Réveil matinal et sommeil éternel pour les ours des Pyrénées

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Ils sont sortis bien avant l’heure. C’est habituellement à la fin du mois d’avril que les ours terminent leur période «hivernante», réduisant leur activité du fait du manque de nourriture. Là, c’est à la mi-mars, dans les Pyrénées, que les observateurs du Fiep (Fonds d’intervention éco-pastorale) ont aperçu Sorita à proximité du col d’Artouste, et un autre mâle, Rodrigue, en Aragon, relate le journal Sud-Ouest, dans son édition du 7avril. Enneigement réduit, premières pousses d’herbe, voilà qui favorise la sortie de l’ours.
Dans le parc national de Banff, au Canada, un grizzlya été repéré le 28février, selon Geo. Il s’agirait de The Boss, un des mâles dominants de la zone de Bow Valley. Même scénario en Finlande et en Russie, dans des zoos cette fois-ci.
Les spécialistes attribuent ces «réveils» précoces aux températures particulièrement clémentes. L’année 2019 a en effet été classée deuxième année la plus chaude jamais enregistrée sur la planète. Un spécialiste du parc de Banff a livré sa version:«Je pense que ce mâle va rester dehors, il ne fait pas assez froid pour qu’il soit incité à retourner dans sa tanière.»La période durant laquelle les ours ne mangent pas et ne font pas leurs besoins dure entre cinq et huit mois, selon les régions. Mais parfois moins…

Surprise

«L’ours s’adapte à ces conditions environnementales», relativise auprès de Libération Alain Reynes, directeur de l’association de Pays de l’ours – Adet, qui est à l’initiative du retour du plantigrade dans les Pyrénées. «En 2016, une femelle et son ourson étaient encore dehors en janvier à cause de la douceur inhabituelle, confirme-t-il. On peut avoir des périodes d’hivernage très courtes de deux mois et demi». Alain Reynes ironise d’ailleurs sur «ce marronnier» qui fait que chaque fin d’hivernage d’ours soit le sujet d’un article dans le journal…
De son côté, Nathan Birrien, un photographe indépendant chanceux et opiniâtre, a réussi à prendre l’ours Goiat au début du mois sur une crête de la commune d’Azet, à 2800mètres d’altitude. Le cliché, selon lui, le plus «inattendu» qu’il ait jamais fait. «Je me suis retrouvé au bon endroit au bon moment, et j’ai eu la chance de pouvoir le photographier pendant quelques heures», a-t-il confié à Sud-Ouest. Goiat est équipé d’un collier GPS. C’est grâce à cela qu’on a pu l’identifier, car le faire à partir d’une simple photo aurait été quasi-impossible…

«Ours à problèmes»

Il a été lâché sur un versant espagnol en 2016, et a été classé «ours à problèmes», après qu’il eut été convaincu de plusieurs attaques contre des équidés dans les vallées du Louron et de la Barousse. Cette classification, l’administration l’a ainsi établie, prévoyant à l’encontre de ces animaux belliqueux des réactions graduées, qui vont de l’effarouchement à la capture définitive… De nombreux opposants au plantigrade demandent d’ailleurs son retrait. Pour l’instant, ces nouvelles ne font que peu de bruit, car les troupeaux ne se trouvent pas dans les estives. Mais il est à parier que le vent tournera bien vite.

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Pendant ce temps, en Espagne, dans le bien joli val d’Aran, il y a une semaine, le fameux ours Cachou a servi de cobaye pour une expérimentation réalisée par de véritables apprentis sorciers. Cachou aurait en effet consommé des morceaux de viande enduits de puissants fongicides destinés à le dégoûter de manger de la viande. On l’a retrouvé mort. Fâcheux, car l’animal détenait «un patrimoine génétique inestimable», juge Alain Reynes.
L’homme est un loup pour l’homme. En tout cas avec l’ours, il est assez couillon.

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Didier Arnaud

Source du post: Liberation.fr

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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