au lieu de revenir à
gauche par le premier fil-lisse pour se terminer au point
d’où elle est partie, elle reste suspendue, en biaisant
à gauche, de manière que le fil-tissu n° 2 puisse se
croiser par dessus, en se lançant à sa place sur ce même
premier-fil-lisse afin d’occuper seul, le bord de la
lisiere. Alors cette broche n°2.A. reste seule
suspendue au bord, en attendant que l’ordre de distribution
des duites appele la sienne.

Le poids de la broche n° 2. ayant son fil-tissu croisé
par dessus le tissu n° 1, ajoute encore au poids de la broche
de ce dernier, pour empêcher ses petites-duites de se vriller ou de se détendre
La broche n° 3,B. lance sa premiere demi-duite
sur les deux derniers fils-croisures, et revient à gauche
en complètant sa grande-duite, par le dernier fil-lisse,
là cette broche reste suspendue.

La broche n° 3,C. lance sa premiere demi-duite
sur le premier dernier fil-croisure, elle fait son
petit redoublement, sur ce même fil, et l’enveloppant
d’un anneau formant aussi le drillage partant de
gauche à droite ; elle termine son grand redoublement
en revenant à gauche par le dernier fil-lisse.
La hachure n° 3 se trouve ainsi terminée et ses
broches B et C, restent suspendues entre le quatrieme
et le cinquieme fils.

La broche n° 2,B. lance sa premiere demi-duite
sur les deux premiers fils-croisures, elle revient à
gauche par le troisième et par le deuxieme fils-lisses,
elle retourne à droite par le deuxieme fil-croisure et
terminer le petit et le grand redoublemens en revenant
à gauche par le deuxieme fil-lisse : là elle reste
suspendue entre ce dernier et le premier croisure.

La broche n° 2,A. lance sa premiere demi-duite
sur les trois fils-croisures, elle termine la hachure
par la grande-duite, mais au lieu de revenir à gauche
par les trois fils-lisses, elle revient par les deux derniers
seulement, et reste là suspendue à la gauche de la
broche n° 1, qui à son tour croise son fil tissu par dessus
continuant cette derniere demi-duite en se lançant
par le premier fil-lisse, de sorte, qu’à son tour cette
broche n° 1, se trouve seule occupant le bord de la
lisiere, et par conséquent, toute prette à recommencer
au nouveau rang de hachures.

Au besoin, on peut encore ajouter à ce petit corps
de hachures, une modification nouvelle ; laquelle
occuperait le petit redoublement que le n° 3,C. lui cèderait
Si par exemple, la teinte résultant du mélange
de la duite A n° 2, avec la duite B et les deux duites C
n° 3, portait sur un contour de relacement formé
d’une teinte vert-gai n° 4, ou si elle s’y dessinait
ce qui est la même chose quoi que faisant l’inverse dans
la marche de la fabrication, qu’on voulut adoucir
et harmoniser l’apposition de l’une sur l’autre de ces
deux teintes : eh bien, on prendrait un vert-bleunâtre
n° 3,D. et on lui ferait faire le petit redoublement sur
le dernier fil en liant son fil-tissu avec celui du
n° 2,B. qui vient y aboutir, de sorte que rien ne
se trouverait changé dans l’ordre de la distribution
des duites ; si ce n’est le n° 3,C. qui cesse de faire
le petit redoublement pour le cèder à son deuxième
auxiliaire n° 3,D.

Par ce moyen on evite la secheresse de couleur:
quand au contraste de tons il est naturellement peu
Puisque c’est d’une part une teinte composée ayant presque
la hauteur du ton n° 3, portant, d’autre part, sur
une autre teinte ayant la hauteur du ton n° 4 seulement
mais si la teinte vert-gai portait un numéro
de ton plus élevé, comme par exemple, le n° 12,
au lieu du n° 4: on rendrait le contraste de
tons moins brusque en donnant une valeur de ton
plus élevé au ton D. comme par exemple 5 au lieu
de 3 , sans pour cela que le ton n°2 A, cesse de le
traverser. alors indépendamment de l’harmonie
de couleur que ce n°5,D. apporterait sur la ligne
de jonction des deux teintes, il y apporterait en
même tems l’harmonie de tons.

Dans un passage aussi resseré [sic], la fermeté du
mélange des tons nos 2,3, et 5. ne produirait qu’un
bon effet, et d’ailleurs elle disparaîtrait par le fait seul
du contraste de son apposition sur le vert n°12.

Les combinaisons hardies et resserrées que nous
venons d’expliquer sont applicables aux carnations,
comme elles le sont en général partout où se rencontre
une liaison brusque de teintes appartenant à des
gammes différentes .

Dans une tête, par exemple, elles sont applicables,
à la composition des teintes-faibles qui attachent les
cheveux après la peau : elles le sont également pour
engréner les teintes-faibles qui font leur jonction avec
les tons sanguins et colorés des lèvres.
Elles sont également applicable à l’engrenage du
contour des paupières avec les teintes grises, plus ou
moins prononcées, qui les avoisinent, comme d’un
autre côté, elles les rattachent à la teinte-locale :
enfin elles sont encore applicables pour rattacher
aux tons sanguins les gris azurés qu’on employe
pour l’imitation de l’émail des yeux vus en pleine
lumière ; on y rencontre guere de passage
plus étroit, et plus brusque, ni qui demande plus
de hardiesse dans les combinaisons, puisqu’il faut
passer rapidement de ton gris très clairs, et très
vifs, à des tons sanguins assez élevés comparativement
et portant également une vivacité de couleur, qui les
éloigne tout à fait des gris.

Nous pouvons affirmer que par le moyen des
combinaisons que nous venons d’expliquer, le tapissier
expérimenté abrège une foule de tons de différentes
hauteurs et de différentes couleurs ; qu’il est beaucoup
plus aisé de réaliser toutes les teintes que
l’imagination appéle sur la chaîne, en les créant
par des combinaisons connues, combinaisons
résultant seul de la connaissance parfaite du
métier, qu’en les disséquant pour ainsi dire,
pour fondre la premiere avec la seconde, celle-ci
avec la troisième ainsi de suite, et presque
toujours par des combinaisons de fabrications irrégulière
que l’un arrive (comparativement à l’autre)facilement
à traduire l’aspect de la vérité, tandis que
l’autre se donne des peines infinies pour la copier
seulement.

Par les combinaisons régulières qu’offre la
méthode des hachures-composées, on peut avec toutes
les nuances-possible, modifier une teinte-locale
quelconque, soit en établissant les diverses modifications
sur une échelle de tons de même hauteur, soit en
les y établissant graduellement sur des hauteurs variées
en passant de la lumière à l’ombre par le fait d’une
modification à une autre, en les combinant entr’elles
de maniere ce que la teinte-locale apporte dans
leur composition, au moins une duite ; que dans
divers endroits elle en apporte deux et même trois,
afin qu’on rencontre dans quelques partie du corps
de hachures, tantôt dans un ton, tantôt dans un autre,
toutes les teintes possibles, de maniere aussi à ce
qu’on y rencontre d’une part en diverses places, la fermeté de
couleur et de tons qu’on peut obtenir.

1° par le rétrécissement des hachures, 2° par la
distance prononcée des tons, 3° par la différence
plus ou moins prononcée de leur couleur.

Et d’autre part, des teintes largement fondues

1° par l’extension des hachures : 2° par le rapprochement
des tons et 3° par la différence peu sensible de
leur couleur.

Des hachures composées faite par trois duites.[modifier]

manière libre que le tapissier formé[modifier]

peut établir dans la marche et dans[modifier]

la distribution des hachures formant[modifier]

un corps de hachures franches ou[modifier]

n°16

7ème exemple des hachures composées.

Des hachures-composées faites par trois duites.[modifier]

Manière libre que le tapissier formé, peut
établir dans la marche et dans la distribution des
hachures formant un corps de hachures-franches
ou un corps de hachures-composées.

Les premieres peuvent marcher dans l’ordre suivant.
La hachure n° 1, puis immédiatement après la
hachure n° 2, par dessus celle n°1, puis ensuite
la hachure n° 3, par dessus la moitié droite de celle
n° 2, et ainsi de suite.

Les secondes peuvent également marcher dans
le même ordre en distribuant d’abord pour chaque
hachure, la quantité de duites voulue par les
diverses combinaisons ; 1° duite de la gamme
locale A. 2° duites de la g[am]me modifiante B.
3° duites de la g[am]me modifiante C.

Suit l’explication de la marche et de la
distribution des hachures telle que nous l’avons
annoncée dans le précédent exemple (page VIII.)

Nous opérons toujours avec les trois
mêmes gammes.

Illustration 39 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

[schéma non retranscrit]

Illustration 40 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

7eme Exemple des hachures-composées[modifier]

Hachures de trois duites.[modifier]

Corps de hachures-franches A. composé
de cinq tons, représenté par un seul rang
de hachures. v : 7eme exemple figure 9.

Le ton n° 1 fait sa hachure comme dans les
exemples précédents.

Le ton n° 2, fait sa hachure en lançant sa
premiere demi-duite par dessus la hachure n° 1, et en
prenant au-delà l’étendue qui lui est nécessaire.

De là cette demi-duite revient au bout du
premier redoublement n° 1, ce qui fait le complément
de la premiere duite, faisant la pointe droite de la
hachure.

Elle retourne à droite en laissant sa pointe à
découvert, et revient à gauche jusqu’au bout du
second redoublement n° 1. Cette seconde duite
fait son premier redoublement.

Elle retourne à droite et revient à gauche, au
point d’où elle est partie, cette troisième duite
fait son second redoublement et sa pointe gauche.

Le ton n°3, fait sa hachure en lançant
sa premiere demi-duite par dessus la moitié droite
de la hachure n° 2, et en prenant aussi au delà
l’étendue qui lui est nécessaire.
De là cette premiere demi-duite fait le même trajet
que dans la précédente hachure, en formant successivement
sa pointe droite, son premier redoublement, son second,
terminant sa pointe gauche en revenant au point
d’où elle est partie, point, qui repond à la pointe
de la hachure n° 1.

Le ton n° 4, fait de même sa hachure
en lançant sa premiere demi-duite par dessus
la moitié droite de la hachure n° 3 et en
prenant au-delà l’etendue restant du corps
de hachures. Cette demi-duite fait également
le même trajet et les mêmes distribution que celle
de la précédente hachure, se terminant aussi
au point d’où elle est partie, point qui répond
à la pointe droite de la hachure n° 2.

Le ton n° 5 lance egalement sa premiere
demi-duite par dessus la moitié droite de la
hachure n° 4, rempli les redoublemens en
fermant la droite du corps de hachures, comme
la hachure n° 1, en ferme la gauche ; elle
revient se terminer au point d’où elle est partie,
point, qui répond à la pointe droite de la
hachure n° 3.

Cette derniere hachure est la clé qui ferme
toutes les autres hachures ; il faudrait la défaire
Pour pouvoir défaire le n° 4, défaire celui-ci
pour pouvoir défaire le n° 3, et ainsi de duite.
Lorsque ces duites sont tassées par le peigne,
elles présentent une surface horizontale comme si
elles avaient été distribuées dans l’ordre indiqué
aux précédents exemples.

Pour recommencer un second rang par dessus
ce premier, on voit d’après la figure que la place
de chaque hachure est bien déterminée : la pointe
gauche n° 3, marque bien le point où la pointe droite
n° 1 doit aboutir. La pointe gauche n° 4, marque
également le point où doit aboutir la pointe droite
n° 2, et ainsi de suite.

On voit aussi, ce premier rang étant à découvert,
que, si les hachures 3,4 et 5, avaient ensemble, où
partiellement, fait un mouvement sur la droite ou sur
la gauche ce mouvement commanderait celui
de la hachure, du second rang, venant aboutir
à la pointe de celle qu’elle doit suivre, sans pour
cela que le n° 1 vienne porter sur une partie du
n° 3, comme également, sans que le n° 2, vienne
porter sur une droite du n° 4, mais bien n° 1,
portant seulement sur n° 2, comme ce dernier
portant seulement sur n° 3. &.

Modification B. par une duite contre trois A.[modifier]

7eme exemple : figure 10.[modifier]

Le ton n° 1. fait sa hachure-franche A.
Le ton n° 2. se constitue en hachures-composées
fait d’abord, avec son n° A, les deux redoublemens
qui occupent le centre de sa hachure, en lançant,
à partir du bout du petit-redoublement n° 1, sa
premiere demi-duite, par dessus le grand-redoublement
et la pointe de cette hachure, et en prenant au-delà
l’étendue nécessaire.
Dans son trajet, cette première demi-duite
revient à gauche en bout du grand-redoublement n° 1,
de là, elle retourne à droite pour faire son second
redoublement, le terminant en revenant à gauche
au point d’où elle est partie.

Ces deux duites n° 2.A. répondent au niveau
de celles qui font les redoublement n° 1.

Quant à la grande-duite n° 2.B. qui doit faire le
complément de sa hachure, elle ne se fera, ainsi
que celle de la hachure n° 4, que lorsque toutes
les duites A. des diverses hachures auront de successivement
lancées.

Le ton n° 3, fait sa hachure-franche A, partant
du même point, faisant faire à sa première demi-duite
le même trajet et les mêmes distributions indiqués à la
figure précédente ; hachure-franche n° 3.
Le ton n°4, se constitue, comme le n° 2, en
hachure-composée, et fait également avec son n° A.
Les deux redoublemens qui occupent le centre de la hachure.

Ces deux duites n° 4.A. répondent au niveau de
celles qui font les redoublemens n° 3.

Le ton n° 5, fait sa hachure-franche A. partant
du même point, faisant faire à sa première demi-duite
le même trajet et les mêmes distributions indiqués à la
figure précédente ; hachures-franches n° 5.

Le point de départ où se forme la pointe gauche des
deux hachures n° 3 et n° 5, répond, le premier au vide
que la hachure n° 1, laisse à la suite de sa pointe droite,
et le second, répond à celui que la hachure n° 3
laisse également à la suite de sa pointe droite, de sorte,
que ces diverses parties se composant hachure de duites
souples superposées, les une sur les autres dans la chaîne
s’enclavent duite-pour-duite, en cédant à la
pression du peigne, qui les chasse et les appuie
sur une surface déjà fortement tassée.

Le rang de hachures se complète par les deux grande-duites
B nos 2 et 4.

La grande-duite B n° 2, porte sur la hachure profil
n°1 et sur la moitié gauche de la hachure n° 3,
la grande-duite B n° 4. porte sur la moitié
droite de la hachure n° 3, et sur la hachure profil n° 5. ===Modification B par deux duites contre===

deux A. fig : 11 7eme exemple[modifier]

Toutes les hachures composant ce rang, sont
individuellement constituées en hachures-composées ;
elles font successivement l’une après l’autre, le nombre
de duites A, que chacune d’elles doit apporter sans sa
composition : ensuite, elles font aussi successivement
l’une après l’autre, le nombre de duites B, que chacune
d’elles doit apporter pour le complément de sa composition.

Le ton n° 1, commence sa hachure en faisant
sa grande-duite et son grand-redoublement avec
son n° A.

Le ton n°2, commence sa hachure en faisant
seulement son petit redoublement avec son n° A,
Cette duite fait le niveau, et marche à la suite de
celle qui fait le grand redoublement de la hachure n° I.
Elle en couvre la pointe et prend au-delà, vers la droite,
l’étendue nécessaire.

Le ton n° 3. commence sa hachure en faisant
ses deux pointes et son grand-redoublement avec
son n° A. Sa première demi-duite part du
milieu du petit-redoublement n° 2, en prenant
au-delà, vers la droite, l’étendue nécessaire.
Dans son trajet, cette premiere demi-duite
revient à gauche au bout de ce même petit-
redoublement n° 2, de là elle retourne à droite
en laissant sa pointe droite à découvert, fait son
grand-redoublement et sa pointe gauche en
revenant au point d’où elle est partie ; point
qui répond à la pointe de la hachure n° 1.

Le ton n° 4. commence sa hachure en faisant
seulement son petit-redoublement avec son n° A.
Cette duite fait au bout du grand-redoublement n° 3
ce que celle n° 2. fait au bout du grand-redoublement n° 1

Le ton n° 5, commence sa hachure en faisant
sa pointe gauche et son grand-redoublement avec
son n° A. Sa première demi-duite part du milieu
d’un petit-redoublement n° 4, en prenant au delà
l’étendue nécessaire pour fermer la droite du corps
de hachures.

Dans son trajet, cette premiere demi-duite revient
à gauche au bout de ce même petit-redoublement n° 4.
De là elle retourne à droite pour fermer la seconde
duite, et fait sa pointe gauche en revenant au
point d’où elle est partie ; point qui répond à la
pointe droite de la hachure n° 3.

Ensuite ces diverses-parties de hachures reçoivent
chacune, et successivement, le nombre de duites B,
qui fait leur complément.

Ainsi le ton n° 1, complète sa hachure en
faisant son petit-redoublement avec son n° B.
Le ton n° 2. complète sa hachure, en faisant
ses deux pointes et son grand-redoublement avec son
n° B. dont la premiere demi-duite part de la gauche
du corps de hachures, en passant par dessus le petit et
le grand-redoublemens n° 1, en suivant son cours
jusqu’au milieu de la hachure n° 3.

Dans son trajet, cette demi-duite revient à gauche
au bout du petit-redoublement n° 1, de là, elle retourne
à droite en laissant sa pointe droite à découvert, fait
son grand redoublement et sa pointe gauche en
revenant au point d’où elle est partie.

Le ton n° 3, complète sa hachure en faisant
son petit-redoublement avec son n° B.
Cette duite couvre la pointe et fait le niveau du
grand-redoublement de la hachure n° 2.

Le ton n° 4, complète sa hachure en faisant
ses deux pointes et son grand-redoublement avec son
n° B, dont la premiere demi-duite part du milieu
du petit-redoublement n° 3, en suivant son cours
jusqu’à l’extrémité droite du corps de hachures.

Dans son trajet cette demi-duite revient au
bout de ce même petit-redoublement n° 3, de là elle
retourne à droite en y laissant sa pointe droite à
découvert, fait son grand-redoublement et sa pointe
gauche en revenant au point d’où elle est partie,
point qui répond à la pointe droite de la hachure n° 2.

Le ton n° 5. complète sa hachure en faisant son petit
redoublement avec son n° B. Cette duite couvre la pointe droite et fait le
niveau du grand-redoublement de la hachure n° 4.

Illustration 41 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Illustration 42 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

Modification B, par trois duites contre
une seule duite A. fig : 12, n° 7eme exemple.

Les tons n° 1,3, et 5. commencent successivement leur
hachure au bout l’une de l’autre, en faisant pour chacune,
la grande-duite que fait leurs pointes, avec leurs nos A.

Ces trois hachures commencées reçoivent, dans l’ordre suivant,
leur complément en duites B. La premiere le reçoit d’abord ;
la troisième ne le reçoit que lorsque la hachure n° 2 est faite
et la cinquième que lorsque la hachure n° 4 est également
faite. Ainsi le ton n° 1. complète sa hachure
en faisant son grand et son petit redoublemens avec
son n° B.

Le ton n° 2, fait sa hachure-franche avec son
n° B. En suivant le même trajet et la même distribution
de duites qui sont indiqués à la hachure-franche n°2.A.
figure 9.

Le ton n° 3 complète sa hachure en faisant
son grand et son petit redoublemens avec son n° B.
dont la première demi-duite part au bout du petit
redoublement n° 2, passe par dessus le grand, et par dessus
la pointe, et suit son cours de maniere à laisser la
pointe droite de sa hachure à découvert.

Dans son trajet, cette demi-duite revient au bout
de commence<ref>Lecture incertaine</rer> grand-redoublement n° 2 qu’elle a déjà
couvert en partant : de là elle retourne à droite
en y laissant le bout de son grand-redoublement à
découvert, puis elle fait son petit redoublement en revenant au point
d’où elle est partie.
Entre eux, ils marchent seulement les uns au bout des autres
d’où elle est partie.
Le ton n° 4, fait sa hachure-franche avec
son n° B, en suivant le même trajet et la même
distribution qui sont indiqués à la hachure-franche
n° 4 A. fig : 9.

Le ton n° 5, complète sa hachure en faisant
son petit et son grand-redoublemens avec son n° B.
dont la premiere demi-duite part au bout du petit
redoublement n° 4, passe par dessus le grand et par dessus
la pointe qui fait la fermeture droite du corps de hachures.

Dans son trajet, cette demi-duite revient au bout
de ce même grand-redoublement n° 4, qu’elle a déjà
couvert en partant.

De là elle retourne à droite en couvrant son
petit-redoublement, et termine son grand en revenant
au point d’où elle est partie.

Modifications B et C, dont B par deux duites[modifier]

et C par une ; contre une seule duite A.[modifier]

v: 7eme exemple fig: 13.[modifier]

Les tons nos 1, 3 et 5 commencent leur hachures
avec leurs nos A, comme dans la précédente figure.
ces trois hachures commencées reçoivent, dans l’ordre
suivant, leur complément eu duites B.
La premiere le reçoit d’abord :

La troisième ne le reçoit que l’orsque la hachure
n° 2, a fait ses deux redoublemens.

Et la cinquième ne le reçoit aussi que lorsque
la hachure n° 4, a fait également ses deux
redoublemens. Ainsi, le ton n° 1 complète sa
hachure en faisant son grand et son petit
redoublemens avec son n° B.

Le ton n° 2, commence sa hachure en faisant
son grand et son petit redoublemens avec son n° B.
dont la premiere demi-duite part au bout du petit
redoublement n° 1, passe par dessus le grand et
par dessus la pointe, suivant son cours en
s’appuyant sur les 2/6 gauche, de la grande-duite
n°3 A.

Dans son trajet, cette premiere demi-duite
revient au bout de ce même grand-redoublement n° 1
qu’elle a déjà couvert en partant.
de là, elle retourne à droite en y laissant à
découvert, le bout de son grand-redoublement,
puis elle fait son petit-redoublement en revenant
au point d’où elle est partie.

Le ton n° 3, complète sa hachure en faisant
son grand et son petit-redoublemens avec son
n° B, dont la premiere demi-duite part au
bout du petit-redoublement n° 2, passe par dessus
le grand, suivant son cours en s’appuyant sur
sa grande-duite A. De maniere à laisser, sa pointe
droite à découvert.

Dans son trajet, cette demi-duite revient
au bout de ce même grand-redoublement n° 2
qu’elle à déjà couvert en partant.
De là elle redonne à droite en y laissant à
découvert, le bout de son grand-redoublement,
puis elle fait son petit redoublement en revenant
au point d’où elle est partie.

Le ton n° 4, commence sa hachure en faisant
son grand et son petit-redoublemens avec son
n° B, dont la premiere demi-duite part du bout du
petit-redoublement n°3, faisant le même trajet,
et répètant la même distribution de duites que celle
de la hachure n° 2.
Le ton n° 5 complète sa hachure en faisant
son petit et son grand-redoublement avec son
n° B, dont la premiere demi-duite part du bout du
petit-redoublement n° 4, passe par dessus le grand
suivant son cours en s’appuyant sur sa grande-duite A.
jusqu’à la fermeture droite du corps de hachures.

Dans son trajet cette demi-duite revient au bout
de ce même grand-redoublement n° 4, qu’elle a déjà
couvert en partant.
de là elle retourne à droite en couvrant son
petit-redoublement, et termine son grand,en revenant
au point d’où elle est partie.

Ensuite marchent les duites C.

Le ton n° 2, complète sa hachure en faisant ses
deux pointes par sa grande duite C, dont la premiere
demi-duite part de la gauche du corps de hachures
Jusqu’au milieu de la hachure n° 3, de là elle
complète la duite en revenant au point d’où elle est partie.

Le ton n° 4, complète sa hachure en faisant
aussi ses deux pointes par sa grande-duite avec
son n° C, dont la premiere demi-duite part à la
pointe droite de la hachure n° 2, jusqu’à la droite
du corps de hachures. De là elle complète la duite
en revenant au point d’où elle est partie.

Modifications B et C, dont B, par une duite,[modifier]

et C par deux, contre une seul duite A.[modifier]

7eme exemple fig : 14.[modifier]

Les tons nos 1, 3 et 5 commencent leur hachure,
comme dans les deux précédentes figure 12 et 13.

Ensuite au fur et à mesure que leur n° d’ordre
arrive pour la distribution des duites-modifiantes, ces
trois hachures commencées recoivent d’abord chacune une
duite B puis enfin leur complément par une duite C.

Ainsi, le n° 1 ajoute à sa grande-duite A, son
grand-redoublement B.

Le ton n° 2, commence sa hachure en faisant son
petit-redoublement avec son n° B. Cette duite s’appuye
sur la pointe droite n° 1 et sur la pointe gauche n° 3.
Elle fait le niveau avec les duites des grands-redoublemens
n° 1 et 3 au bout desquels elle aboutit.

Le n° 3 ajoute à sa grande-duite A. son
grand-redoublement B.

Le ton n° 4 commence sa hachure en faisant
son petit-redoublement avec son n° B. Cette duite
s’appuye sur la pointe droite n° 3 et sur la pointe gauche
n° 5.
Elle fait aussi le niveau avec les duites des grands-redoublements
nos 3 et 5. au bout desquels elle aboutit.

Le n° 5 ajoute à sa grande-duite A son grand-
redoublement B.

Après avoir ainsi successivement lancé les duites A et B,
formant ensemble la moitié de l’épaisseur du rang de hachures,
on lance, par dessus, les deux duites C. qui le terminent.

Ainsi, le ton n° 1 complète sa hachure en faisant
son petit-redoublement avec son n° C.

Le ton n° 2, complète sa hachure en faisant ses
deux pointes et son grand-redoublement avec son n° C,

Enfin le trajet et la distribution des duites C, dans
chaque hachure de cette figure, sont absolument les
mêmes que le trajet et la distribution des duites B, que
nous avons expliqué pour chaque hachure de la figure
11. v : la fin de la page VIII.

Les différents moyens que nous avons expliqué aux
5eme exemple page XI. des hachures-composées faites par
deux duites pour introduire les gammes les unes dans les
autres ou pour les réformer de maniere à ce que leur
introduction et leur suppression soient près qu’imperceptibles
par la maniere de distribuer leurs tons dans les différentes
parties de hachures qu’ils doivent occuper pour[28] qu’ils doivent cesser d’occuper.

Sur les différentes-figures, et sur le mouvement
des hachures-composées, par rapport à la douceur
ou à la fermeté des teintes qu’elles traduisent,
et par rapport à la forme que ces mêmes teintes
présentent sur la chaîne, sont egalement
mot à mot, applicables aux diverses hachures de
ce 7eme et dernier exemple des hachures de trois
duites ; comme les différents passages que nous
venons de citer, ou de figurer, dans le précédent
exemple, sont de même egalement applicables
en tous points à celui ci.

En résumé, un corps de hachures etabli
d’abord en corps de hachures-franches A, comme
le représentent les 6eme et 7eme exemple des 9eme chap :
2eme et 3eme figures 1er et 9eme devient corps de
hachures-composées du moment qu’il reçoit sur
la surface de chacun de ses tons une duite de
couleur etrangère à sa gamme, comme le représente
les figures 2 et 10, mêmes chap :, c’est-à-dire une duite B.

Pour cela il suffit que le nombre des tons
etrangers soit de moitié moins que les autres, qu’ils
soient de la même hauteur que les nos 1, 3, 5, 7 ou bien
des nos 2, 4, 6,8 &… car ces tons ne se combinent pas
entre eux, ils marchent seulement les uns au bout des autres Dans les proportions egales, c’est-à-dire, deux duites B,
contre deux duites A, figures 3 et 11. les tons étrangers
sont au même nombre que les autres.

Si dans la composition de sa hachure, le ton
n°1.A donne deux duites, son auxiliaire n’en donne qu’une,
alors le ton n° 2.A. ne donne dans la composition
de la sienne qu’une seule duite, et son auxiliaire
en donne deux.

Le ton n° 3, compose sa hachure comme celle
du n° 1, Le ton n° 4 compose la sienne comme
celle du n° 2, et ainsi de suite.

Si le n° 1.A. ne donnait qu’une duite, son auxiliaire
en donnerait deux. Les nos 3, 5, 7, &c… en feraient
autant, mais alors les nos 2, 4, 6, … A donneraient
chacue deux duites, tandis que leurs auxiliaires n’en
donneraient chacune qu’une.

Dans les proportions de trois duites B, contre une
seule duite A, figures 4 et 12, il se rencontre
absolument les mêmes combinaisons que dans les
figures 2 et 10. Il suffit aussi de conserver seulement
les tons n° 1, 3, 5, 7 ou bien 2, 4, 6, 8.A parce
qu’également ces tons ne peuvent plus se combiner
entre eux et qu’ils marchent au bout les uns des autres,
de sorte qu’en morcelant la duite de ces tons, on
les retirerait tous insensiblement ; et alors le
corps de hachures qui se composait de hachures-franches
A. deviendrait sans choc, corps de hachures-franches B.

En retirant la duite A. figures 5 et 13 pour l’ajouter aux
aux duites B, on aurait les mêmes proportions et les
mêmes combinaisons en B,C, que celles des figures 4 et
12 en B.A.

En retirant la duite A. figures 6 et 14. pour l’ajouter
à la duite B, on aurait les mêmes proportions et les
mêmes combinaisons en B.C. que celles des figures 3
et 11 en B.A. alors on arriverait, en supprimant
successivement les deux duites B, en les ajoutant à mesure
aux duites C, à avoir un corps de hachures-franches C.
Ainsi le corps franc A, devenu sans choc, corps
francs B. deviendrait egalement sans choc, par l’intermédiaire
de ce dernier, corps de hachures-franches C.
Par les mêmes combinaisons on repasserait de la
derniere figure à la premiere d’où on est parti.

Quoi que la combinaison de quatre différentes gammes
dans toute l’étendue d’un même corps de hachures de
trois duites, soit en quelque sorte sans exemple, il
n’en est pas moins possible. Voici comment :
La 4eme gamme que nous désignerons par la lettre D.
occuperait l’une des deux duites que la gamme C.
donne dans le corps de hachures, figures 6 et 14. de ces
deux mêmes chap: 9.

Nous ne faisons cette citation en passant, que pour
donner une idée des resources [sic] immences [sic] que peut se
procurer le tapissier pour composer sa couleur en
traduisant celle de son modèle, et pour faire savoir
aussi qu’un besoin, il pourrait aussi bien parer au
manque absolu de certaines gammes-mixtes, qu’à un
certain nombre de leurs tons.

Le tapissier peut aussi au besoin, dans un même
corps de hachures, faire usage à la fois, de hachures
de deux duites, et de hachures de trois duites.

Si à la suite de teintes douces, modelées par des
hachures de deux duites, il se rencontre des reflets vifs ;
on peut les attaquer par des hachures de trois duites et au
besoin, faire usage d’un ou deux tons d’une 4eme gamme
pour les rendre étincelants.

Pour conserver la surface horizontale du corps de
hachures, on fait de tems en tems deux rangs de
hachures de deux duites contre un seul rang des autres.

C’est la premiere hachure se composant de trois duites
qui donne l’equilibre en se portant de tems en tems,
sur ses pareilles, en demi-hachure.

De même, si il arrive qu’un ton soit plus
gros, ou plus fin, de tissu que les autres, on lui
fait, de tems en tems un redoublement de moins s’il
est trop gros, ou un redoublement de plus si il est trop
fin de sorte, qu’il ne faut pour obvier à ces petits
inconvénients, qu’un peut de tact.

Aux moyens généraux que nous venons d’expliquer
se rattache une foule d’autres petites moyens accessoires
et personnels que chaque individu sait se créer, et qu’on
ne pourrait pas plus expliquer, qu’on explique ceux que
le peintre emploie, en son particulier, en dehors des grands-principes.

Avec les élémens que nous venons de citer tant pour
la fabrication, que pour la traduction de la couleur des
tableaux en tapisserie, nous avons la ferme conviction
que cet art doit arriver à un haut degré de perfection !

Il ne s’agit maintenant que d’en faire la juste application
en faisant disparaître les exagérations de
couleurs et de formes.

La connaissance parfaite des méthodes de hachures
franches, et de hachures-composées nous offre les
moyens de bien composer la couleur pour la traduction ;
et la connaissance, parfaite du dessin nous offre
ceux, de bien raisonner, de bien sentir et de bien
rendre les formes.

Nous nous croyons en droit d’ajouter aussi que ces
deux principales connaissances, qui seules constituent le
véritable artiste tapissier, ne peuvent s’acquérir que
par un long travail d’études toutes spéciales et par une
vocation bien bien prononcée pour cet art.

On concevra facilement les motifs qui entraînent
le tapissier à charger la couleur de son modèle, quand
on pensera au mode de fabrication qui ne permet jamais
de demi-mesures, et ne donne que très rarement de
vraies oppositions pour servir de point de comparaison
à la partie qui est en train. Par exemple, si
un corps-modelé se commence par la lumiere et qu’il
se dessine, ou en se terminant, par un reflet ; il se
trouve alors, avoir pour opposition, le blanc de la
chaîne au lieu d’avoir le noir de l’ombre qui devra le
recouvrir, de là on peut croire que le tapissier doit
être tout naturellement entraîné à mettre trop clair dans son
reflet, va qu’il lui paraît noir par l’effet du
contraste blanc de la chaîne.

Il faut dire aussi que pour se préserver en partie
de cet entraînement, le tapissier consulter ses oppositions
sur la broche, en supposant le ton qui devra couvrir
la partie qu’il est en train de faire, par ce moyen il
se rend compte à l’avance, de l’effet que devra à
peu près produire le contraste de tons.

Le même manque d’opposition est encore plus
dangereux pour la couleur, comme par exemple, pour
déterminer le degré d’intensité de modificationS
d’une teinte qui devra être recouverte par la
couleur étrangère qui aura, par ses réfractions,
motivée ces mêmes modifications. En ce cas le
tapissier ne peut déterminer leur valeur, qu’en supposant
sur broche, l’intensité et la hauteur de la couleur
qui les a produites et qui devra les recouvrir.

Il faut joindre encore à ces inconvénients, que souvent
la disposition de l’ouvrage laissera longtems sans
être recouverte, une partie comme cette que nous venons
de citer : Dans cette circonstance comme dans
beaucoup d’autres, c’est l’expérience qui répond de
ce que deviendra la teinte lorsqu’elles sera couverte.

Aujourd’hui, les mesures les plus eficaces [sic] sont
établies dans le but d’éviter les erreurs, indépendamment
des avis journaliers que donnent M:M: l’inspecteur des
travaux et le chef spécial de chaque atelier, il se fait
régulièrement, dans tous les ateliers, une ronde générale
Tous les huit jours, ou toutes les fois qu’il se présente
une question délicate à répondre, cette ronde forme
un conseil composé de m:m: l’inspecteur, des chefs
et des sous chefs des divers ateliers.

L’artiste qui est en bon-chemin en acquiert encore
l’assurance par l’approbation du conseil ; celui qui
s’en écarte, soit par un vice de couleur, de dessin
ou de fabrication, y est ramené par les avis
spéciaux qui se rencontrent dans la composition de
ce même conseil : la délibération se fait en
famille, l’artiste y explique sa maniere de voir,
et finit par se convaincre, d’après les comparaisons
qu’on lui fait apprécier, que son œil l’a trompé,
alors le conseil le quitte quand il voit que ses avis
sont bien compris.

L’eficacité de telles mesures doit nécessairement
tourner au profil de la perfection !

L’œil qui ne voit que de tems en tems un ouvrage en
train, en saisit mieux l’aspect que celui qui le voit tous
les jours, à chaque instant ; et à plus forte raison, il le
juge encore mieux que celui qui le fait, car celui ci
a toujours tendance à se laisser entraîner par un penchant
naturel, soit à la charge de la couleur son le rapport
de son intensité de sa hauteur de ton, soit en lâchant
ou en accentuant trop, une forme, un contour !

Ici, nous avouerons franchement notre penchant sans
craindre d’être démenti par les artistes nos confrères, en
citant l’exemple suivant :

Si nous voyons une légère modification, dans une teinte locale quelconque
nous l’attaquons telle que nous la voyons.

Les diverses petites parties de cette modification que nous
introduisons ça et là dans la combinaison des tons ne se
voyent presque pas, tans qu’il y a que peu d’ouvrage
de monté! Alors, nous jugeons nécessaire de réunir
ces diverses petites parties pour voir enfin cette simple
modification ! Notre œil croit la voir double, nous l’attaquons
en conséquence : puis de là, notre imagination se montre
toujours vers le même but, et en définition, pour la
satisfaire, nous y ajoutons une duite d’une seconde
couleur modifiante.

L’effet produit de la combinaison des premieres duites
de cette nouvelle couleur avec les deux autre, fait juste la
teinte piquante que notre œil et notre impatience
désirent. Mais souvent qu’en résulte-t-il ?
Que nous avons chargé la couleur en dépassant
d’intensité, celle de la modification. En l’accusant
trop tôt, ce qui nous entraîne à la redoubler et à
la composer de deux couleurs également trop tôt,
tandis que cette derniere devrait souvent ne pas y être
ou y être dans une moins grande étendue.
ainsi indépendamment du trop d’intensité que
nous donnons à la couleur modifiante, nous étalons
trop, mais plus particulierement, sur les tons voisins
de la lumiere. Le désire de paire au public,
et de nous séduire nous même, nous entraîne à déployer
dans notre teint-locale, ces couleurs étrangères qui
la réhaussent on la modifient, car c’est ordinairement
dans ces passages que se trouve le cachet de notre
savoir dans la composition de la couleur, comme c’est
dans le ronflant des contours que se trouve celui de
notre savoir en dessin.
Nous avouerons qu’il est difficile quand on sent
vivement la couleur, de résister à la tentation de
glisser dans certains ton clairs de ces modifications
coquettes, qui vues sur le métier, dans un fragment, y
produisent un effet charmant ; mais pourtant ces
modifications n’ont réellement qu’un résultat désavantageux
en morcelant la masse claire lorsque la
tapisserie est terminée, et vue à sa distance.

Nous avons eu occasion de remarquer que telle
teinte locale recevant pour modification tels tons
d’une gamme étrangère, pris à tels hauteurs, produisait
à certaine distance, un aspect sombre et pauvre de
couleur ; tandis que dans la même teinte locale,
tels tons d’une autre gamme lui étant également
étrangère, pris sur les mêmes hauteurs, produisait
à la même distance un effet tout contraire.

Cela nous prouve donc que nous devons être très
sobres de modifications, surtout dans la lumiere,
que celles que nous apporterons devront toujours, selon
le degré de fraicheur de notre teinte-locale, en diminuant
l’intensité sans en ternir l’aspect.

C’est plus particulierement dans les carnations
et dans les fonds, que nous devons nous mettre en
garde contre l’influence des modifications.

L’œil supporte assez volontier [sic] la charge de la
couleur dans une draperie, dans des métaux et
généralement dans tous les accessoires de premiers plans
mais dans les uns, il ne peut plus la supporter, dans
les fonds elle détruit tout.

Les traductions que nous faisons d’après Rubens
nous éclairent tous les jours sur la composition de la
couleur : les modifications que nous y rencontrons
dans ses teintes carnation, sont toujours bien accusées
et très fraiches : Pourtant dans notre début, nous
les avons d’abord senti olivâtres, de sorte qu’étant
combinées avec la teinte-locale que nous avions
arrêtée, elles ne répondirent pas à notre attente, leur
mélange donna de la crudité aux tons sanguins
de la gamme locale, et ceux ci donnerent du vert
sombre à ceux des gammes modifiantes : alors
nous avons insensiblement, tout en conservant notre
premier principe de couleur locale, passé à des
gammes grisâtres au lieu de olivâtres qu’elles étaient,
de sorte que ces nouveaux tons opposés sur broche, aux
tons sanguins, paraîssaient appartenir à la gamme
des gris-argentés frais, et leur mélange produisit
cette teinte légèrement verdâtre qui, vue à certaine
distance conserve l’aspect de fraicheur et de lumiere
tout en veloutant la teinte-locale.

Le commencement de ces traductions nous à
parû très difficile à aborder, tant sous le rapport
du dessin que sous celui de la couleur ; aussi nous
sommes persuadé que l’on rencontrera dans la fin
des diverse sujets dont elles se composent, une
exécution plus habile, une traduction plus vraie, par les progrès
qu’on y à fait dans la méthode des hachures-composées;

Aujourd’hui, il y à évidemment progret, dans la
manière de traiter les fonds.

Anciennement ils étaient considéres comme de peu d’importance
et par conséquent confiés à des hommes de second et de
troisième ordre ; tandis qu’aujourd’hui, on les apprécie,
on les fait pour ce qu’ils doivent être à la traduction en
basant le dégré d’intensité, de ton de couleur, qu’ils
doivent avoir comparativement aux ressources qu’offre
la teinture pour faire les premiers plans : de sorte
qu’un premier talent ne se croit plus déplacé quand il
a à commencer un fond où les combinaisons doivent être
raisonnées d’après les ressources de la palette du tapissier
et non d’après celle du peintre !…

Souvent un talent naissant succède au premier, pour
acquérir de l’habilité de main et y faire ses preuves
de capacité en soutenant les larges et sages combinaisons
qu’il a à continuer.

M:M: les peintres nous ont souvent reproché le peu
de soins que nous apportions dans la conduite de nos
fonds, et certes ils avaient parfaitement raison, mais
maintenant, nous nous plaisons à croire qu’ils verront
avec plaisir que leurs conseils sur ce point, comme sur
tant d’autres, ne sont pas restés infructueux.

Mr Gérard visitant nos atelier, trouvait que
nous voulions trop bien faire en nous efforçant à reproduire
sur notre chaîne, une foule de demi-teintes faibles
au dépend de la masse-claire, tandis qu’à son avis,
nous devrions au contraire nous attacher à etendre
la lumiere, au dépend d ces mêmes demi-teintes faibles.

Cet avis était frappant de vérité ! Mais pourtant
nous pouvons assurer que si ces mêmes demi-teintes faibles
avaient été combinées par le systême des hachures-composées
Mr Gérard les eut trouvé beaucoup plus près du but
quoi que toujours, trop multipliées : en somme, les
tapissiers distingués qui ont reçu cet avis tout
paternel, de la part d’un aussi grand peintre, en ont
fait leur profil.

Mr Gros disait à quelques personnes qui se
disposaient à venir visiter la manufacture :
« Vous allez voir grossir nos fautes !…. »

Cet avis indirect était trop en rapport avec celui
de Mr Gérard, pour que nous n’en comprissions le
véritable sens.

Nous terminerons cet essai sur la tapisserie
par une remarque de la plus haute importance, car
elle se fonde sur les moyens de l’amener
au plus haut degré de perfection.

Nous trouvions ces moyens dans les élémens de l’enseignement.

1° dans celui du métier des deux méthodes de hachures,
hachures-franches faites par trois duites, idem faites par deux
hachures-composées faites par trois duites, idem faites par deux.

2° dans celui de la connaissance du dessin, c’est à dire
que nous voudrions que ces connaissances fussent plus
généralement répendues, afin que si plusieurs
tapissiers étant appelés à la traduction d’un seul
et même sujet, puissent y parler le même langage
en y apportant chacun, selon ses capacités, un principe
de fabrication basé sur des connaissances régulières.

De cet ensemble, naîtrait l’ensemble de la tapisserie
les mêmes gammes produiraient par leur mélange dans les mêmes
combinaisons, les mêmes teintes ! Et par conséquent
y seraient employées en moins grand nombre, en un
mot, nous voudrions voir les ateliers de tapisserie ne faire
qu’une seule et même école d’où chacun de nous,
munit des mêmes principes fondamentaux se déssinerait
en prenant son essor selon degré d’intelligence
pour exceller dans la partie qui lui est propre.

Nous comprendrions la réunion de différentes manières
de fabriquer la tapisserie dans les ateliers, si nous y
avions chacun notre métier et notre pièce en particulier,
mais puisqu’au contraire nous sommes presque toujours
susceptibles de concourir plusieurs ensemble à l’exécution
d’un seul et même sujet, en nous y casant d’après
notre degré de capacités ; que dans cet ordre, nous
sommes susceptible au besoin de nous y succéder ; qu’avec les
mêmes gammes nous sommes encore susceptibles de
produire des teintes toutes différentes si nous n’en connaissons
pas clairement les combinaisons. Il devient donc
nécessaire pour que le principe de couleur y soit homogène
que, si l’homme change en succédant
à l’homme, le fond du principe de fabrication ne
change jamais : alors il ne nous resterait donc
plus en succédant à un autre, qu’à nous identifier
avec ces légers moyens accessoires que nos inspirations
personnelles nous font adroitement glisser dans la
combinaison de nos tons.

Depuis longtems, cette question d’ensemble s’agitte
et ne peut tarder à recevoir son entiere exécution ; déjà
vers ce but, il y à un grand pas de fait.

On commence à sentir généralement que l’art n’arrive
qu’après la connaissance parfaite du métier, et qu’il faut
conséquemment, être bon ouvrier avant d’être artiste.

Pour appuyer les diverses remarques que nous
venons de faire en résumant les qualités nécessaire à
l’art de la tapisserie, tant sous le rapport de la
traduction du dessin, de la couleur que sous celui
de la fabrication par des moyens, d’ensemble, homogènes,
nous en ferons une derniere, mais prise en dehors de la
tapisserie. Supposons par exemple qu’on voulut
avoir, en peinture, une copie de Rubens ! et qu’on
choisit à cet effet cinq peintres appartenant à différentes
écoles possédant chacune des capacités diverses
et que parmi eux il s’en trouve même qui s’appartinssent à
aucune école, de ces hommes enfin, qui n’acquièrent
le titre de peintre qu’à force d’avoir barboté, et frotté
de la couleur pour arriver par hasard, à en faire de
médiocre. Eh bien pense t’on qu’en assignant
à chacun la partie qu’il doit faire, en arrivant à
avoir une bonne copie? que l’aspect de dessin,
de couleur, y présente un ensemble satisfaisant
quoi que nous ne parlons peinture que par instinct
nous n’hésiterions pas à répondre non mille fois
non quand-même il se rencontrerait parmi les cinq
peintres trois coloristes connaissant à fond les grands
principes du métier ; ces trois artistes pourraient, il
est vrai, s’entendre parfaitement et ne
faire qu’un : mais les deux routiniers ne pourraient jamais
les comprendre, il leur faudrait une palette autrement chargée des
hachures-franches dans les traductions de l’école de Raphaël
des couleurs d’exception, et tout cela pour détruire,
par un raisonnement isolé, par un manque de connaîssances
l’ensemble général de la copie.

Agrès cela pourra-t-on espérer plus d’harmonie, plus
d’ensemble dans une tapisserie, quand elle sera faite
partie par des hommes pétris de talent, de principes,
et partie par des hommes qui n’ont que de l’instinct
sans principes, qui ne sont arrivés par hasard à
faire de la tapisserie, qu’à force d’avoir usés de
la chaîne, d’avoir salis des couleurs, et tout cela
à la suite d’un long et pénible travail.

En admettant même encore que les avis ne manquant
pas pour conserver autant que possible, l’ensemble
de la pièce ; le vice de fabrication n’en existerait
pas moins, car en tapisserie la partie mauvaise
ainsi que la bonne, ne se trouvent par moins
terminées chacune définitivement et sans retour
c’est-à-dire que le tapissier habile ne peut pas
recaler l’ouvrage de son voisin, comme cela
pourrait se faire en peinture.

En définitive, notre remarque sur le mode
d’enseignement devra procurer à chacun de nous
les éléments nécessaires pour que nous les appliquions
aux diverses traductions que nous aurons à faire,
En nous-y-casant selon nos gouts et selon nos
capacités. En outre il est évident que deux hommes
professant les mêmes principes de travail ne pourront
différer de couleur que de très peu.

Ainsi on devra voir presque généralement les
hachures-franches dans les traductions de l’école
de Raphaël : et presque généralement les
hachures-composées dans celle de Rubens.

Il ne nous resterait donc plus à joindre, en
derniere analyse, qu’une seule et derniere considération
à celles qui sont déjà reconnues utiles au tapissier
pour soutenir, et même pour élever encore, s’il est
possible, son art.

Cette dernière considération la voici : (elle
concernerait le choix et les hommes chargés de le
diriger.) Il faut surtout ne pas oublier qu’en
principe, il est, et devra toujours être de la
plus haute importance qu’un inspecteur des
travaux soit pris parmi les artistes-peintres jouissant
d’une considération distinguée, que les
chefs et sous-chefs d’atelier soient pris parmi les
artistes-tapissiers possédant particulièrement la
plus profonde connaissance de leur art en y joignant
l’aptitude et le zèle. de sorte que dans cet
ensemble, les capacités seules, puissent y domminer.

(marchant à la duite de 9ème chapitre 3ème partie)[modifier]

N° 17

De l’identité de la tapisserie avec la peinture,[modifier]

sous le rapport de la composition de la couleur,[modifier]

de son mouvement et de ses formes dans la dégradation des tons.[modifier]

Parlons d’abord de l’identité du modèle par le systême
du clair-obscure, qui le peintre obtient par le travail de
la brosse, et sa traduction en tapisserie par
le systême des hachures-franches du tapissier.

Le peintre fait ses teintes sur la palette. Trois tons
seulement, mais bien différents de hauteurs, y représentent
sa teinte-locale.

Par le mélange du premier ton avec le deuxiême,
comme par le mélange de celui-ci avec le troisième,
le peintre obtient une foule de tons intermédiaires.

Avec le blanc il dégrade le premier jusqu’à la lumière,
avec le noir il remonte le troisième jusqu’à l’ombre et
fait un modèle aussi doux qu’il le veut :

La dégradation de ces tons, partie sur la palette, partie
sur la toile, se fait par le travail de la brosse, là elle
les multiplie, les étale, les resserre, leur donne un
mouvement, une forme, les oppose ou les lie selon la volonté
du peintre.

Le tapissier traduit ce même modelé, par le systême des
hachures-franches, avec une seule gamme composée de
15 à 20 tons de la lumiere à l’ombre laissant entr’eux
une distance de tons convenable afin que le mélange de
leurs hachures ne grince pas à l’œil, car la matiere sèche
est colorée dont ils se composent se mélange bien il est vrai
dans la fabrication ou même sur la broche, mais en
y faisant toujours deux tons différents, qui se
superposant l’un sur l’autre, l’un à côté de l’autre, mais
qui ne se broient pas ensemble, et qu’on peut par
conséquent désunir comme on les a uni. Ainsi une trop grande
disproportion de hauteurs de tons ne trouverait pas d’intermédiaires, harmonieux par le mélanges des hachures, comme
on les trouve en peinture par le travail de la brosse.

Si dans son modelé la peintre n’a fait usage d’aucune
modification, la gamme du tapissier doit conséquemment
ne contenir aucun ton étranger.

La combinaison des tons entre eux, le mélange de
leurs hachures les multiplient sur la chaîne comme la
brosse les multiplie sur la toile, la figure des hachures
détermine leur douceur ou leur fermeté, comme leur
mouvement en détermine la forme.

Sur ce premier modèle obtenu par la dégradation
d’une seule teinte-locale, si le peintre y ajoute, dans
quelques tons seulement, une légère modification soit dans
la pâte soit par glacis. Il la compose d’abord sur
sa palette, là elle ne présente qu’un seul ton, mais
dans la manière de l’appliquer sur sa toile, le peintre
en fait naître plusieurs qui ont plus ou moins d’intensité
de couleur modifiante, selon qu’ils y sont touchés
fortement en glissés légèrement, de sorte que la distribution
de cette nouvelle teinte sur la premiere, y forme un
mélange de proportions variées en tons et en intensité,
de couleur, de sorte aussi, que les extrémités d’une
touche de teinte-modifiante peuvent se trouver mélangées
d’une simple partie contre une partie de teinte-locale
trois fois plus considérable qu’elle, puis en remontant
vers son centre, son mélange peut se trouver dans les
proportions de deux contre deux, puis enfin de trois
contre une seule.

Pour la traduction de ces divers passages ainsi modifiés,
le tapissier ajoute egalement à la palette une gamme
modifiante se composant d’autant de tons que son
modèle l’exige ; et il répète sur sa chaîne, par le
systême des hachures-composées, par la combinaison de
ses tons, et par le mélange de leurs hachures, les mêmes
proportions de mélange que la touche du peintre indique.

Ainsi pour traduire les extrémités de la modification
le tapissier combine, par des hachures de trois duites, une
seule duite de teinte modifiante contre trois de la teinte
locale, en faisant usage, pour son introduction,
pour sa forme, des moyens indiqués au chapitre 9
page XI.1,2,5ème exemple des hachures-composés faites par
trois duites.

Vers le centre il combine deux duites de l’un contre
deux duites de l’autre, puis enfin au passage le plus
intense de la modification, il combine trois duites de
teinte modifiants contre une seule duite de teinte-locale
de sorte qu’il y à identité partout, c’est-à-dire identité
dans le mélange, dans ses proportions, dans le mouvement
des teintes, dans leur fermeté, dans leur douceur, dans
leur forme, hors dans la nature des matieres dont elles
se composent, et dans la maniere de les exécuter.

Il y aurait egalement identité sur tous les points, si le peintre ajoutait à
son premier mélange, une seconde modification, mais d’une couleur
encore plus étrangère que la première.
De son côté, le tapissier ajouterait à sa palette une
troisième gamme, qu’il combinerait avec les deux autres dans
les diverses proportions indiquées aux chapitre 9 2eme partie
fig: 5 et 6. du 6eme exemple :
et à la 3eme partie, fig: 13 et 14 du 7eme exemple des hachures-composées faites par trois duites.

Dans la composition de la couleur, l’identité
se trouve encore plus frappante dans l’imitation d’objets
dont la couleur se trouve modifiée par l’interposition
d’un corps-transparent, tels par exemple, que des
poissons vue dans l’eau, une figure se mirant dans l’eau,
dans le poli d’un métal, ou bien encore dans l’imitation
d’une carnation, comme une poitrine de femme nue en
partie, et en partie recouverte par un fichu de gaze gris
ou de couleur quelconque.

Nous pensons qu’en peinture, ces divers objets s’exécutent
par deux opérations distinctes, c’est-à-dire l’objet
d’abord, puis ensuite le corps transparent qui en modifie
la couleur en la recouvrant : du moins telle est la
manière de voir du tapissier coloriste, et par conséquent,
si le dessous de la peinture lui présente une couleur vive
qui ne cesse de l’être à l’œil que parce qu’elle est modifiée,
par celle qui la recouvre, il monte ses gammes en
conséquence afin que sa couleur soit rabattue par
des combinaisons de fabrication, et non par la teinture
et afin aussi qu’elle ait l’air d’avoir un dessous
comme le modèle le présente.

Quant à la manière d’opérer la traduction, elle
diffère autant par la marche que par la nature des
matières ainsi que l’on va le voir en prenant pour exemple la partie
de carnation que nous venons de citer plus haut. Le tapissier fait la partie recouverte comme la
partie nue par une seule opération.

Ces deux parties sont cependant susceptibles d’être
faite l’une après l’autre, c’est-à-dire que la position
de l’ouvrage seule, appele naturellement l’exécution
de l’une avant celle de l’autre, mais cela n’empêche
pas qu’elles se fassent chacune par une seule opération.

En admettant que les dispositions de l’ouvrage appelent
l’exécution du fichu avant celle de la partie nue, le
tapissier n’en prépare pas moins ses gammes carnation
comme s’il allait commencer par cette derniere.

C’est sur les gammes carnation qu’il échantillonne les
gammes grises qui doivent faire le fichu. Ainsi pour
faire cette partie, les gammes carnation et les gammes grises
sont indispensables puisse qu’elles ne peuvent opérer qu’en
se combinant ensemble.

Si au contraire la partie nue commençait la première
le tapissier pourrait se dispenser d’échantillonner immédiatement
les couleurs du fichu.

La partie nue s’exécute par le systême des hachures
franches et par celui des hachures-composées : elle
relace ou recouvre les contours extérieurs du fichu.

Les gammes et leurs tons doivent être pris à des
distances modérées, de maniere que le tapissier puisse
obtenir dans la lumière des teintes et des hachures-franches
très pateuses et très douces, qu’il puisse également
en sautant des tons, si la légèreté des teintes
l’exige, obtenir dans les demi-teintes, dans les ombres
et dans les reflets, des teintes légères et des hachures
composées assez piquantes.
Pour la partie recouverte le tapissier prend sa
principale gamme grise élevée, vive de couleur, toujours
en raison de ce qu’elle deviendra dans sa combinaison
avec les couleurs carnation. Il s’en assure d’avance en
échantillonnant sur le doigt les mélanges dans les diverses
proportions que la combinaison des hachures-composées doit
donner.

A cet effet, le tapissier mélange deux brins de gris de
même hauteur, mais différant en couleur, c’est-à-dire
l’un gris-argenté, l’autre gris-rougeâtre avec un seul brin
de carnation portant un ton de plus que les deux autres, il
dévide sur le doigt ces trois brins réunis, et
juge d’aspect si la teinte ainsi composée, est bonne.

Il s’assure de l’ensemble général des teintes en mélangeant
partiellement[29] dans différentes hauteurs de tons ; et toujours
dans des proportions diverses.

De là, en supposant la carnation nue faite, les mêmes gammes
les mêmes tons qui y ont servis, et qui n’ont interrompu
leurs mouvemens que pour replacer le fichu ; les reprennent
de nouveau mais en se combinant avec les gris, de maniere
à se continuer comme si la partie recouverte et la
partie nue avaient été faites d’un seul jet.

Les diverses parties de teintes-grises qui entent dans
la composition de chaque hachure doivent généralement y
être claires sur les teintes carnation avec lesquelles elles se
combinent. Mais pour les ombres portées par l’épaisseur des
plis, surtout dans la partie claire, la combinaison change !

se [sic] sont au contraire les teintes carnations qui donnent de la
transparence aux ombres grises, par de la lumiere colorée.

Dans tout ouvrage de cette nature, le tapissier met
en oeuvre tous les moyens indiqués aux principes des hachures.

Les hachures-franches y entrent pour peu, il est vrai, mais
elles conviennent parfaitement dans l’imitation des lumieres
opaques que le peintre à touché pour enlever et donner de
l’épaisseur à ses plis.

Les hachures-composées font tout le reste. Et en
résumé, les combinaisons les plus hardies, tant sous le
rapport de la différence de couleur que sous celui de
la distance des tons, donnent ici pour résultat l’aspect
de fraîcheur et de vérité.

Par le seul systême de hachures-franches on a traduit
de semblable parties.

Le tapissier y employait des gammes-carnation, fraîches
et soutenues de couleur, telles que le modèle les indiquait
pour la partie nue.

Pour l’autre partie il employait d’autres couleurs,
couleurs-carnation, couleurs-grises, mais toutes rabattues
de sorte, que sa palette, en dehors du mélange, présentait
déjà l’aspect des teintes-mixtes, du modèle, teintes résistant
de la combinaison du gris posé en transparent sur la
carnation.

Il ne lui restait donc plus que l’application de ces
teintes déjà toute copié, en leur ajoutant le peu de variétés
que donne le mélange des hachures-franches.

Ici l’identité du principe de couleur ne se rencontrait
plus que dans l’imitation des parties opaques comme celles
que nous avons cité plus haut. Tout le reste, quoi que
touché avec esprit, se trouvait en dehors de la vérité, et
soumis aux fâcheuses-influences du tems qui se font plus
particulièrement sentir sur les couleurs rabattues par la
teinture par exemple. Ainsi en admettant que toutes les couleurs changent indistinctement,
l’effet du tems produirait des résultats fâcheux bien plus
sensibles dans une fabrication que dans l’autre : car par le
systême des hachures-franches la partie nue étant faite avec
des couleurs-vives, et la partie recouverte avec des couleurs-rabattues ;
pourraient, en changeant prendre une direction
toute opposée, et par ce fait seul, produire un grand désordre.
Dans l’ensemble : tandis que par le systême des hachures-composées ;
ces deux mêmes parties contenant les mêmes
couleurs-carnation, pures dans l’une et mélangée dans l’autre
ne pourraient se décoller ni détruire l’ensemble, car un
seul changement serait possible, et ce serait sur la masse.

Dans leur fraîcheur-première, ces deux fabrications présenteraient
déjà, d’aspect, quelque différence.

L’œil exercé du tapissier, les reconnaîtrait de suite
à la fabrication, celui du peintre les reconnaîtrait à
l’aspect : il croirait voir dans l’emploi des couleurs-mixtes
le résultat de l’hésitation qui ordinairement nait à l’éclat
de la couleur, et dans l’emploi des couleurs-vives, qui
n’ont descendues à l’état de mixtion que par des combinaisons
de fabrication, le résultat d’une conception vive
et ardente d’où découlent la fraîcheur et la vérité.

Nous avons pris pour exemple un fichu de gaze gris
nous pourions le prendre également de toute autre couleur
sans que cela chang[e]at en rien nos combinaisons, le
piquant des hachures seul changerait à mesure que la
couleur de la gaze serait prise dans des tons plus élevés
le contraste des couleurs, dans le mélange, pourrait devenir plus
piquant ; mais celui des tons le deviendrait moins.
Par exemple, pour un fichu de gaze-noire, la
composition des hachures changerait, c’est-à-dire que les
tons carnations y serait généralement clairs tandis
que pour un fichu gris ils y seraient généralement bruns.

Dans les parties où jour glisse en éclairant la surface
du fichu sans pour cela éclairer la carnation qu’il recouvre
les tons noirs ainsi éclairés se combineraient alors avec des
tons carnation plus élevés qu’eux, et dans les ombres-portées,
par l’épaisseur des plis ce serait l’inverse, ces
mêmes tons-carnation donneraient encore de la transparence
aux noirs par de la lumière colorée.

La graduation dU piquant des hachures n’est nullement
le résultat symétrique d’une méthode, il est tout simplement
celui d’une combinaison qui naît de l’inspiration et
du raisonnement.

Le piquant des hachures ajoute encore de la transparence
aux teintes qui sont déjà légères par leur composition, il en
donne également aux ombres, mais c’est en général dans
les reflets, ou dans les réfractions des métaux, qu’il peut
se porter au plus haut degré.

La douceur des hachures donne de l’unité, de la
pâte et de l’éclat aux lumières.

Ainsi, la graduation du piquant à la douceur des
hachures doit ajouter encore à son identité avec la peinture
tant sous le rapport des effets de couleur que sous celui
de la vérité des objets mêmes, mais toujours de manière
à ce que l’œil du spectateur n’en soit nullement occupé.

Dans ces dernieres considérations les hachures du tapissier
présentent quel qu’analogies avec celles du graveur, car elles
y jouent le même rôle et l’on ne doit les voir que lorsqu’il
s’agit de juger des détails du métier.
Le graveur et le tapissier accusent ou assourdissent
leurs hachures selon la nature des objets et selon les teintes
qu’ils ont à représenter.
Si le graveur n’a pas l’avantage des hachures colorées
il a du moins celui de les commencer où bon lui semble, de
faire par préférence telle partie de son sujet avant telle
autre partie, selon les oppositions qu’il veut se ménager.
En outre il attaque ses hachures avec toute l’énergie possible
en leur donnant des directions gracieuses suivant la forme
Des contours et suivant celle des teintes. Tandis que le
tapissier n’en peut faire autant, il a contre lui de ne pouvait faire les contours et la forme des teintes qu’en
amoncelant, toujours horizontalement, ses hachures les unes
sur les autres, regrettant en toutes circonstances de ne
pouvoir se donner des oppositions en faisant telle partie de
son sujet, avant telle autre partie comme nous l’avons
expliqué à la marche de l’ouvrage 6ème chap: 4 partie. page XXIV. 3ème dessin lignes-irrégulières
à teinte plate. ou on 7ème: des fleurs et ornement.
une chose qui ne s’est pas encore faite en tapisserie
ou du moins, une chose que nous ne sachions pas qui se soit
jamais faite, c’est une réduction! nous avons pourtant
la conviction qu’on pourrait en faire, car aujourd’hui nous
avons parmi nous, grâce à la constante sollicitude de m:m:
Lemonier, Desrotours et Lavocat administrateurs qui se
sont succèdes, bon nombre de tapissier assez forts en dessin
et même.
Et même en peinture pour l’entreprendre, et y réussir convenablement.

Une réduction dont les proportions seraient convenables
à la tapisserie, pourrait être faits par le tapissier lui même
soit en peinture dans le cas où l’original serait trop grand
pour être consulté sans se déranger de place, un par un
dessin seulement dans le cas contraire.

Au moyen de l’apareil dont nous avons partie pour éviter
les traces, le tapissier pourrait répèter ses carreaux de
réduction sur son calque même, et l’appliquer ainsi sur
le devant de sa chaîne.

La situation du tapissier sous le rapport des connaissances
utiles utiles à son art, est aujourd’hui ce qu’elle n’avait
jamais été, elle le met à même d’en juger très sainement
la portée pour en tirer le meilleur partie possible.

Ses connaissances li donnent le moyen de s’identifier
avec son modèle, non seulement sous le rapport de la
composition de sa couleur, mais encore sous celui de
son dessin, de sorte qu’il marche, non comme un
copiste-froid, mais bien comme un traducteur ardent
qui, avec des matériaux étrangers, exprime le plus
heureusement possible la pensée de son auteur.

L’une des plus précieuses qualités du tapissier, est celle
d’éviter la confusion des gammes et des tons tout en les
multipliant considérablement sur sa chaîne par le seul
moyen de sa méthode et de ses combinaisons.

Dans la composition de la couleur on retrouve parmi
nous, le cachet de chacun comme on le retrouve parmi les
peintres. Aussi en peinture comme en tapisserie, tout ce
qui est du métier relativement à la couleur, s’explique
et s’enseigne très bien, mais à partir de là, tout ce qui
en fait l’originalité se trouve dehors de l’enseignement
et n’est plus que le résultat des inspirations de son
auteur et la propriété de chaque individu.

Le dessin en tapisserie, a bien aussi quelque
chose de tout particulier, car c’est une espèce de poncis[30]
jeté et suivi par petites parties, avec des interruptions sans
nombre, sur une chaîne mobile.

Si les contours du modèle sont purs et bien accentués,
le tapissier n’a à vaincre, pour les reproduire fidèlement
sur sa chaîne, que les difficultés ordinaires du métier,
mais si ils sont vagues, il a beaucoup plus à faire, car
il faut qu’il les considère, dans son calque et sur sa chaîne,
comme si ils étaient surement arrêtés, et qu’il leur donne
ensuite du vague dans la fabrication seulement.

Les contours vagues sont très difficile à imiter en tapisserie.
En ce qu’il faut, d’abord, qu’ils soient bien arrêtes et qu’ensuite
ils ne paraîssent pas l’être. A cette occasion nous citerons
encore Rubens, comme le maître que nous ayons trouvé
jusqu’à présent, le plus difficile à suivre dans son
dessin : souvent chez lui les contours d’un objet se tient parfois,
avec le fond sur lequel ils portent. Ainsi il faut donc
pour en faire l’imitation vraie, que le fond qui les relace on
les couvre, soit combiné avec des couleurs qui aillent chercher
celle de l’objet, et que de son côté, les extrêmités du modelé
de ce même objet, se combinent avec des couleurs qui aillent
chercher celle du fond ; de sorte que c’est en prodiguant plus
ou moins ces tons, ces couleurs intermédiaires, en donnant à leurs
hachures plus ou moins de largeur, qu’on donne aussi aux contours
le plus ou le moins de vagues. Et que l’on parvient à lier
réellement, par un mélange, la couleur d’un objet avec celle du
fond sur lequel il porte, en conservant au travers
du laissé-allé, la pureté des formes.

Malgrè les divers exemples d’identité que nous avons cités
nous ne prétendons par faire marcher de pair la tapisserie
avec la peinture, car le génie de la composition laisse
à lui seul, entre ces deux arts, une distance immence,
mais nous pensons que dans la création de la couleur, il y
à un grand rapprochement ; et que d’un autre côté,
en partant de son analogie avec la gravure, il est aussi
difficile de reproduire des formes sur une chaîne que
sur le cuivre.

Qu’en somme, l’art de la tapisserie a contre lui de
ne pas être connu hors de l’enceinte où on l’exerce
qu’enfin, nous croyons bien fermement que si de savants
écrivains-artistes avaient faits des traités sur la
tapisserie comme il s’en est fait sur la peinture, le
public appréciateur de toute chose ayant pour base
une méthode ouvrant à l’homme une carrière inépuisable,
serait autant étonné des difficultés qu’il y à à vaincre
pour s’y distinguer que des ressources qu’elle présente
pour y parvenir. =De la soie pour trame, de son mélange de son emploi et de la combinaison pour son passage à la laine.=

De la soie à coudre.[modifier]

N° 18.

De la soie pour trame, de son[modifier]

mélange et de son emploi.[modifier]

La soie pour trame est moitié moins grosse que
la laine également pour trame. Employée elle est
presque généralement mélangée en deux ou trois brins,
et rarement simple.

Dans les pièces d’histoire on l’emploie sur les premiers
plans dans les parties claires des draperies-brillantes,
dans les teintes-tendres, et particulièrement dans l’imitation
des draperies de soie.

On l’emploie généralement dans les lumières des
métaux et dans celles de touts les corps-luisants,où
son brillant-naturel fait illusion.

Dans les meubles, fleurs, fruits, arabesques,
oiseaux, comme pour l’imitation du poilé-brillant
de divers animaux ; on y emploie la soie, depuis
la lumiere blanche jusqu’à la hauteur de ton où
se rencontre presque toujours la couleur normale de
chaque nuance, hauteur où la teinture peut l’amener
sans lui faire perdre, ni sa couleur, ni son brillant
à partir de là on la combine avec la laine, qui
à cette hauteur est très vive de couleur, et y présente
plus de solidité pour arriver jusqu’aux ombres.

De l’observation ci-dessus, sur la nécessité de passer
de la soie à la laine pour y trouver plus de solidité
dans la couleur, nous pouvons en excepter la nuance
des bleus-Reymon, qui nous procure des gammes-
completes de tons depuis la lumière blanche, jusqu’à
l’ombre presque noire ; en conservant dans tous les
tons, solidité, richesse de couleur et brillant de la
soie.

Indépendamment du mélange que donnent les
hachures en combinant les tons dans la fabrication,
la soie en reçoit presque généralement un sur la
broche avant d’y être employée ; alors par l’assemblage
de deux ou trois brins de diverses couleurs, elle devient
aussi grosse que la laine, et présente sur la broche
une teinte déjà composée.

Si par exemple nous voulons établir une gamme
de tons pour l’imitation d’un corps modelé par une
teinte-mixte, telle que celle d’un vert-gai tirant
au bleuâtre par exemple ! nous choisissons deux
gammes qui séparément, s’éloignent de l’aspect de
teinte que présentent le modèle, l’une paraîssant plus jaunâtre
et l’autre plus bleuâtre, nous les mélangeons
ensemble en dévidant un brin de l’une avec un brin
de l’autre, c’est à dire, que nous couvrons une broche
d’un brin n° 1 jaunâtre, et d’un autre brin n° 1
bleuâtre. Nous en faisons autant pour les numéros
2, les numéros 3, et ainsi de suite, de sorte,
que nos broches portent chacune un ton composé,
et chacune deux brins de trames qui dans le tissu
n’en font plus qu’un, et leur ensemble présente
tous les tons de la teinte mixte du modèle.

Si sur cette teinte, les lumieres devaient être
plus jaune que le reste de la gamme, nous
substiturions aux deux premiers tons de la gamme
vert-jaunâtre, deux autres tons portant la même
hauteur, mais pris dans une gamme plus jaune,
sans rien changer à la gamme vert-bleuatre ; ou
au besoin nous en ferions autant de celle ci, si
les clairs devaient être plus bleus au lieu d’être plus jaunes.

Pour l’imitation des objets dont le modelé se
compose d’une teinte-locale-franche de la lumière
à l’ombre, telle qu’il s’en rencontre dans les divers
objets pour meuble, nous prenons pour base une
gamme de couleurs au dessus du modèle, nous la
mélangeons avec une autre gamme de couleur au dessous
mais appartenant toujours à la nuance de la premiere,
c’est-à-dire, que si la premiere gamme est beau bleu,
la seconde doit être également bleue, mais en tirant
au violet, au vert à l’orangé ou enfin, vers le
penchant de la teinte du modèle, de sorte
qu’il résulte toujours du mélange de ces deux gammes
prises dans les mêmes distances, l’une au dessus
et l’autre au dessous du modèle, un terme-moyen
qu’en donne juste la couleur.

Dans la compositions [sic] de ces teintes que nous
appelons teintes-franches parce qu’elles ne se
composent que du mélange de gammes appartenant
à une même nuance, comme nous l’avons déjà dit,
rouge avec rouge, bleu avec bleu, vert avec
vert &c… la distance de l’un à l’autre de ces
gammes, est toujours peu considérable, comme
par exemple, une première, mélangée avec une
seconde.

Si les teintes-franches que nous venons de
supposer étaient susceptibles de recevoir des
modifications ! nous mélangerions alors, la
premiere gamme avec une troisième, laquelle étant
rabattue, atténurait [sic] la vivacité de la premiere,
alors celle ci figurerait dans le mélange, gamme
n°1 avec gamme n° 2. puis dans celui, gamme n° 1.
avec gamme n° 3.

Si ce dernier mélange ne modifiait pas assez
la teinte-franche, nous mélangerions alors la
gamme n° 2. avec une quatrième, de sorte que
cette dernière teinte ainsi composée sur broche, retrouverait,
par le mélange des hachures, une portion de teinte-franche.
en se combinant avec l’une des deux teintes que[31] nous
venons précédemment de composer. Ainsi la seconde
gamme figurerait dans le mélange de la premiere teinte et dans
celui sur la troisième, comme la première
figurerait dans le mélange de la premiere teinte
et dans celui de la deuxième.

Nous pouvons également par le mélange sur broche,
réhausser la teinte-franche dans les mêmes proportions
que nous venons de prendre pour la modifié, si
toute fois cette teinte est encore susceptible de l’être car
du moment qu’elle présente toute l’intensité d’une
nuance pure, comme par exemple la teinte beau-bleu
Reymon, elle n’est plus susceptible d’être rehaussée par du bleu, et se compose de brins appartenant à la même gamme ; seulement pour
empêcher la grande monotonie de ton dans la
lumiere et pour activer le passage des demi-teintes-clairs,
aux demi-teintes brunes et afin que ces
dernieres conservent encore de la transparence, nous
mélangeons pour la lumière un 1er ton avec un 2 eme puis un 6eme avec
un 7eme pour la demi-teinte-clair, puis enfin un
9eme ton avec un 10eme pour la demi-teinte brune,
de sorte que les tons nos 2, 3, 4, 5 et 6. quoi que dévidés
en brins double, ainsi que les derniers bruns, ne se
mélangent entre eux que dans la fabrication.

Cette règle du mélange, n’est pas positivement
applicable aux seuls numéros que nous venons de
prendre pour exemple. Elle n’est que facultative et
sert particulierement à faire disparaître les petites
lacunes qui peuvent se rencontrer entre certains tons
d’une gamme ! Supposons par exemple que la
distance de tons entre le 3eme et le 4eme soit un peut trop
grande, Eh bien, pour parer à cet inconvénient, nous
dévidons le n° 3, toujours en double brins, nous
en faisons autant du n° 4. Puis en suite nous
mélangeons un brin de l’un avec un brin de l’autre
en les dévidant ensemble sur une autre broche, par ce
moyen nous avons le ton qui remplace la lacune
qui existait entre les nos 3 et 4.

Nous entendrions réhausser le beau bleu Reymon
avec des gammes de couleur très vives telles que
beau-violet au beau-cramoisi, beau vert-bleu
au beau-vert-gai &…

Nous pouvons encore réhausser ou modifier les teintes
dont les tons se composent de deux brins, en ajoutant
à leur mélange un troisième brin d’une gamme, ou
au-dessus, ou au dessous, ce moyen est encore
facultatif et s’emploit pour de certains passages.

Le premier principe du mélange, en général, est
dans l’égalité parfaite de hauteur de tons des diverses
gammes que l’on mélange ensemble sauf quelques
exceptions-raisonnées, et de même nature que celles
que nous avons déjà cités plus haut.

Nous observons aussi, qu’on doit apporter le
moins de modifications possibles dans l’emploi des teintes-
franches dont nous venons de parler, et être bien
pénétré surtout, que dans les parties-brillantes qui
reçoivent la lumiere directe, si on y glisse quelques
couleurs étrangères, soit dans le mélange sur la
broche, soit dans celui que donne la combinaison
des hachures, elles doivent y être toujours très-fraiches.
Les couleurs-rabattues ou doivent, autant que
possible, figurer que dans les parties fuyantes, soit
en replaçant dans le mélange, sur la broche.
L’un des brins de la premiere couleur, soit en formant
entre elles un mélange particulier qui se combinent
alors avec la teinte-franche y apporteraient, par
le mélange des hachures-composées, les diverses
modifications que nous avons expliqué aux exemples
de ces hachures.

Le mélange sur broche se fait encore entre
les couleurs-franches les plus différentes possible, telles
que bleu avec rouge ; rouge avec vert, vert avec
rouge-orangé ; enfin toutes les couleurs ardentes,
peuvent se mélanger, soit par deux ou par trois
ensemble.

Ce mélange outré de couleurs mais fait à égale
hauteur de tons, donne le passage de l’un à l’autre
teintes-franches dont il se compose, et se reproduit
souvent dans les divers objets dont se compose le
meuble particulièrement.

Ainsi pour passer d’une teinte-franche vert-gai
à une autre teint-franche rouge, nous mélangeons
les deux gammes ensemble, seulement dans les
différents tons où les passages de teintes doivent
avoir lien. Dans la fabrication ces différents
tons ainsi mélangés, ne se combinent pas entre eux,
mais bien avec eux des teintes-franches; leur hachures
se mélange en se distribuant partie sur une teinte.
et partie sur l’autre, ainsi elle sert de passage
d’une gamme à l’autre, comme elle sert en même
tems de passage d’un ton à un autre ton, et par
ses diverses figures elle fond, ou elle oppose
à la fois l’une à l’autre.

Nous allons citer encore un exemple où il faut
enfreindre le principe du mélange quant à la parfaite égalité de
hauteur des tons !

Pour l’imitation des lumières sur la pince des
plis d’une draperie changeante, où le passage de
la lumière à l’ombre est très précipité, qu’en même
tems, le clair et le brun y diffèrent tout à fait
de couleurs.

Si par exemple le principe du couleur
de la draperie est d’un bleu élevé de ton, mais
que l’efet du jour y donne des clairs de couleur
qui y soit tout à fait étrangère ; les tons qui
font le passage de l’un à l’autre doivent se composer
d’un mélange inégal dans la hauteur des tons, et au
moins dans les proportions suivantes.

1er ton étrange mélangé avec le 2eme bleu.
2eme ton étrange mélangé avec le 3eme idem.

De sorte que dans la composition même du
mélange de ces quelques tons passages, ou y
retrouve l’empire de la teinte-locale, pour
passer rapidement des clairs aux teintes colorées.
Le passage de la soie à la laine est assez heureux
dans ces oppositions brusques de tons et de couleurs,
mais dans celui des teintes-larges, douces et non
variées de nuances, il est souvent très ingrat.

Passage de la soie à la laine.[modifier]

Indépendamment des diverses proportions de
mélange que donnent les hachures d’un ton sur soie,
combiné avec celles d’un ton sur laine, nous
mélangeons l’une avec l’autre sur la broche, afin
qu’il fasse non seulement, le passage de tons et
de couleurs, mais c’est afin aussi qu’il y fasse
encore l’intermédiaire des deux différentes natures
de trames qu’il doit lier.

Il faut pour ces mélanges que la hauteur de la
soie se confonde bien avec celle de la laine ;
et si on avait à se laisser entraîner pour soutenir
un ton, un peu plus que l’autre, se serait toujours
en faveur de la soie dans le brin ainsi mélangé
porte toujours à la lumière par l’effet de son
brillant naturel.

Le mélange-sur-broche peut donner toutes
les variétés que nous trouvons par la combinaisons des
gammes et de leurs tons, dans le système des hachures-composées,
soit par celles de deux duites, soit par
celles de trois; de manière qu’il est plus facile
d’établir des teintes-composées par le systême
du mélange sur broche, que d’établir ces mêmes
teintes par celui des hachures : mais si le
mélange de la laine, par les hachures, présente Plus de difficultés que celui de la soie sur broche, en
revanche, il présente aussi dans la fabrication une
régularité, plus sûre dans l’assemblage de brins des
diverses couleurs qui forment le tissu, comme il présente
encore une division de plus dans les proportions du
mélange de deux gammes.

Par le mélange des hachures de deux duites, nous
établissons régulièrement deux parties d’une gamme.
Contre une seule parties d’une autre gamme et vice versa.

Nous pouvons aussi dans un corps de hachures, faire
dominer une gamme sur un certain nombre de
tons seulement, et en même tems en faire dominer
une autre sur le reste ; tandis que ces deux mêmes
gammes mélangées ensemble sur broche, ne peuvent,
par les mêmes hachures de deux duites, donner que
deux parties contre deux dans toute l’étendue du
corps de hachures.

Dans la comparaison du mélange de trois
gammes sur broche, avec celle de trois gammes
mélangées par le systême des hachures-composées faites
par deux duites, nous trouvions pour ce dernier mélange
les mêmes difficultés que nous venons de citer au mélange de
deux gammes, mais pour la régularité de l’assemblage
des brins qui font les demi duites et les duites des diverses
couleurs qui forment le tissu ainsi que pour la
[…]iation[32] libre des proportions l’avantage deviendrait.
encore bien plus grand.

En outre le systême de mélange par les hachures-
composées faites par trois duites, nous met à même
non seulement de suivre tous les mélanges possibles sur
broches, mais encore de les dépasser avec de grands
avantages ; aussi les teintes en soie composées sur broche
n’ont un avantage de brillant et de fraicheur dans
la couleur que d’autant qu’elles sont faites en tapisserie
par le système des hachures-franches, et cela ce
concevra aisément, car si une teinte-franche
quelconque a été mélangée sur broche et qu’on
la mélange encore, par le système des hachures-composées avec une ou plusieurs autres teintes également
composées sur broche, il en résidera l’aspect diffus
de couleurs s’entre détruisant les uns aux autres sans
que l’œil puisse y trouver le nombre repos ni la
moindre parcelle d’une véritable teinte-franche,
enfin on aurait l’aspect de la palette du peintre
lorsqu’il gratte et mélange ensemble tous ses résidus
pour la nettoyer.
nous n’entendons pas pour cela, exclure totalement
les hachures-composées dans les teintes en soie déjà
composées sur broches, nous entendons qu’elles ne
doivent y être employées seulement, qu’accidentellement
comme dans l’imitation des reflets du métaux, dans
celle de la réfraction de couleur étrangères qu’on y revenant
presque toujours, mais dans quelques tous seulement,
tandis qu’on en doit nullement faire usage où
leur couleur reçoit la lumière directement.
nous n’employons ordinairement sa soie
simple que dans l’imitation des détails de la
grande finesse et de la plus minutieuse porté
tels que ceux qui se rencontrent souvent dans
les fleurs, où la légère épaisseur de leurs pétals
s’indique sur leurs bords, par des filets de lumière très purs. très purs et très délicats.

Nous l’employons encore dans le détail et le
dessin des ornemens-bijous pour faire le
drillage entre une lumière-vive et une ombre
vigoureuse afin d’obtenir toute la netteté et
toute la fermeté possibles.

De la soie à Coudre.[modifier]

La soie à coudre ordinairement d’un
tiers plus grosse que la soie pour trame.

Les gammes des différentes nuances sont
généralement éloignées les unes des autres, elles
se composent de tons également éloignés les
uns des autres à peu près dans les proportions
de 3 à 5, de 5 à 7 &c…

Les tons des diverses gammes montent autant
que possible jusqu’au noir, et ne descendent
par tout à fait jusqu’au blanc.

N° 19.

Manière de prendre le calque d’un tableau et de le tracer sur la chaîne.[modifier]

Quand le tableau est placé dans le sens
où il doit être exécuté en tapisserie, le tapissier
y pose légèrement le blanc sur les détail qu’il
ne pourrait voir après la pose du tapis à traits.

Il précise ainsi tous les principaux contours, et
arrête également les détails intérieurs qui lui sont
nécessaires.

Cette première opération forme sur le tableau,
une travée-horizontale de la hauteur du papier
à traits. ce tapis est transparent et de pâte
végétale. La feuille porte à peu près 66 cent[imèt]res de
long sur 52 de large.

La seconde opération est d’appliquer, feuille à
feuille, le papier sur toute l’étendue de la travée,
en commençant bien carrement la pose de la premiere
par la droite, et en l’y fixant seulement par ses
deux encoignures d’en haut avec de la cire-molle :
on fait de suite deux repaires à cette premiere faille
l’un en haut et l’autre en bas, à 3 ou 4 cent[imèt]res près de
son bord-gauche.

Quelques artistes prennent sur leur calque les plus minutieux
détails, d’autres n’en prennent que les principaux ; mais
quant aux contours silhou[e]ttes ils sont généralement arrêtés
avec précision pour tous.
On pose ensuite la seconde feuille à la suite de
la premiere et de maniere à ce que son bord-droit
couvre bien perpendiculairement les 3 ou 4 cent[imèt]res du
bord-gauche où se trouvent les repaires de la premiere
que l’on répète de suite en les calquant sur la seconde.

On fait également deux repaires sur le bord-gauche
de cette seconde feuille afin que la troisième vienne,
en s’appuyant dessus, les répèter comme la seconde
à répèté ceux de la première.

On arrête ainsi successivement toutes les autres
feuilles avec la cire molle.

Après la pose des feuilles, on calque en arrêtant
ponctuellement, par un trait bien accentué, les
principaux contours silhouettes, et on indique les
mouvemens et le détail des teintes intérieures par
des points plus ou moins multipliés selon leur
fermeté ou leur douceur.

Ces contours sur le voile
n’ont pas besoin d’être très
…vères[33] de forme, mais
doivent y être indiqués
d’un trait assez gros
bien chargé de blanc.

On retire ensuite toutes les feuilles, et on ajoute
à cette première travée du tableau la continuation
de la pose du blanc, mais en ne la faisant seulement
que sur les contours silhouettes des principaux objets
qui suivent, en ne s’étendant toute fois, que sur
la surface que peut couvrir le voile qu’on
veut poser.

On pose donc le voile sur le tableau!
on calque dessus, avec du blanc, les contours
des principales masses que sa transparence laisse voir.

Le voile est un châssis recouvert d’une gaze-noir bien
tendue, et porte de 1 mètre à 1m1/2 de haut et une largeur convenable
pour être applicable entre les deux jumelles du métier.
Ensuite on la retire sans secousses afin que le
blanc ne se détache pas, puis on applique
sur le devant de la chaîne dans la même position
qu’il occupait sur le tableau ; puis on trace
ces grands-contours sur la chaîne, comme il est
indiqué au premier principe de dessin IV partie 6eme chap :
à l’exception qu’on ne pique les fils qu’à trois ou
quatre d’intervalle des uns aux autres.

On retire le voile de dessus la chaîne où les traces
qu’on a prises d’après lui, serviront désormais de
guides pour la pose des feuilles chaque fois qu’on
aura besoin de tracer.

La pose du voile se fait encore chaque fois
qu’on a roulé l’ouvrage fabriqué ; elle se fait
aussi quelques fois dans l’intervalle des roulées si
on veut s’assurer qu’il ne se glisse pas d’erreur dans
l’ensemble des masses.

Après avoir retiré le voile de dessus le devant de
la chaîne on y substitue les feuilles-à-traits dans
le même ordre qu’elles occupaient sur le tableau.

En ajustant, autant que possible, leurs grands contours
sur les traces du voile.

Pour cette pose on arrète seulement chaque feuille
en l’entravant par trois ou quatre fils de chaîne que
l’on fait passer par dessus en les prenant chacun à
des intervalles convenables, pour que la feuille soit
bien appuyée et qu’elle ne plisse pas.

On trace ensuite leurs repaires, et quelques uns de
leurs grands-contours : on retire ensuite toutes celles
qui ne sont pas susceptible de servir pour le
moment ; et on arrête définitivement, avec des
baguettes à traits, celles dont on a besoin.

De là on trace comme nous l’avons déjà dit plus
haut, d’après ce qui est indiqué au 1er principe du
dessin IVeme partie, 6eme chap : en s’y conformant
pour la maniere de tracer les contours-silhouettes
c’est à dire, de les arrêter ponctuellement fil-à-fil,
tandis que l’on ne doit tracer les mouvemens de
teintes qu’en laissant deux, trois et même quatre fils
d’intervalle entre chaque trace.

On doit observer aussi en traçant, de piquer
le plus légèrement possible, les fil qui doivent
être recouverts de teintes-claires, et même on doit
dans certains passage ne tracer le fil qu’a l’envers
c’est à dire, ne l’envelopper que d’un demi-anneau.

N° 20.

Appareil et application du calque sur le[modifier]

devant du métier pour fabriquer la tapisserie de[modifier]

haute-lisse, en évitant les traces sur la chaîne,[modifier]

à l’instar de la fabrication de basse-lisse.[modifier]

D’après les questions suivantes, faites par Mr Lavocat
administration à M:M: les chefs et sous-chefs d’atelier
nos collègues, ferait-on le meuble avec autant
de succès par le système de fabrication de
haute-lisse que par celui de basse-lisse ?

Nous avons répondus négativement à l’unanimité
en basant nos opinions 1° sur divers motifs qui se
rattachent en partie, au manque d’habitude de
faire ce genre, motifs qu’une étude spéciale
aurait bientôt fait disparaître.

2° sur l’obstacle invincible des traces qui
noircissent la chaîne, quoi qu’en indiquant pas
dessus, tous les détails du modèle ; il résulte
donc, de cet obstacle, deux inconveniens nuisibles à
la fabrication, et qu’il nous paraît impossible de
surmonter. Le premier en ce qu’il est susceptible
de laisser errer le tapissier dans la précision des
détails, et le second en ce qu’il ternit l’éclat
de la soie particulièrement dans les teintes-fraiches
et claires.

Nous avons donc, en notre particulier, et d’après
les vives-instances de Mr Lavocat, chercher si,
il n’y aurait pas un moyen de dégager le tapissier
de haut-lisse de ses traces.

Après lui avoir soumis le léger appareil
nous avons conçu, Mr l’administrateur nous a
de suite autorisé à en faire immédiatement l’application.

Nous avons donc en 1834, fait plusieurs essais
de tapisserie haute-lisse sans traces.

Ces essais ont été faits sur une échelle de
moyenne dimension, et appliqués plus particulièrement
à des objets brillans, et d’un détail très minutieux ;
ils ont parfaitement réussi, de sorte que l’emploi
de ce moyen ne laisserait aujourd’hui aucun doute
sur l’avantage de son application à des morceaux
de certaine dimension, surtout dans le meuble,
parce que le meuble présente en général non seulement
des détails très minutieux, mais encore parce que le
tissu qu’on y emploi est aussi généralement en soie
et dans des teintes très fraîches et très claires.

[en marge]
Sauf qu’il était en
[34] et par conséquent
moins parfait que s’il
eut été fait en fer.

Voici l’explication du léger appareil que nous
avons conçus et dont nous avons fait usage pour des
morceaux de moyenne dimension, et voici aussi
comment nous conservons son application aux
grandes-pages.

Cet appareil comme le représente la figure
consiste 1° en un triangle adaptée aux jumelles du métier
où commence la tapisserie
et par conséquent de la longueur du rouleau.
2° d’un châssis-mobile, se composant de trois pièces
dont deux montants s’adaptant à la tringle et une
traverse pour les lier.

3° une autre tringle également adaptée aux jumelles,
mais celle ci plus légère que la premiere, serait fixée
au dessus à distance convenable, pour que la partie supérieur
du châssis puisse s’y accrocher quand il serait appliqué
devant la chaîne.

4° deux légers cilindres [sic] en rouleaux à nervure sur
les quels la feuille de papier à trait se roulerait.
ces deux rouleaux s’adapteraient horizontalement aux
montants du chassis de manière à laisser entre-eux une
travée plus ou moins grande du calque déroulé et
tendu.

Les diverses pièces dont se composerait cet appareil
seraient toutes en fer et autant délicates que possibles à
l’exeption [sic] de la première tringle qui seule pourrait être
plus forte que le reste.

Nous concevrions l’application de cet appareil aux
pièces de grandes dimensions dans l’adaptation à la première
tringle, d’autant de chassis qu’il y aurait de personnes
employées sur le même métier ; dans la maniere de
les y placer chacune et dans les divers déployments
qu’on leur donnerait.

La manière de calquer un tableau dont la
dimension, en hauteur, n’exigerait qu’une seule feuille
pour la couvrir, ne diffèrerait de la manière ordinaire,
qu’en ce qu’elle porterait des lignes tirées d’équerre.
1° deux lignes horizontales, dont une en haut et
l’autre en bas ; à un ou deux centimètre, des bords.

2° deux autres lignes également horizontales, dont
une en bas, à un ou deux cent[imèt]res au-dessus de la premiere
et l’autre en haut, à trois ou quatre cent[imèt]res au-dessous
de la seconde.

3° deux lignes perpendiculaires l’une à droite et
l’autre à gauche.

Les deux premières lignes horizontales des extrémités
de la famille, serviraient de guides pour son ajustement,
en s’étendant parfaitement sur la vive arête des cilindres [sic]
où ses deux extrémités seraient encaissées.

Les deux autres lignes également horizontales,
serviraient, celle d’en bas, à indiquer le commencement
de la tapisserie, et celle d’en haut à prendre des
repaires sur la chaîne, repaires sur lesquels une
seconde feuille viendrait au besoin, appuyer sa
premiere ligne horizontale pour succeder à l’autre.

les deux lignes perpendiculaires serviraient de
démarcations à la chaîne pour la hauteur de la
tapisserie, par rapport à celle du modèle.

Ces lignes seraient constamment couvertes, l’une
par le premier fil et l’autre par le dernier, de sorte
qu’elles avertiraient dans le cours de la fabrication,
si la tapisserie s’élargit, ou se rétrécit.

Le tableau étant calqué, et la feuille portant en
outre les diverses lignes que nous venons de citer, serait casée
dans les cilindres 4.4 et ensuite appliquée toute
développée sur le devant de la chaîne.

On arrêterait les cilindres sur les montants 2.2 du châssis
de maniere qu’en pressant la chaîne avec la tringle 1.1
ils serviraient de baguettes à trait pour l’application de
la feuille.

Après avoir vérifié la pose, on tracerait sur la chaîne
à trois ou quatre fils d’intervalle des uns aux autres et
comme repaire seulement, la ligne horizontale d’en
haut.

Ensuite on roulerait la feuille sur le cilindre d’un
haut en le faisant tourner en dehors, et en le descendant
de maniere à maintenir toujours la feuille tendue, jusqu’au
point où on jugerait de le fixer, c’est-à-dire,
qu’on laisserait entre les deux cilindres une partie plus
ou moins grande de dessin non roulée.

On ramènerait ensuite la tringle 1.1 à la
distance convenable de la chaîne, pour le travail, et
on accrocherait la partie suppérieure du chassis
après la tringle 5.5.

On commencerait alors la fabrication, et lorsque
l’ouvrage serait monté d’un cilindre à l’autre, qu’enfin
la premiere travée du dessin serait faite, on en déroulerait
une seconde, en remontant le cilindre au
dessus et lorsque celui ci serait fixé ; en sa nouvelle
place, on roulerait la travée terminée sur l’autre
cilindre, de sorte que par l’ascension de ce dernier,
l’ouvrage fabriqué se trouverait naturellement découvert.

On en ferait autant pour chaque travée, et lorsqu’on arriverait
à la dernière,
on la presserait sur la chaîne, par le moyen de la
tringle 1.1 comme il est dit plus haut, pour s’assurer
si la chaîne aurait fait, dans le cours de la fabrication,
quelque mouvement, soit en rentrant sur l’ouvrage fabriqué
soit en s’allongeant, dans le sens inverse, par le tirage
continuel des lisses. Alors si il s’était fait l’un
de ces deux mouvemens on piquerait de nouveau
quelques légers repaires au dessus ou au dessous des anciens
sur lesquels viendrait définitivement s’appuyer la seconde
feuille.

Ainsi la seconde feuille aurait pour se repairer.

1° les contours de l’ouvrage fabriqué.

2° les repaires jetés horizontalement sur la chaîne non
couverte.

3° les fils de droite et de grande pour l’encadrement
de ses lignes perpendiculaires.

on répèterait pour l’application de la seconde feuille
se qui vient d’être dit pour l’application de la premiere,
c’est-à-dire qu’on piquerait de suite, sur la chaîne, les
repaires de la ligne horizontale d’en haut, si toutefois
une troisième feuille devait succéder à la seconde.

Toutes les fois que le tapissier voudrait voir la partie
d’ouvrage qu’il serait en train de faire, il décrocherait
le chassis qui s’abattrait sur le devant du métier, comme
la porte d’un secrétaire.

Le tapissier qui a travaillé en base-lisse
peut en quelques jours être parfaitement au courant
de ce nouveau système, celui qui n’a travaillé
qu’en haute-lisse y arriverait moins vite. =De la tapisserie rehaussée en or de sa fabrication.=
N° 21.

Illustration 43 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

De la tapisserie rehaussée en or[modifier]

Vers l’année 1810 nous avons fait un meuble
fond de laine rouge à figures et ornements, rehaussé
en or[35].

La composition des figures était du célèbre David,
celle des ornemens de l’habile architecte Mr Percier.

Dans sa fraîcheur, ce meuble était magnifique,
mais soit que le tissu d’or n’ait pas été assez corsé,
soit qu’il ait été, comparativement au tissu d’or des anciennes
tapisseries, ce qu’est aujourd’hui la dorure sur cadre
comparativement à ce qu’elle était anciennement, toujours
est-il que ce meuble est devenu noir et méconnaîssable
en fort peu de tems ; tandis que nous voyons encore
aujourd’hui des pièces très anciennes, rehaussées également
en or, qui n’ont pas eu le même inconvénient quoi
qu’ayant supporté toutes les intempéries.

Ce genre de travail totalement oublié depuis fort longtems
fut repris à l’occasion de ce meuble seulement.

L’exécution eut un brillant succès par l’intelligence avec
laquelle nous avions varié les lumieres réhaussées avec
un seul et unique ton d’or.

Dans la fabrication, ce seul tissu produisait, par les
combinaisons des hachures, par leur mélange, par les
différentes maniere [sic] de l’employer et de l’appliquer sur la chaîne
les ressources d’une gamme de neuf à dix tons.

Voici comment en consultant l’ancienne fabrication
et en recueillant les avis des plus anciens tapissiers de
l’époque, nous avons reconnu et exécuté ce travail et
comment au besoin, nous pourrions encore le faire.

On mélange sur broche un seul brin de tissu d’or
et de soie de même hauteur ; puis sur une autre broche
deux brins de tissu d’or pur. de sorte que ce dernier
mélange fait déjà en dehors de la fabrication, un ton
plus clair que le premier.

Dans le tissage ordinaire, on sait que deux
tons combinés ensemble se donnent chacun mutuellement
par le mélange de leurs hachures, trois parties diverses
si les hachures sont de trois duites ? qu’en outre, il
reste encore pour chaque ton, une partie franche si on
la juge nécessaire ? Ainsi on a donc pour passer
de la soie pure à l’or-pur, six proportions de mélanges
divers, et de là, en cessant le tissage ordinaire, on
obtient de la lumiere en faisant faire à l’or pur un
gaufré, qui, plus il est gros plus il est brillant et
conséquemment plus clair.

En outre, sur le gaufré, le même tissu d’or s’enlève
encore en lumiere par le moyen d’une lame-tournée
qui également, plus elle est grosse, plus elle est
brillante et claire.

Voici comment se fait le gaufré dans la fabrication.
Il marche immédiatement à la suite du tissage
ordinaire.

La premiere demi-duite partant de gauche à droite
sur les fils croisures, s’arrête là où commence le gaufré,
là aussi, cesse l’action des croisures et des lisses.

Les doigts (le pouce et l’index) prennent les deux fils
suivants, c’est-à-dire, qu’il amenent ensemble, le fil
croisure suivant et le fil-lisse son voisin ; on continue la
demi-duite en la lançant dessus comme si ces deux
fils n’en faisaient qu’un. De là on laisse un intervalle
de deux fils, puis on amène les deux suivants (croisure
et lisse) sur les quels on lance pareillement la demi-duite.

On continue ainsi le petit-gaufré en sautant de
deux fils en deux fils.

Pour obtenir plus clair, on laisse trois fils d’intervalle
au lieu de deux, et par conséquent on en amène trois
aussi au lieu de deux et toujours ensemble comme s’ils
n’en faisaient qu’un. On continue ainsi la marche
de la demi-duite par trois fils comme elle s’est faite
par deux. Puis si l’on veut encore avoir plus
clair, on la continue de quatre fils en quatre fils, de
cinq en cinq, de six en six et même de sept en sept
selon la grosseur de la chaîne et la largeur des masses.

Par une seconde demi-duite on ramène le tissu
de droite à gauche, en le lançant successivement sur
les fils d’intervalle que la premiere a laissé ; puis
arrivé à la partie tissée par le croisé ordinaire de la
chaîne, la main amène, par l’action des lisses, la quantité
de fils nécessaire pour arriver au premier redoublement
de la hachure.
De là, par l’action des croisures, la main amène
encore les fils jusqu’où commence le gaufré. On y lance
la troisième demi-duite qui, en suivant son cours de
gauche à droite, répète ponctuellement sur les divers
gaufrés, les proportions établies par la premiere.

La quatrième demi-duite revient ensuite pour faire
le deuxième redoublement de la hachure, en répètant
aussi. Ponctuellement, dans son trajet de droite à gauche,
ce que dans le sien, la seconde demi-duite y a précédemment
faite.

De là, la cinquième répète ce qu’ont faites les
premiere et troisième demi-duites, comme pour terminer.
Enfin la hachure, la sixième répète ce qu’ont faits
les deuxième et quatrième demi-duites.

Dans une masse de lumiere dont le mouvement et la
forme ne changent pas, tel que cela se rencontre dans une
partie de bordure à plat ou en montant ; les carreaux
formant le gaufré font un mouvement alternatif de droite
à gauche sans pour cela lui faire perdre sa direction.

Par exemple, le gaufré sur deux fils, suivant le second
rang de hachures, fait son léger mouvement vers la droite
en quittant un fil à gauche pour en reprendre un autre
sur la droite. de sorte que le premier carreau de ce
second rang se trouve à cheval moitié sur le premier
et moitié sur le second du premier rang.

Ce mouvement se fait
[…]lemment sur toute la
[…] des petits carreaux.

Au troisième rang de hachures, le gaufré refait
le mouvement inverse en reprenant le fil qu’il avait quitté
à gauche et en quittant celui qu’il avait pris à droite, de
sorte, que par ce moyen les carreaux de ce troisième
rang se trouvent à cheval sur ceux du deuxième
comme ceux ci se trouvent à cheval sur ceux du premier
sans que ce flottement dérange la direction de la
lumiere.

Quant aux autres carreaux qui suivent les premiers
dont nous venons de parler, ils font également leur
mouvement alternatif de droite à gauche en se posant
aussi, à cheval les uns sur les autres, mais ce
mouvement se fait plus rarement à mesure par ces
carreaux deviennent plus larges. Ainsi les uns le
font toutes les quatre ou cinq duites, et les autres toutes
les six, sept, et jusqu’à dix ou douze duites même, de
sorte que leur mouvement ne se trouve plus commendé [sic]
par l’épaisseur régulière du rang de hachures, mais
bien par le raisonnement et la volonté du tapissier.

Le gaufré par carreaux, présente à l’œil
l’aspect d’une surface ondulée qui lui renvoie plus
de lumiere à mesure que son grain grossit.

La lame-tournée n’est proprement dite en fabrication
qu’un drillage monstrueux qui enveloppe à la
fois, par une quantité plus ou moins grande de duites, un
nombre plus ou moins considérable de fils. Elle s’enlève
en relief sur le gaufré, et présente à l’œil l’aspect
d’un cordonnet varié de grosseur, de sorte que par
son relief sur le gaufré, la lame-tournée raccroche
la lumière avec encore plus d’intensité.

Son exécution se fait en dehors de l’action des lisses
et croisures comme celle du gaufré, elle peut aussi se
conduire et se lier avec un corps de hachure mais en
montant seulement.
La lame-tournée se fait toujours d’un seul jet,
soit qu’elle s’appuye sur une ligne horizontale ou sur une
ligne oblique. Dans le premier cas on la commence
indifféremment par la droite ou par la gauche, dans le
second, on la commence tout naturellement par la partie
inférieure de la ligne. Mais, si par exemple elle
doit couvrir et s’appuyer sur une ligne courbe, on la
commence à droite ou à gauche, alors elle fait son
ascension du côté où elle commence ; et se termine
sans interruption en descendant graduellement par le
côté opposé.

Pour l’exécuter ainsi, particulierement pour la partie
descendante, il faut que la duite soit très obéissante
et qu’à mesure on l’appuye sur la ligne, car sans ces
précautions elle n’y arriverait qu’en resserrant les
fils les uns sur les autres et en faisant plisser la partie
d’ouvrage qu’elle recouvrirait.

En général, il faut au tapissier un peu d’habitude
pour travailler un tissu-métallique quelconque, car
il est toujours dur comparativement aux autres tissus
qui se combinent avec lui, et par conséquent bien plus
susceptible de resserrer la chaîne. Mais pour parer
à cet inconvénient, c’est seulement du tact qu’il faut.

Dans les sujets à figures tels que ceux du
meuble que nous avons fait, le gaufré à carreaux
et la lame-tournée s’emploient particulierement dans
les accessoires ; mais pour le modèle des figures on
fait un gaufré tout différent. On sait bien la même
règle de proportions en sautant de deux fils
en deux fils d’intervalle, de trois en trois &c…
et au lieu de ne donner du mouvement au gaufré
que toutes les trois, quatre, six, huit, ou dix duites
comme nous l’avons dit, on fait, pour les petits intervalles,
un mouvement à chaque duite : pour les moyens, on le
fait toutes les deux duites : et pour les grands, toutes les
trois ou quatre duites au plus. de sorte que de cette
combinaison, il résulte un grain de fabrication plus
fin, plus pâteux et par conséquent plus en rapport
avec la nature de l’objet qu’il représente.

Ce gaufré ou ce grain allongé donne également de la
lumiere varié ; peut-être est-elle un peu moins étincelante
que dans le gaufré à carreaux, mais elle a l’avantage
d’être moins saccadée, moins tourmentée.

La lame-tournée s’y emploie ça et là presque
toujours dans de moyennes proportions, par exemple,
on trouve à la glisser heureusement, sur un nez,
sur un bout de pied qui vient en avant, de même sur
un bout de main ; mais dans des masses de
cheveux elle y joue un grand rôle.

La pensée qui nous a fait entrer dans les détails
de cette fabrication, est que plus tard en pourrait
commander à la manufacture des objets de ce genre,
soit meuble, soit tenture historique pour décorer
les monumens consacrés à perpétuer le type d’architecture
d’ameublement de tel ou tel règne.

Alors dans le cas où nos prévisions se réaliseraient
quand les anciens tapissiers d’aujourd’hui seraient
disparus, nous pensons que cette note pourrait
devenir de quelqu’utilité à leurs successeurs.
Par exemple, si un jour ou faisait répèter les
anciennes tentures, nous conseillerions avant toute
chose que l’on y emploie que du tissu d’or aussi
bon que celui qu’on se proposerait de rajeunir,
car, autrement, le but serait manqué.

Tous terminerons cette note en faisant observer
que le tissu d’or employé dans les anciennes
tapisseries telles que celles dites (Constantin) était
varié de grosseur, et travaillé partout en brin-simple.

Le fin s’employait dans le tissage ordinaire en
hachures et en partie-franche.

Le gros faisait le gaufré et les lames-tournées.

La grosseur du premier répondait à celle d’un
fort brin de soie simple, et celle du second était
du double.

Pour passer rapidement de la lumière à l’ombre,
les anciens combinaient parfois l’or pur avec la laîne[36]
on les mélangeaient ensemble sur broche. =Du magasin gé[nér]al et du magasin de détail.=

N° 22.

Du magasin général, et du[modifier]

magasin de détail.[modifier]

Le magasin général est le dépôt des matières
premieres pour la fabrication, et pour la teinture
telles que laine et soie teintes de toutes couleurs,
laine blanche, soie écrue et chaîne, le tout
en écheveaux.

Les chefs d’atelier[37] y puisent les gammes complètes
des diverses nuances pour la fabrication de la tapisserie.

A mesure que les gammes s’épuisent, les chefs d’atelier
en font passer les echantillons à la teinture qui les
remplace, de sorte que toutes les nuances s’y trouvent
autant que possible, toujours au complet.

Le magasin de détail est le dépôt du renvoie
des ateliers pour la laine et la soie teintes de toutes
couleurs dévidees sur broche.

Les broches dont il se compose, contiennent des
quantités inégales de ces diverses matieres, on y puise
les gammes-accessoires qu’on ajoute aux principales gammes
levées au magasin g[énér]al.

Lorsque dans le cours de la fabrication, un ton
va se trouver épuisé, et qu’une broche, ou une demi broche
suffirait pour terminer l’étendue que ce ton aurait
encore à parcourir, c’est au magasin de détail que
l’on va en amortir le même.

On y puise généralement les petites quantités de trame
avec lesquelles on fait les accessoires pu considérables,
d’un tableau.

Ce magasin se trouve alimenté par les restes,
que les ateliers lui envoient, des principales gammes
qui ne se trouvent plus nécessaires pour la continuation
d’une pièce ; là ces restes y sont remis en
ordre de nuances et de gammes par d’anciens tapissiers
pour être casés ensuite dans l’armoire qui contient
leurs pareils : de sorte que le magasin de détail
contient en petite quantité, et sur broche, la variété
des nuances et des gammes que le magasin g[énér]al
contient en echeveaux. =De l’atelier de rentraiture.=

N° 23

De l’atelier de rentraiture.[modifier]

L’atelier de rentraiture reçoit les tapisseries
qui ont éprouvé des avaris soit dans leurs coutures ou
dans leur tissu soit pour en extraire des emblèmes pour
y substituer autre chose.

Les coutures se reprènnent sur table, et a l’endroit
le point se trouve faufilé comme dans un sujet, en ne
présentant toute fois son biais qu’à l’envers de la tapisserie.

Ce point de couture ne se composant pas d’un las comme
lorsqu’il se fait à l’envers sur le métier, ne peut être par
conséquent aussi parfait, tant pour le rapprochement des deux
bords qu’il réunit, que pour sa disparition dans le
tissu; On pourrait cependant faire disparaître cet
inconvénient en se servant d’un métier de base-lisse en
guide de table : on assujettirait la piece de tapisserie
aux nervures des rouleaux de ce métier, en lui donnant
une légère tente par le moyen des boulons seulement, et
alors on coudrait à l’envers en faisant le point du tapissier.

A mesure, chaque roulée cousue, se reployrait sur
le rouleau d’en bas. C’est ainsi qui se reprènnent
les coutures à la manuf[actu]re de Beauvais.

Chaînage pour réparer les trous.[modifier]

On chaîne les trous qui ont occasionnés non seulement la
rupture des duites du tissu mais en même tems celle d’un
certain nombre de fils de chaîne.

On retire et à l’envers, les duites rompues, on les couche
à droite et à gauche sur les premiers ou deuxièmes fils qui
ont résisté.

Par la retraite des duites, les fils rompus se trouvent
découverts et laissent en haut et en bas du tissu non avarié,
des bouts comme les duites rompues en laissant à droite
et à gauche ; de sorte que le trou, par ce moyen se
trouve aussi tout à fait à découvert.

Les fils rompus se remplacent par de la chaîne de
soie à peu près de leur même grosseur.

Le chaînage se fait à l’aiguille : une même aiguillée
remplace sans l’interrompre, un certain nombre de fils en
passant du premier dans le second, de celui ci dans le
troisième et ainsi de suite jusqu’à son extinction.

Pour chaîner, on fait un nœud au bout de l’aiguillée
pour l’arrêter à l’envers d’où elle passer, pour sortir à
l’endroit à trois ou quatre cent[imè]tres au dessous du trous et
dans la direction du premier fil rompu.

De là ce nouveau fil s’introduit dans le premier, en
passant comme lui dans le tissu qui le couvre et en
sortant egalement comme lui à fleur de la derniere
duite de ce même tissu. pour de là, s’introduire
pareillement de l’autre côté du trou, en remontant
de la première duite pour ressortir de nouveau à trois ou quatre cent[imèt]res au-dessus,
pour ensuite s’introduire de nouveau dans
le second fil-rompu en descendant par sa partie
supérieure, puis de l’autre côté du trou, en redescendant
également par sa partie inférieure.

[en marge]
Le trajet de l’aiguille
sous les duites ne se fait aussi
long [?] que lorsque la tapisserie
se trouve molement fabriquée,
mais autrement il n’est ordinairement
que de un cent|imet]re 1/2
à deux cent[imèt]res, aussi bien pour
partie suppérieure que pour
partie inférieure.

Ici on devra observer que l’aiguille ne doit pas
ressortir parallèlement au point d’où elle est partie en
s’introduisant dans le premier fil, mais qu’elle doit en
ressortir à un cent[imèt]re au moins, au dessus ou au dessous.
C’est afin que la tension du chaînage ne se fasse pas sur
la même duite ni sur la même ligne, par conséquent
la même observation s’applique aussi à la partie
supérieure.

Ainsi du deuxième fil, on passe dans le troisième et
successivement des uns aux autres.

On doit s’attacher particulièrement à bien règler la
longueur que chaque fil doit avoir afin que lorsqu’il seront
tendus tous ensemble ils le soient tous également.
On doit aussi s’attacher à bien faire disparaître, sous les
duites, le point de jonction que fait le passage d’un fil à l’autre.
C’est en écartant autant que possible, les deux duites entre
lesquelles l’aiguille s’introduit que ce point de jonction
peut entièrement disparaître.

On finit le chaînage en passant et en arrêtant l’aiguillée
à l’envers ; ensuite avec des pointes à damas in fixe
carrément, sur un châssis ou sur une tablette, la partie
de tapissier ainsi chaînée ; et pour la tendre, on
introduit entre les deux, un ou deux petits rouleaux gros
comme le pouce, dont l’un se place en haut et l’autre
en bas, de sorte qu’en même tems, la tapisserie se
trouve convenablement éloignée de la tablette.

Cette dernière disposition prise, les duites et les fils
rompus étant couchés à l’envers, les unes à la droite et
à la gauche, les autres en haut et bas du trou, il
ne reste plus au rentrayeur qu’à échantillonner ses
couleurs pour recouvrir le chaînage.

Le nouveau tissu s’introduit à l’aiguille par demi
duites, dans le chaînage. La premiere part de gauche
à droite en passant par un fil dessus un fil dessous et
alternativement en suivant l’aiguille qui l’introduit
en outre horizontalement, dans le flanc des trois ou
quatre premiers fils de l’ancienne chaîne afin de la consolider
de ce côté, avec les anciennes duites. L’introduction de l’aiguille dans
le flanc des fils doit se faire en serpentant
comme reprise dans du linge.

De là, la seconde demi-duite revient à gauche,
elle passe egalement dans le flanc des anciens fils que la
premiere vient de traverser, se continue en se croisant,
par les fils d’intervalles, un dessus, un dessous ; puis elle se
prolonge aussi horizontalement, dans le flanc des trois ou
quatre premier anciens fils qui suivent le chaînage de cet
autre côté.

Avec la tête de l’aiguille ou avec une aiguille à presser
en guise de peigne, on tasse les nouvelles duites sur les
anciennes.

On continue ainsi toutes les duites tant que l’aiguille
peut se faufiler à plat dans le chaînage ; mais du
moment qui se fait la jonction (jonction n’est par le terme technique, c’est fermeture) horizontale des nouvelles
duites avec les anciennes, l’aiguille se renvoie de l’envers
à l’endroit, comme ça se fait pour le petit-point sur le
canevas, c’est-à-dire qu’elle passe entre deux fils en cheminant
toujours vers la droite ou vers la gauche, et en tirant
chaque fois le brin de tissu de maniere à ne laisser
aucun anneau sur chaque fil qu’il couvre.

Ce manège se fait ordinairement pendant une duite
seulement, ce qui est aller et revenir.

Rentraire un morceau dans une tapisserie.[modifier]

On coupe intérieurement à deux ou trois centimètres
près des bords, la parties de tapisserie qu’on veut remplacer.

C’est sur des contours sinueux et dans des parties
brunes en leurs qu’on cherche autant que possible, à
opérer la rentraiture.

Par des points faufilés en zigzag, on rabat à l’envers
l’excèdent des bords de la tapisserie, puis ensuite on
ajoute dessus, le nouveau morceau en rabattant
également son excédent à l’envers(car il doit toujours être fabriqué
e conséquence), et en le bâtissant sur toute la ligne
où il doit être définitivement fixé par sa rentraiture.

La rentraiture se commence ordinairement par la
partie inférieure : elle se fait avec de la soie ord[inai]re mais
qu’on a le soin d’éprouver avant de s’en servir pour
s’assurer de sa force. Quant à sa couleur et à sa
hauteur de ton, ou tâche qu’elles soient, autant que possible,
d’accord avec celles des teintes qu’elle dois réunir.

Ces diverses dispositions étant prises, le rentrayeur
enfile une assez longue aiguillée de soie, lui fait faire
dans l’intérieure [sic] de chaque fil, sous les duites de la tapisserie
et du nouveau morceau, le trajet indiqué, au
chaînage des trous, pour l’aiguillée de chaîne de soie.

Ainsi tant que la ligne de rentraiture présente, dans le
sens de la chaîne, la correspondance d’un fil à un autre ;
la soie s’y introduit pour les unir. Mais du moment qu’il
n’en reste plus, que le flanc du nouveau morceau
et le bord de la tapisserie ne sont plus séparés que par
une couture ordinaire, on la laisse de côté pour la
reprendre plus tard à l’envers : mais si au lieu
d’être une couture ord[inai]re formée par deux lisieres, elle
se trouve exister entre une lisière d’un côté et des
duites rompues de l’autre côté, ou tout à fait entre
des duites rompues, la soie s’introduit alors en
duites dans le flan, de chaque partie ; de sorte
que par son trajet, d’une partie à l’autre, elle lie
les duites de la tapisserie avec celles du morceau
rentrait comme la duite le fait dans le remplissage
du trou ainsi qu’il est expliqué à la fin de la page III.
faisant suite au chaînage pour réparer les trous.

la moitié droite de la ligne inférieure étant terminée,
on fait pareillement la moitié gauche en partant de sa
base, c’est-à-dire de la gauche du premier fil rentrait.

Ensuite on en fait autant pour la partie supérieure ;
mais pour faire cette derniere partie, si le morceau est
grand, ou si on veut se donner de l’aisance, on
tourne la tapisserie sur la table pour avoir en bas,
la ligne d’en haut.

S’il arrive dans une rentraiture que le morceau
à rentraire, contienne plus ou moins de fils de chaîne
que la tapisserie, le rentrayeur prend alors ses
mesures pour faire disparaître cette différence de nombre
de fils, en prenant du tems en tems deux fils pour
un, de maniere que cette division ne laisse voir aucune
différence quant elle est bien répartie sur divers points
de la ligne.
Pour que la rentraiture puisse se faire dans certaine
tapisserie durcie par l’humidité, ou trop dure par
la nature de son tissu, il faut la chauffer, mais
avec modération, pour donner de l’élasticité à sa
chaîne et à ses duites afin d’éviter leur rupture
quand l’aiguille les traverse.

En résumé, la soie qui fait la rentraiture, doit
comme celle qui fait le chaînage dans la réparation des
trous, passer successivement, sans cependant laisser
voir aucune trace de son passage d’un fil dans un autre fil, à deux ou trois centimètres (un cent[imèt]re suffit quand une tapisserie se trouve bien fabriquée)
au dessous et au dessus de la ligne
de jonction du morceau à la tapisserie. Elle doit
egalement ne laisser aucune trace de son trajet en
se cachant totalement dans les duites qui couvrent les
deux fils qu’elle heurte.

C’est plus particulièrement à la ligne de rentraiture
que la soie doit passer ponctuellement dans la derniere
duite de la tapisserie et dans la premiere du morceau
afin qu’en se tendant à chaque trajet qu’elle fait du
bas en haut, du haut en bas, elle force ces deux
principales duites à se rapprocher, à s’asseoir
l’une sur l’autre comme elles le seraient dans la
fabrication ordinaire.

Dans le sens inverse de la chaîne, cette même soie
cesse son rôle de chaîne pour prendre celui de duite (cachée).
En traversant intérieurement les flancs de la tapisserie
et ceux du morceau, comme la duite le fait, à droite
et à gauche, dans la réparation des trous, sauf
qu’ici la soie ne sert uniquement qu’à la consolidation
des véritables duites dont la correspondance doit avoir
l’air de n’être pas interrompue sur la ligne de la rentraiture.
c’est là tout ce qui concerne l’endroit de la rentraiture
d’un morceau dans une tapisserie .

Ensuite, quand une rentraiture est bien faite,
solidement hentée fil dans fil, on peut sans danger
couper, à l’envers presque à fleur de l’ouvrage,
l’excédent de tapissier qu’on y a bâti. on retire
les duites qui se trouvent en dehors de la rentraiture
puis on détortille les bouts de chaîne que la retraite
des duites laisse à découverts, on les frotte en appuyant et en
roulant la main dessus afin de les faire boucler sur
toute la ligne, et au besoin on passe le carreau
sur la jonction des deux parties pour faire disparaître
la légère rainure qui pourrait s’y être formée.

Si par exemple les flancs de la rentraiture ne se
trouvent pas fermés pas une couture ordinaire, on
laisse les bouts de duites plus longs qu’eux
de la chaîne ; on les détortille egalement afin qu’ils
ajoutent encore de la résistance à leur partie tissée
et à leur jonction.

Pour que le rentraiyeur [sic] ne travaille pas
machinalement, il faut qu’indépendamment des
connaissances de sa partie, il ait au moins du gout
pour le dessin, qu’il soit adroit, patient et minutieux
en dehors de ces qualités, il faut encore qu’il ne sue pas des mains.

Travail des hachures à l’aiguille faisant[modifier]

encore partie de la rentraiture.[modifier]

On peut par le travail à l’aiguille éviter
la rentraiture, du moins l’éviter dans bien des parties.

Voici comment nous l’entendons, et comment nous
venons d’en acquérir la certitude en faisant remplacer
des fleurs de lys par des palmettes aux quatre
encoingnures de la bordure d’une baniere d’après
Mr Paul-de-la-Roche[38].

Ce travail se fait à l’instar de celui de la basse-lisse
parce qu’il se fait aussi à l’envers dans une position
horizontale, et parce que le trait se trouve également
dessous la chaîne et indépendant d’elle : il n’en
diffère que parce qu’il se fait à l’aiguille et sans
le concours des lisses.

En guise de métier, on se sert d’une espèce
de chassis de 50 à 60 centimètre de long sur 35 à
40 de large. par l’un des côtés de la hauteur de ce
chassis on introduit, dans une coulice [sic] une légère
tablette sur laquelle on applique le trait, en l’y fixant
avec de la cire-molle seulement.

Ainsi, voulant, comme nous l’avons dit à l’article
rentraiture, faire disparaître un ensemble, ou refaire
une partie dont la couleur aurait été perdue par l’effet
d’un accident quelconque, on arrête la tapisserie à
l’envers, en haut et en bas du chassis avec des pointes à damas
de maniere que la partie qu’en veut faire disparaître
se trouve placée(par rapport au sens de la chaîne)
perpendiculairement sur le centre.

Comme à la rentraiture, pour la réparation des
trous, on glisse horizontalement aussi, deux petits
rouleaux l’une en haut et l’autre en bas, entre la
tapisserie et le chassis : leur épaisseur donne de la tonte
à la tapisserie, et lui ménage la distance convenable
entre elle et le trait lorsque la tablette sera placée.

On tond ensuite l’ouvrage qu’on veut faire disparaître
puis on trace d’abord la ligne sinueuse qu’on veut suivre
mais toujours en l’étendant le moins possible, en cherchant
pour points d’appuis des contours, ou des teintes simples
de composition faciles à assortir, et pour les points
de fermetures des contours bigarés ou des teintes en laine de
couleur assez élevée de ton.

Partant de là on évide la chaîne en coupant
soigneusement, du haut en bas, les duites entre les fils.

Mais sur les flancs, là seulement où il ne se rencontre
pas de contours pour servir de points d’appuis, on évide
la chaîne en retirant les duites une à une, de maniere
à ce qu’elles conservent des bouts de deux ou trois cent[imèt]res de long, de
maniere aussi à les y caser par un échelonnage qui
produise une ligne oblique autant douce que possible
et sans rechutes.

La chaîne étant ainsi évidée, on la racommode
en remplaçant par de la chaîne de soie, les fils cassés
et les fils douteux. On les passe à l’aiguille comme
on fait dans le chaînage pour réparer les trous, sauf
qu’on ne fait pas passer successivement la même aiguillée
d’un fil dans un autre : ici il faut une aiguille pour
chaque fil, qu’on arrête aux extrémités du chassis.
Ensuite on calque du modèle la partie qu’on veut
enchasser dans celle qu’on a évidé, on applique ce
calque sur la tablette que l’on glisse dans la coulice
du chassis, et là on l’ajuste définitivement en appuyant
sa silhouette sur les contours de la tapisserie.
Cette dernière déposition prise, on échantillonne
ses couleurs, puis avec les ressources de la rentraiture
et avec la connaissance du métier des hachures, on refait
patiemment avec l’aiguille, l’ouvrage tel qu’il se
ferait avec la broche dans la fabrication ordinaire.

Quoique son ouvrage se fabrique à l’envers, le
rentrayeur tapissier peut le voir à l’endroit toutes les
fois qu’il le désir, il n’a pour cela qu’à retirer
la tablette, et à retourner le châssis ; des divers
avantages que présente ce mode,
c’est celui là qui est le plus précieux, les autres sont
de ne laisser aucune trace de racommodage tant à
l’endroit qu’a l’envers, et de laisser intacte la
fraîcheur de la couleur à l’endroit.

Ici il est évident que pour faire de jolies choses
par ce mode de rentraiture et de tapisserie tout à
la fois, il faut que le rentrayeur connaisse d’abord
parfaitement sa partie, et qu’il ait de plus un
certain dégré de connaissance du métier proprement
dit des hachures, pour qu’il puisse s’identifier avec
les combinaisons de fabrication, soit par les hachures
franches, voit par les hachures-composées.

N° 24.

Aux Dames.[modifier]

Mr Deyrolle chef d’atelier à la manuf[actu]re n[ation]ale
des Gobelins, ayant reçu l’approbation, et tous
les encouragemens possibles de Mr Lavocat administ[rat]eur
et de Mr Chevreul directeur des teintures ; pour
etablir en méthode intelligible l’art de fabriquer
la tapisserie afin d’en répendre les connaissances
chez les dames qui aiment s’occuper de tapisserie.

Son but serait donc :
1° de mettre les dames à même de fabriquer
de la tapisserie à l’instar de celle des Gobelins,
en leur enseignant la partie manuelle du métier
afin d’arriver le plutôt [sic] possible au dégré convenable
de perfection pour utiliser leurs travaux, sans
pour cela rester stationnaires.

2° de donner à la teinture du commerce
tout le développement que nécessiterait la propagation
de l’art de la tapisserie.
pour fabriquer en tapisserie, des sujets de
moyenne dimension tels que chaises, fauteuils,
petit morceaux de cabinet &c… Il faut un
métier de la grandeur et de l’aspect, (à peu près)
d’un piano ordinaire.

Les premiers élémens de la fabrication
s’apprendront par leçons, et en consultant les
figures et leur explication dans l’Essai sur la
tapisserie, essai fait également par Mr Deyrolle.

Les leçons seront suivies comme il suit :

1ere leçon : faire une bande-unie pour apprendre
à lancer le tissu, à régler la main, et à
connaître les termes techniques qui y sont applicables.

2eme leçon : lier sans couture deux bandes ensemble.

3eme leçon : hachures-franches, par trois duites.
Une bande hachée composée de deux tons,
la décomposition des hachures par les termes
techniques.
4eme leçon : hachures-franches, par trois duites.
Une bande hachée composée de trois tons,
décomposition de la hachure du milieu.

5eme leçon : hachures-franches, par deux duites.
Une bande hachée composée de trois tons.
Décomposition des hachures de deux duites.

6eme leçon : premier dessin à teinte plate, figure
carré, lié avec des lisérés qui l’encadrent.
Termes techniques employés pour dessiner des
contours sur la chaîne en tissant.

7eme leçon : Deuxieme dessin à teinte plate.
Lignes circulaires, lié comme le précédent.

8eme leçon : Troisieme dessin à teinte plate,
lignes irrégulieres, explication sur la marche
de l’ouvrage et sur l’interruption des contours
selon leur position sur la chaîne.
9eme leçon : mouvemens et figures variées de
hachures-franches, par trois duites.

Corps de hachures composé de sept tons
se combinant entre-eux de maniere à cadencer,
dans toutes les lignes possibles, les teintes qu’il produisent
en les opposant ou en les fondant selon les
différentes figures que l’on donne aux hachures.

La connaissance de cette leçon met à même
de copier materiellement, teinte pour teinte, toutes
les peintures.

10eme leçon : dessin d’après le systeme du clair
obscure, mais en ne faisant usage que de
hachures-franches.
Ornemens modelés avec cinq tons du clair
à l’ombre, portant de l’un à l’autre, une distance
très prononcée.

11ème leçon : fleurs, même système et même nombre
de tons indiqués dans la précédente leçons.
12eme leçon : Dessin, ornemens, même systeme, mais
modelés avec un plus grand nombre de tons plus
rapprochés les uns des autres que dans la 10eme leçon.
Plus de détail aussi, et plus de sévérité dans
le dessin.

13eme leçon : Dessin, fleurs, même systeme, même
addition de tons pour le modelé egalement plus
de détail et de sévérité dans le dessin.

14eme leçon : hachures-composées, par trois duites.
Une bande hachée composée de trois tons d’une
gamme A. établie d’abord en hachures-franches.

Trois autres tons portant la même hauteur
mais d’une g[am]me B.

Les teintes produites par la combinaison
mutuelle des trois tons de la gamme A. recevront
en partie ou en totalité, et successivement trois
différentes modification, dans la composition de
leur hachure, par les trois tons de la g[am]me B.
15ème leçon hachures-composées, par deux duites.
même bande, même combinaison que
dans la précédente leçon, avec les modifications
que les hachures de deux duites sont susceptible
d’apporter.
16ème Leçon hachures-composé par trois duites.
corps de hachures composé de sept tons
d’une gamme A. et de cinq autres trois d’une gamme B.
le 1er et le dernier tons de la gamme A. feront
chacun leur hachure-franche, et les cinq autres
tons recevront dans la composition de leur hachure
les cinq tons de la gamme B. qui devront porter
la même hauteur.
17ème Leçon hachures-composées, par deux duites.
même corps de hachure, même
arrangement que dans la précédente leçon.
18ème Leçon hachures-composées, par trois duites.
une bande hachée composée de trois tons d’une gamme A. de trois autres tons d’une gamme B. et d’un seul ton d’une gamme C. ce dernier portant même hauteur que les deuxième
tons des gammes A et B.
19ème Leçon hachures-composées, par deux duites.
même bande même composition que
dans la précédente leçon, avec les modifications
que les hachures de deux duites sont susceptibles
s’y apporter.
20ème Leçon hachures-composées, par trois duites
corps de hachures composé de sept tons d’une gamme A. de cinq
tons d’une gamme B. et de trois tons d’une gamme C.
le 1er et le dernier tons de la gamme A. feront chacun leur hachure-franche, les 2ème et 4ème tons
recevront dans la composition de leur hachure
les 1er et 5ème tons de la gamme B.
les 3ème 4ème et 5ème tons recevront également . dans la composition de leur hachure les 2ème 3ème et 1ème tons de la gamme B. mais ils y recevront en même temps, les trois tons
de la gamme C.

21ème Leçon hachures-composées, par deux duites
même corps de hachures, même arrangement que dans la précédente leçon.
22ème Leçon hachures-composés, par trois duites
corps de hachures composé de neuf tons d’une gamme A. établi d’abord en hachures-franches, de neuf tons d’une gamme B. et de neuf autres tons d’une gamma C.
les trois gammes également distanciés de l’un à l’autre, leurs
tons portant la même hauteur. introduire les neuf tons de la
gamme B. dans la composition des neuf hachures de la gamme A.
varier toutes les modifications possible, soit dans une
fraction des tons dont se compose le corps de hachures, ou soit dans sa totalité. introduire ensuite les neuf tons de la
gamme C. dans la composition des neuf hachures déjà formées par le concours des tons gammes A et B.
varier également toutes les modification possible, soit dans
une fraction. des tons dont se compose le corps de hachures, soit dans sa totalité.
donner ensuite ua corps de hachures-composées.
le mouvement et les diverses figures de hachures indiqués à la
9ème leçon.
23ème Leçon répéter la précédente leçon par des hachures de deux duites.
la connaissance parfaite de la méthode des hachures-composées,
met le tapissier à même avec peu de couleurs, de composer toutes les teintes inimaginables pour traduire avec vérité,
la peinture des colories, tandis que par la connaissance
seule, de la méthode des hachures-franches, et avec un nombre de couleurs trois fois plus grand, il ne peut parvenir, avec beaucoup de peines, qu’à en faire une imitation servile.
nota:
le principe du mélange sur broche faisant partie du métier
s’apprend et se développe avec les connaissances de l’élève.
et donne pour résultat en mélangeant ensemble
les produits de la teinture dans des proportions variées,
l’avantage de créer un grand nombre de couleurs en dehors
de cette même teinture et en dehors de celles qui se créons
dans la fabrication.

Illustration 44 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

[légende]
Coupe transversale / Élévation latérale / Vue de face /

dressé par l’ingénieur civil soussigné A.C. Benoit [?][39]

Métier à tapisserie de Monsieur Deyrolle père, chef d’atelier à la tapisserie des Gobelins

                Aux dames qui voudraient
            faire de la tapisserie à l'instar
                 de celle des Gobelins. 

cercle de fig- fils.
pour relacer le premier quart de cercle.
il faut lâcher les fils dans l’ordre suivant:
1 duite pour les 24ème,23ème,22ème,et 21ème fils.
1 duite pour les 20ème et 19ème.
1 duite pour les 18ème et 17ème.
1 duite pour le 16ème
1 duite pour le 15
1 duite pour le 14
1 duite pour le 13
2 duites pour le 12
2 duites pour le 11
2 duites pour le 10
3 duites pour le 9
3 duites pour le 8
4 duites pour le 7
5 duites pour le 6
7 duites pour le 5
9 duites pour le 4
12 duites pour le 3
16 duites pour le 2
20 duites pour le 1er

                  Aux Dames.

Mr Deyrolle chef d’atelier à la manufacture
royale des Gobelins ayant reçu l’approbation
et tous les encouragements possible de Mr Lavocat
administration, et de Mr chevreul directeur des
teintures, pour établir en méthode intelligible
l’art de fabriquer la tapisserie afin d’en
reprendre les connaissances chez les dames qui
s’occupent de tapisserie.
son but serait donc, de mettre les dames à même
de fabriquer de la tapisserie à l’instar de celle
des Gobelins en leur enseignant la partie manuelle
du métier afin d’arriver au degré convenable de perfection
pour utiliser leurs travaux, et pour donner à la teinture
du commerce tout le développement que nécessaire la propagation de l’art de la tapisserie.

pour fabriquer, en tapisserie des sujets de moyenne
dimension tels que chaises, fauteuils, petits morceaux
de cabinet &&&…
il faut un métier de la grandeur et de l’aspect à peu
près d’un piano ordinaire.
les premiers éléments de la fabrication s’apprendront par
leçons et en consultant les figures et leurs explication
dans l’essai sur la tapisserie.
les leçons seront suivies comme il suit.

1er Leçon. faire une bande unie pour apprendre
à lancer le tissu, à régler la main, et à connaître les termes
techniques qui y sont applicables.

2ème leçon. lier sans couture deux bandes ensemble.

3ème Leçon. hachures-franches par trois duites.
une bande hachée composée de 2 tons.
la décomposition des hachures par les termes techniques.
4ème Leçon. hachures-franches de trois duites.
une bande hachée composée de 3 tons,décomposition de la
hachures du milieu.

5ème Leçon. hachures-franches de deux duites.
une bande hachée composée de 3 tons,décomposition des
hachures de deux duites.

6ème Leçon. premier dessin à teinte plate, figure
carré liée avec des lisérés qui l’encadrant. termes technique employés pour dessiner des contours sur la chaîne en tissant.

7ème Leçon. deuxième dessin à teinte plate,
lignes circulaires lié comme le précédent.

8ème Leçon. troisième dessin à teinte plate,
lignes irrégulière, explication sur la marche de l’ouvrage et sur l’interruption des contours selon leur position sur la chaîne.
9ème Leçon.mouvements et figures variées, de
hachures-franches par trois duites.
corps de hachures composé de sept tons se combinant entre eux de manière à cadences, dans toutes les lignes possibles,les teintes qu’ils produisent en les opposant ou en les foudant
selon les différentes figures que l’on donne aux hachures.
la connaissance de cette leçon met à même de copier matériellement toutes les peintures.

10ème Leçon. Dessin d’après le système du clair
obscure, mais en ne faisant usage que de hachures-franches.
ornements modelés avec cinq tons, du clair à l’ombre,
portant de l’un à l’autre, une distance très prononcée.

11ème Leçon. fleurs, même système et même nombre
de tons indiqués dans la précédente leçon.
12ème leçon. ornements, même système de hachures, modelés avec des tons plus, nombreux et plus près les uns des autres que dans la 10ème leçon, plus de détail et
de sérénité dans le dessin.

13ème Leçon. fleurs, même système de hachures,
même division de tons pour le modelé,même observation pour le
détail et pour la sérénité du dessin.

14ème Leçon. hachures-composées par 3 duites
une bande composée de trois tons d’une gamme A. établie d’abord en hachures-franches, trois autres tons d’une gamme B.
portant la même hauteur que les trois tons de la gamme A.
les teintes produites sur la combinaison mutuelle de ces trois derniers tons recevrons en partie ou en totalité, et
successivement trois différentes modification par l’introduction, dans la composition de leur hachure, des trois tons de la gamme B.
15ème Leçon. hachures-composées, par 2 duites,
même bande, même combinaison, que dans la précédente leçon
avec les modifications que les hachures de deux duites peuvent
apporter.

16ème Leçon. hachures-composées, par 3 duites
corps de hachures composé de sept tons d’une gamme A. et de cinq autres tons d’une gamme B.
le 1er et le dernier tons de la gamme A.
feront chacune leur hachure-franche et les cinq autres
tons recevront dans la composition de leur hachure les cinq tons de la gamme B. qui devront porter la même hauteur.

17ème Leçon. hachures-composées, par 2 duites.
même corps de hachures, même arrangement que dans la précédente leçon.
18ème Leçon. hachures-composées, par 3 duites.
une bande composée de trois tons d’une gamme A. de trois autres tons d’une gamme B. et d’un seul ton d’une gamme C. ce dernier portant la même hauteur que les deuxième tons de la gamme A. et de la gamme B.

19ème leçon. même bande, même combinaison que dans
la précédente leçon, avec les modifications que les hachures
de deux duites peuvent apporter.
20ème Leçon. hachures-composées, par 3 duites.
corps de hachures, composé de sept tons d’une gamme A.
de cinq tons d’une gamme B. et de trois tons d’une gamme C.
le 1er et le dernier ton de la gamme A. feront chacun leur hachure-franche, les 2ème et 6ème tons recevront dans la composition de leur hachures les 1er et 5ème tons de la gamme B.
les 3ème, 4ème, 5ème ton gamme A. recevront également dans la composition de leur hachure les 2ème, 3ème, et 4ème tons gamme B.
mais ils y recevront en même temps les trois tons de la gamme C.

21ème Leçon. hachures-composées, par 2 duites
même corps de hachures même arrangement que dans la précédente
leçon.
22ème Leçon. hachures-composées, par 3 duites.
corps de hachures composé de neuf tons d’une gamme A. établir
d’abord en hachures-franches, de neuf tons d’une gamme B. et
de neuf autres d’une gamme C.
les trois gammes faisant bien parallèle pour la hauteur des tons.
introduire les neuf tons de la gamme B.
dans la composition des neuf hachures de la gamme A.
varier toutes les modifications possible soit dans une fraction des tons dont se compose le corps de hachure, ou dans sa totalité.
introduire, ensuite les 9 tons de la gamme C. dans la composition des neuf hachures déjà formées par le concours des
tons gamme A et B.
en varie également toutes les modifications possibles, soit dans une fraction des tons dont se compose le corps de hachures, ou dans la totalité.
Donner ensuite au corps de hachures-composées, les mouvements
et les différentes figures de hachures indiqués à la 9ème leçon.

23ème Leçon. Répéter la précédente leçon par l’usage des hachures de deux duites.

la connaissance parfaite de la méthode des hachures-composées
en créant dans la composition, et par la combinaison mutuelle
des hachures toutes les teintes imaginables, met le tapissier
à même de traduire avec vérité la peinture des coloristes quoi qu’en employant peu de gammes et peu de tons, tandis que par la méthode des hachures-franches il n’arriverait à l’imitation
servit d’une belle couleur qu’avec un grand nombre de gammes et de tons.
donne au tapissier les moyens de traduire toutes les peintures des coloristes, en créant par ses combinaisons toutes les teintes imaginables avec un moins grand nombre de gammes et de
tons qu’il ne lui en faudrait pour la méthode des hachures-franches.

Tableau des couleurs que la
teinture du commerce doit produire
pour réaliser la propagation de l’art
de la tapisserie en dehors et à l’instar
de celle des gobelins.
explication de ce tableau d’un
léger aperçu sur les ressources que
procure le mélange des couleurs.

n°26. Tableau des couleurs que la teinture du commerce doit

produire pour réaliser la propagation de l’art de la tapisserie, en dehors et à
l’instar de celle des Gobelins

[Schéma du cercle chromatique non retranscrit]

Division des couleurs par 5 nuances

Idem des nuances par 42 gammes

Idem des gammes par 660 tons

Illustration 45 extraite du Manuel sur l'art de la tapisserie par Mr Deyrolle, ancien chef d'atelier aux Gobelins.jpg

 

explication du tableau des couleurs que la teinture du commerce doit produire pour réaliser la propagation de l’art de la tapisserie en dehors, et à l’instant de celle des gobelins.
les couleurs sont classées par nuances au nombre de…….5
les nuances sont divisées par gammes, au nombre de…….42
les gammes sont divisées par tons, au nombre de ……..660

la nuance des rouges y compris l’écarlate se divise en……
……………………………………………11 gammes
la nuance des violets……………………….en 5 gammes
la nuance des bleus y compris le gris ordinaire du blanc au noir……………………………………..en 11 gammes
la nuance des verts………………………..en 10 gammes
la nuance des jaunes………………………..en 5 gammes

                                        total.....42 gammes

les onze gammes des rouges se divisent en………..199 tons
les cinq gammes des violets en ………………….73 tons
les onze gammes bleus y compris celle du gris ordinaire en…………………………………………..169 tons
les dix gammes des verts en…………………….146 tons
les cinq gammes des jaunes en……………………73 tons

                                        total......660 tons

par le simple mélange à partie égale, d’une gamme avec une
autre gamme, comme par exemple, chaque 1er gamme
mélangé en particulier, avec chacun des 2ème ses
voisines, celles-ci chaque une avec la 3ème qui l’avoisine également, chaque 3ème tirant au gris
avec la gamme de gris ordinaire, puis enfin les 1er rouge ordinaire et rouge orangé, avec la gamme écarlate, on obtiendrait 44 nouvelles.
44 nouvelles gammes intermédiaires.
en suivant toujours le même ordre, mais en faisant le
mélange par deux parties contre une, c’est à dire chaque 1er gamme donnant deux parties contre une seule de chaque 2ème et ainsi […]
puis ensuite en répétant l’inverse, que chaque 1er ne donne plus qu’une seule partie contre deux de chaque 2ème &&…on obtiendrait encore, en y ajoutant,
dans les mêmes proportions, le mélange de la gamme écarlate
avec celles du rouge ordinaire et du rouge orangé 84 nouvelles
gammes formant encore des intermédiaires entre les couleurs
pures du tableau et celles produites par leur simple mélange
à partie égale.
d’après ces simples données sur le mélange des couleurs on
peu juger jusqu’à quel nombre immense on les multiplierait
encore, on mélangeant les gammes d’une nuances avec celles d’une autre nuance, comme rouges avec violets, violets avec
bleus &&….ensuite, en faisant encore avec certain nuances
des mélanges plus éloignés, tels que bleu de Prusse avec
vert-bleu, bleu indigo avec vert-jaunâtre, vert-bleu avec
jaune-verdâtre frais avec rouge ordinaire.
les fractions indigo et Prusse de la manière des bleus se
mélangeant encore très heureusement, la première avec la
nuance des jaunes-verdâtre, et la seconde avec la fraction
rouge ordinaire, de la nuance des rouges. de sorte qu’en ajoutant encore à ces divers mélanges, une proportion de plus dans la fabrication, par le système des hachures de trois duites,proportion qui serait alors jusqu’à trois parties contre une, on obtiendrait toutes les teintes
imaginables.
par leurs mélanges et leurs combinaisons, les hachures produiraient des tons dans les mêmes proportions.

    Sommaire de l'essai sur l'art de la tapisserie
           par Deyrolle chef d'atelier.

1…de la chaîne.
2…de l’ourdissage et des ustensiles qui y sont propres.
3…du montage de la chaîne sur le métier et de son lissage.
4…du dévidoir prépar: de la chaîne.
5…de la fabrication faire une bande unie en tapisserie.
6…lier sans couture deux bandes ensemble.
7…hachures-franches, une bande de deux tons, une de trois et une de quatre.
8…de l’imitation en tapisserie des figures carrées circulaires, et irrégulières d’après un modèle à teinte plate,
du tracé de ces diverses figures sur la chaîne.
de la naissance des coutures, leur reprise, du moyen d’adoucir les rechutes du dessin.
9…modelé par le système du clair-obscur,mais en ne faisant usage que de hachures-franches.
…ornements.
10…même modelé: fleurs, de la marche des études du tapissier afin qu’il soit capable d’enseigner aux autres.
11…sur la méthode ancienne, choix des gammes , fabrication.
12…genre de travail qui succède à l’ancienne méthode lors de la suppression de la tache, choix des gammes, fabrication.
13…des hachures-composées faites par deux duites.
14…idem idem de leur mouvement et de leur figure.
15…des hachures-composées faites par trois duites,leur application aux passages les plus étroits.
16…idem idem manière libre de les établir en corps de hachures-franches ou composées, considérations sur les difficultés-inhérentes à la fabrication sur les défauts qu’on peut éviter.
17…de l’identité de la tapisserie avec la peinture sous le rapport de la composition de la couleur, du mouvement et de la forme des teintes par la dégradation des tons.
18…de la soie pour trame de son mélange et de son application aux parties qui lui sont propres, de la soie à coudre.
19…prendre le calque d’un tableau, le tracer sur la chaîne.
20…système d’application du calque sur le devant du métier pour haute lisse à l’instant de la basse lisse.
21…de la tapisserie rehaussée en ordinaire, sa fabrication.
22…du magasin général et du magasin de détail.
23…de la rentraiture.
24…avis aux dames qui voudraient faire de la tapisserie à l’instant de celle des gobelins.
25…tableau des couleurs que la teinture du commerce devra
produire pour réaliser la propagation de l’art de la tapisserie en dehors, et à l’instant de celle des gobelins
suivi d’un léger aperçu sur l’immensité des ressources que
procure le mélange des couleurs.

             quelque observation sur la
             note extraite de l'encyclopédie
             moderne sur l'art de la tapisserie,
             payer 96,97,98,99,100 par monsieur
             courtin ancien magistrat.
             la note que j'ai eu ente les mains
             et d'après laquelle j'ai fait ces
             observations m'a été prêter par Mr
             Mulard gris l'avait copier les mêmes
             d'après Mr Courtin, en octobre 1837. 

quelques observations sur la note extraite de l’encyclopédie
moderne sur l’art de la tapisserie, payés 96,97,98,99, et 100.
par Mr Courtin ancien magistrat.
dans cette note, après avoir partiellement
énuméré les avantages de la haute lisse sur
la basse lisse il y est dit:
il résulte de ces faits, que les choses d’éclat,
les fleurs, les animaux, les ornements peuvent être
bien rendus en basse lisse, mais qui la correction
du dessin, l’accord et l’ensemble d’un tableau,
n’y sauraient être exprimé avec la même fidélité
qu’en haute lisse.
le travail de la basse lisse se fait
plus vite d’un tiers que celui de la haute lisse,
ce qui devrait produire, à part toute considération
un tiers de différence dans le près, cependant
on va tels fauteuils du prix de 300 liv:
en haute lisse qui étaient vendus 288 liv:
en basse lisse.
c’en est assez pour prouver combien il
serait mal vu d’adopter l’idée qui a été
proposée d’abandonner la haute lisse, pour
s’en tenir aux travaux et objets de la basse lisse &&….

                 1er observation.

si l’on trouvait tans d’imperfection dans le dessin
de la basse lisse (comparativement à celui de la haute lisse)
comment à t-on pu avancer que cependant on y rendait bien
les choses d’éclat, telles que fleurs, animaux et ornements ?
car le simple bon sens veut que l’imperfection du dessin ne soit pas plus soutenable dans ces divers objets que dans toute autre chose, mais sur tout dans les ornements où la pureté
du dessin est la première condition.
si par exemple on disait que la basse lisse n’ayant étudié
que les fleurs, animaux et ornements, dessinera moins bien la figure que le haute lissier qui n’aura étudié que celle-ci
nous serions d’accord et par la même raison le premier
serait supérieur au second par les études spéciales qu’il
aurait faites dans son genre, alors la différence ne serait
plus dans le mode de travail, mais bien dans celui des études.
d’ailleurs, dans un temps la basse-lisse a fait ses preuves,
et certes, les sujets d’histoire qu’elle faisait ne restaient pas dans les magasins de son entrepreneur, nous pouvons
hardiment avancer que pour la vente de ses divers produits
il en était de même pour tous ce que dit très naïvement
l’auteur de la note relativement à l’exemple des fauteuils
fabrique de haute-lisse, qu’il fallait vendre 300 liv,
tandis que les mêmes fabrique de basse-lisse revenant un tiers moins cher à l’entrepreneur se vendaient 288 liv:
dans ce temps là les acheteurs savaient choisir comme il le sauraient encore aujourd’hui,
Mr Telson était très pauvre quand il obtient l’entreprise
de la basse-lise entrepreneur de la basse-lisse y a fait
une fortune considérable, fortune qui au dire de plusieurs de ses anciens ouvriers et notamment de Mr Rousseau ancien chef
d’atelier montait à plus de deux millions de Francs: on aurait
certainement pas pu en dire autant de celle de ses collègues les entrepreneurs de la haute-lisse.
on peut bien croire que Mr Courtin, auteur de cette note, sur les deux fabrication, ne l’a
aujourd’hui que nous venons de relire ces notes où il est question de la chaîne de soie et de laine telles que la
filature pouvait les procures à cette époque, nous dirons que nous avons eu l’occasion de travailler sur l’une et sur l’autre.
vers 1809 j’ai travaillé sur une chaîne de soie d’un forme
de note n°16 chaîne pèse d’aujourd’hui montée pour le […]de
Mr mère par gérard dont […]fut confier à […]
[…]…à cette époque elle ne nous a présenté qu’un seul
avantage, celui de n’être pas […], mais elle nous a
présenté deux grands inconvénients bien grands. les 1er était que les duites de laine partiellement
rencontraient toujours à chaque coup de peigne au lieu de
produire un bruit sourd d’abord puis s’éclairassent à mesure
aux coups successifs ce bruit restait toujours sourd par la
raison que les duites remontaient immédiatement de sorte que
si dans les masses brunes quoique elle ne donnât par de […]
elle y laissait des petits [ustensiles] blancs qui leur
étaient aussi nuisibles. le second, c’est que son brillant
[…] sans cesse par le va et vient des lisses nous abimait la vu.
écrite que d’après les documents donnés par les entrepreneurs de haut-lisse seuls!..
et ces messieurs jalousaient beaucoup la brillante position de Mr Nelson leur collègue.

plus loin il est dit: pour les pièces du peu d’étendu
on emploie quelque fois en haute-lisse des chaînes en six brins. enfin pour des morceaux précieux on se sert de
chaîne en soie préparée, torse, double et retorse, il en
résulte plusieurs avantages, plus de finesse dans le tissu, plus de correction dans le dessin, plus de ce bel uni que
laisse la douceur de la matière, et auquel nuit un peu
l’élasticité de la laine qui porte l’étoffe à gripper
lorsque elle n’est plus sur le métier, mais aussi, il faut le double de fils en soie de ceux en laine, pour une pièce de
même dimension, et l’on est le double de temps à travailler, deux conditions qui rendent fort rare l’emploi de la chaîne
en soie et qui enchérissent beaucoup les morceaux où elle
entre de cette manière.

                   2ème observation

si la finesse de la chaîne peut être considérer comme un
avantage en donnant au tissu plus d’un, plus de correction dans le dessin &&….
certes cet avantage serait tout naturellement dévolu à la basse-lisse puisqu’il est dit que, la chaîne s’y altérant
moins qu’en haute-lisse elle fait usage de chaîne en six brins tandis que pour le même ouvrage la haute-lisse est obligé de prendre une chaîne en sept.

                  3ème observation

montage d’une chaîne en soie,ou d’une chaîne en laine.
le montage d’une chaîne en soie ne comporte pas un nombre de fils différent de celui d’une chaîne en laine, car la grosseur
d’une chaîne quelconque se détermine toujours d’après les
détails plus ou moins minutieux du modèle qu’on a à traduire:
ainsi, si pour un ouvrage précieux on arrêtait pour grosseur de fils, celle de la chaîne laine en quatre brins, mais qu’au lieu de celle-ci on voulu le faire sur une chaîne de soie,
et bien, la grosseur des fils de cette dernière devant être
absolument la même que l’autre,
donnerait par conséquent au montage, le même nombre de fils,
et non pas le double comme il est dit dans cette note.
enfin il y est dit aussi que le prix de l’ouvrage fabriqué
sur une chaîne de soie, coute beaucoup plus cher que celui fabriqué sur une chaîne de laine, non seulement par la
différence du prix des matières, mais parce que le travail
sur une chaîne de soie est une fois plus lent que l’autre!
c’est là encore une erreur aussi grande que celle du nombre de fils dans le montage, car la soie n’étant pas susceptible de
s’étirer comme la laine, l’ouvrier ne perd pas son temps à
renouveler, à renforcer ses fils.
ainsi, s’il y avait une différence elle ne pourrait se trouver
que dans le prix des matières dans leur poids, et nullement
dans la fabrication.

                                 signature de Mr Deyprolle
                                 chef d'atelier aux
                                 Gobelins, année 1830.  

Constantin (tissage de l’histoire d la tenture de), p. 357
Chevreul, directeur des teinture à la manufacture des Gobelins, p. 374
David, peintre, p. 350
Delaroche Paul, peintre, p. 370
Deyrolle, chef d’atelier à la manufacture des Gobelins, p. 374
Gaigneau frères filateurs à Essonne, p. 6
Gérard, peintre, p. 303
Gros, peintre, p. 304
Lavocat, administrateur des Gobelins, p. 342, 374
Percier, architecte, p. 350
Rubens, p. 302, 306

La source officielle de cet article : wiki

Roberta Flores
Roberta Flores
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