permettre à des étudiants et à des pompiers de faire des tests PCR, « c’est abuser », estiment les infirmiers

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permettre à des étudiants et à des pompiers de faire des tests PCR, "c’est abuser", estiment les infirmiers

La circulation du coronavirus est en nette augmentation en France. Les pompiers, secouristes, aides-soignants et étudiants en santé peuvent désormais réaliser des tests de dépistage. Mais, cette mesure n’est pas du goût des infirmiers.

Pourquoi fait-on appel à de nouveaux acteurs pour pratiquer des tests PCR?

L’épidémie de Covid-19 a fait plus de 30000 morts en France. Les derniers chiffres font craindre un rebond.
On compte plus de 1 000 nouveaux cas de coronavirus par jour, a annoncé la Direction générale de la Santé (DGS) vendredi 24 juillet 2020.

« Nous sommes revenus à des niveaux comparables à ceux de la fin de la période du confinement. Nous avons ainsi effacé une bonne partie des progrès que nous avions accomplis dans les premières semaines du déconfinement. »

Ces chiffres sont d’autant plus inquiétants que les délais sont parfois longs pour se faire tester et avoir les résultats. C’est dans ce contexte qu’un arrêté est paru samedi 25 juillet au Journal officiel.

Il autorise le remboursement de tous les tests PCR même sans ordonnance et il permet aux pompiers, secouristes, aides-soignants et étudiants en odontologie, en maïeutique et en pharmacie de réaliser des prélèvements pour dépister les personnes qui ont contracté le virus. Ils pourront effectuer des prélèvements en insérant des écouvillons (un genre de grand coton-tige) dans les narines.

Cette décision suscite les critiques de l’ordre des infirmiers.

Je trouve que c’est vraiment abuser d’aller chercher des non-professionnels pour effectuer des tests PCR. On est 700000 infirmiers en France, dont 120000 infirmiers libéraux qui maillent tout le territoire. On est suffisamment nombreux pour le faire, encore faut-il qu’on nous en donne les moyens.

Catherine Jochmans-Moraine, secrétaire générale nationale de l’Ordre des infirmiers.​​​​​​

Pourquoi l’Ordre des infirmiers est-il en colère?

Catherine Jochmans-Moraine, qui est infirmière libérale, exerce à Joigny, dans l’Yonne depuis près de 30 ans.
« Personnellement, je fais des prélèvements depuis le début de la crise et j’en fais de plus en plus en ce moment. Je passe des après-midi à tester sur des sites dédiés Covid et sur des drive où on fait 20 à 30 tests sur deux heures. Il y a des personnes qui font des malaises, il faut savoir réagir, il faut avoir des compétences. Là, on va demander cela à des gens qu’on va former très rapidement. Je ne dis pas que c’est infaisable mais, franchement, il aurait mieux valu faciliter les choses aux professionnels déjà formés et compétents pour le faire. »

« Bien sûr, pour améliorer le dépistage, on cherche à faciliter les choses, mais là, c’est quand même dangereux », déclare lasecrétaire générale nationale de l’Ordre des infirmiers.

Pour effectuer un test virologique de type PCR, on insère un écouvillon dans les narines.

« Au début de la crise sanitaire, les infirmiers ont suivi des formations pour se remettre à jour sur les nouvelles techniques.
Si des gens qui ne sont pas habitués pratiquent les prélèvements, ils ne vont pas oser aller assez loin avec les écouvillons et s’ils n’ont pas prélevé au bon endroit par peur de faire mal, au final, on aura un risque de « faux négatif ».Autrement dit, des gens vont penser qu’ils n’ont pas le virus et vont aller contaminer d’autres personnes.

Si l’acte était mieux valorisé, on pourrait répondre déjà depuis bien longtemps à la demande.
Mais, pour cela, il faut qu’on soit payé en conséquence, car actuellement on est rémunéré autour de 10 euros pour faire le test. Or, le coût du matériel freine les professionnels. On doit acheter nos casaques, on manque de gants. Ensuite, il faut le temps de s’habiller. Je comprends que des professionnels n’aient pas envie de le faire.

D’ailleurs, quel est le modèle économique pour ces étudiants, ces pompiers, ces secouristes? Comment vont-ils être payés? Je m’interroge« , conclut la secrétaire générale nationale de l’Ordre des infirmiers.

Des prélèvements sont effectuer pour dépister les personnes qui ont contracté le virus covid-19.

Des prélèvements sont effectuer pour dépister les personnes qui ont contracté le virus covid-19.

© Anne Berger / France Télévisions

Qui sont les personnes habilitées à réaliser l’examen de détection du génome du SARS-CoV-2 par RT PCR ?

Arrêté du24 juillet 2020modifiant l’arrêté du 10 juillet 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans les territoires sortis de l’état d’urgence sanitaire et dans ceux où il a été prorogé

-Vu l’arrêté du 10 juillet 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans les territoires sortis de l’état d’urgence sanitaire et dans ceux où il a été prorogé ;

-Vu les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé ;

-Considérant qu’il est nécessaire de faciliter l’accès aux examens de détection du génome du SARS-CoV-2 et leur prise en charge par l’assurance maladie sans prescription ;

-Considérant, dans certaines zones, le risque de disponibilité insuffisante de professionnels de santé habilités à réaliser l’examen de « détection du génome du SARS-CoV-2 par RT PCR » inscrit à la nomenclature des actes de biologie médicale pour faire face à la crise sanitaire ; qu’il y a lieu, en conséquence, d’autoriser les infirmiers diplômés d’Etat à réaliser le prélèvement d’échantillon biologique pour cet examen ; qu’il y a lieu, également, de permettre, sous certaines conditions, à des étudiants en odontologie, en maïeutique et en pharmacie, à des aides-soignants, ainsi qu’aux sapeurs-pompiers, aux marins-pompiers et aux secouristes des associations agréées de sécurité civile titulaires d’une formation adéquate aux premiers secours, de réaliser le prélèvement d’échantillon biologique pour cet examen.

Source : France Info

Maria Rodriguez
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