Sous la pression des régulateurs, Facebook édulcore son projet de monnaie virtuelle libra

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Sous la pression des régulateurs, Facebook édulcore son projet de monnaie virtuelle libra

Mark Zuckerberg n’a pas renoncé à lancer sa cryptomonnaie, dénommée libra, en dépit de la pluie de critiques qui s’est abattue sur le fondateur de Facebook depuis la présentation de ce projet, en juin 2019. Aux observations extrêmement sévères formulées par les autorités financières et politiques, en particulier aux Etats-Unis et en France, ont succédé la défection de nombreux partenaires.

L’association à but non lucratif Libra, établie en Suisse, qui a vocation à gérer le réseau de paiement, vient pourtant d’annoncer, jeudi 16 avril, le dépôt d’une demande de licence de système de paiement auprès de la Finma, le superviseur suisse. Son objectif reste de lancer sa monnaie numérique à la fin de l’année.

« Une libra euro ou une libra dollar »

Il ne s’agit toutefois plus tout à fait de la cryptomonnaie, révolutionnaire et libertarienne, que Facebook avait d’abord voulu créer, comme alternative aux monnaies officielles que sont l’euro, le dollar ou le yen. Après un an de discussions avec les régulateurs « à travers le monde », les auditions de M. Zuckerberg devant la Chambre des représentants aux Etats-Unis et du président provisoire de l’association Libra, Bertrand Perez, devant le Parlement européen, le projet de cryptomonnaie a changé de nature.

Pour les consommateurs, l’utilisation reste identique. Une application sur leur téléphone portable leur permettra d’acheter des libras et de les utiliser en magasin ou pour payer sur Internet, sur des plates-formes d’e-commerce et dans l’univers de Facebook, sur les messageries WhatsApp ou Messenger. La cryptomonnaie servira également à transférer de l’argent, de manière instantanée et à des tarifs bien meilleur marché que ceux pratiqués aujourd’hui par les banques ou Western Union.

Toutefois, il ne s’agit plus de créer une seule, mais plusieurs cryptomonnaies. Initialement, la monnaie virtuelle devait être adossée à un panier de différentes devises jugées stables, comme le dollar, la livre sterling ou l’euro. « Cela a déclenché de nombreuses réactions, la crainte d’une interférence avec les politiques monétaires et d’une atteinte à la souveraineté monétaire, explique Bertrand Perez. Donc, en plus de cette libra originelle, nous allons en lancer plusieurs adossées à une devise unique. Nous prévoyons de commencer avec des devises qui sont déjà dans le panier de monnaie envisagé, par exemple, une libra euro ou une libra dollar. »

Un système « permissionné »

La logique veut que celles adossées à une devise unique répondent à la plupart des besoins domestiques, pour éviter le risque de change. La libra basée sur un panier de monnaies « servira principalement comme moyen de règlement transfrontalier », note M. Perez. Un compromis de nature à rassurer le Trésor américain, soucieux de garder un contrôle plein et entier sur le dollar.

Source officielle de cet article : Le Monde

Roberta Flores
Roberta Flores
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