Réouverture des établissements scolaires le 11 mai : « Je ne vois pas comment intégrer les 410 élèves de mon école du jour au lendemain », estime une directrice

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Réouverture des établissements scolaires le 11 mai : "Je ne vois pas comment intégrer les 410 élèves de mon école du jour au lendemain", estime une directrice

Nicole Taquet-Leroy, directrice d’école dans un quartier populaire de Lille, s’inquiète de la mise en oeuvre du retour des élèves à l’école, programmé à partir du 11 mai, selon ce qu’a annoncé Emmanuel Macron le 13 avril.

Les établissements scolaires vont progressivement rouvrir à partir du 11 mai, a annoncé le 13 avril Emmanuel Macron. « Je ne vois pas comment intégrer les 410 élèves de mon école du jour au lendemain », a réagi mardi 14 avril sur franceinfo Nicole Taquet-Leroy, directrice d’école dans un quartier populaire de Lille. « J’espère que ce n’est pas envisagé », poursuit-elle, même si elle estime qu’il « faut trouver des scénarios pour intégrer ceux qui sont les plus éloignés » de l’école.

franceinfo : Quelle a été votre réaction quand Emmanuel Macron a annoncé la réouverture des écoles le 11 mai ?

Nicole Taquet-Leroy : La sidération d’abord, je n’y ai pas cru, puis en écoutant bien, j’ai entendu ‘progressivement’. Dans les écoles on a qu’une seule hâte, c’est de retrouver les élèves, mais dans de bonnes conditions. J’imagine que pour l’instant on n’a pas de scénario proposé, mais nous on a déjà des idées sur ce qu’on pourrait proposer : rapprocher les élèves les plus éloignés c’est quelque chose qui nous tient à coeur.

Justement, vous partagez cette idée que les élèves en difficulté doivent être les premiers à reprendre ?

C’est une énorme préoccupation pour nous, mais je ne vois pas comment intégrer les 410 élèves de mon école du jour au lendemain, ça ne me paraît pas possible. J’espère que ce n’est pas envisagé. Donc il faut trouver des scénarios pour intégrer ceux qui sont les plus éloignés. Le problème c’est que les plus éloignés de l’école étaient déjà les plus en rupture, les plus fragiles. Je ne sais pas comment on arrivera à les cibler, comment on fera concrètement. Mais oui, on est inquiet pour ceux qui ont décroché, on est inquiet pour les enfants victimes de violences dans les familles, et qu’on aimerait retrouver, on est inquiet pour les élèves de CP qui commencent à apprendre à lire et pour qui ça fait un gros trou, on est inquiet pour les petits qui ont besoin de rituels et qui ne les ont plus.

Comment faire respecter les gestes barrières à l’école ?

Je pense que ce n’est pas possible en maternelle. Je n’imagine pas un enfant qui tousse ou qui se mouche et qu’on ne peut pas prendre dans les bras. Ça me paraît impossible, sauf si on les a en tout petit groupe, par trois, quatre, cinq, d’abord avec des enfants très éloignés de l’école. Mais le problème avec ces enfants éloignés c’est que ce sont des familles très fragiles, qui vont avoir du mal à confier leurs enfants, qui avaient déjà du mal à les confier avant, il y avait de l’absentéisme.

Source : Franceinfo
Marino Stozza
Marino Stozza
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