Vous comptez vous munir d’un masque

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l'article à lire si vous comptez vous munir d'un masque "grand public"

L’exécutif vise une production hebdomadaire de 17 millions de ces masques en France, d’ici le 11 mai, date prévue pour le début du déconfinement. Ils pourraient en effet devenir obligatoires dans certains lieux, dont les transports.

Ils seront probablement « obligatoires » dans les transports en commun à partir du 11 mai. Le gouvernement vise une production hebdomadaire de17 millions de masques « grand public » en France d’ici le déconfinement,a indiqué le Premier ministre, Edouard Philippe,dimanche 19 avril.

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Cette protection pourrait ainsi venir compléter l’ensemble des gestes barrières pour lutter contre la propagation du coronavirus, lorsque les restrictions de déplacement seront assouplies.Mais ces masques « barrières » sont-ils efficaces ? Et, surtout, où en trouver ?Franceinfo fait le point sur la situation.

Qu’est-ce qu’un masque « grand public » ?

Il faut distinguer les masques chirurgicaux et FFP2, réservés aux soignants, et les masques dits « grand public ».Ces derniers sont desmasques « anti-postillons », qui visent à freinentla propagation du virusen limitantla projection de gouttelettes.Ils doivent filtrerde 70 à 90% les particules de 3 micromètres et peuvent êtrenotamment destinés auxprofessionnelsen contact avec le public. Une cinquantaine d’entreprises françaises ont déjàreçu une homologation pour ce type de protection,sur la base des recommandations de l’Association française de normalisation (Afnor), qui gère les normes et les certifications en France.

« Vous les verrez bientôt, ils sont en tissu, lavables et réutilisables cinq, vingt, trentefois… », a précisé le ministre de la Santé, Olivier Véran, dimanche 19 avril.« L’écrasante majorité de ces masques ‘grand public’ répondront à des critères de filtration à 90%,a-t-il garantideux jours plus tard.Ces masques ont l’intérêt d’être protecteurs, là où d’autres masques (…) n’offrent pas de garantie de protection parce qu’ils ne filtrent pas des particules suffisamment petites pour empêcher le virus de pénétrer ou de sortir. »

Vont-ils devenir obligatoires ?

Aucune législation n’a pour l’instant été adoptée, ni annoncée, pour rendre obligatoire le port des masques « grand public » à chaque sortie. Mais l’exécutif réfléchit à le rendre systématique dans certains lieux.« Les transports sont un des cas où le port du masque pourra être obligatoire à compter du 11 mai, nous sommes en train d’étudier les conditions dans lesquelles cela pourra être mis en œuvre », a ainsi déclaré le Premier ministre, Edouard Philippe, dimanche 19 avril.

Une telle décision répondrait aux appels de nombreux experts.« Quand on sera déconfinés, le virus circulera encore et il faudra absolument se protéger pour ne pas risquer de le transmettre à des personnes qui n’ont pas été malades »,assure François Bricaire,infectiologue et membre de l’Académie de médecine, interrogé par franceinfo.« Le port du masque anti-projections doit être généralisé dans l’espace public », recommande également l’Académie nationale de médecine, dansun communiquépublié mercredi 22 avril.

Maisje croyais que ces masques étaient inutiles?

Comme l’a rappelé Sibeth Ndiaye sur franceinfo, lundi 20 avril, il n’y a« pas de consensus scientifique à ce stade sur l’utilité de l’utilisation du masque pour tous les Français ».Plus précisément, lesspécialistes s’accordent à dire qu’une protection en tissu n’est pas suffisante pour empêcher une personne d’être contaminée par le Covid-19. Mais elle permetde freiner la propagation de l’épidémie,en limitant les projections de gouttelettes dans lesquelles se trouvent le coronavirus.

« L’idée d’utiliser des masques recouvrant les voies respiratoires ou la bouche pour empêcher que la toux ou le reniflement projette la maladie dans l’environnement et vers les autres(…)n’est pas une mauvaise idée en soi »,estimele docteur Mike Ryan, expert en situations d’urgence à l’OMS, lors d’une conférence de presse.L’Afnor aainsi publiéles schémas et patrons de deux modèles,validés par 150 experts pour leur fonction anti-postillons. Selon Olivier Véran, les masques « grand public » homologués en France« ont quasiment la même qualité de filtration que ceux des soignants ».

Ils viendront compléter l’ensemble des gestes barrières permettant déjà de limiter la propagation du virus(tousser et éternuer dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique et se laver les mains fréquemment).« Le port du masque barrière ne dispense absolument pas d’observer les consignes sanitaires et de distanciation sociale,martèle Olivier Gibert.Il ne s’agit que d’une protection supplémentaire. »Il rappelle également que, pour être efficace, le masque doitêtre portésur une peau nue, sans cheveux ni barbe, et doit bien recouvrir le nez et la bouche.

Il y en aura assez pour tout le monde ?

C’est l’objectif affiché du gouvernement.La France produitactuellement huit millions de ces masques chaque semaine, a indiqué Edouard Philippe,dimanche 19 avril. L’exécutif viseune production hebdomadaire de « 17 millions de masques grand public »d’ici le 11 mai.Une centained’entreprises françaises sont d’ores et déjà« mobilisées » pour les fabriquer, a ajouté le ministre de la Santé sur France 2, lundi 20 avril. Et les schémas pour fabriquer les modèles homologués par l’Afnor ont déjà été téléchargés près de 800 000 fois depuis le 27 mars, indiquel’organisme à franceinfo.

Seront-ilsgratuits ?

Pour l’instant, le gouvernement n’a pastranché cette question.« Je pense que ça fait partie des éléments de réponses qui seront apportés »d’ici la fin avril, a déclaré le ministre de la Santé sur RTL, mardi 14 avril. Olivier Véran a précisé qu’il allait consulter le ministère de l’Economie et des Finances, « etnotamment Agnès Pannier-Runacher qui travaille beaucoup sur ces questions-là ».« Vous aurez la réponse bientôt, tout comme le réseau de distribution », a-t-il assuré.

Les mairies ne sont-elles pas censées en distribuer ?

Emmanuel Macron a effectivement déclaré, lundi 13 avril, que « l’Etat, en lien avec les maires, devra permettre à chacun de se procurer un masque grand public ».Néanmoins, l’exécutif n’a pas encore précisé le dispositif qu’il compte mettre en place avec les collectivités.« Les réunions avec le gouvernement se multiplient mais pour l’instant nous n’avons pas de réponses concrètes »,indiqueAndré Robert, délégué général de l’Association des petites villes de France (APFV), interrogé par franceinfo mercredi 22 avril. « On est à l’heure de la grande débrouille et du chacun pour soi. »La doctrine, du côté de l’Elysée,est d’encourager les maires à acheter de manière massive des masques grand public, « dans une logique de recommandation, pas d’obligation ».

« Plusieursmunicipalités ont pris les devants car le plan de déconfinement ne sera pas dévoilé avant fin avril », confirme Villes de France, association représentant les villes moyennes. Johanna Rolland, la maire socialiste deNantes,a ainsi annoncé, lundi 20 avril, avoir effectué une première commande de 600 000 masques lavables et réutilisables.La maire de Paris, Anne Hidalgo,a promis quedeux millions deprotections en tissu seraient offerts aux habitants. Et à Cannes, les premiers masques ont été envoyés par courrier dès le 20 avril.

« Les compétences sanitaires relèvent normalement de l’Etat mais, dans l’attente de consignes nationales, les collectivités sont obligées de répondre aux besoins de leurs administrés », souligne Villes de France.En attendant les directives de l’exécutif sur le sujet, mieux vautdonc vous renseigner auprès de votre municipalité pour savoir si elle distribue des masques.

Est-ce que je peux trouver un masque en ligne ou en pharmacie ?

Se procurer un masque par ses propres moyens n’est, à la date du 22 avril, pas toujours évident. Les masques en tissu « ne font pas partie de la liste des marchandises autorisées »en officine,rappellela présidente de l’Ordre des pharmaciens à franceinfo.L’Ordreespère une évolution de cette réglementation« dans les prochains jours », grâce à un arrêté ministériel autorisant notamment la vente en pharmacie des masques « grand public » homologués.

« Nous avons beaucoup de contacts tous azimuts avec les pharmacies, La Poste, la grande distribution, pour des mises à disposition,précisede son côté l’organisme, contacté par Libération. On cherche des points de relais et on travaille également sur les modalités de vente à prix coûtant ou de gratuité. »Même son de cloche du côté du ministre de la Santé, qui a déclaré lundi 20 avril que les masques allaient « être progressivement déployés partout en France, avec l’appui des pharmacies, des villes, de la grande distribution ».

Plusieursentreprises proposentdéjà des masques en tissu à la vente en ligne. Mais tous n’offrent pas le même niveau de protection. L‘Afnorrecommandeainsi« d’être vigilant aux modèles très répandus comportant une ou plusieurs coutures verticales, le long du nez, de la bouche et du menton ». Cette solution a en effet été écartée par les experts consultés par l’organisme en raison du« risque de fuite [de projections] par la couture ».

Pour être sûr devous procurer un masque respectant les normes « anti-postillons », le plus simple est de vousrendre sur la plateforme lancée par l’Afnor lundi 20 avril. Ellemet en relation les fabricants de chaque département (artisans, particuliers ou industriels) avec les demandeurs, qu’il s’agisse de particuliers ou de collectivités. « Les offreurs de masques s’engageront à les proposer gratuitement, ou à prix coûtant », précise l’Afnor. L’organisme, qui recense « 2 600 couturiers pour 79000 demandeurs » sur sa plateforme, rappelle que d’autres initiatives solidairesont été lancées, notamment par des couturiers et des mairies.

Et si je veux en fabriquer un moi-même ?

C’est possible, mais cela demande de la précision et quelques compétences en couture !L’Afnora édité un guidepour fabriquer son propre masque « barrière ». Il comportedes schémas et des patrons, une liste de matériaux à utiliser et à éviter, ainsi que les recommandations pour bien utiliser cette protection. Le site L’Atelier des gourdes a par ailleursmis en ligne un tutoriel vidéo pour vous aider à réaliser un masque selon les normes établies.

Vous trouverez de nombreux autres guides pour réaliservotre propre masque sur le web, mais tous ne se valent pas. Il n’est, par exemple, pas conseillé de nouer un foulard ou une écharpe autour de sa bouche en guise de protection. L’Afnor met également en garde contre l’utilisation de filtres à café ou de sacs d’aspirateur, suggérésdans certains tutoriels. Ces matériaux sont « susceptibles de libérer dans l’air inhalé des substances irritantes pouvant causer un risque d’allergie ».Mieux vaut donc toujours vous assurez que leguide que vous choisissez respecte lesrecommandations de l’Afnor.

J’ai eu la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Edouard Philippe a indiqué, dimanche 19 avril, que le port du masque « grand public » sera probablement« obligatoire » dans certains lieux à partir du 11 mai. Ces masques « barrières », en tissu et lavables, viendront compléter les autres gestes barrières en empêchant la projection de postillons. Plusieurs questions restent toutefois en suspens: dans quels cas seront-ils obligatoires ? Seront-ils distribués gratuitement par les mairies ? Autorisés à la vente en pharmacie ?Il faudra probablement attendre que le gouvernement dévoile son plan de déconfinement pour connaître les réponses à ces questions.

En attentant, plusieurs collectivités ont pris les devants.Des villes comme Paris, Nantes ou Cannes ont déjà annoncé la distribution de masques en tissu à leurs administrés.

L’Association française de normalisation (Afnor), qui gère les normes et les certifications en France, a de son côté créé une plateforme mettant en relation les fabricantsavec des demandeurs.L’organisme a également mis en ligneun guidepour fabriquer son propre masque barrière, avec des patrons et les matériaux recommandés. Mais attention : il s’adresse aussi bien aux professionnels qu’aux amateurs, et nécessite quelques compétences en couture !

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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