« On va investir des milliards dans des entreprises polluantes sans aucune contrepartie »

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
« On va investir des milliards dans des entreprises polluantes sans aucune contrepartie »

Le projet de budget rectificatif qui prévoit un paquet de mesures d’urgence pour permettre de soutenir l’économie française en pleine crise sanitaire doit être voté en urgence, vendredi 17 avril, à l’Assemblée nationale. Parmi les dispositions de ce plan de plus de 100 milliards d’euros, figure une ligne budgétaire de 20 milliards d’euros, dont l’objectif prioritaire est de « contribuer au redressement économique et financier des entreprises stratégiques les plus affectées par la crise sanitaire ».

Le député écologiste du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin (ex-La République en marche, LRM) estime que le gouvernement fait une erreur en ne conditionnant aucunement ces aides au respect de la trajectoire climatique de la France.

Pourquoi vous semble-t-il important d’intégrer la question climatique dans ce budget d’urgence ?

Ce qui est en cours est absolument fou : on va voter sur 20 milliards de participation de l’Etat dans des entreprises sans demander aucune garantie ou aucune trajectoire qui respecte l’accord de Paris sur le climat ! Ces soutiens sont bien sûr indispensables pour préserver nos emplois, mais il faut les conditionner à des engagements de moyen terme. La logique dans laquelle est le gouvernement, c’est : « Il faut d’abord sauver les entreprises, la transformation et le climat, on verra après. » Cela révèle un problème de compréhension des enjeux : on va déverser des milliards d’argent public, sans fixer aucun cadre sur le monde d’après ? Les enjeux climatiques n’ont pas disparu soudainement.

On voit que tous les lobbys industriels et polluants sont à l’œuvre. Le Medef a déjà écrit à la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, pour demander à renégocier les lois sur la mobilité ou sur l’économie circulaire. C’est comme si on n’apprenait rien d’une crise sur l’autre. On va investir des milliards dans des entreprises polluantes sans aucune contrepartie.

Que peut-on demander à ces grandes entreprises en difficulté ?

Premièrement, ces entreprises devraient s’engager à respecter les règles existantes et ne pas batailler pour les amoindrir. On voit le lobby de l’automobile à l’œuvre – y compris Renault et PSA – qui fait pression au niveau européen pour repousser les limitations d’émissions des véhicules, qui doivent s’appliquer dès cette année. C’est irresponsable. Leur imposer de respecter les engagements pris me semble être la moindre des choses.

Ensuite, il faut se projeter sur le moyen terme. D’accord pour aider Air France, mais en réfléchissant à progressivement arrêter des lignes intérieures et à les remplacer par des offres TGV, comme par exemple Paris-Bordeaux ou Paris-Lyon. Ou généraliser le roulage électrique des avions sur les tarmacs, par exemple. Il ne s’agit pas de tout faire du jour au lendemain, mais d’imposer une trajectoire.

Source officielle de cet article : Le Monde

Roberta Flores
Roberta Flores
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password