L’état des États en temps de pandémie

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L’état des États en temps de pandémie

Je veux commencer par une mise en garde: à l’heure actuelle, nous n’avons aucune donnée nous permettant de dire avec certitude que certains États ont réagi mieux que d’autres à la pandémie. Les statistiques sont mouvantes et, d’ailleurs, je ne suis ni épidémiologiste ni spécialiste des politiques de santé.

Cela dit, on peut déjà faire quelques observations de nature politique.

Au premier temps de la pandémie, les États ont réagi selon des inclinations politiques assez prévisibles pour les politologues. Sans surprise, le régime communiste chinois a caché la vérité avant de mobiliser des ressources et d’user de tout son pouvoir de coercition. Les États fédéraux, comme le Canada, les États-Unis et l’Allemagne, ont plutôt laissé leurs provinces, leurs États ou leurs Länder agir en ordre dispersé, certains prenant heureusement les devants comme le Québec ou la Bavière. Aux États-Unis et au Brésil, les dirigeants populistes se sont moqués de la science et ont utilisé le coronavirus pour stigmatiser leurs adversaires politiques.

De manière générale, les États «forts» sur le plan administratif, tels que Taiwan et la Corée du Sud, ont semblé mieux préparés à la gestion de crise. Des États jugés plus faibles, comme l’Italie ou l’Iran, ont d’abord eu du mal à prendre les décisions qui s’imposaient ou à convaincre la population de leur importance. Cela augure mal pour une bonne partie des États de la planète, dont le «pouvoir infrastructurel» est plutôt fragile.

Au fur et à mesure que la pandémie se propage à l’échelle de la planète, on observe toutefois une convergence. L’urgence est désormais reconnue partout. C’est même le cas des gouvernements qui, comme ceux de Boris Johnson au Royaume-Uni et de Donald Trump aux États-Unis, ont d’abord donné une impression d’insouciance. Il y a un apprentissage mutuel et collectif.

Jusqu’à maintenant, le gouvernement québécois s’est comporté dans sa communication comme le garant de l’intérêt public, jouissant d’une forte légitimité au sein de la population. C’est la définition la plus positive qu’on puisse donner de l’État. Mais si la légitimité est importante, la capacité d’action l’est tout autant. Or, les systèmes de santé et de protection sociale québécois demeurent modestes par rapport à ceux de pays européens qui, comme la France, paraissent pourtant dépassés par la crise. On peut en déduire que l’État-providence québécois sera soumis à une forte tension au cours des prochains mois.

Source : UDM

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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