La pandémie de coronavirus pourrait provoquer une pénurie alimentaire mondiale

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
L'État belge doit lancer un gigantesque emprunt public

Restrictions d’exportations, stocks de denrées qui ne se vendent plus : avec la pandémie de coronavirus, tout concourt à une nouvelle catastrophe pour le monde agricole et les habitants des pays pauvres.

La pandémie de coronavirus, les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement des produits alimentaires et les mesures protectionnistes prises par les États pour juguler la propagation du Covid-19 pourraient causer une pénurie alimentaire mondiale, ont averti le 1er avril les présidents de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’Organisation mondiale de la santé.

« Les incertitudes liées à la disponibilité de nourriture peuvent déclencher une vague de restrictions à l’exportation », provoquant elle-même « une pénurie sur le marché mondial », ont-ils déclaré dans un communiqué commun. Ils s’inquiètent notamment du « ralentissement de la circulation des travailleurs de l’industrie agricole et alimentaire » qui bloquent de nombreuses agricultures occidentales, et des « retards aux frontières pour les containers » de marchandises qui entraînent un « gâchis de produits périssables et une hausse du gaspillage alimentaire ». « Nous devons nous assurer que notre réponse face à la pandémie de Covid-19 ne crée pas, de manière involontaire, des pénuries injustifiées de produits essentiels et exacerbe la faim et la malnutrition », concluent-ils.

Plusieurs pays, parmi les plus importants producteurs et exportateurs de certaines denrées de base (le Vietnam pour le riz et le Kazakhstan pour la farine de blé) ont temporairement suspendu leurs exportations. La Russie, gros producteur de blé pourrait faire de même. De quoi rendre les marchés nerveux, avec une envolée des prix et des ruptures de stock à la clé. A la lumière de cette situation, il devient urgent de se repencher sur la question de l’autonomie alimentaire de l’Europe, estiment certains.

Appel à l’Europe pour stocker les invendus

Des États membres et syndicats agricoles demandent à l’Union européenne d’aider à constituer des stocks de denrées alimentaires qui ne se vendent presque plus à cause de l’épidémie de coronavirus. Avec la fermeture des restaurants, des cantines scolaires et des marchés, des produits comme les produits laitiers et le poisson frais sont en mal d’acheteurs. Il faut dès lors envisager et financer une solution de stockage privé afin d’éviter une chute dramatique des prix payés aux producteurs et un gaspillage alimentaire qualifié de
« sans précédent » par l’eurodéputé français Eric Andrieu. La Belgique soutient cette option. D’autres voix s’élèvent pour demander à l’Europe un stockage public des produits laitiers et de la viande d’agneau pour maintenir les prix à un niveau acceptable pour les agriculteurs.

La pomme de terre belge en danger

Ce sont les associations professionnelles qui le signalent : « le secteur belge de la pomme de terre est profondément secoué par la crise mondiale du coronavirus ». Alors que les Belges se sont jetés sur les chips, les pommes de terre fraîches et surgelées en cette période de confinement et que la demande reste élevée, des producteurs rencontrent pourtant de gros soucis.

Le contexte est le suivant. La Belgique exporte une très grande partie de sa production de pommes de terre et les problèmes de logistique s’accumulent à cause de blocages aux frontières et de manque de conteneurs. De plus, des entreprises intermédiaires qui fournissent les chaînes de fast-food ont temporairement cessé leur activité, tout comme ces restaurants. Les débouchés de vente deviennent donc plus rares. Les pommes de terre stockées dans les hangars des producteurs qui n’ont plus d’acheteurs ne vont pas se conserver indéfiniment. Les pertes pourraient donc être très importantes pour ces agriculteurs belges.

Les circuits courts cartonnent

Après la ruée des Belges dans les supermarchés, les premiers jours du confinement, bon nombre de citoyens se sont tournés vers les petits producteurs locaux pour leurs courses alimentaires, qu’il s’agisse de fruits, légumes, viande ou produits laitiers.

Le Centre interprofessionnel maraîcher (CIM) a fait état, à la toute fin du mois de mars, de commandes qui avaient en moyenne doublé voire triplé auprès des 350 maraîchers wallons. L’affluence est également très nette dans les coopératives locales qui ont des magasins physiques, comme Färm, dans les points de vente à la ferme et les commandes en ligne explosent à La Ruche qui dit oui, ce réseau d’achats directs aux producteurs locaux qui compte une centaine de communautés en Belgique : les ventes ont été multipliées par trois la dernière semaine de mars par rapport à une semaine ordinaire. Cette semaine-là, La Ruche a enregistré 2000 nouveaux clients. Reste à voir si cette tendance d’achats locaux perdurera après la crise.

Carrefour Belgique a annoncé en fin de semaine dernière qu’il allait soutenir et renforcer la présence de produits locaux dans ses rayons, en élargissant à tous les magasins de l’enseigne la possibilité de se fournir auprès des petits producteurs où qu’ils se trouvent en Belgique. Jusqu’à présent, les agriculteurs ne pouvaient approvisionner que les Carrefour de leur région.

Source de cet article : Lalibre.be

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password