Quatre questions sur l’incendie qui sévit en Ukraine

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quatre questions sur l'incendie qui sévit en Ukraine, dans la zone du pire accident nucléaire de l'histoire

Les autorités ukrainiennes assurent mardi que la situation est en bonne voie pour être maîtrisée et qu’aucune hausse de la radioactivité n’a été mesurée.

Pour Greenpeace, il s’agit du pire incendie jamais observé dans la zone d’exclusion – autour de l’ancienne centrale – de Tchernobyl. Et même si la situation semble s’améliorer, l’inquiétude reste vive en Ukraine. Les autorités ont tenu à rassurer la population, mardi 14 avril, mais l’incendie dans le secteur de Tchernobyl, théâtre du pire accident nucléaire de l’histoire en 1986, n’est pas encore éteint. Après une dégradation de la situation lundi à cause des « rafales de vent », la pluie, qui est enfin tombée sur la région, « a aidé les pompiers », a assuré un communiqué de la présidence ukrainienne. Franceinfo fait le point sur la situation.

L’incendie a été provoqué par un jeune habitant vivant près de la zone de Tchernobyl, qui a dit avoir mis le feu à de l’herbe « pour s’amuser », selon la police. Il risque jusqu’à cinq ans de prison pour « destruction de la végétation ». Entretenu par le vent et une sécheresse inhabituelle, l’incendie s’est déclaré il y a une dizaine de jours dans ce territoire fortement contaminé.
<h2Où en est l’incendie ?

Selon les autorités ukrainiennes, les efforts des pompiers et la pluie ont permis de réduire le feu de forêt ravageant la zone d’exclusion de Tchernobyl, située à environ 100 km au nord de Kiev. Plus de 400 secouristes et pompiers, trois avions et trois hélicoptères sont déployés, « il n’y a plus de feu ouvert », a assuré le service pour les situations d’urgence, faisant état de « foyers isolés » et de « feux couvant », c’est-à-dire des incendies sans flammes dont la propagation est imperceptible. Mais les autorités ont cessé depuis plusieurs jours de publier leurs estimations sur la taille de l’incendie.

Sergiy Zibtsev, directeur du Centre régional de suivi des incendies en Europe de l’Est, estimait lundi que le feu était « gigantesque » et « imprévisible »« Dans l’ouest de la zone d’exclusion, il a déjà couvert 20 000 hectares, selon nos estimations », a-t-il affirmé à l’AFP. Le directeur d’une association organisant des visites guidées dans la zone d’exclusion, Yaroslav Iemelianenko, a lui affirmé sur Facebook que l’incendie avait atteint la ville fantôme de Pripiat, évacuée après la catastrophe : « Les autorités locales rapportent que tout est sous contrôle, mais en fait, le feu conquiert rapidement de nouveaux territoires. »

Selon l’ONG écologiste Greenpeace, il s’agit du pire incendie jamais observé dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, qui forme un rayon de 30 kilomètres autour de l’ancienne centrale. S’appuyant sur des images satellite, Greenpeace affirme que le feu n’est qu’à « environ 1,5 kilomètre » de l’arche recouvrant le réacteur ayant explosé en 1986.

« Il n’y a aucune hausse du niveau de radioactivité », a assuré le service d’Etat pour les situations d’urgence. « Le taux de radiation à Kiev et dans sa région ne dépasse pas le niveau naturel. » « La centrale nucléaire de Tchernobyl, les lieux de stockage de déchets radioactifs et les autres infrastructures cruciales de la zone d’exclusion ne sont pas menacés », a également indiqué sur Facebook Volodymyr Demtchouk, un haut responsable des services d’urgence ukrainien. Mais sur les réseaux sociaux, les rumeurs sur une hausse de la radioactivité ou les risques pesant sur la centrale montrent bien l’inquiétude des Ukrainiens.

Bien que trente-quatre ans, presque jour pour jour, se soient écoulés depuis l’accident de Tchernobyl, lorsqu’un incendie se déclare dans une zone contaminée, le sol de la forêt relâche toujours du césium 197. Des masses d’air en contenant sont alors libérées dans les fumées et donnent lieu à des « nuages » radioactifs pouvant ensuite se déplacer à travers les frontières. La semaine dernière, le chef par intérim de l’inspection écologique gouvernementale, Iegor Firsov, avait indiqué sur Facebook que les niveaux de radiation dans l’épicentre de l’incendie dépassaient largement les normes. Son message était même accompagné d’une vidéo montrant un compteur Geiger affichant un niveau de radioactivité anormalement haut. Plusieurs agences d’Etat ukrainiennes ont ensuite démenti ces informations et Iegor Firsov est lui-même revenu sur ses propos.

La France, via l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), surveille la situation. « La balise Téléray de l’IRSN installée sur l’ambassade de France à Kiev en avril 2011 n’a pas détecté d’élévation anormale de la radioactivité ces derniers jours, assure l’IRSN dans un communiqué. A des fins de vérification, l’IRSN va procéder au relevé des filtres aérosols de ses stations (…) situés dans l’est de la France. »

Critiqué ces derniers jours pour son inaction face à ce sinistre d’une ampleur inédite, le président Volodymyr Zelensky a fini par annoncer lundi soir qu’il « suivait la situation de près » et promis de convoquer le chef du service d’Etat pour les Situations d’urgence. « La société a le droit de savoir la vérité et d’être en sécurité. » Novice en politique, l’ancien comédien Volodymyr Zelensky a été élu à la présidence en 2019, dans un contexte de défiance envers les partis politiques traditionnels.

Source : Franceinfo

Marino Stozza
Marino Stozza
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