Qu’est-ce-que l’ivermectine, l’antiparasitaire qu’une étude qualifie d’« inhibiteur du Covid-19 »?

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Qu'est-ce-que l'ivermectine, l'antiparasitaire qu'une étude qualifie d'« inhibiteur du Covid-19 »?

Trois mois après l’annonce d’un premier mort du coronavirus à Wuhan, berceau de la maladie, en Chine, de nombreux scientifiques se sont lancés dans des essais pour trouver un remède au Covid-19. À l’image du Pr Didier Raoult, à Marseille, défenseur de l’utilisation controversée de l’hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine, médicament utilisé contre le paludisme.

Une nouvelle molécule, l’ivermectine, est brandie depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux comme un nouveau traitement miracle contre le Covid-19. Il faut cependant rester prudent dans l’annonce de nouveaux médicaments efficaces, comme l’a souligné ce vendredi sur BFMTV Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’institut Pasteur, à propos de l’hydroxychloroquine.

« Ce que l’on peut dire, c’est que s’il y avait eu un médicament qui marchait vraiment on le saurait aujourd’hui », a souligné l’épidémiologiste pour qui actuellement « on n’a pas cette certitude ».

  • Qu’est-ce-que l’ivermectine?

L’ivermectine est un antiparasitaire utilisé depuis la fin des années 80 dans le traitement de différentes maladies comme l’onchocercose, « une maladie des yeux et de la peau causée par un ver dont le nom scientifique est Onchocerca volvulus« explique l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur son site internet

Cette maladie, également appelée cécité des rivières, est transmise à l’homme par la piqûre d’une petite mouche noire, qui se reproduit à proximité de cours d’eau.

L’OMS note que l’ivermectine est un médicament « sans danger et peut être utilisé à grande échelle », dans le cadre de la lutte contre la cécité des rivières, et qu’il « a transformé la vie de millions de personnes souffrant de l’onchocercose depuis son introduction en 1987. »

  • Pourquoi envisage-t-on la piste de l’ivermectine?

Si l’ivermectine est présentée comme un nouveau traitement miracle pour le coronavirus, c’est parce qu’une étude australienne, publiée le 3 avril dans la revue scientifique Antiviral Research, tend à montrer que cette molécule est un inhibiteur du Covid-19.

L’expérience a été réalisée par des chercheurs du Royal Melbourne Hospital et de la Monash University in vitro, c’est-à-dire au sein d’un laboratoire. Elle n’a, ainsi, pas été testée sur l’homme. Selon ses conclusions, l’ivermectine est efficace pour réduire quasi-totalement, en 48 heures, la charge virale du coronavirus.

  • Faut-il rester prudent sur l’efficacité de l’ivermectine?

Comme pour l’hydroxychloroquine, il faut cependant rester prudent sur l’efficacité avérée de l’ivermectine pour lutter contre le coronavirus. Car la molécule n’a été testée qu’en laboratoire. « Il faut vérifier, poursuivre les recherches et voir si cet anti-infectieux fonctionne chez l’homme », indique ainsi François Bricaire, infectiologue, membre de l’Académie nationale de médecine, au Parisien.

« L’étude in vitro est un premier pas, mais il y a un océan entre quelque chose qui marche dans un laboratoire et quelque chose d’efficace chez l’homme. D’après cette étude, l’ivermectine s’est avérée efficace contre une cellule isolée infectée par le virus, mais quand cette cellule est dans un organisme vivant, est-ce que c’est toujours efficace? », interroge Frédéric Altare, immunologiste et directeur de recherche à l’Inserm, interviewé par franceinfo

Avant de savoir si les effets de l’ivermectine observés in vitro se répliquent au sein d’un organisme humain, différents essais, détaillés par franceinfo, vont être nécessaires. La molécule doit d’abord être testée sur des modèles animaux, puis sur des groupes d’individus sains et, enfin, sur des sujets malades.



Marino Stozza
Marino Stozza
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