Masques obligatoires pour les passagers, 100% de TGV promis cet été… Comment la SNCF se prépare à l’après-confinement

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Masques obligatoires pour les passagers, 100% de TGV promis cet été... Comment la SNCF se prépare à l'après-confinement

« À nous de démontrer que prendre le train n’est pas un danger pour sa santé personnelle. On va mettre le paquet là-dessus, c’est vital pour nous », a indiqué le PDG de la compagnie ferroviaire lors d’une audition au Sénat, mercredi.

Moins de trois mois après la plus longue grève de son histoire, qui lui a coûté près d’un milliard d’euros, la SNCF est à nouveau en grande partie à l’arrêt, frappée de plein fouet par la crise du coronavirus. Depuis le début du confinement, la compagnie ferroviaire ne fait plus circuler qu’environ 3 000 trains en moyenne par jour ouvrable, « contre un programme nominal de 15 000 convois quotidiens », indiquent Les Echos, tandis que le « le trafic journalier se résume à 100 000 voyageurs, contre 3,5 millions en temps normal ! » souligne le quotidien.

Le « jour d’après », c’est donc aussi du côté des trains que ça se passe. Le trafic ferroviaire devrait reprendre petit à petit d’ici l’été, après le déconfinement. « Nous allons avoir une remontée progressive de l’offre » pour accompagner « le déconfinement partiel ou le confinement allégé » à partir du 11 mai, a expliqué Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, lors d’une audition au Sénat, mercredi 15 avril.

Cette reprise du trafic devra s’accompagner de nouvelles précautions sanitaires, a-t-il insisté. A commencer par le port des masques, qu’il veut obligatoire pour tous les passagers.

Un objectif de 100% des TGV en circulation au début de l’été

Confinement oblige, la SNCF se contente actuellement d’un service minimum, avec 6% à 7% des TGV et Intercités et 15% des TER.

Pour les grandes lignes, la reprise devrait se faire en trois phases. L’objectif est d’assurer 10 à 20 % du trafic à court terme, soit « un doublement de l’offre pendant les premières semaines » de déconfinement, ce qui la ferait passer de 6% à 7% actuellement à près de 15%. Il y aurait ensuite, en juin, « un TGV sur deux pendant un mois environ » puis « on espère arriver à 100% des TGV au début de l’été », a dit Jean-Pierre Farandou..

Pour les autres trains, la SNCF envisage de « redémarrer très vite », en assurant 50 % des trains régionaux à partir du déconfinement le 11 mai.

Ce « plan de route » pourrait évoluer en fonction des consignes sanitaires, a fortiori si certaines régions devaient sortir du confinement plus tard que d’autres, a remarqué le PDG. Pour le moment, la SNCF est donc suspendue au plan que le gouvernement doit dévoiler d’ici deux semaines. « L’offre cherchera à coller à la demande. On essaye d’estimer la demande, on y verra plus clair sur les consignes sanitaires que le gouvernement veut mettre en place pour le déconfinement partiel », a expliqué Jean-Pierre Farandou.

Une augmentation rapide des trains en Ile-de-France

Concernant les trains de banlieue en Ile-de-France (Transilien et RER), on passerait « très vite » de 15% à 25% actuellement, à 50%, avant de progresser davantage en fonction de la demande, a indiqué le PDG au Sénat.

Pour éviter un brutal retour de l’affluence, « nous sommes très favorables au maintien (…) d’une part significative de télétravail » des Franciliens et au « lissage des heures de pointe » en coordonnant un décalage des horaires de travail des entreprises, a demandé Jean-Pierre Farandou. « Il est important que l’on puisse demander à l’ensemble des entreprises de lisser les heures de pointe« , a insisté Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, également auditionné au Sénat. La direction de la SNCF a même encouragé le Sénat à « relayer » cet appel auprès du gouvernement.

Les passagers devront porter des masques

Jean-Pierre Farandou prône « le port du masque obligatoire » pour les passagers, ce qui, selon lui, permettrait d’éviter d’appliquer strictement des règles de distanciation entre les voyageurs, règles qui « paraissent très, très compliquées à aborder ». En effet, en maintenant la règle d’un siège sur deux vide, la compagnie serait en dessous du point de rentabilité, qui se situe à 60 % de remplissage d’un train. « La dimension économique doit commencer à entrer en compte » dans les prochains mois, a indiqué Jean-Pierre Farandou.

« Il faut vraiment que le port du masque soit obligatoire pour les transports » publics, a-t-il martelé. Interrogé sur la possibilité que la SNCF puisse distribuer elle-même des masques aux voyageurs, le dirigeant se dit opposé à cette option. « La SNCF ne peut pas prendre sur ses épaules la distribution de masques à toute la population française », a-t-il répondu.

S’ajouteraient aussi un effort accru sur le nettoyage des trains, davantage de filtrage des passagers et la mise à disposition de gel hydroalcoolique dans les TGV et dans les gares, a noté le dirigeant. « À nous de démontrer que prendre le train n’est pas un danger pour sa santé personnelle. On va mettre le paquet là-dessus, c’est vital pour nous », a martelé Jean-Pierre Farandou.

Marino Stozza
Marino Stozza
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password