Une chaire est créée pour offrir de meilleurs soins infirmiers aux Autochtones

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Spécialiste de la «décolonisation des pratiques cliniques», Amélie Blanchet Garneau, professeure à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, veut offrir de meilleurs soins aux Autochtones du Québec. «Les services de santé ne répondent pas aux besoins des Premières Nations et des Inuits. Une des causes des inégalités est le racisme systémique résultant des effets persistants de la longue histoire du colonialisme canadien. De plus, les infirmiers et infirmières ne reçoivent pas une formation adéquate pour comprendre les répercussions du colonialisme sur la santé et les services offerts et bien interagir avec les personnes autochtones», a-t-elle dit au lancement de la Chaire de recherche autochtone en soins infirmiers.

La Chaire est une initiative de l’Institut de la santé des Autochtones (ISA) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Elle bénéficie d’une subvention de plus d’un million de dollars sur cinq ans. Le Fonds de recherche du Québec ‒ Santé, la Fondation des infirmiers et infirmières du Canada et le Vice-rectorat à la recherche, à la découverte, à la création et à l’innovation de l’UdeM ont aussi participé au financement.

L’ISA a pour mission de «jouer un rôle de leader dans le développement des capacités de recherche des Premières Nations, des Inuits et des Métis, et soutenir les partenariats et les alliances entre les collectivités autochtones et les groupes de recherche en santé aux échelons local, régional, national et international». Il appuie la recherche «qui respecte les valeurs, croyances et cultures autochtones, tout en générant de nouvelles connaissances visant à améliorer la santé et le bien-être des Autochtones».

La chaire de l’Université de Montréal s’intéressera aux Premières Nations et aux Inuits du territoire québécois. Déjà, quatre aînés des nations innue, attikamek et mohawk ont été intégrés à l’équipe de chercheurs universitaires.

Sécurisation culturelle

Au lieu de parler de «bonnes pratiques professionnelles», Mme Blanchet Garneau préfère utiliser le terme «pratiques sages», créé par des Autochtones de l’est du pays pour désigner les approches durables et équitables que le système de santé doit mettre de l’avant pour offrir des soins appropriés et sans parti pris aux Autochtones.

«Nous voulons aussi favoriser la sécurisation culturelle, soit des stratégies destinées à transformer les pratiques et les politiques inégalitaires dans l’accès aux services de santé et la fourniture de services de santé à certains groupes de la société. C’est un élément qui est ressorti des travaux de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics du Québec, présidée par Jacques Viens. Dans le rapport déposé le 30 septembre dernier, cette commission recommande notamment un meilleur accès aux services sociaux et de santé pour les Autochtones», a mentionné la chercheuse.

Dans un résumé du rôle de la Chaire soumis au jury des IRSC en vue d’obtenir un financement, Mme Blanchet Garneau précise que la «Chaire de recherche autochtone en soins infirmiers fera la promotion de l’équité en matière de santé et des soins de santé culturellement sécurisants par la décolonisation de la formation et de la pratique infirmières».

Expérience de terrain

Si Amélie Blanchet Garneau a accepté de diriger la Chaire, elle déplore que ce ne soit pas une Autochtone qui ait eu cette chance. «Actuellement, aucune infirmière autochtone ne satisfait aux critères définis par les IRSC pour être titulaire. Mais nous avons bon espoir de contribuer à la formation d’une relève autochtone», a-t-elle indiqué.

Après des études de baccalauréat en sciences infirmières et de maîtrise en santé communautaire à l’Université Laval, Mme Blanchet Garneau a poursuivi des études de doctorat à l’Université de Montréal, puis de postdoctorat à l’Université de la Colombie-Britannique. Entretemps, elle a travaillé comme infirmière dans l’équipe volante du CHU Sainte-Justine et a ensuite occupé un poste d’agente de planification, de programmation et de recherche au Centre de santé et de services sociaux de la Montagne. Elle est professeure à l’Université de Montréal depuis 2013.

Tant pour ses recherches que dans le cadre de son travail de praticienne, elle a été amenée à se rapprocher des usagers autochtones du système de santé. Elle a mené, notamment, 25 entretiens avec des infirmières pour son doctorat afin de connaître leurs interactions avec les membres des communautés culturelles. De plus, elle collabore avec le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec à différents projets visant à faciliter l’accès à des soins de santé appropriés et équitables.

Source : UDEM

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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