«On n’imaginait pas qu’il y aurait une telle malveillance entre voisins»

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
La Biélorussie, une menace démocratique et sanitaire pour l’Europe

Lily, 33 ans, est confinée dans son appartement parisien avec son compagnon et sa fille d’un an et demi. Impossible de prendre l’air dans le grand jardin de leur immeuble, en raison d’une guéguerre de voisinage.

«J’habite dans un immeuble du début des années 70, avec un jardin paysager, de la taille de deux terrains de foot. Le règlement de copropriété, qui date de la même époque, nous interdit d’y accéder. Au début du confinement, le président du conseil syndical a convoqué une réunion avec quelques familles, pour mettre en place un système, très contrôlé, d’accès au jardin. On s’est retrouvé dans le parking du 3e sous-sol, en cercle, à deux mètres de distance les uns des autres. C’était un peu crossover entre Eyes Wide Shut, la réunion des francs-maçons et une balle aux prisonniers ! Le projet, c’était d’ouvrir le jardin deux fois une heure dans la journée, par créneau d’un quart d’heure – pour ne pas déranger les résidents dont l’appartement donne sur le jardin. On se disait que si ça marchait bien, on pourrait ensuite ouvrir l’accès à tout le monde.

«On a mis en place des affichages et un e-mail pour s’inscrire. On s’est donc retrouvés dans le jardin, avec mon mec et notre fille. Un voisin du rez-de-chaussée a débarqué et a commencé à hurler, nous disant que c’était interdit. On a essayé d’entamer un dialogue avec lui, on lui a demandé ce que ça pouvait lui faire. Il nous a répondu : «C’est le principe, on autorise ça et ça sera quoi ensuite, la chasse aux œufs de Pâques ?» Il est allé prévenir les flics.

Délations par e-mail

«Il y a aussi eu des délations par e-mail auprès du syndic, des fantasmes du genre «la dalle ne peut pas soutenir plus de trois personnes»… Toutes les familles se sont fait emmerder, et maintenant le jardin est fermé. Quelqu’un a aussi affiché des fausses notes estampillées «République française» dans la copropriété, soi-disant signées du commissariat du quartier, et qui prétendent que la police peut entrer dans les copropriétés pour verbaliser les gens qui ne respectent pas le confinement…

A lire aussiTous les épisodes de «Ma vie de confiné»

«Ce qui est frustrant, c’est qu’on avait tous de super idées pour ce jardin. Les personnes âgées de la copro, ça leur ferait du bien de pouvoir s’installer sur un petit fauteuil pliant quand il fait beau. Je pense aussi aux gens qui vivent dans des studios, qui ont perdu leur boulot… Ce serait bénéfique à tout le monde, pas seulement aux familles avec des enfants. C’est thérapeutique d’être assis sur l’herbe ! On n’imaginait pas qu’il y aurait une telle malveillance de la part de certains – d’autant qu’il y a eu en parallèle un élan de solidarité entre voisins, notamment pour faire les courses des personnes les plus fragiles. C’était un coup d’arrêt à notre vision un peu naïve : la communauté babos avec le jardin partagé, ce n’est pas pour tout de suite !»


Juliette Deborde

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password