Coronavirus: Nairobi privée d’embouteillages, les vendeurs ambulants privés de gagne-pain

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Coronavirus: Nairobi privée d'embouteillages, les vendeurs ambulants privés de gagne-pain

Le Kenya vient d’enregistrer 8 nouveaux cas de Covid-19 en 24h et compte aujourd’hui 270 malades. L’épidémie touche tous les secteurs, même les plus improbables. Nairobi est l’une des villes les plus embouteillées du monde. Les vendeurs de rue profitent d’habitude du trafic pour vendre leur marchandise aux véhicules à l’arrêt. Mais avec le ralentissement économique, il n’y a plus de bouchons et les vendeurs de rue sont presque au chômage technique.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

A Nairobi, tout le monde déteste les bouchons, sauf les «hawkers», les vendeurs ambulants. Ils sont des centaines à profiter des ralentissements pour proposer vêtements, nourriture, jeux, accessoires divers aux conducteurs coincés. Peter Mwirore fait ce métier depuis presque 40 ans et il est dépité. Il n’y a plus bouchons.

«Plus il y a de véhicules à l’arrêt, meilleures sont les affaires», dit-il. Mais désormais le trafic est fluide et les conducteurs qu’il parvient à aborder ont peur de sa marchandise, car le gouvernement a conseillé aux Kényans de ne rien toucher, au risque d’être contaminés. Résultat: il gagne 2 ou 3 dollars par jour au lieu de 10 habituellement.

Sur Waiyaki Way la principale artère de Nairobi, notoirement embouteillée, Patrick Maina reprend le travail après plusieurs jours d’arrêt. Comme le gouvernement demande aux gens de rester chez eux, il n’est pas sorti pendant deux semaines, explique-t–il. Mais aujourd’hui, il a pris le risque d’aller travailler pour essayer de ramener au moins 1 dollar. Sauf que les gens n’osent même plus toucher ce qu’il vend. Même ses clients habituels refusent de lui parler.

La preuve dans la minute suivante. Patrick Maina profite d’un léger ralentissement pour aborder un conducteur en tapant sur son capot. Mais l’homme démarre en trombe et grille un feu. Pour le hawker aux 20 ans d’expérience, il faut penser à un plan B. Il va désormais tenter sa chance dans des garages, aux stations essence, ou aux abords des parkings, en espérant survivre avec un dollar par jour.

Source de cette publication : RFI

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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