Reclus dans leur appartement, ils nous racontent pourquoi le confinement n’est pas un problème pour eux

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
TEMOIGNAGES. Reclus dans leur appartement, ils nous racontent pourquoi le confinement n'est pas un problème pour eux

Anaïs est célibataire, au chômage et confinée dans un appartement de 20mà Lyon. Toutes les conditions réunies pour faire une dépression mais, elle s’en étonne elle-même, le confinement, elle le vit « bien ». Déjà, elle « relativise vachement » : « Je ne suis pas malade du coronavirus, je n’ai pas de proche malade et je ne fais pas partie de ceux qui doivent continuer à travailler en extérieur dans ce climat anxiogène ». Et puis, ajoute la jeune femme de 32 ans : « J’ai beaucoup travaillé de nuit donc je suis habituée à avoir des périodes où je suis seule et je ne vois personne ».

« Les journées passent très vite »

Seul bémol, comme l’espace « est très réduit », elle marche peu. Donc quand elle sort une fois par semaine pour faire ses courses, elle se rend à l’hypermarché à 1km de chez elle, sa balade hebdomadaire. Le reste du temps, cette journaliste en pleine reconversion pour devenir fleuriste travaille sur des projets personnels : faire des vidéos sur les fleurs du bout du monde. Et elle passe « beaucoup de temps au téléphone » avec ses proches.

Comme elle, Corentin vit seul mais lui dans 63 m2 à Moulins (Allier). Ce kinésithérapeute ne voit plus qu’un patient par semaine. Il apprécie de « moins travailler et d’avoir un autre rythme de vie ». « Les journées passent très vite, s’étonne-t-il, je fais une formation en posturologie en ligne, je lis beaucoup plus que d’habitude, je joue de la musique, je fais du sport et je cuisine ».

Confinés avec des enfants

Qu’en est-il lorsqu’on vit à plusieurs sous le même toit ? Et notamment avec des enfants qui n’ont pas la possibilité de se défouler en extérieur. Beaucoup de parents en arrivent à rêver d’envoyer leur progéniture à l’autre bout du monde. Pas Anne.

Cette mère célibataire avec trois enfants en bas âge de 5 ans, 4 ans et 2 ans « redécouvre la vie de famille et la joie de faire l’école à la maison ». Pourtant sa situation professionnelle est compliquée, mère au foyer avant sa séparation, elle avait repris un travail à mi-temps en crèche et s’apprêtait à entamer les démarches pour devenir assistante maternelle. Tout a été mis en pause et elle ne vit que des allocations familiales pour le moment.  Mais « même si je n’ai pas d’argent et que je dois compter, ma priorité c’est les enfants », pointe Anne.

Dans son appartement de 70 m2, elle « pousse les meubles pour qu’ils puissent faire du vélo », elle « met la musique à fond pour qu’ils dansent » ou ils font « des séances de sport en famille grâce à des vidéos Youtube ». Et puis en bas de sa résidence, elle a un parc et elle les emmène dehors une fois par jour pour qu’ils s’aèrent.

Petit espace et ameublement spartiate

Melchior, lui, n’a pas d’enfant, mais a commencé le confinement avec sa compagne dans 35 m2. Les deux en télétravail n’avaient même pas de table, excepté leur table basse, pour travailler. Ils ont eu la chance de déménager au bout de deux semaines dans un appartement plus grand, déménagement prévu de longue date. Et même si l’ameublement est spartiate, confinement oblige, ils ont le nécessaire : « une cuisine équipée, une table, deux chaises et un lit ».

Ce jeune de 28 ans l’avoue volontiers, il est « casanier » et ne pas sortir de chez lui « ne lui pèse pas du tout ». « Je gère bien le travail à distance et le reste du temps je cuisine, je joue aux jeux vidéos ou je fais des apéros sur Skype pour garder une vie sociale », poursuit-il.

« Une vie sociale plus développée »

Tiphaine vit elle aussi avec son conjoint en appartement. Ils ont 70 m2. « Les journées en télétravail sont tout aussi chargées que les journées habituelles, confie cette assistante technique dans une entreprise de chimie, sauf que je gagne 1h30 à 2h de transport par jour ». Elle en profite pour dormir plus le matin et, tout le paradoxe est là, elle a une « vie sociale plus développée » en ce moment. « On a plein d’apéros sur Skype alors que d’habitude en semaine avec le travail, on ne sort pas », constate-t-elle.

Charlotte va même plus loin. Elle « n’a pas du tout envie que le confinement s’arrête ». Cette chargée de communication en télétravail n’a plus qu’«1 à 2h de travail par jour ». « J’ai du temps pour lire, pour faire du yoga, j’en profite pour regarder les films et les séries que je n’ai pas pu voir », énumère-t-elle. En résumé, elle adore « cette vie extrêmement lente ».

« Une espèce de pause »

Que ce soit Melchior, Tiphaine ou Charlotte, tous respectent scrupuleusement le confinement et ne sortent que le strict minimum, c’est-à-dire pour faire les courses une fois par semaine. Sortir en extérieur ne leur manque pas le moins du monde. Quel est leur secret ?

« Je dirais que les gens en suractivité en temps normal se retrouvent bien dans cette espèce de pause », analyse Marie Lagat, psychologue à Yzeure (Allier). « L’esprit humain est fait pour survivre et s’adapter. Les gens redécouvrent des joies comme faire à manger ou faire du sport à la maison », poursuit-elle.

« D’autres en profitent pour se replier sur la cellule familiale qui est sécurisante, constate la psychologue, retrouver le contact qu’on a parfois perdu avec son conjoint ou ses enfants ». « Ils se coupent des informations pour ne pas être pollués et ne sortent pas en extérieur pour ne pas être confrontés au virus », estime Marie Lagat.

Source officielle de cet article : site web ici

Roberta Flores
Roberta Flores
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password