Coronavirus : « Le marché de l’immobilier parisien ne chutera pas »

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Stop ou encore ? Président du groupe Daniel Féau-Belles Demeures de France, leader parisien de l’immobilier de standing (110 collaborateurs), Charles-Marie Jottras pronostique un avenir assez serein pour le marché premium francilien.

Le Point : Quelle est l’incidence de l’épidémie sur votre activité immobilière ?

Charles-Marie Jottras : Les gens sont nerveux, inquiets, c’est le bazar. Tout le monde pilote à vue. On est entre l’arbre et l’écorce en attendant la suite des mesures gouvernementales. La profession demande au ministre de la Justice d’alléger les formulaires de signatures des actes. Beaucoup de choses vont dépendre de ce que va décider le président de la République. Nous avons fermé les agences tout en assurant un plan de continuité au public. Tous nos collaborateurs ont accès à leurs outils, en télétravail, depuis leur domicile. Depuis la contestation des Gilets jaunes, nous avions intensifié notre capacité de travail à distance.

Les achats et reventes de logements hauts de gamme vont-ils à leur terme ?

Beaucoup de promesses de vente ne vont pas aller jusqu’à leurs actes authentiques pour des raisons physiques et juridiques. Nos clients et les notaires (ou leurs clercs) ne peuvent pas se réunir et les signatures électroniques à distance supposent un outillage particulier. De plus, les dossiers ne sont pas forcément complets (manque de diagnostics techniques et environnementaux, pièces administratives, etc.). Cela suppose aussi que les banquiers puissent effectuer les transferts de fonds, que l’appartement ait été vidé, sachant que les déménageurs n’ont pas encore repris le service. C’est plutôt le statu quo. Notre site Internet est deux fois moins consulté que d’habitude. Les gens n’ont pas vraiment le cœur à ça.

Prix, nombre de transactions… Quel scénario envisagez-vous en 2020 ?

La chute des portefeuilles boursiers va générer deux mouvements contraires. Provoquer le retrait d’achats programmés à court ou moyen terme, ou à l’inverse, accroître l’appétit de certaines personnes pour la pierre. Lors de la crise financière et immobilière liée à la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008, les signatures se sont arrêtées pendant un mois ou deux. Puis l’activité est repartie très fort au premier semestre 2009, effectuant ainsi une sorte de rattrapage. Là, on ne sait pas combien de temps la crise du Covid-19 va durer. Au mieux, nous allons perdre deux ou trois mois d’actes immobiliers, ce n’est pas dramatique. Ce qui est sûr, c’est qu’à l’image du choc des subprimes, notre environnement concurrentiel sera beaucoup plus clairsemé à la sortie de crise. En ce qui concerne l’évolution des prix, le marché parisien et des beaux quartiers de la première couronne francilienne présente plus que jamais une offre déficitaire par rapport à la demande. Voilà pourquoi ses prix ne devraient pas tellement baisser, de moins de 5 %, et plutôt se mettre en mode pause, comme, hélas, le marché actuel.

Source : Lepoint.fr

Pascal Guy
Pascal Guy
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