on vous explique les accusations de Didier Raoult contre le Conseil scientifique devant les députés

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on vous explique les accusations de Didier Raoult contre le Conseil scientifique devant les députés

Le médiatiquedirecteur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Marseille Méditerranée Infection s’est exprimé, mercredi 24 juin, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Et il a sévèrement jugé l’action des autorités et du Conseil scientifique chargé de les éclairer.

« Je ne suis pas un prophète, même si je suis barbu. »Succès d’audience garanti. Pendant trois heures, le professeur Didier Raoulta répondu, mercredi 24 juin, aux questions de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise du coronavirus.

Sans se prononcer sur l’avenir de l’épidémie, ila étrillé l’action des autorités, eten particulier l’organisation, selon lui« totalement archaïque »,des tests de dépistage du Covid-19 en France. Le directeur de l’IHU Méditerranée Infection s’en est également pris au Conseil scientifique mis en place le 11 mars par le président Emmanuel Macron.Retour sur ces critiques autour de quatre questions.

1Que reproche Didier Raoult au Conseil scientifique ?

Petit rappel : à l’origine, Didier Raoultfaisait partie de ce Conseil scientifique composé de onze personnes, dirigé par le professeur Jean-François Delfraissy, et censé éclairer les décideurs politiques. Mais il a très vite cessé d’y siéger. Et il n’a pas épargné ce cénacle lors de son audition devant les députés.

Première critique formulée : le Conseil scientifique sortait de son rôle, qui était,aestiméle professeur marseillais,de « donner des conseils scientifiques, déterminer quels étaient les projets scientifiques (…) mais pas de réfléchir sur le confinement ».Didier Raoult est allé plus loinen mettant en cause la compétence même des membres composant le Conseil, pourtant forméen majorité de médecins spécialistes des épidémies et des infections. Il aajouté qu’il s’agissaitd’« une bande de types habitués à travailler entre eux ».

A quoi faisait-il allusion ? Au fait que plusieurs membres du Conseil scientifique participent àREACTing,un consortium de recherches sur les maladies infectieuses émergentes à l’origine de l’essai clinique européen Discovery (qui devait tester plusieurs traitements contre le Covid-19, et quipatine actuellement). C’est le cas de Jean-François Delfraissy, d’Arnaud Fontanet,d’Eric D’Ortenzio ou encore deYazdan Yazdanpanah, comme le montre cet organigramme. En même temps, qu’y a-t-il de scandaleux puisque REACTing est une émanation de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), un organisme public?

La réponse a été apportée par le député LR Julien Aubert,membre de la mission d’information sur la gestion de la crise du Covid-19, jeudi 25juin sur franceinfo.La commission d’enquête de l’Assemblée va chercher à « savoir si, dans la composition du Conseil scientifique, il y a eu un biais, c’est-à-dire qu’on n’a pas véritablement pris des gens venus d’horizons différents, mais déjà une équipe qui avait, finalement dès le début, une idée très préconçue du médicament qu’il fallait. »Autrement dit,le traitement du Covid-19 par l’hydroxychloroquine associée à un antibiotique, défendu par Didier Raoult, a-t-il été écarté d’emblée, avant d’être réintégré après la polémiquenée durant le confinement?

2Pourquoi a-t-il évoqué des « conflits d’intérêts »?

Didier Raoult a aussiévoquédes « conflits d’intérêts »au sein des instances de recherche médicale et du Conseil scientifique, maissans donner de nom. En clair, il estime que certains détracteurs de l’hydroxychloroquineseraient financièrement liés aulaboratoire pharmaceutique américainGilead, quifabrique le remdesivir, un antiviral envisagé pour traiter le Covid-19.

Le professeur marseillaisa toutefois tempéréses accusations.« Je ne dis pas qu’ils ont été achetés pour ça », a-t-il nuancé, mais qu’il y a « un écosystème », des « relations de familiarité » « de nature à changer le jugement des choses ».Il a assuré avoir lui-même fait l’objet de menaces provenant de « celui qui avait reçu le plus d’argent de Gilead depuis six ans », sans le nommer.

L’hydroxychloroquinen’a pas confirmé les espoirs placés en elle. Ses effets bénéfiques n’ont pas été démontrés et elle peut avoir, en revanche, des effets indésirables graves. Sans efficacité spectaculaire non plus, le remdesivir réduit le temps d’hospitalisation des malades graves.L’Agence européenne des médicaments a ainsi recommandé l’autorisation(en anglais)d’une « mise sur le marché conditionnelle » de cet antiviral dans les pays de l’Union européenne pour les patients atteints duCovid-19, jeudi 25janvier.

Face aux demandes de précisions des députés, le microbiologiste les a notamment renvoyés à la consultation de la base de données Transparence Santé, qui recense les liens d’intérêts entre les entreprises et les acteurs du secteur de la santé.Il a aussi mis en cause, souligne Le Monde, l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) et la Haute Autorité de santé (HAS) en raison de « conflits d’intérêts très sérieux »en leur sein.

3Qui est dans le viseur de Didier Raoult?

Au sein du Conseil scientifique, il s’agit probablement deYazdan Yazdanpanah,chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat, à Paris. La perche a d’ailleurs été été obligeamment tendue à Didier Raoult par la députée Martine Wonner, ex-LREM et partisane de l’hydroxychloroquine comme traitement du Covid-19.

« Quand j’ai commencé à discuter avec le ministère, on m’a tout de suite dit: ‘celui qui va gérer les essais, c’est Yazdan Yazdanpanah’. Et dès le début, il ne m’a parlé que duremdesivir », lui a répondu Didier Raoult.

4De quelle façon lui a-t-on répondu?

Contacté par franceinfo, Yazdan Yazdanpanah a répondu par SMS qu’il ne souhaitait pas « intervenir dans les médias en réaction aux propos de monsieur Raoult ». Mais une autre cible régulière de Didier Raoult, la professeure Karine Lacombe, auditionnée jeudi 25juin par la commission d’enquête, a attaqué avec virulence le traitement préconisé par son confrère marseillais.

« Se dire qu’il y a des gens qui n’étaient peut-être pas malades, qui ont pris de la chloroquine et qui en sont morts – et il y en a –, ça interroge. Notre mission, c’est ‘primum non nocere’ [avant tout, ne pas nuire]« , a lancéaux députés la cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. Une nouvelle polémique en perspective.

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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