Venezuela, les plus pauvres tentent de survivre au confinement

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Au Venezuela, après un mois de confinement quasi-total, les autorités ont annoncé une prolongation de la quarantaine pour au moins 30 jours. Officiellement, le pays compte très peu de cas de coronavirus, – 181 malades et 9 décès à ce jour –, mais l’état catastrophique des hôpitaux oblige le gouvernement à prendre des mesures sévères. Et dans un pays qui manque déjà de tout, cela rend les conditions de vie des Vénézuéliens encore plus précaires.

C’est dans les quartiers populaires de Caracas que le confinement est le plus difficile à vivre. Déjà fortement affectés par les coupures d’électricité et d’eau courante, les habitants voient leurs conditions de vie se dégrader depuis le début de la quarantaine.

C’est le cas de Maria-Gabriela, une institutrice au chômage technique. « Actuellement le principal problème c’est la pénurie d’eau, explique-t-elle. Il n’en vient plus. Le peu qu’on a, on l’économise. Mon mari brave la quarantaine pour en trouver. Mais il n’y a plus d’essence non plus. Donc il ne peut même plus sortir travailler et nous ramener de quoi manger. »

Dans ces quartiers, la plupart des habitants vivent d’emplois informels et en restant bloqués chez eux, ils n’ont plus aucun revenus. Le gouvernement a promis une aide financière qui tarde souvent à arriver.

Jesus, chauffeur de taxi, angoisse en voyant fondre ses réserves de nourriture. D’autant que l’armée veillent au grain pour faire respecter le confinement.

« Même la nuit, il y a des militaires partout et des policiers, et ils imposent un couvre-feu. Et les gens n’ont plus d’argent pour acheter quoi que ce soit, on est désespéré », se plaint-il.

Le plus inquiétant pour le pays c’est lapénurie généralisée d’essence qui menace l’approvisionnement des villes en nourriture et en médicaments. Sans compter que les médecins, censés lutter contre la propagation du virus, se retrouvent bloqués des heures à attendre pour faire le plein et aller travailler.


■ Reportage : au Pérou, des téléconsultations gratuites pour les migrants vénézuéliens

Deuxième pays d’accueil des migrants vénézuéliens (après la Colombie), le Pérou en compte aujourd’hui près de 900 000. La majorité de ces migrants vivent dans des conditions précaires, sans contrat de travail, ni protection sociale et donc sans accès aux soins. Le confinement et la menace du coronavirus rend ces populations encore plus vulnérables. Pour leur venir en aide, des médecins vénézuéliens installés au Pérou leur proposent des téléconsultations gratuites.

De notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

Depuis le début du confinement, le téléphone ne cesse de sonner à la représentation diplomatique du Venezuela au Pérou. Au bout du fil, des Vénézuéliens inquiets pour leur santé. Pour faire face à cette forte demande, la représentation diplomatique a mis en place des téléconsultations gratuites.

« Ce système a été créé car il y avait une demande immense de la part des Vénézuéliens dont 90% sont sans protection sociale, explique Nancy Arellano, ministre conseiller chargée des Affaires consulaires. Et d’autre part, un nombre important de médecins vénézuéliens vivant au Pérou ont proposé leurs services. »

Une ligne téléphonique dédiée a donc été mis en place. Les appels sont d’abord filtrés par une équipe de bénévoles, puis le patient est redirigé vers l’un des 120 médecins du dispositif pour une consultation en ligne.

Le docteur Lias est l’un d’eux. Elle est aussi présidente de l’association des médecins vénézuéliens au Pérou (Asomevep). « Depuis le 17 mars, premier jour de l’opération, nous avons réalisé 1100 téléconsultations, dont 60% concernant le coronavirus, précise-t-elle. Les 40% restants, c’était pour d’autres pathologies ou pour solliciter une aide humanitaire. Dans ce dernier cas, on transmet à l’ambassade qui tente de trouver une solution. »

Les cas suspects de coronavirus sont signalés aux autorités péruviennes pour être testés. Pour les autres pathologies, un suivi médical à distance est mis en place par les médecins qui fournissent aussi les médicaments en cas de besoin.

« On fait une collecte de fonds et de médicaments à travers notre réseau et on les distribue aux patients à travers une ONG », ajoute le docteur Lias.

Depuis leur mise en place, ces téléconsultations ont permis de soigner près de 200 Vénézuéliens et de détecter 150 cas suspects de coronavirus.

Source : RFI

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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