Notre-Dame : le chantier encore en sommeil

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Notre-Dame : le chantier encore en sommeil

A l’arrêt, comme la France et une grande partie de la planète. Le chantier de Notre-Dame de Paris a été mis entre parenthèses depuis le 16 mars à cause de la pandémie de Covid-19. Pour commémorer le premier anniversaire de l’incendie qui a ravagé la cathédrale, Emmanuel, le gros bourdon de la cathédrale sonnera exceptionnellement ce mercredi à 20 heures, actionné à la main par un campaniste, qui aura accédé à la tour sud de l’édifice.

«C’est une décision du général Jean-Louis Georgelin en solidarité avec les Français qui applaudissent chaque soir les soignants», explique à Libération un responsable de l’établissement public chargé des travaux de reconstruction de Notre-Dame, endommagé par un violent incendie, dans la nuit du 15 au 16 avril 2019. Silencieuses depuis le sinistre, les cloches de la cathédrale avaient sonné le glas à l’occasion du décès de Jacques Chirac.

Diagnostic

Pour le moment, une petite équipe réduite au minimum reste présente sur le chantier afin de surveiller l’édifice. Chaque semaine, une inspection est opérée afin de vérifier notamment l’état des bâches qui protègent la cathédrale. Malgré plusieurs mois de travaux, la mise en sécurité du monument n’est toujours pas achevée. Prévu pour démarrer le 23 mars, le démontage du gigantesque échafaudage dressé pour la restauration de la flèche détruite lors de l’incendie doit attendre la fin du confinement. C’est une étape essentielle à la fois pour sécuriser définitivement la cathédrale et permettre le diagnostic de l’état des voûtes, en partie effondrées lors de l’incendie.

Voir notre diaporama : Notre-Dame : un anniversaire sous cloches

Sur le chantier de la cathédrale, en novembre. Photo Denis Allard pour Libération

Dans un bref message, diffusé ce 15 avril sur le site de l’Elysée et les réseaux sociaux, le président de la République, Emmanuel Macron, a redit sa volonté de voir la cathédrale reconstruite d’ici 2024. «Nous ferons tout pour tenir ce délai», a-t-il déclaré. Auparavant, il avait rendu un vibrant hommage à ceux qui ont lutté contre l’incendie et aux architectes et compagnons qui œuvrent pour sa reconstruction. «Le message du Président est le bienvenu, commente à Libération Didier Durand, le patron de l’entreprise Pierrenoël, spécialisée dans la restauration de monuments historiques, à l’œuvre sur le chantier de Notre-Dame. C’est tout à fait envisageable que la cathédrale soit rendue au culte catholique d’ici quatre ans.»

En décembre dernier, le général Georgelin avait promis, lui, la tenue d’un Te Deum dans Notre-Dame le 16 avril 2024. Même si la cathédrale est rendue au culte, cela ne signifie pas pour autant que le chantier de reconstruction sera achevé. «La cathédrale est une vieille dame de 850 ans qui demande beaucoup d’amour. Et il faudra encore lui en donner pendant de longues années», estime Didier Durand.

«Universel»

Pour le moment, les équipes sont en train d’évaluer la manière de reprendre les travaux, en respectant à la fois les contraintes dues à la présence du plomb et les nouvelles normes sanitaires liées à la pandémie. «Mes ouvriers souhaitent reprendre le travail», poursuit le responsable de l’entreprise Pierrenoël. Les mesures à mettre en place seront testées prochainement avant même le 11 mai, date du début du déconfinement.

Pour leur part, les autorités de l’Eglise catholique ont été relativement discrètes à l’occasion du premier anniversaire de l’incendie. L’archevêque de Paris, Michel Aupetit, n’a pas fait de déclaration. Cependant, il a publié une tribune dans le quotidien catholique la Croix, réaffirmant fortement la dimension catholique de l’édifice : «La cathédrale est un lieu de culture, ouvert à l’universel, au-delà de l’appartenance spécifique à une communauté. […] Mais elle est infiniment davantage. Elle est d’abord un lieu de culte.» Le prélat s’insurge contre le fait que Notre-Dame soit réduite à un instrument du «tourisme de masse fait pour la culture du divertissement et l’empire de la consommation».

A deux reprises, l’archevêque de Paris a pu célébrer dans «sa» cathédrale incendiée. Casque sur la tête et en petit comité, il avait dit une messe le 15 juin 2019. Le 10 avril à l’occasion, dans la tradition chrétienne, du vendredi saint qui commémore la crucifixion du Christ, un office s’est tenu dans Notre-Dame, Aupetit y vénérant une relique supposée être la couronne d’épines de la passion, achetée en 1238, par Louis IX, le futur saint Louis.

 


Bernadette Sauvaget

 

 

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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