Nous, chefs d’entreprise, nous ne voulons pas de nouvelles élections

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Plus de 30 entrepreneurs et managers plaident en faveur de l’accélération des négociations gouvernementales

Vendredi 21 février 2020 — En l’absence de nouveau gouvernement fédéral, nos entreprises évoluent dans une incertitude effroyable. Un statu quo politique de 270 jours est totalement irresponsable sur le plan économique. En tant que chefs d’entreprises, nous ne pouvons pas nous permettre de rester plus longtemps dans cette situation. D’autant plus à une époque où les changements s’effectuent à une vitesse effrénée. Si vous souhaitez le meilleur pour les entreprises et les startups de notre pays, il est grand temps, chers représentants politiques, de vous lever en tant que leaders – dignes de ce nom – et d’apporter des solutions aux gigantesques défis sociaux, technologiques et macro-économiques qui se présentent aujourd’hui à nous et qui se profilent à l’horizon de demain. Organiser de nouvelles élections, avec tous les délais et procédures que cela suppose, n’est absolument pas une option envisageable.

Le fait que notre croissance économique de 1,4 % en 2019 ne soit finalement pas si médiocre résulte en grande partie de la politique « jobs, jobs, jobs » menée par le gouvernement Michel, des faibles taux et de l’assouplissement budgétaire de ses derniers mois. Notre performance économique relativement décente pourrait faire croire qu’il n’y a pas d’inquiétudes à avoir. Mais rien n’est moins vrai. Si la Belgique était une entreprise, elle aurait déposé le bilan depuis longtemps.

La perspective de nouvelles élections n’offrent aucun espoir d’amélioration. S’il fallait recommencer toute la campagne électorale, nous ne ferions que perdre un temps très précieux. Il faut, dès lors, l’éviter coûte que coûte.

Rien n’est pire que l’incertitude

Au lieu de négocier de manière constructive pour remettre la Belgique sur les rails, le monde politique préfère s’adonner à de petits jeux de chaise musicale. La Banque Nationale a pourtant tiré la sonnette d’alarme en énonçant qu’il était grand temps d’avoir une politique forte pour faire face aux défis économiques d’aujourd’hui et de demain, pour éviter de perdre le contrôle du déficit budgétaire et pour s’attaquer aux changements climatiques. Sans parler de l’image déplorable que nous offrons de la Belgique et de nous-même à l’étranger.

Pour les entreprises, il n’y a rien de pire que l’incertitude politique qui règne actuellement. Quelles seront les répercussions financières de la future politique climatique fédérale pour nos entreprises ? Quels investissements les entreprises devront-elles prendre à leur compte et quels incitants seront mis en place par le futur gouvernement ? Quelle politique devons-nous instaurer au sein de nos entreprises, en termes de mobilité ? À cause de l’incertitude régnante, nous stagnons littéralement. Et stagner signifie – à terme – régresser.

Négocier comme une entreprise le fait

Notre proposition est de mener les négociations gouvernementales comme le font les entreprises, c’est-à-dire, en privilégiant l’efficacité, la détermination et l’empathie. La volonté de s’écouter les uns les autres doit primer sur l’arrogance et l’égo qui dictent actuellement toutes les actions politiques. Seul ce changement de mentalité pourra permettre de respecter les délais fixés et d’obtenir des résultats.

Certes, tout ne va pas toujours de soi non plus dans les entreprises. L’obsession de la réflexion à court terme freine aussi les conseils d’administration. Mais les chefs d’entreprise ont aussi changé leur fusil d’épaule ces dernières années, en passant d’un leadership dominant et autoritaire à un leadership plus confiant et conciliant. Non seulement cela a porté ses fruits au niveau des entreprises, mais cela a également servi la société dans son ensemble.

Les dirigeants de notre pays ne regardent malheureusement pas aussi loin : la peur que leur nouvelle stratégie soit sanctionnée sans pitié au niveau électoral les tenaille. Même si cette nouvelle stratégie peut éventuellement sauver le pays. C’est une bien piètre image que nous offrons aux générations futures qui constituent l’avenir de notre pays. Ils ne reçoivent pas de bons exemples des valeurs qui sont pourtant si importantes au sein des différents cercles politiques et qui sont si déterminantes au sein d’une société bienveillante. S’asseoir autour de la table, l’esprit ouvert, en étant prêts à repartir sur de nouvelles bases et à écrire une nouvelle page serait déjà un bon début. Nous sommes d’ailleurs prêts à apporter notre aide en tant que chefs d’entreprise.

Le modèle scandinave à la rescousse

Avec la nomination de Sabine Laruelle comme « personne de contact », une étape a été franchie dans la bonne direction. En effet, après quelques 270 jours sans gouvernement et sans avancée dans les négociations, il était urgent d’avoir davantage de diversité autour de la table. Ce n’est pas un hasard que ce soit dans les pays scandinaves dans lesquels les femmes sont beaucoup plus impliquées dans la vie politique que l’économie tire le plus profit du sentiment d’appartenance, de durabilité et de confiance. Différentes études menées par le McKinsey Global Institute et le Credit Suisse Research ont démontré par ailleurs que les entreprises qui enregistraient les meilleures performances étaient les entreprises dans lesquelles davantage de femmes occupaient des postes de direction.

Chers représentants politiques, il est temps d’adopter un regard neuf et d’utiliser vos talents d’entrepreneurs pour arriver rapidement aux compromis indispensables. Recourez aux interventions féminines dans les négociations gouvernementales et ayez le cran de trancher une fois pour toutes. Nous éviterons ainsi de nouvelles élections qui ne feront que nous diviser encore davantage et nous feront perdre du temps et de l’argent. Commençons dès à présent à préparer notre économie pour 2030. Le pays et ses entreprises vous en seront infiniment reconnaissants.

Initiateurs:

  • Ingrid Ceusters, CEO Ceusters
  • Saskia Van Uffelen, Corporate VP Benelux bij Gfi en digital champion België
  • Jo De Wolf, CEO Montea

Signée par:

Luc Priem, CEO ad-interim G4S
Olivier Carrette, directeur général UPSI-BVS
Ludovic Depoorter, Founder Haystack Consulting
Erich Reiter, Co-founder Say It Labs
Davy Demuynck et Kristof Vanfleteren, CEO’s ION
Johan Krijgsman, CEO Era Belgium
Rudy Denutte, Managing Director De Rocker Logistics
Jeroen Poels, CEO Deltaworx
Marc De Greef, Managing Director Prevent
Kris Cloots, CEO et Country Manager ISS Facility Services
Veerle Denaux, Managing Director FCM Travel Solutions
Jean-Jacques Delmée, CEO Eneco Belgium
Koen van den Bosch, Directeur Général Vereniging Vlaamse Reisbureaus vzw
Alexander de Beir, Managing Director ADM Wingfield
Stefan Geerkens, General Manager Bene
Dirk Lindemans, Managing Director Lindemans
Filip Dewaele, CEO Dewaele Vastgoedgroep
Wouter Torfs, CEO Schoenen Torfs
Hendrik Tanghe, CEO Henry Houser
Ingrid Stevens, directrice Leo Stevens & Cie Private Banking en bestuurder KMSKA
Frank Peeraer, CEO Fortuna Financial Group
Joachim Lauwers, Managing Director Destiny
Inge Geerdens, CEO CVWarehouse
Heidi De Pauw, CEO Child Focus
Yves Vekemans, CEO Herculean Alliance
Sven Potvin, CEO Antonissen Development Group
Koert Van Espen, Managing Partner Apogado
Veerle Baert Moortgat, CEO Flanders Fashion Design International & Bestuurder Duvel Moortgat
Hans Van Heghe, CEO Knowliah

Source de cet article : Lalibre.be

Roberta Flores
Roberta Flores
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